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	<title>Competences-metiers wiki - Contributions [fr]</title>
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		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Cat%C3%A9gorie:Droit_social&amp;diff=958</id>
		<title>Catégorie:Droit social</title>
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		<updated>2026-06-17T09:44:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Le &#039;&#039;&#039;droit social&#039;&#039;&#039; est une branche du droit qui regroupe l&#039;ensemble des règles juridiques encadrant les relations de travail subordonné et les mécanismes de [[Protection sociale|protection sociale]] des individus face aux risques de la vie professionnelle et personnelle (maladie, vieillesse, invalidité, chômage, accidents). En France, il se subdivise principalement en [[Droit du travail|droit du travail]] et en droit de la [[Sécurité sociale]], deux disciplines codifiées respectivement dans le [[Code du travail]] et dans le Code de la sécurité sociale. Discipline transversale par nature, le droit social articule des textes législatifs nationaux, des [[Convention collective|conventions collectives]], des [[Accord d&#039;entreprise|accords d&#039;entreprise]] et des normes issues du droit européen et international.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et périmètre ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit social couvre deux grands domaines distincts mais complémentaires :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le [[Droit du travail|droit du travail]] stricto sensu, qui encadre la relation de travail subordonné : conclusion, exécution et rupture du [[Contrat de travail|contrat de travail]], rémunération (notamment le [[Salaire minimum interprofessionnel de croissance|SMIC]]), temps de travail, représentation du personnel et conditions de travail.&lt;br /&gt;
* Le droit de la [[Sécurité sociale]], qui organise la couverture des risques sociaux (maladie, maternité, invalidité, vieillesse, [[Accident du travail|accidents du travail]], chômage, charges de famille) à travers un système d&#039;assurances sociales obligatoires géré principalement par l&#039;[[URSSAF]] et les caisses de sécurité sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains auteurs y rattachent également le droit de l&#039;aide sociale (minima tels que le [[Revenu de solidarité active|RSA]]), le droit de la [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] et le droit syndical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Histoire du droit social en France ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premières lois sociales françaises émergent dans la seconde moitié du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, sous l&#039;impulsion de la révolution industrielle et des mouvements ouvriers. La loi du 21 mars 1884, dite loi Waldeck-Rousseau, reconnaît la liberté syndicale et permet la création de [[Syndicat|syndicats]] professionnels. La loi du 9 avril 1898 institue la responsabilité de l&#039;employeur en cas d&#039;[[Accident du travail|accident du travail]], rompant avec le régime de la faute prouvée. La loi du 13 juillet 1906 instaure le repos hebdomadaire obligatoire d&#039;un jour par semaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le tournant majeur intervient en 1945 avec la création de la [[Sécurité sociale]], portée par les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945, inspirées du rapport Beveridge britannique (1942) et du programme du Conseil national de la Résistance. Le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, intégré au bloc de constitutionnalité, consacre plusieurs droits sociaux fondamentaux : droit au travail, droit syndical, [[Droit de grève|droit de grève]], droit à la protection de la santé, droit à la retraite et protection de la famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Code du travail]], codifié une première fois en 1910 puis refondu en 1973, a fait l&#039;objet de réformes majeures : lois Auroux de 1982 (renforcement de la [[Négociation collective|négociation collective]] dans l&#039;entreprise), loi du 14 juin 2013 sur la sécurisation de l&#039;emploi, loi Travail du 8 août 2016 (loi El Khomri), et ordonnances Macron du 22 septembre 2017 qui ont refondu la représentation du personnel et restructuré la hiérarchie des normes conventionnelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources du droit social ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources nationales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La hiérarchie des normes en droit social obéissait traditionnellement au principe de faveur : la norme inférieure pouvait déroger à la norme supérieure uniquement dans un sens plus favorable au salarié. Les ordonnances de 2017 ont partiellement inversé cette logique en permettant à l&#039;[[Accord d&#039;entreprise|accord d&#039;entreprise]] de primer sur la [[Convention collective|convention de branche professionnelle]] dans de nombreux domaines (durée du travail, astreintes, compte épargne-temps, primes).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sources principales sont, par ordre hiérarchique :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# La Constitution de 1958 et son bloc de constitutionnalité (préambule de 1946, Charte de l&#039;environnement, Déclaration de 1789)&lt;br /&gt;
# Les lois organiques et ordinaires, codifiées principalement dans le [[Code du travail]] et dans le Code de la sécurité sociale&lt;br /&gt;
# Les règlements (décrets et arrêtés)&lt;br /&gt;
# Les [[Convention collective|conventions collectives]] de [[Branche professionnelle|branche professionnelle]] et les [[Accord d&#039;entreprise|accords d&#039;entreprise]]&lt;br /&gt;
# Le [[Contrat de travail|contrat de travail]] individuel&lt;br /&gt;
# Le règlement intérieur de l&#039;entreprise&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sources européennes et internationales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Organisation internationale du travail]] (OIT), agence spécialisée des Nations Unies créée en 1919 par le Traité de Versailles, a adopté 190 conventions internationales du travail, dont la France en a ratifié environ 130. Ses 8 conventions fondamentales portent sur la liberté syndicale et le droit de [[Négociation collective|négociation collective]], l&#039;élimination du travail forcé, l&#039;abolition du travail des enfants et la non-discrimination dans l&#039;emploi et la profession.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau de l&#039;Union européenne, plusieurs directives structurent le droit social des États membres : la directive 2003/88/CE sur la [[Durée du travail|durée du travail]] (48 heures hebdomadaires maximum, 11 heures de repos quotidien, 4 semaines de [[Congés payés|congés payés]] annuels), la directive 2019/1158 sur l&#039;équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et aidants, et la directive 2022/2041 instaurant un cadre pour des salaires minima adéquats. La Charte des droits fondamentaux de l&#039;UE (2000) inscrit des droits sociaux dans son titre IV intitulé « Solidarité ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le droit du travail ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le contrat de travail ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Contrat de travail|contrat de travail]] est conclu entre un employeur et un salarié. Ses trois éléments constitutifs sont la prestation de travail, la rémunération et le lien de subordination juridique, critère déterminant qui distingue le salariat du travail indépendant (commerçants, artisans, professions libérales). La rémunération ne peut être inférieure au [[Salaire minimum interprofessionnel de croissance|SMIC]], fixé à 11,88 € brut par heure au 1er novembre 2024, soit 1 801,80 € brut mensuel pour 35 heures hebdomadaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Contrat à durée indéterminée|CDI]] est la forme normale et générale de la relation de travail (article L. 1221-2 du [[Code du travail]]). Le [[Contrat à durée déterminée|CDD]] constitue une exception strictement encadrée : il ne peut excéder 18 mois renouvellements compris dans la plupart des cas, et ne peut pourvoir durablement à un emploi lié à l&#039;activité normale et permanente de l&#039;entreprise. Le [[Contrat d&#039;apprentissage|contrat d&#039;apprentissage]] permet à un jeune de 16 à 29 ans d&#039;alterner formation en entreprise et formation théorique en centre de formation d&#039;apprentis (CFA), ouvrant droit à des exonérations de cotisations sociales pour l&#039;employeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Durée du travail et congés ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La durée légale du travail est fixée à 35 heures par semaine depuis les lois Aubry (loi du 13 juin 1998 et loi du 19 janvier 2000). Les heures accomplies au-delà constituent des heures supplémentaires donnant lieu à majoration de salaire de 25 % pour les 8 premières heures et de 50 % pour les heures suivantes, ou à repos compensateur de remplacement. La durée maximale quotidienne est de 10 heures, et la durée maximale hebdomadaire de 48 heures, plafonnée à 44 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Congés payés|congés payés]] sont de 5 semaines (30 jours ouvrables) par an, acquis à raison de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif. S&#039;y ajoutent 11 jours fériés légaux, dont seul le 1er mai (fête du Travail) est obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés. La [[Durée du travail|durée du travail]] peut être aménagée par [[Accord d&#039;entreprise|accord d&#039;entreprise]] sur une période pouvant aller jusqu&#039;à 3 ans (modulation annuelle), dans les limites hebdomadaires légales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rupture du contrat de travail ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rupture du [[Contrat à durée indéterminée|CDI]] intervient à l&#039;initiative de l&#039;employeur ([[Licenciement|licenciement]] pour motif personnel ou économique), du salarié (démission, prise d&#039;acte de la rupture) ou d&#039;un commun accord ([[Rupture conventionnelle|rupture conventionnelle homologuée]]). Le [[Licenciement|licenciement]] doit reposer sur une cause réelle et sérieuse et respecter une procédure formelle : convocation à entretien préalable, délai de réflexion, notification écrite et motivée. Sauf faute grave ou lourde, l&#039;employeur verse une [[Indemnité de licenciement|indemnité légale de licenciement]] calculée à raison de 1/4 de mois de salaire brut par année d&#039;ancienneté pour les 10 premières années et de 1/3 au-delà, à partir d&#039;un an d&#039;ancienneté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Rupture conventionnelle|rupture conventionnelle homologuée]], instituée par la loi du 25 juin 2008, permet une séparation à l&#039;amiable assortie d&#039;une indemnité spécifique au moins égale à l&#039;indemnité légale de licenciement et ouvre droit à l&#039;assurance chômage. En 2023, environ 497 000 ruptures conventionnelles ont été homologuées en France par la Direction régionale de l&#039;économie, de l&#039;emploi, du travail et des solidarités (DREETS).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conditions de travail et non-discrimination ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Code du travail]] prohibe le [[Harcèlement moral|harcèlement moral]] (article L. 1152-1), défini comme des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits et à la dignité du salarié, d&#039;altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Il interdit également la [[Discrimination au travail|discrimination au travail]] fondée sur 25 critères légaux (âge, sexe, origine, état de santé, handicap, orientation sexuelle, convictions religieuses, etc.), notamment à l&#039;embauche ([[Discrimination à l&#039;embauche|discrimination à l&#039;embauche]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Médecine du travail|médecine du travail]], exercée par les services de prévention et de santé au travail (SPST), assure le suivi médical des salariés et contribue à la prévention des risques professionnels, y compris les [[Maladie professionnelle|maladies professionnelles]] reconnues par les tableaux annexés au Code de la sécurité sociale (tableau n° 57 pour les affections périarticulaires, tableau n° 30 pour les maladies liées à l&#039;amiante).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La protection sociale ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Assurance maladie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La branche maladie de la [[Sécurité sociale]] couvre les frais de santé des assurés et de leurs ayants droit via la Caisse nationale de l&#039;assurance maladie (CNAM). Le taux de remboursement varie selon les actes : 70 % du tarif de responsabilité pour une consultation de médecin de secteur 1, 100 % pour les affections de longue durée (ALD) reconnues parmi les 30 pathologies de la liste réglementaire. Les dépenses d&#039;assurance maladie représentaient 242 milliards d&#039;euros en 2023 selon le rapport annuel de la Cour des comptes sur la sécurité sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retraite ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le système de retraite français repose sur un régime général obligatoire par répartition géré par la Caisse nationale d&#039;assurance vieillesse (CNAV), complété par des régimes complémentaires obligatoires, principalement l&#039;AGIRC-ARRCO pour les salariés du secteur privé. La réforme des retraites du 14 avril 2023 (loi n° 2023-270) a relevé l&#039;âge légal de départ de 62 à 64 ans et porté la durée de cotisation requise pour une retraite à taux plein à 43 annuités pour les générations nées à partir de 1965.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Chômage ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;assurance chômage est gérée paritairement par l&#039;Unédic (Union nationale interprofessionnelle pour l&#039;emploi dans l&#039;industrie et le commerce), financée par des cotisations patronales fixées à 4,05 % de la masse salariale brute depuis 2019. [[France Travail]] (anciennement Pôle emploi, rebaptisé le 1er janvier 2024) en assure l&#039;opération administrative et l&#039;accompagnement des bénéficiaires. L&#039;[[Allocation de retour à l&#039;emploi]] (ARE) est versée aux [[Demandeur d&#039;emploi|demandeurs d&#039;emploi]] justifiant d&#039;au moins 6 mois de travail dans les 24 derniers mois (36 mois pour les 53 ans et plus). Son montant représente entre 57 % et 75 % du salaire journalier de référence, avec un plancher de 31,59 € par jour en 2024. La durée maximale d&#039;indemnisation est de 18 mois (27 mois après 53 ans, 36 mois après 55 ans).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Allocation de solidarité spécifique]] (ASS) prend le relais pour les [[Demandeur d&#039;emploi|demandeurs d&#039;emploi]] ayant épuisé leurs droits ARE et justifiant de 5 ans d&#039;activité salariée dans les 10 années précédant la perte d&#039;emploi. L&#039;[[Assurance chômage des indépendants]], ouverte depuis le 1er novembre 2019 aux travailleurs non-salariés, constitue un régime distinct accessible en cas de liquidation ou redressement judiciaire de l&#039;activité, sous conditions de revenus antérieurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les relations collectives de travail ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les syndicats ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un [[Syndicat|syndicat]] est une organisation regroupant des personnes partageant la même activité professionnelle pour défendre leurs intérêts collectifs économiques et sociaux. En France, cinq confédérations syndicales de salariés sont représentatives au niveau national et interprofessionnel : la CGT (Confédération générale du travail), la CFDT (Confédération française démocratique du travail), FO (Force ouvrière), la CFE-CGC (Confédération française de l&#039;encadrement) et la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens). Leur représentativité est mesurée tous les 4 ans sur la base des résultats aux élections professionnelles dans les entreprises du secteur privé, complétés par les scrutins dans la fonction publique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Droit de grève|droit de grève]] est garanti par le préambule de la Constitution de 1946 : « Le droit de grève s&#039;exerce dans le cadre des lois qui le réglementent. » Dans les services publics, un préavis de 5 jours francs est obligatoire avant tout arrêt de travail. Dans les transports terrestres de voyageurs, la loi du 21 août 2007 a instauré un service minimum et une procédure de prévention des conflits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le comité social et économique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Comité social et économique]] (CSE) est l&#039;instance unique de représentation du personnel instaurée par les ordonnances du 22 septembre 2017 (ordonnance n° 2017-1386), résultant de la fusion des délégués du personnel (DP), du comité d&#039;entreprise (CE) et du comité d&#039;hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Obligatoire dans les entreprises d&#039;au moins 11 salariés, il est élu pour 4 ans parmi les salariés de l&#039;entreprise. Dans les entreprises de 50 salariés et plus, il dispose d&#039;attributions économiques et sociales étendues (information-consultation sur les orientations stratégiques, la situation économique et financière, la politique sociale), d&#039;un budget de fonctionnement fixé à 0,20 % de la masse salariale brute et d&#039;un budget des activités sociales et culturelles (ASC) dont le taux minimal est défini par accord ou par référence aux dépenses historiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La négociation collective ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Négociation collective|négociation collective]] désigne le processus par lequel employeurs et représentants des salariés élaborent des règles conventionnelles applicables à leurs relations de travail. Elle se déroule à trois niveaux complémentaires : national et interprofessionnel (accords nationaux interprofessionnels, ANI), de [[Branche professionnelle|branche professionnelle]] (conventions collectives sectorielles) et d&#039;entreprise ([[Accord d&#039;entreprise|accords d&#039;entreprise]]). Le [[Dialogue social|dialogue social]] s&#039;organise également au sein du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et de la Commission nationale de la négociation collective, de l&#039;emploi et de la formation (CNNCEFP). En 2022, 994 [[Convention collective|conventions collectives]] de branche étaient recensées en France, couvrant l&#039;ensemble des secteurs d&#039;activité du privé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Contentieux et contrôle ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le conseil de prud&#039;hommes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Conseil de prud&#039;hommes]] est la juridiction du premier degré compétente pour connaître des litiges individuels nés du [[Contrat de travail|contrat de travail]] de droit privé (article L. 1411-1 du [[Code du travail]]). Composé paritairement de conseillers salariés et de conseillers employeurs élus par leurs pairs, il statue en formation de jugement (4 conseillers) ou en référé (2 conseillers) pour les mesures urgentes. En 2022, 147 600 nouvelles affaires ont été enregistrées devant les conseils de prud&#039;hommes français. Les appels sont portés devant la chambre sociale de la cour d&#039;appel ; les pourvois en cassation, devant la chambre sociale de la Cour de cassation, dont les arrêts de principe unifient l&#039;interprétation du droit social sur l&#039;ensemble du territoire national.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;inspection du travail ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Inspection du travail]] est le service de contrôle chargé de veiller à l&#039;application du droit du travail dans les établissements relevant du [[Code du travail]]. Les inspecteurs et contrôleurs du travail (environ 2 200 inspecteurs en 2023) disposent de pouvoirs d&#039;investigation (accès libre aux locaux à toute heure du jour, consultation de tout document professionnel), d&#039;alerte (mise en demeure, injonction d&#039;arrêt de travaux dangereux sans délai) et de sanction (procès-verbal pénal transmis au parquet, amende administrative). Ils relèvent de la Direction générale du travail (DGT) au niveau central et des directions régionales de l&#039;économie, de l&#039;emploi, du travail et des solidarités (DREETS) au niveau régional.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Formation professionnelle et droit social ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] constitue un volet central du droit social, articulant droits individuels et obligations collectives. La loi du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a monétisé le [[Compte personnel de formation]] (CPF), crédité à hauteur de 500 € par an (plafond 5 000 €, ou 800 €/8 000 € pour les salariés non qualifiés). Ce compte est géré par la Caisse des dépôts et consignations et accessible via la plateforme numérique Mon Compte Formation. Les entreprises financent la formation continue via des contributions collectées par l&#039;[[URSSAF]] et redistribuées aux opérateurs de compétences (OPCO) : 0,55 % de la masse salariale brute pour les entreprises de moins de 11 salariés, 1 % au-delà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[France Travail]] oriente et accompagne les [[Demandeur d&#039;emploi|demandeurs d&#039;emploi]] dans leurs démarches de [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] et de reconversion, notamment via le dispositif Transitions collectives (TransCo) qui permet aux salariés menacés de licenciement économique de se former à un métier porteur, et les préparations opérationnelles à l&#039;emploi collectif (POEC) cofinancées par les [[Branche professionnelle|branches professionnelles]] et l&#039;État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Droit du travail]]&lt;br /&gt;
* [[Code du travail]]&lt;br /&gt;
* [[Protection sociale]]&lt;br /&gt;
* [[Contrat de travail]]&lt;br /&gt;
* [[Convention collective]]&lt;br /&gt;
* [[Syndicat]]&lt;br /&gt;
* [[Comité social et économique]]&lt;br /&gt;
* [[Conseil de prud&#039;hommes]]&lt;br /&gt;
* [[Inspection du travail]]&lt;br /&gt;
* [[Formation professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[France Travail]]&lt;br /&gt;
* [[Négociation collective]]&lt;br /&gt;
* [[Dialogue social]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Loi_PACTE&amp;diff=957</id>
		<title>Loi PACTE</title>
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		<updated>2026-06-17T09:43:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;loi PACTE&#039;&#039;&#039; (Plan d&#039;action pour la croissance et la transformation des entreprises), promulguée le 22 mai 2019 sous la référence loi n° 2019-486, est une loi française portée par le ministre de l&#039;Économie et des Finances Bruno Le Maire. Elle vise à faciliter la création, la croissance et la transmission des entreprises françaises, à renforcer le partage de la valeur avec les salariés et à améliorer la [[Protection sociale|protection sociale]] des [[Travailleur indépendant|travailleurs indépendants]]. Composée de 221 articles, elle constitue l&#039;une des réformes les plus étendues du droit des affaires français depuis la loi de modernisation de l&#039;économie (LME) de 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Contexte et objectifs ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi PACTE s&#039;inscrit dans le cadre des réformes économiques du premier quinquennat d&#039;Emmanuel Macron. Un diagnostic partagé par l&#039;administration et les organisations patronales souligne que les PME françaises peinent davantage que leurs homologues allemandes ou britanniques à franchir les stades de croissance successifs pour devenir des ETI (entreprises de taille intermédiaire), puis des grandes entreprises. Une consultation nationale conduite en 2017-2018 auprès de 1 200 dirigeants d&#039;entreprise identifie trois obstacles principaux : la lourdeur des formalités administratives, l&#039;effet dissuasif des seuils sociaux, et l&#039;accès insuffisant aux financements en fonds propres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le texte, adopté en première lecture par l&#039;Assemblée nationale le 9 octobre 2018 et promulgué le 22 mai 2019, poursuit quatre objectifs déclarés :&lt;br /&gt;
* libérer les entreprises de contraintes administratives jugées inutiles ;&lt;br /&gt;
* permettre aux entreprises de grandir, d&#039;innover et de créer des emplois ;&lt;br /&gt;
* mieux partager la valeur créée par les entreprises avec leurs salariés ;&lt;br /&gt;
* redonner du sens à l&#039;activité des entreprises au-delà de la seule finalité lucrative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Simplification administrative ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Guichet unique des formalités d&#039;entreprises ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;article 1er de la loi PACTE crée un [[Guichet unique des formalités d&#039;entreprises|guichet unique électronique]], géré par l&#039;Institut national de la propriété industrielle (INPI), qui remplace les sept centres de formalités des entreprises (CFE) alors compétents selon la nature de l&#039;activité. Ce guichet unique, entré en service le 1er janvier 2023 après deux reports successifs (initialement prévu en 2021), centralise l&#039;ensemble des démarches d&#039;immatriculation, de modification et de cessation d&#039;activité auparavant réparties entre les greffes des tribunaux de commerce, les chambres de commerce et d&#039;industrie (CCI), les chambres de métiers et de l&#039;artisanat (CMA), l&#039;URSSAF et les services fiscaux. Au cours de sa première année de fonctionnement, le guichet unique a traité plus de 3 millions de formalités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Suppression du stage préparatoire à l&#039;installation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le stage de préparation à l&#039;installation (SPI), d&#039;une durée de cinq jours et d&#039;un coût moyen de 194 euros, jusqu&#039;alors obligatoire pour tout artisan souhaitant s&#039;immatriculer au répertoire des métiers, est supprimé à compter du 1er janvier 2019. Cette mesure s&#039;applique aussi bien aux [[Auto-entrepreneur|auto-entrepreneurs]] qu&#039;aux artisans relevant d&#039;un régime réel d&#039;imposition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Régime de la micro-entreprise ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi PACTE consolide les mesures d&#039;assouplissement du régime de la [[Micro-entreprise]] introduites par la loi de finances pour 2018 — notamment le doublement des seuils de chiffre d&#039;affaires annuels (72 600 euros pour les activités de prestations de services, 176 200 euros pour les activités de ventes) — et facilite la domiciliation de l&#039;entreprise au domicile personnel du dirigeant en levant certaines restrictions imposées par les règlements de copropriété ou les baux d&#039;habitation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réforme des seuils sociaux ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;effet dissuasif des [[Seuils sociaux]] figurait parmi les freins à la croissance les plus documentés dans les rapports préparatoires à la loi. Le franchissement des seuils de 11, 50 et 250 salariés déclenchait immédiatement de nouvelles obligations légales, incitant une partie des employeurs à bloquer volontairement leurs effectifs en deçà de ces paliers. La loi PACTE instaure une règle de décompte lissée : une entreprise n&#039;est soumise aux nouvelles obligations attachées à un seuil qu&#039;après l&#039;avoir franchi pendant cinq années civiles consécutives. En cas de descente sous ce seuil avant l&#039;expiration du délai, le compteur est remis à zéro.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les principales obligations concernées par cette règle sont la mise en place du comité social et économique (CSE), l&#039;obligation de participation aux bénéfices et l&#039;obligation de négociation sur l&#039;intéressement, ainsi que la désignation d&#039;un délégué syndical dans les entreprises dépassant 50 salariés. En parallèle, la loi rationalise l&#039;architecture des seuils en éliminant plusieurs niveaux intermédiaires hérités de textes successifs pour les regrouper autour des trois niveaux 11, 50 et 250.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Épargne salariale et Plan d&#039;épargne retraite ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Extension de l&#039;épargne salariale aux TPE-PME ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi PACTE cherche à étendre l&#039;[[Épargne salariale]] — dispositifs d&#039;intéressement, de participation et plans d&#039;épargne — aux très petites et petites entreprises qui en sont jusqu&#039;alors largement exclues faute de ressources juridiques internes. Elle simplifie la mise en place des accords d&#039;intéressement pour les entreprises de moins de 50 salariés en créant des accords types accessibles par branche professionnelle, adoptables par simple décision unilatérale de l&#039;employeur. Elle supprime le forfait social de 20 % sur l&#039;intéressement pour les entreprises de moins de 250 salariés et sur la participation pour les entreprises de moins de 50 salariés, réduisant ainsi le coût de ces mécanismes pour les employeurs de ces tranches d&#039;effectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Création du Plan d&#039;épargne retraite ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;un des axes structurants de la loi PACTE est la création du &#039;&#039;&#039;[[Plan d&#039;épargne retraite]]&#039;&#039;&#039; (PER), qui unifie en un produit unique et portable l&#039;ensemble des anciens dispositifs d&#039;épargne retraite : le plan d&#039;épargne retraite populaire (PERP), le contrat Madelin destiné aux [[Travailleur indépendant|travailleurs non salariés]], le plan d&#039;épargne retraite collectif (PERCO) et le contrat de retraite supplémentaire obligatoire dit « article 83 ». Le PER entre en vigueur le 1er octobre 2019 et se structure en trois compartiments :&lt;br /&gt;
* le PER individuel (PERIN), successeur du PERP et du Madelin, ouvert à tout épargnant à titre personnel ;&lt;br /&gt;
* le PER d&#039;entreprise collectif (PERCOL), successeur du PERCO, mis en place au niveau de l&#039;entreprise à adhésion facultative pour les salariés ;&lt;br /&gt;
* le PER d&#039;entreprise obligatoire (PERO), successeur du contrat article 83, à adhésion imposée pour certaines catégories de salariés définies par accord collectif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La portabilité constitue l&#039;innovation principale : un salarié changeant d&#039;employeur ou un [[Entrepreneur individuel|entrepreneur individuel]] cédant son activité peut transférer son encours vers n&#039;importe quel compartiment d&#039;un autre PER, sans frais après cinq ans de détention. À fin 2023, l&#039;encours total des PER dépasse 90 milliards d&#039;euros, répartis sur plus de 4 millions de contrats ouverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Société à mission et raison d&#039;être ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi PACTE modifie l&#039;article 1835 du Code civil pour permettre à toute société d&#039;inscrire facultativement une &#039;&#039;&#039;raison d&#039;être&#039;&#039;&#039; dans ses statuts, définie comme « les principes dont la société se dote et pour le respect desquels elle entend affecter des moyens dans la réalisation de son activité ». Cette notion introduit une dimension qualitative dans l&#039;objet social sans créer d&#039;obligation juridique directe pour les actionnaires ou dirigeants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi crée en outre la qualité de &#039;&#039;&#039;[[Société à mission]]&#039;&#039;&#039;, accessible à toute société commerciale remplissant cumulativement trois conditions :&lt;br /&gt;
# inscrire une raison d&#039;être dans ses statuts ;&lt;br /&gt;
# définir un ou plusieurs objectifs sociaux et environnementaux que la société se donne pour mission de poursuivre dans son activité, mentionnés dans ses statuts ;&lt;br /&gt;
# constituer un comité de mission chargé du suivi de l&#039;exécution de la raison d&#039;être et faire vérifier cette exécution par un organisme tiers indépendant (OTI) accrédité par le Comité français d&#039;accréditation (COFRAC).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité de société à mission est déclarative : elle s&#039;acquiert par inscription modificative au greffe du tribunal de commerce compétent. Au 31 décembre 2023, plus de 1 200 sociétés étaient enregistrées en qualité de société à mission, dont des groupes tels que Danone (2020), MAIF (2020) et Kering (2022). Les TPE et PME représentent néanmoins la majorité numérique des structures labellisées, l&#039;adoption par les grandes entreprises ayant concentré l&#039;essentiel de la couverture médiatique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Protection sociale des travailleurs indépendants ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Création de l&#039;Allocation des travailleurs indépendants ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi PACTE crée, à compter du 1er novembre 2019, l&#039;&#039;&#039;&#039;[[Allocation des travailleurs indépendants]]&#039;&#039;&#039; (ATI), première allocation relevant de l&#039;[[Assurance chômage des indépendants|assurance chômage]] ouverte aux [[Travailleur indépendant|travailleurs non salariés]] contraints de cesser définitivement leur activité. Les conditions d&#039;éligibilité initiales exigeaient :&lt;br /&gt;
* une cessation d&#039;activité faisant suite à une procédure de liquidation ou de redressement judiciaire ;&lt;br /&gt;
* une durée d&#039;exercice de l&#039;activité indépendante d&#039;au moins deux ans de façon continue ;&lt;br /&gt;
* des revenus professionnels annuels d&#039;au moins 10 000 euros sur chacune des deux dernières années ;&lt;br /&gt;
* une inscription à [[France Travail]] (anciennement Pôle emploi) en qualité de demandeur d&#039;emploi actif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le montant de l&#039;ATI est fixé à 800 euros brut par mois, versé pour une durée de six mois non renouvelable. Depuis la réforme du 1er juillet 2022, les conditions d&#039;accès ont été élargies : l&#039;exigence d&#039;une procédure judiciaire est supprimée au profit de la notion de « caractère non viable économiquement » de l&#039;activité, et le seuil de revenus est abaissé à 10 000 euros sur les douze derniers mois précédant la cessation. Malgré cet assouplissement, le nombre de bénéficiaires annuels demeure inférieur à 30 000, loin des 200 000 bénéficiaires potentiels estimés lors des travaux préparatoires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Articulation avec le régime général ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi PACTE accompagne le transfert de la [[Sécurité sociale des indépendants]] (SSI) vers le régime général, initié par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 qui a supprimé le Régime social des indépendants (RSI). Elle précise les modalités de rattachement à la Caisse primaire d&#039;assurance maladie (CPAM) et assure la continuité des droits pour les artisans, commerçants et [[Profession libérale|professions libérales]] non réglementées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Formation professionnelle ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi PACTE s&#039;articule avec la [[Loi Avenir professionnel|loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel]], qui a réformé la [[Formation professionnelle]] continue, le [[Compte personnel de formation]] (CPF) et l&#039;[[Alternance]]. La loi PACTE apporte plusieurs compléments :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* La [[Contribution unique à la formation professionnelle et à l&#039;alternance]] (CUFPA) est confirmée comme mécanisme centralisé de collecte des contributions des entreprises, acheminées vers les [[OPCO|opérateurs de compétences (OPCO)]].&lt;br /&gt;
* Le [[Financement de la formation professionnelle]] est simplifié pour les entreprises de moins de 50 salariés, qui bénéficient d&#039;un abondement majoré sur le CPF de leurs salariés.&lt;br /&gt;
* Les [[Centre de formation d&#039;apprentis|centres de formation d&#039;apprentis]] (CFA) bénéficient du mécanisme de lissage des seuils pour les obligations liées aux contrats d&#039;[[Alternance|alternance]] dans les entreprises en croissance franchissant le seuil de 11 salariés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Financement des entreprises ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Renforcement de Bpifrance ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Bpifrance]] voit ses capacités d&#039;intervention renforcées : la loi PACTE relève les plafonds de garantie accordés aux PME et ETI, et autorise Bpifrance à prendre des participations minoritaires dans des fonds de capital-investissement européens afin de favoriser le co-investissement transfrontalier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Accès des PME aux marchés financiers ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi relève le seuil de dispense d&#039;obligation de prospectus visé par l&#039;Autorité des marchés financiers (AMF) : les offres au public de titres financiers inférieures à 8 millions d&#039;euros sont dispensées de ce document. Elle instaure également un régime de gouvernance allégé pour les PME cotées sur les marchés réglementés dont la capitalisation boursière est inférieure à un milliard d&#039;euros.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Privatisations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi PACTE autorise l&#039;État à céder ses participations dans trois entités :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Entité !! Part initialement prévue !! Résultat&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Aéroports de Paris (ADP) || Cession portant l&#039;État sous 50,1 % || Initiative référendaire déposée en 2019 ; privatisation abandonnée en 2020&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| La Française des Jeux (FDJ) || 52 % du capital cédé || Introduction en bourse le 7 novembre 2019 au prix de 19,90 € par action ; l&#039;État conserve 20,5 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Engie || Franchissement sous le seuil de 33,33 % || Réalisé progressivement ; l&#039;État descend à environ 23,6 % en 2022&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Transmission d&#039;entreprise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi PACTE abroge l&#039;obligation d&#039;information préalable des salariés en cas de cession d&#039;une entreprise de plus de 50 salariés, dispositif issu de la loi Hamon du 31 juillet 2014. Cette obligation, jugée complexe dans sa mise en œuvre et sans effet mesurable sur le taux de reprise par les salariés, était régie par les articles L. 23-10-1 et suivants du [[Code du travail]]. La loi PACTE simplifie par ailleurs les formalités de cession de fonds de commerce en supprimant plusieurs obligations de publicité, notamment la publication dans un journal d&#039;annonces légales pour les cessions inférieures à certains seuils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le régime fiscal de transmission d&#039;entreprise familiale dit « pacte Dutreil », qui permet de bénéficier d&#039;un abattement de 75 % sur la valeur des titres transmis par donation ou succession lorsque des engagements de conservation sont pris, est sécurisé juridiquement par plusieurs précisions apportées dans le code général des impôts afin de réduire les contentieux avec l&#039;administration fiscale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bilan ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rapport d&#039;évaluation remis au Parlement en 2022, ainsi que les travaux du Comité de suivi de la réforme, permettent de dresser un premier bilan des principales mesures :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le guichet unique a traité plus de 3 millions de formalités lors de sa première année, mais son déploiement a été marqué par des difficultés techniques liées à l&#039;interopérabilité des systèmes d&#039;information des différentes administrations.&lt;br /&gt;
* Le PER a dépassé les objectifs initiaux : 4 millions de contrats ouverts et 90 milliards d&#039;euros d&#039;encours à fin 2023, contre 50 milliards projetés.&lt;br /&gt;
* L&#039;ATI reste sous-utilisée, avec moins de 30 000 bénéficiaires annuels, contre 200 000 estimés dans les études d&#039;impact initiales. Les conditions d&#039;accès, malgré l&#039;assouplissement de 2022, sont perçues comme restrictives par les associations représentatives des [[Travailleur indépendant|indépendants]].&lt;br /&gt;
* Les sociétés à mission connaissent un succès supérieur aux prévisions dans les grandes entreprises et ETI, mais une adoption marginale dans les TPE-PME.&lt;br /&gt;
* Les objectifs de développement de l&#039;[[Épargne salariale]] dans les petites entreprises produisent des résultats progressifs : la proportion d&#039;entreprises de 11 à 49 salariés disposant d&#039;un accord d&#039;intéressement est passée d&#039;environ 16 % en 2019 à 25 % en 2022.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Loi Avenir professionnel]]&lt;br /&gt;
* [[Guichet unique des formalités d&#039;entreprises]]&lt;br /&gt;
* [[Compte personnel de formation]]&lt;br /&gt;
* [[Formation professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Assurance chômage des indépendants]]&lt;br /&gt;
* [[Bpifrance]]&lt;br /&gt;
* [[Sécurité sociale des indépendants]]&lt;br /&gt;
* [[Auto-entrepreneur]]&lt;br /&gt;
* [[Entrepreneur individuel]]&lt;br /&gt;
* [[Travailleur indépendant]]&lt;br /&gt;
* [[Protection sociale]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Statut professionnel]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Analyse_d%27impact_sur_l%27activit%C3%A9&amp;diff=956</id>
		<title>Analyse d&#039;impact sur l&#039;activité</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Analyse_d%27impact_sur_l%27activit%C3%A9&amp;diff=956"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;L&#039;&#039;&#039;&#039;analyse d&#039;impact sur l&#039;activité&#039;&#039;&#039; (AIA), également désignée par l&#039;acronyme anglais &#039;&#039;&#039;BIA&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;Business Impact Analysis&#039;&#039;), est une démarche structurée visant à identifier et quantifier les effets potentiels d&#039;une interruption des processus critiques d&#039;une organisation sur ses résultats opérationnels, financiers et réputationnels. Elle constitue la première étape incontournable de tout [[Plan de continuité d&#039;activité]] et fournit les données objectives permettant de hiérarchiser les priorités de reprise. L&#039;AIA s&#039;applique aux entreprises privées comme aux administrations publiques, quelle que soit leur taille ou leur secteur d&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et objectifs ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse d&#039;impact sur l&#039;activité est définie par la norme [[ISO 22301]] (&#039;&#039;Sécurité et résilience — Systèmes de management de la continuité des activités&#039;&#039;) comme le processus d&#039;analyse des fonctions métier et des effets qu&#039;une perturbation pourrait avoir sur elles. Elle répond à trois objectifs principaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* identifier les activités, processus et ressources critiques dont l&#039;interruption aurait des conséquences significatives pour l&#039;organisation ;&lt;br /&gt;
* quantifier les impacts selon plusieurs dimensions (financière, opérationnelle, juridique, réputationnelle) en fonction de la durée de l&#039;interruption ;&lt;br /&gt;
* déterminer les seuils temporels au-delà desquels les impacts deviennent inacceptables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;AIA se distingue de l&#039;analyse des risques (telle que formalisée dans une [[Matrice des risques]]) en ce qu&#039;elle ne s&#039;intéresse pas à la probabilité d&#039;occurrence d&#039;un événement perturbateur, mais exclusivement à ses conséquences sur l&#039;organisation, quel que soit le scénario déclencheur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre méthodologique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Inventaire des activités et des processus ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première étape consiste à dresser un inventaire exhaustif des activités de l&#039;organisation et à les décomposer en processus élémentaires. Pour chaque processus, on recense :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les ressources nécessaires à son fonctionnement (personnel, systèmes d&#039;information, infrastructures, fournisseurs) ;&lt;br /&gt;
* les dépendances internes et externes (flux d&#039;informations, sous-traitants, clients) ;&lt;br /&gt;
* le volume d&#039;activité habituel, exprimé par exemple en transactions journalières, en [[Chiffre d&#039;affaires|chiffre d&#039;affaires]] généré ou en nombre d&#039;usagers concernés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette cartographie s&#039;appuie généralement sur des entretiens semi-directifs avec les responsables opérationnels et sur l&#039;analyse de la documentation existante (organigrammes, procédures, contrats).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Identification et quantification des impacts ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour chaque processus, l&#039;analyste évalue les impacts d&#039;une interruption selon plusieurs horizons temporels (1 heure, 4 heures, 24 heures, 72 heures, 7 jours, etc.). Les catégories d&#039;impacts usuellement retenues sont :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Catégorie d&#039;impact !! Exemples de mesures&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Financier || Perte de [[Chiffre d&#039;affaires|chiffre d&#039;affaires]], pénalités contractuelles, coûts de remédiation&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Opérationnel || Dégradation de la qualité de service, retards de livraison, surcharge des processus adjacents&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Juridique et réglementaire || Manquements aux obligations légales, amendes, contentieux&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Réputationnel || Perte de confiance des clients, couverture médiatique négative, sanctions des autorités sectorielles&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Ressources humaines || Surcharge de travail, [[Absentéisme]], développement de [[Risques psychosociaux]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Détermination des seuils temporels ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;AIA définit plusieurs paramètres temporels standardisés :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[Durée maximale d&#039;interruption admissible]]&#039;&#039;&#039; (DMIA ou MAO, et en anglais &#039;&#039;Maximum Tolerable Downtime&#039;&#039;, MTD) : durée au-delà de laquelle les impacts sont jugés irréversibles ou mettent en péril la survie de l&#039;organisation ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[Objectif de temps de reprise]]&#039;&#039;&#039; (OTR, ou RTO &#039;&#039;Recovery Time Objective&#039;&#039;) : délai cible de rétablissement d&#039;un processus après une interruption, nécessairement inférieur à la DMIA ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[Objectif de point de reprise]]&#039;&#039;&#039; (OPR, ou RPO &#039;&#039;Recovery Point Objective&#039;&#039;) : volume maximal de données ou de transactions qu&#039;une organisation accepte de perdre, exprimé en unité de temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces trois paramètres alimentent directement les stratégies de reprise définies dans le [[Plan de reprise d&#039;activité informatique]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mise en œuvre ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Collecte des données ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La collecte s&#039;effectue principalement par questionnaires structurés et entretiens menés auprès des directions métier. Les questionnaires couvrent typiquement : la description des activités, les ressources critiques (humaines, matérielles, logicielles), les interdépendances, les exigences réglementaires et les données chiffrées d&#039;activité. La participation active des directions opérationnelles est déterminante : une AIA construite uniquement à partir de données centralisées sous-estime fréquemment les impacts réels, notamment les dépendances implicites à des outils ou prestataires non répertoriés dans le système d&#039;information officiel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Analyse et priorisation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir des données collectées, les processus sont classés selon leur criticité, établie en combinant la DMIA (plus elle est courte, plus le processus est critique) et l&#039;intensité des impacts mesurés. Les processus dont la DMIA est inférieure à 4 heures sont généralement qualifiés de « vitaux » et font l&#039;objet de plans de continuité spécifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La priorisation est formalisée dans une matrice de criticité qui recense, pour chaque processus : son identifiant, son niveau de criticité, sa DMIA, son OTR cible, son OPR cible et les ressources minimales requises pour assurer sa reprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Documentation et validation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le rapport d&#039;AIA est soumis à validation par la direction générale, qui arbitre les seuils d&#039;acceptabilité retenus. Ce document devient la référence centrale du [[Plan de continuité d&#039;activité]] et doit faire l&#039;objet d&#039;une révision périodique — recommandée annuellement ou à chaque modification organisationnelle significative (fusion, transformation numérique, changement de prestataires critiques).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== AIA et gestion des ressources humaines ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse d&#039;impact sur l&#039;activité intègre une dimension ressources humaines dont l&#039;importance est souvent sous-estimée. L&#039;interruption prolongée d&#039;une activité peut générer des impacts en cascade sur les effectifs :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* activation des dispositifs d&#039;[[Activité partielle de longue durée]] lorsque la crise réduit durablement le volume d&#039;activité ;&lt;br /&gt;
* risque d&#039;ouverture d&#039;un [[Plan de sauvegarde de l&#039;emploi]] si l&#039;interruption compromet la viabilité économique de l&#039;organisation ;&lt;br /&gt;
* développement de [[Risques psychosociaux]] et de [[Burnout professionnel]] chez les salariés mobilisés en situation de crise, notamment lorsque les plans de continuité reposent sur un effectif réduit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;AIA permet également d&#039;identifier les compétences critiques dont l&#039;indisponibilité (maladie, départ, [[Absentéisme]] structurel) constituerait un point de défaillance unique. Cette analyse rejoint les préoccupations de la [[Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences]] et de la [[Gestion des emplois et des parcours professionnels]], qui visent à anticiper les besoins en compétences sur le moyen terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En situation de crise sociale, la direction doit être en mesure de présenter les résultats de l&#039;AIA devant le [[Comité social et économique]] pour objectiver les décisions prises sur l&#039;organisation du travail. Le [[Dialogue social]] et la [[Négociation collective]] peuvent s&#039;appuyer sur ces données pour définir des modalités de continuité acceptées par les partenaires sociaux, notamment en matière d&#039;aménagement du temps de travail ou de recours au télétravail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== AIA et cybersécurité ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Cybersécurité]] est devenue l&#039;un des principaux périmètres d&#039;application de l&#039;AIA depuis la généralisation des [[Cyberattaque|cyberattaques]], et notamment des attaques par [[Ransomware]] qui peuvent paralyser l&#039;ensemble du système d&#039;information d&#039;une organisation en quelques heures. L&#039;AIA cyber se distingue par la prise en compte de scénarios spécifiques :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* indisponibilité totale du système d&#039;information ;&lt;br /&gt;
* compromission ou exfiltration de données confidentielles ;&lt;br /&gt;
* destruction ou chiffrement des données sans possibilité de restauration immédiate depuis les [[Sauvegarde informatique|sauvegardes]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle s&#039;articule avec la [[Gestion des risques informatiques]], la [[Gestion des vulnérabilités]] et les procédures de [[Réponse aux incidents de sécurité]]. L&#039;Agence nationale de la sécurité des systèmes d&#039;information (ANSSI) recommande que l&#039;AIA soit intégrée dans la démarche globale de [[Gestion des risques informatiques]] et que ses résultats conditionnent la définition des politiques de [[Sauvegarde informatique]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;OTR cyber constitue généralement l&#039;indicateur le plus contraignant à atteindre : la restauration d&#039;un système d&#039;information complet peut nécessiter plusieurs jours, même en disposant de [[Sauvegarde informatique|sauvegardes]] récentes et correctement testées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre normatif et réglementaire ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs référentiels encadrent la réalisation d&#039;une AIA :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[ISO 22301]]&#039;&#039;&#039; (2019, révision de la version 2012) : norme internationale de référence pour les systèmes de management de la continuité des activités ; l&#039;AIA y constitue une exigence explicite (section 8.2.2) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[ISO 22317]]&#039;&#039;&#039; (2021) : lignes directrices spécifiquement dédiées à la réalisation d&#039;une AIA, complémentaires à ISO 22301 ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;EBIOS Risk Manager&#039;&#039;&#039; (ANSSI, 2018) : méthode française d&#039;analyse de risques intégrant une composante d&#039;évaluation des impacts sur les valeurs métier ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;NIST SP 800-34&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;Contingency Planning Guide for Federal Information Systems&#039;&#039;, révision 1, 2010) : guide du National Institute of Standards and Technology largement repris dans le secteur privé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le secteur financier, les exigences prudentielles imposées par la Banque centrale européenne (BCE) et par l&#039;Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) fixent des seuils de RTO maximaux sur les activités critiques des établissements bancaires. La directive européenne DORA (&#039;&#039;Digital Operational Resilience Act&#039;&#039;, 2022, applicable depuis janvier 2025) étend ces exigences à l&#039;ensemble des entités financières de l&#039;Union européenne et impose une AIA formalisée comme prérequis à la définition des plans de continuité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites et facteurs de succès ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;AIA présente plusieurs limites inhérentes à sa méthodologie :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Dépendance aux déclarations&#039;&#039;&#039; : les données reposent sur les estimations des responsables métier, qui peuvent sous-évaluer les délais de reprise réels ou omettre des dépendances implicites (outils bureautiques non répertoriés, prestataires secondaires, accès distants) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Obsolescence rapide&#039;&#039;&#039; : une AIA non actualisée peut ne plus refléter l&#039;organisation réelle après une transformation numérique, une réorganisation ou un changement de prestataires critiques ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Périmètre souvent partiel&#039;&#039;&#039; : les AIA se concentrent fréquemment sur les processus formalisés et ignorent les activités informelles, ce qui conduit à des plans de continuité incomplets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les facteurs de succès documentés sont : l&#039;implication de la direction générale dès la phase de lancement, la désignation d&#039;un responsable de la continuité d&#039;activité dédié, la couverture exhaustive de toutes les directions métier (et non uniquement de la direction des systèmes d&#039;information), et la réalisation régulière d&#039;exercices de simulation permettant de confronter les OTR et OPR théoriques à la réalité opérationnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Plan de continuité d&#039;activité]]&lt;br /&gt;
* [[Plan de reprise d&#039;activité informatique]]&lt;br /&gt;
* [[Gestion des risques informatiques]]&lt;br /&gt;
* [[Réponse aux incidents de sécurité]]&lt;br /&gt;
* [[Prévention des risques professionnels]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Cybersécurité]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=INRAE&amp;diff=955</id>
		<title>INRAE</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=INRAE&amp;diff=955"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;L&#039;Institut national de recherche pour l&#039;agriculture, l&#039;alimentation et l&#039;environnement (INRAE) est un établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST) français, créé le 1er janvier 2020 par la fusion de l&#039;[[INRA|Institut national de la recherche agronomique (INRA)]] et de l&#039;[[IRSTEA|Institut national de recherche en sciences et technologies pour l&#039;environnement et l&#039;agriculture (IRSTEA)]]. Premier organisme de recherche agronomique en Europe et deuxième au niveau mondial dans son domaine, INRAE regroupe environ 12 000 agents répartis dans 18 centres régionaux et plus de 200 unités de recherche présentes sur l&#039;ensemble du territoire français. Ses travaux couvrent les interactions entre systèmes agricoles, productions alimentaires et environnement, dans un contexte de transition agroécologique et de dérèglement climatique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Histoire ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;INRA : de la reconstruction à la durabilité ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[INRA]] est fondé par décret le 18 juin 1946, dans le cadre de la politique de modernisation agricole de l&#039;après-guerre. Sa mission initiale consiste à accroître la productivité des exploitations françaises par la recherche en génétique végétale et animale, en [[Agronomie|agronomie]] et en zootechnie. À partir des années 1980, ses priorités s&#039;élargissent progressivement à la qualité des aliments, à la protection de l&#039;environnement rural et à la conception de systèmes de production plus durables. L&#039;INRA devient l&#039;un des organismes pionniers en matière d&#039;[[Agroécologie|agroécologie]] en France, notamment à travers ses expérimentations sur la réduction des intrants chimiques et le développement du [[Biocontrôle|biocontrôle]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le CEMAGREF et l&#039;IRSTEA : les sciences de l&#039;environnement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Centre national du machinisme agricole, du génie rural, des eaux et des forêts (CEMAGREF) est créé en 1981. Rebaptisé [[IRSTEA]] en 2012, cet établissement se spécialise dans les sciences et technologies pour l&#039;environnement et l&#039;agriculture : gestion des ressources en eau, modélisation des risques naturels (crues, étiages), qualité des milieux aquatiques et gestion durable des écosystèmes forestiers (voir [[Sylviculture]]). L&#039;IRSTEA compte à la veille de la fusion environ 1 800 agents et 25 unités de recherche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Fusion et création d&#039;INRAE (2020) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le rapprochement entre l&#039;INRA et l&#039;IRSTEA est annoncé officiellement en 2018 par les ministères de tutelle dans le cadre d&#039;une politique nationale de rationalisation des organismes de recherche. La fusion prend effet au 1er janvier 2020, donnant naissance à INRAE sous la présidence de Philippe Mauguin, qui dirigeait l&#039;INRA depuis 2016. L&#039;objectif affiché est de renforcer les synergies entre recherche agronomique et sciences de l&#039;environnement pour répondre aux grands défis du XXIe siècle : sécurité alimentaire mondiale, [[Changement climatique et agriculture|adaptation de l&#039;agriculture au changement climatique]] et préservation de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Organisation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Gouvernance ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INRAE est placé sous la double tutelle du ministère chargé de la Recherche et du ministère chargé de l&#039;Agriculture. L&#039;établissement est administré par un conseil d&#039;administration, éclairé par un conseil scientifique et un comité de l&#039;éthique et de la déontologie. Le président-directeur général est nommé par décret en conseil des ministres pour un mandat de quatre ans renouvelable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Implantations territoriales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institut dispose de 18 centres régionaux en métropole, complétés par des implantations dans les territoires d&#039;outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion). Les centres les plus importants se trouvent à Versailles-Grignon (Île-de-France), Bordeaux-Nouvelle-Aquitaine, Toulouse-Occitanie, Rennes-Bretagne-Normandie, Dijon-Bourgogne-Franche-Comté, Montpellier-Languedoc-Roussillon et Clermont-Auvergne-Rhône-Alpes. Ce maillage territorial permet d&#039;ancrer les travaux dans les diversités pédoclimatiques régionales et de tisser des partenariats avec les [[Chambre d&#039;agriculture|chambres d&#039;agriculture]], les coopératives agricoles et les instituts techniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Effectifs et budget ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
! Indicateur !! Valeur (2023)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Agents (effectif total) || ≈ 12 000&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Chercheurs et directeurs de recherche || ≈ 3 500&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Ingénieurs et techniciens || ≈ 8 500&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Unités de recherche || &amp;gt; 200&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Centres régionaux || 18&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Doctorants accueillis par an || ≈ 1 500&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publications scientifiques annuelles || ≈ 5 000&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Budget total || ≈ 1 milliard €&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Brevets actifs (portefeuille) || &amp;gt; 700&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Missions ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les statuts d&#039;INRAE définissent trois grandes missions :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Produire des connaissances scientifiques fondamentales et appliquées dans les champs de l&#039;agriculture, de l&#039;alimentation et de l&#039;environnement ;&lt;br /&gt;
* Former à la recherche et par la recherche, notamment en accueillant des doctorants et en co-encadrant des masters spécialisés ;&lt;br /&gt;
* Contribuer au débat public et à l&#039;expertise collective, en répondant aux demandes des pouvoirs publics, des agences sanitaires et des instances européennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La feuille de route stratégique « INRAE 2030 », publiée en 2021, structure les priorités autour de quatre transitions : agroécologique, alimentaire, énergétique et numérique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Domaines scientifiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Alimentation et systèmes alimentaires ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche sur l&#039;[[Alimentation durable|alimentation durable]] constitue un pilier majeur d&#039;INRAE. Les équipes travaillent sur la qualité nutritionnelle des aliments, la sécurité microbiologique, la réduction des pertes post-récolte, et la compréhension des comportements alimentaires. L&#039;institut gère plusieurs plateformes analytiques de haut niveau : métabolomique, lipidomique, microbiome intestinal et rhizosphérique. Des études longitudinales portent sur le lien entre régimes alimentaires, santé humaine et empreinte environnementale des systèmes de production.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Agroécologie et gestion des intrants ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Agroécologie]] représente un axe structurant de la programmation scientifique d&#039;INRAE. Les travaux portent sur la conception de systèmes de culture combinant performance économique et réduction des intrants de synthèse, en lien direct avec le [[Plan Écophyto]]. La [[Protection intégrée des cultures]] (PIC) et le [[Biocontrôle]] font l&#039;objet de programmes de recherche spécifiques : développement de micro-organismes antagonistes, de macroorganismes auxiliaires et de substances naturelles à action phytosanitaire. Ces résultats alimentent les filières de [[Maraîchage|maraîchage]], de [[Viticulture|viticulture]], d&#039;[[Arboriculture|arboriculture]] et d&#039;[[Horticulture|horticulture]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des collaborations avec les [[Chambre d&#039;agriculture|chambres d&#039;agriculture]] et les réseaux d&#039;[[Agriculteur biologique|agriculteurs biologiques]] permettent l&#039;expérimentation en conditions réelles et le transfert vers les exploitations. INRAE contribue également à évaluer l&#039;impact environnemental des produits de [[Protection phytosanitaire|protection phytosanitaire]] dans le cadre d&#039;expertises demandées par l&#039;Anses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Biodiversité, génomique et sélection variétale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INRAE est l&#039;un des acteurs majeurs de la [[Sélection variétale]] en Europe. L&#039;institut gère plus de 13 ressources biologiques collectives : collections de micro-organismes fermentaires et phytopathogènes, conservatoires de semences de plantes cultivées et sauvages, lignées animales de référence. La génomique fonctionnelle et la bioinformatique permettent d&#039;identifier des gènes impliqués dans la tolérance à la sécheresse, à la chaleur et aux agents pathogènes chez les plantes cultivées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des programmes de recherche importants portent sur les insectes pollinisateurs, en particulier l&#039;[[Abeille domestique|abeille domestique]], pour comprendre les effets des pesticides, des pathogènes (Varroa destructor, Nosema ceranae) et des pratiques d&#039;[[Apiculture|apiculture]] sur la santé des colonies. Ces travaux éclairent directement les décisions réglementaires relatives aux néonicotinoïdes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Élevage et zootechnie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche en productions animales englobe l&#039;[[Élevage bovin|élevage bovin]], les systèmes d&#039;[[Élevage allaitant|élevage allaitant]], la nutrition et la santé animales, la génétique des races locales et le bien-être animal. INRAE conduit des expérimentations sur la réduction des émissions de méthane entérique en élevage ruminant — les bovins émettant en France environ 11,5 millions de tonnes équivalent CO₂ par an —, en testant des additifs alimentaires, des modifications de ration et des pratiques de pâturage alternatif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Environnement, eau et forêts ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hérité de l&#039;IRSTEA, le domaine environnemental couvre la gestion quantitative et qualitative des ressources en eau, la modélisation hydrologique des bassins versants, les risques de crues et d&#039;étiages, ainsi que la gestion durable des écosystèmes forestiers (voir [[Sylviculture|sylviculture]]). INRAE contribue à l&#039;évaluation de l&#039;impact du changement climatique sur la phénologie des cultures, les rendements et la disponibilité des ressources en eau pour l&#039;[[Agriculture de précision|agriculture de précision]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Numérique et agriculture de précision ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INRAE s&#039;implique activement dans le développement de l&#039;[[Agriculture de précision|agriculture de précision]] : capteurs embarqués sur tracteurs et [[Drone agricole|drones agricoles]], modèles de simulation de la croissance des cultures (STICS, RECORD), systèmes d&#039;aide à la décision pour la fertilisation et l&#039;irrigation, et intelligence artificielle appliquée à la détection précoce de maladies foliaires par analyse d&#039;images.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Partenariats avec l&#039;enseignement supérieur ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INRAE structure ses collaborations académiques au travers des unités mixtes de recherche (UMR), structures cogérées entre l&#039;EPST et un établissement d&#039;enseignement supérieur. Les principaux partenaires sont [[AgroParisTech]], l&#039;[[Institut Agro]] (né en 2020 de la fusion d&#039;[[Agrocampus Ouest]] et de Montpellier SupAgro), les universités de Bordeaux, Rennes, Toulouse, Clermont-Ferrand et Paris-Saclay, ainsi que d&#039;autres organismes comme le CNRS, l&#039;INSERM et le CEA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces partenariats définissent le cadre de formation des futurs [[Ingénieur agronome|ingénieurs agronomes]] et des docteurs en sciences agronomiques et environnementales. INRAE accueille chaque année environ 1 500 doctorants et entretient des liens avec les [[Lycée agricole|lycées agricoles]] pour les stages de sensibilisation à la recherche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Valorisation et transfert de technologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La valorisation des résultats de recherche s&#039;opère par plusieurs vecteurs :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Les licences de brevets concédées à des entreprises agroalimentaires, semencières, phytosanitaires et biotechnologiques ;&lt;br /&gt;
* La création d&#039;entreprises dérivées (spin-offs) : plus de 120 start-ups issues de la recherche d&#039;INRAE depuis 2020, dans des domaines allant du biocontrôle à la fermentation de précision ;&lt;br /&gt;
* Les partenariats structurés avec les instituts techniques agricoles (Arvalis, Terres Inovia, CTIFL, Idele) pour le transfert vers les filières professionnelles ;&lt;br /&gt;
* La participation aux pôles de compétitivité (Vitagora, Aquimer, Céréales Vallée) et aux initiatives de recherche et d&#039;innovation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Rôle dans les politiques publiques et l&#039;expertise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
INRAE est régulièrement mandaté pour produire des expertises collectives sur des sujets sensibles : évaluation des risques liés aux néonicotinoïdes pour les pollinisateurs, bilan scientifique du [[Plan Écophyto]], analyse des trajectoires vers des systèmes alimentaires durables, évaluation des pratiques de gestion des sols en partenariat avec les [[SAFER|SAFER]]. Ces exercices mobilisent des équipes pluridisciplinaires et alimentent les décisions réglementaires nationales et communautaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l&#039;échelle européenne, INRAE coordonne ou participe à de nombreux projets du programme-cadre Horizon Europe (2021-2027), notamment dans les missions thématiques « Sol » et « Alimentation, bioéconomie, ressources naturelles, agriculture et environnement ». L&#039;institut est également membre fondateur de plusieurs alliances européennes de recherche (CGIAR, ERA-NETS, FACCE-JPI) dédiées à la sécurité alimentaire mondiale et à l&#039;adaptation au changement climatique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Organisme de recherche en France]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Agriculture en France]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Environnement en France]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Métiers de l&#039;agriculture]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Demandeur_d%27emploi&amp;diff=954</id>
		<title>Demandeur d&#039;emploi</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Demandeur_d%27emploi&amp;diff=954"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Un &#039;&#039;&#039;demandeur d&#039;emploi&#039;&#039;&#039; est une personne qui n&#039;exerce pas d&#039;activité professionnelle salariée et qui recherche activement un emploi. En France, cette situation est régie par un dispositif administratif et social articulant inscription auprès de [[France Travail]], droits à des allocations et obligations de recherche active. Au 31 décembre 2023, la France métropolitaine recensait 5,39 millions de personnes inscrites en catégories A, B et C sur les listes de France Travail (source : DARES).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et cadre administratif ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Catégories de demandeurs d&#039;emploi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;inscription sur les listes de [[France Travail]] (anciennement Pôle emploi, renommé en janvier 2024) donne lieu à un classement en cinq catégories définies par arrêté :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Catégorie !! Situation&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| A || Sans emploi, tenu d&#039;accomplir des actes positifs de recherche d&#039;emploi&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| B || En activité réduite courte (78 heures ou moins par mois), tenu de chercher un emploi&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| C || En activité réduite longue (plus de 78 heures par mois), tenu de chercher un emploi&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| D || Sans emploi, non tenu de rechercher un emploi (formation, maladie, maternité, etc.)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| E || En emploi, bénéficiaire de certains contrats aidés ou d&#039;une création d&#039;entreprise&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La statistique mensuelle de France Travail ne se confond pas avec le [[Taux de chômage]] au sens du Bureau international du travail (BIT). Ce dernier, calculé par l&#039;INSEE à partir de l&#039;enquête Emploi, mesure la proportion d&#039;actifs sans emploi, en recherche active et disponibles immédiatement ; il s&#039;établissait à 7,3 % de la population active au 4e trimestre 2023.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conditions d&#039;inscription ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour s&#039;inscrire comme demandeur d&#039;emploi auprès de [[France Travail]], la personne doit satisfaire aux conditions suivantes :&lt;br /&gt;
* avoir au moins 16 ans (15 ans en cas d&#039;apprentissage interrompu) ;&lt;br /&gt;
* ne pas être en retraite à taux plein ;&lt;br /&gt;
* être apte au travail ;&lt;br /&gt;
* résider habituellement en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;inscription peut s&#039;effectuer en ligne ou dans l&#039;une des agences du réseau. Elle est gratuite et confère immédiatement un accès à l&#039;espace personnel en ligne, aux [[Offre d&#039;emploi|offres d&#039;emploi]] et aux services d&#039;un conseiller dédié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Indemnisation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Allocation de retour à l&#039;emploi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Allocation de retour à l&#039;emploi]] (ARE) est la principale prestation versée aux demandeurs d&#039;emploi affiliés au régime d&#039;[[Assurance chômage]]. Son accès est conditionné par :&lt;br /&gt;
* une durée minimale d&#039;affiliation : 6 mois (soit 130 jours travaillés ou 910 heures) sur les 24 derniers mois, ou 36 mois pour les demandeurs d&#039;emploi âgés de 53 ans ou plus ;&lt;br /&gt;
* une perte involontaire d&#039;emploi : licenciement, fin de [[Contrat à durée déterminée|CDD]], rupture conventionnelle homologuée ;&lt;br /&gt;
* une inscription sur les listes de France Travail et une recherche active d&#039;emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le montant journalier de l&#039;ARE est calculé à partir du salaire journalier de référence (SJR) selon la formule : 40,4 % du SJR plus une partie fixe de 12,95 € (barème 2024). La durée maximale d&#039;indemnisation est de 24 mois (portée à 36 mois à partir de 53 ans), avec un plancher de 6 mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Allocation de solidarité spécifique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Allocation de solidarité spécifique]] (ASS) prend le relais de l&#039;ARE pour les demandeurs d&#039;emploi ayant épuisé leurs droits, sous réserve de justifier d&#039;au moins 5 ans d&#039;activité salariée sur les 10 années précédant la fin du [[Contrat de travail]] et de respecter un plafond de ressources. Son montant journalier s&#039;élève à 18,17 € au 1er avril 2024, soit environ 545 € par mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rémunération en cas de formation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu&#039;un demandeur d&#039;emploi suit une formation prescrite par [[France Travail]], il peut percevoir la [[Rémunération de formation France Travail]] (RFFT) si ses droits à l&#039;ARE sont insuffisants ou épuisés. Ce dispositif garantit un revenu de remplacement pendant la durée de la formation prescrite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Portabilité des droits ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Portabilité des droits à l&#039;assurance chômage]] permet à un demandeur d&#039;emploi qui reprend un emploi de conserver ses droits résiduels à l&#039;ARE pour une utilisation ultérieure, dans la limite d&#039;un délai de 3 ans à compter de la date d&#039;ouverture des droits initiaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Obligations et suivi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Projet Personnalisé d&#039;Accès à l&#039;Emploi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Projet Personnalisé d&#039;Accès à l&#039;Emploi]] (PPAE) est élaboré lors des premières semaines suivant l&#039;inscription, en concertation entre le demandeur et son conseiller [[France Travail]]. Il définit le type d&#039;emploi recherché, la zone géographique acceptable, le niveau de rémunération visé et les étapes d&#039;accompagnement envisagées. La notion d&#039;« offre raisonnable d&#039;emploi » (ORE) en découle directement : le refus répété, sans motif légitime, d&#039;offres correspondant au PPAE peut entraîner une radiation temporaire des listes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Actualisation mensuelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaque mois, le demandeur d&#039;emploi est tenu de déclarer sa situation via l&#039;[[Actualisation mensuelle]] disponible sur le site de France Travail. Cette déclaration précise s&#039;il a travaillé, suivi une formation, été en arrêt maladie ou perçu des revenus de remplacement. Le versement des allocations est conditionné à cette actualisation. En 2023, France Travail a procédé à environ 1,8 million de radiations ou suspensions pour défaut d&#039;actualisation ou manquement aux obligations de recherche d&#039;emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Actes positifs de recherche d&#039;emploi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les demandeurs en catégorie A sont tenus d&#039;accomplir des actes réguliers et vérifiables de recherche d&#039;emploi : répondre aux [[Offre d&#039;emploi|offres d&#039;emploi]], effectuer des [[Candidature spontanée|candidatures spontanées]], contacter des agences de [[Recrutement]], rédiger des [[Lettre de motivation|lettres de motivation]] adaptées, ou mettre en œuvre une stratégie de [[Prospection d&#039;emploi]]. France Travail peut diligenter un contrôle de la recherche d&#039;emploi (CRE) pour vérifier la réalité de ces démarches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Accompagnement et dispositifs d&#039;insertion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Suivi par France Travail ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[France Travail]] propose différents niveaux d&#039;accompagnement en fonction du profil du demandeur :&lt;br /&gt;
* l&#039;accompagnement guidé (suivi mensuel par un conseiller généraliste) ;&lt;br /&gt;
* l&#039;accompagnement intensif (pour les demandeurs les plus éloignés du [[Marché du travail]]) ;&lt;br /&gt;
* l&#039;accompagnement global (en partenariat avec les travailleurs sociaux pour les situations complexes).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les jeunes de 16 à 25 ans, les [[Mission locale|missions locales]] assurent un accompagnement social et professionnel spécifique, en complémentarité avec [[France Travail]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Orientation et bilan de compétences ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Bilan de compétences]], d&#039;une durée maximale de 24 heures réparties sur plusieurs semaines, permet d&#039;analyser les aptitudes professionnelles et personnelles afin de construire un [[Projet professionnel]] réaliste. Il peut être financé par le [[Compte personnel de formation]] (CPF) ou prescrit et pris en charge directement par [[France Travail]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Conseiller en évolution professionnelle]] (CEP) offre un accompagnement gratuit, neutre et personnalisé, dispensé notamment par l&#039;[[Apec]] pour les cadres et agents de maîtrise, ou par les opérateurs régionaux agréés pour les autres demandeurs d&#039;emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Formation professionnelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Formation continue]] constitue le principal levier d&#039;amélioration de l&#039;[[Employabilité]]. Les dispositifs accessibles aux demandeurs d&#039;emploi comprennent :&lt;br /&gt;
* le [[Compte personnel de formation]] (CPF), mobilisable pour financer une formation certifiante ou qualifiante ;&lt;br /&gt;
* la [[Validation des acquis de l&#039;expérience]] (VAE), qui permet de faire reconnaître officiellement les compétences acquises par l&#039;expérience professionnelle sans passer par une formation classique ;&lt;br /&gt;
* le [[Plan de développement des compétences]], mis en œuvre par les organismes de formation partenaires de France Travail ;&lt;br /&gt;
* l&#039;[[Alternance]] et le [[Contrat de professionnalisation]], permettant de se former en alternant périodes en entreprise et en centre de formation tout en percevant une rémunération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Reconversion et transition professionnelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Reconversion professionnelle]] désigne le passage vers un métier ou un secteur distinct de celui précédemment exercé. Elle concerne particulièrement les personnes touchées par un licenciement économique ([[Reconversion après licenciement]]) ou les actifs en milieu de carrière souhaitant changer d&#039;orientation ([[Orientation professionnelle tardive]]). Les [[Compétences transférables]] — aptitudes acquises dans un domaine et mobilisables dans un autre — jouent un rôle central dans la faisabilité de ces transitions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Outplacement]], financé par l&#039;employeur dans le cadre d&#039;un plan de sauvegarde de l&#039;emploi (PSE) ou d&#039;un licenciement individuel, offre un suivi personnalisé par un cabinet extérieur spécialisé pour accélérer le retour à l&#039;emploi cadre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chômage de longue durée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Chômage de longue durée]] désigne une inscription continue sur les listes de [[France Travail]] dépassant 12 mois consécutifs. Fin 2023, les demandeurs d&#039;emploi de longue durée représentaient environ 42 % des inscrits en catégorie A, soit près de 1,3 million de personnes (source : DARES). Cette situation prolongée est associée à une détérioration progressive de l&#039;[[Employabilité]], à une érosion du réseau professionnel et à des risques accrus de précarité sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des dispositifs renforcés ciblent ce public : l&#039;accompagnement intensif de [[France Travail]], le recours au [[Bilan de compétences]] financé, et le programme Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD), expérimentation législative (loi du 29 novembre 2016, prolongée en 2020 et 2022) proposant un emploi en [[Contrat à durée indéterminée|CDI]] à tout demandeur de longue durée volontaire dans les territoires couverts, financé à hauteur de 102 % du SMIC par l&#039;État et les collectivités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Données statistiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les données publiées par la DARES (Direction de l&#039;animation de la recherche, des études et des statistiques), les effectifs de demandeurs d&#039;emploi inscrits en France métropolitaine s&#039;établissaient comme suit au 31 décembre 2023 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Indicateur !! Valeur&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Catégories A, B, C || 5,39 millions&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Catégorie A seule (sans activité) || 3,04 millions&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Part des femmes (cat. A, B, C) || 48,1 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Part des 50 ans et plus (cat. A, B, C) || 23,5 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Part des chômeurs de longue durée (cat. A) || environ 42 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Taux de chômage]] au sens BIT (T4 2023, INSEE) || 7,3 %&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces chiffres illustrent la distinction structurelle entre les statistiques administratives de France Travail, qui comptabilisent toutes les personnes inscrites quelle que soit leur intensité de recherche, et les données conjoncturelles de l&#039;INSEE fondées sur des critères comportementaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[France Travail]]&lt;br /&gt;
* [[Allocation de retour à l&#039;emploi]]&lt;br /&gt;
* [[Marché du travail]]&lt;br /&gt;
* [[Reconversion professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Bilan de compétences]]&lt;br /&gt;
* [[Projet Personnalisé d&#039;Accès à l&#039;Emploi]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Reconversion professionnelle]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Droit_des_entreprises_en_difficult%C3%A9&amp;diff=953</id>
		<title>Droit des entreprises en difficulté</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Droit_des_entreprises_en_difficult%C3%A9&amp;diff=953"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Le &#039;&#039;&#039;droit des entreprises en difficulté&#039;&#039;&#039; est une branche du [[Droit des affaires|droit des affaires]] qui regroupe l&#039;ensemble des règles juridiques destinées à anticiper, traiter et résoudre les difficultés rencontrées par les entités économiques. Codifié principalement aux articles L. 610-1 à L. 696-1 du Code de commerce (Livre VI), il distingue les procédures préventives, qui interviennent avant la [[Cessation des paiements|cessation des paiements]], et les [[Procédure collective|procédures collectives]], ouvertes après constat de l&#039;état de cessation des paiements. Discipline au carrefour du [[Droit commercial|droit commercial]], du [[Droit du travail|droit du travail]] et du [[Droit des sociétés|droit des sociétés]], elle poursuit trois objectifs hiérarchisés depuis la loi de 2005 : la sauvegarde de l&#039;entreprise, le maintien de l&#039;emploi et le paiement des créanciers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Historique et évolution législative ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit des faillites français trouve ses origines dans l&#039;Ordonnance de Colbert de 1673 et le Code de commerce napoléonien de 1807, qui retenaient une approche répressive à l&#039;égard du failli. La loi du 13 juillet 1967 a substitué à cette logique punitive une approche économique en créant le règlement judiciaire et la liquidation des biens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi n° 85-98 du 25 janvier 1985 relative au [[Redressement judiciaire|redressement judiciaire]] et à la [[Liquidation judiciaire|liquidation judiciaire]] des entreprises a constitué une rupture majeure en plaçant la sauvegarde de l&#039;entreprise et de l&#039;emploi avant le paiement des créanciers, et en créant les professions réglementées d&#039;[[Administrateur judiciaire|administrateur judiciaire]] et de [[Mandataire judiciaire|mandataire judiciaire]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi n° 2005-845 du 26 juillet 2005 de [[Sauvegarde des entreprises|sauvegarde des entreprises]] a institué la procédure de sauvegarde, outil préventif ouvert avant la [[Cessation des paiements|cessation des paiements]], et renforcé les mécanismes amiables. L&#039;ordonnance n° 2014-326 du 12 mars 2014 a réformé les seuils de compétence, introduit la sauvegarde accélérée et créé le rétablissement professionnel. L&#039;ordonnance n° 2021-1193 du 15 septembre 2021, transposant la directive européenne 2019/1023 du 20 juin 2019 sur les cadres de restructuration préventive, a réformé les comités de parties affectées et introduit un mécanisme de cram-down inter-classe permettant d&#039;imposer un plan à des créanciers récalcitrants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Champ d&#039;application ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Personnes concernées ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Procédure collective|procédures collectives]] s&#039;appliquent à toute personne exerçant une activité commerciale ou artisanale inscrite au [[Registre du commerce et des sociétés|registre du commerce et des sociétés]], à tout agriculteur immatriculé au registre des actifs agricoles, à toute personne physique exerçant une activité professionnelle indépendante — y compris les professions libérales depuis la loi de 2005 — et à toute personne morale de droit privé. Les associations loi 1901 sont également éligibles depuis la loi de 2005. Les collectivités territoriales, établissements publics et personnes morales de droit public sont exclus du champ d&#039;application.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La notion de cessation des paiements ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Cessation des paiements|cessation des paiements]] est définie à l&#039;article L. 631-1 du Code de commerce comme « l&#039;impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible ». Elle constitue le seuil légal de déclenchement du [[Redressement judiciaire|redressement judiciaire]] et de la [[Liquidation judiciaire|liquidation judiciaire]]. Le débiteur dispose d&#039;un délai de 45 jours à compter de la [[Cessation des paiements|cessation des paiements]] pour déposer une déclaration au greffe du [[Tribunal de commerce|tribunal de commerce]] ou du [[Tribunal judiciaire|tribunal judiciaire]]. La jurisprudence de la [[Cour de cassation|cour de cassation]] interprète cette notion de façon stricte : un découvert bancaire autorisé entre dans l&#039;actif disponible ; un passif différé ou sérieusement contesté n&#039;est pas exigible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Détection précoce et acteurs du diagnostic ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La détection précoce des difficultés repose sur plusieurs mécanismes institutionnels complémentaires. Les [[Commissaire aux comptes|commissaires aux comptes]] sont soumis à la procédure d&#039;alerte (articles L. 234-1 à L. 234-4 du Code de commerce) : dès qu&#039;ils relèvent des faits susceptibles de compromettre la continuité d&#039;exploitation, ils interpellent le dirigeant, puis le conseil d&#039;administration ou de surveillance, puis le président du tribunal en l&#039;absence de réponse satisfaisante. L&#039;[[Expert-comptable|expert-comptable]], bien que non soumis à une obligation légale d&#039;alerte, joue un rôle pratique essentiel dans l&#039;analyse du [[Bilan comptable|bilan comptable]] et la détection des signaux de dégradation de trésorerie (ratio dettes fournisseurs / [[Chiffre d&#039;affaires|chiffre d&#039;affaires]], évolution du besoin en fonds de roulement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le président du [[Tribunal de commerce|tribunal de commerce]] peut convoquer tout dirigeant dont l&#039;entreprise présente des indices préoccupants — dépôt tardif des comptes annuels, inscriptions de privilèges fiscaux ou sociaux. Cette convocation, confidentielle, précède fréquemment le recours au mandat ad hoc ou à la conciliation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les procédures préventives ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le mandat ad hoc ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mandat ad hoc, régi par les articles L. 611-3 et suivants du Code de commerce, est un outil entièrement confidentiel et volontaire. Le président du [[Tribunal de commerce|tribunal de commerce]] désigne un mandataire — généralement un [[Administrateur judiciaire|administrateur judiciaire]] ou un [[Avocat|avocat]] spécialisé — pour une mission de négociation dont la durée et le périmètre sont librement définis. Aucune condition de situation financière préalable n&#039;est imposée et aucune publicité n&#039;est exigée. Le mandat ad hoc convient particulièrement à des difficultés ponctuelles de trésorerie ou à une renégociation de structure de dette. En 2022, environ 1 200 mandats ad hoc ont été ouverts en France selon les données de l&#039;Institut français des praticiens des procédures collectives (IFPPC).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La conciliation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conciliation (articles L. 611-4 à L. 611-16 du Code de commerce) s&#039;adresse aux entreprises en [[Cessation des paiements|cessation des paiements]] depuis moins de 45 jours ou présentant des difficultés juridiques, économiques ou financières prévisibles. Sa durée maximale est de 5 mois (4 mois prorogeables d&#039;un mois). Le conciliateur, désigné par le président du tribunal, recherche un accord amiable avec les principaux créanciers. Cet accord peut être « constaté » — ordonnance confidentielle sans publication — ou « homologué » — décision publiée au BODACC avec effets renforcés. L&#039;homologation accorde aux nouveaux apporteurs de fonds un privilège dit « new money » leur garantissant un rang prioritaire en cas d&#039;ouverture ultérieure d&#039;une [[Procédure collective|procédure collective]]. En 2023, près de 2 000 procédures de conciliation ont été ouvertes en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La sauvegarde ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Conditions d&#039;ouverture ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Sauvegarde des entreprises|procédure de sauvegarde]] (articles L. 620-1 et suivants du Code de commerce) est ouverte au débiteur qui justifie de difficultés qu&#039;il n&#039;est pas en mesure de surmonter, sans être en état de [[Cessation des paiements|cessation des paiements]]. Elle est initiée à la seule demande du débiteur ; les créanciers ne peuvent pas y assigner une entreprise. Le [[Tribunal de commerce|tribunal de commerce]] désigne un [[Administrateur judiciaire|administrateur judiciaire]] et un [[Mandataire judiciaire|mandataire judiciaire]] dès le jugement d&#039;ouverture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Déroulement et plan de sauvegarde ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ouverture déclenche une période d&#039;observation de 6 mois, renouvelable une fois (12 mois maximum), au cours de laquelle un bilan économique, social et environnemental est établi. Un plan de sauvegarde d&#039;une durée maximale de 10 ans (15 ans pour les agriculteurs) peut être arrêté par le tribunal. Depuis l&#039;ordonnance du 15 septembre 2021, les créanciers sont regroupés en comités de parties affectées (CPA) votant sur le plan. En 2023, 1 241 procédures de sauvegarde ont été ouvertes en France selon les données du Conseil national des administrateurs judiciaires et mandataires judiciaires (CNAJMJ).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Sauvegarde accélérée ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La sauvegarde accélérée (article L. 628-1 du Code de commerce), introduite en 2014 et réformée en 2021, est ouverte aux entreprises ayant préalablement conduit des négociations en conciliation ayant réuni l&#039;accord d&#039;une majorité de créanciers. Elle permet d&#039;arrêter un plan en 3 mois. Le mécanisme de cram-down inter-classe autorise l&#039;imposition du plan à des classes de créanciers minoritaires récalcitrantes, sous conditions de traitement équitable et d&#039;absence d&#039;opposition d&#039;une classe mieux-disante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les procédures collectives ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le redressement judiciaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Redressement judiciaire|redressement judiciaire]] (articles L. 631-1 et suivants du Code de commerce) est ouvert lorsque l&#039;entreprise est en état de [[Cessation des paiements|cessation des paiements]] mais que son redressement est manifestement possible. La période d&#039;observation dure 6 mois renouvelables (18 mois maximum). L&#039;[[Administrateur judiciaire|administrateur judiciaire]] exerce sa mission en mode assistance — il assiste le débiteur sans se substituer à lui — ou en mode substitution, selon la décision du tribunal. Le plan de redressement peut prévoir des délais de paiement pouvant atteindre 10 ans et des remises de dettes négociées avec les créanciers. En l&#039;absence de plan viable à l&#039;issue de la période d&#039;observation, la procédure est convertie en [[Liquidation judiciaire|liquidation judiciaire]]. En 2023, 14 617 redressements judiciaires ont été ouverts en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La liquidation judiciaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Liquidation judiciaire|liquidation judiciaire]] (articles L. 640-1 et suivants du Code de commerce) est prononcée lorsque le redressement de l&#039;entreprise est manifestement impossible. Elle entraîne la dissolution immédiate de la personne morale et la réalisation de l&#039;intégralité des actifs pour désintéresser les créanciers. Le [[Mandataire judiciaire|mandataire judiciaire]], qui prend dans ce cadre le titre de liquidateur, procède aux opérations de cession et aux distributions entre créanciers selon leur rang. La liquidation simplifiée s&#039;applique aux entreprises sans actif immobilier avec un effectif inférieur à 5 salariés et un [[Chiffre d&#039;affaires|chiffre d&#039;affaires]] hors taxe inférieur à 300 000 € (variante élargie : 20 salariés et 750 000 €). En 2023, 38 469 [[Liquidation judiciaire|liquidations judiciaires]] ont été prononcées selon le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le rétablissement professionnel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le rétablissement professionnel (articles L. 645-1 et suivants du Code de commerce), créé par l&#039;ordonnance du 12 mars 2014, s&#039;adresse exclusivement aux personnes physiques sans salarié dont l&#039;actif déclaré est inférieur à 5 000 €. Il permet un effacement total du passif professionnel en 4 mois sans procéder à la cession des actifs personnels. En 2023, 4 872 rétablissements professionnels ont été ouverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les acteurs de la procédure ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le tribunal compétent ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Tribunal de commerce|tribunal de commerce]] est compétent pour les commerçants et les sociétés commerciales. Le [[Tribunal judiciaire|tribunal judiciaire]] traite les artisans, les professions libérales, les agriculteurs et les associations. La compétence territoriale est déterminée par le siège social inscrit au [[Registre du commerce et des sociétés|registre du commerce et des sociétés]] ou par le lieu de l&#039;établissement principal pour les personnes physiques. Un décret du 24 novembre 2021 a désigné 18 tribunaux de commerce spécialisés pour les grandes procédures (chiffre d&#039;affaires supérieur à 40 M€ ou effectif supérieur à 250 salariés).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;administrateur judiciaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Administrateur judiciaire|administrateur judiciaire]] est un officier ministériel inscrit sur une liste nationale (environ 120 professionnels en 2024). Il gère ou assiste l&#039;entreprise selon les attributions que lui confie le tribunal, établit le bilan économique et social, instruit les offres de reprise et prépare les plans de continuation ou de cession. Sa rémunération est fixée par un barème réglementaire calculé sur l&#039;importance du passif de la procédure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le mandataire judiciaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Mandataire judiciaire|mandataire judiciaire]] représente les intérêts collectifs des créanciers, vérifie les créances déclarées et établit leur liste définitive. En [[Liquidation judiciaire|liquidation judiciaire]], où il porte le titre de liquidateur, il procède aux distributions selon l&#039;ordre des privilèges. La profession est réglementée et comptait environ 325 praticiens inscrits en 2024.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le juge-commissaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le juge-commissaire est un magistrat du tribunal désigné pour suivre l&#039;exécution de la procédure au quotidien. Il statue sur la poursuite ou la résiliation des contrats en cours, les autorisations de licenciement en période d&#039;observation et les ventes de biens mobiliers et immobiliers. Ses ordonnances sont susceptibles d&#039;un recours par voie de déféré devant le tribunal (statuant en formation collégiale) puis d&#039;un appel devant la [[Cour d&#039;appel|cour d&#039;appel]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;AGS ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS) est l&#039;organisme paritaire qui avance les salaires, [[Indemnité de licenciement|indemnités de licenciement]] et indemnités de préavis dus aux salariés lors de l&#039;ouverture d&#039;une [[Procédure collective|procédure collective]]. Les plafonds de garantie pour 2024 s&#039;élèvent à 92 736 € brut par salarié pour les créances salariales. L&#039;AGS est créancière subrogée et bénéficie, depuis l&#039;ordonnance de 2021, d&#039;un rang de super-priorité pour les avances effectuées après l&#039;ouverture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Effets de l&#039;ouverture de la procédure ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;arrêt des poursuites individuelles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ouverture d&#039;une [[Procédure collective|procédure collective]] entraîne automatiquement l&#039;arrêt des poursuites individuelles : aucun créancier antérieur au jugement d&#039;ouverture ne peut engager ni continuer une action en paiement. Les voies d&#039;exécution (saisies attributives, saisies immobilières) et les inscriptions de sûretés en cours sont également suspendues. Cette règle est d&#039;ordre public et s&#039;impose à l&#039;ensemble des créanciers, y compris les administrations fiscales et les organismes sociaux (URSSAF, AGIRC-ARRCO).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La déclaration des créances ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout créancier antérieur au jugement d&#039;ouverture doit déclarer sa créance auprès du [[Mandataire judiciaire|mandataire judiciaire]] dans un délai de 2 mois à compter de la publication du jugement d&#039;ouverture au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales). Ce délai est porté à 4 mois pour les créanciers domiciliés hors de France métropolitaine. La créance non déclarée dans ce délai est inopposable à la procédure, sauf relevé de forclusion accordé par le juge-commissaire sur requête motivée démontrant que le défaut de déclaration est dû à une omission du débiteur ou à une cause étrangère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sort des contrats en cours ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ouverture de la procédure n&#039;emporte pas résiliation automatique des [[Contrat de travail|contrats de travail]] ni des contrats commerciaux en cours. L&#039;[[Administrateur judiciaire|administrateur judiciaire]] dispose d&#039;une option légale : poursuivre le contrat — le cocontractant ne peut alors s&#039;y opposer si les prestations sont effectivement assurées — ou y renoncer par notification écrite. En cas de cession totale ou partielle d&#039;entreprise, le [[Transfert automatique de contrat|transfert automatique de contrat]] s&#039;impose au cessionnaire pour l&#039;intégralité des [[Contrat de travail|contrats de travail]] en cours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Effets sur l&#039;emploi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Licenciements économiques en période d&#039;observation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant la période d&#039;observation, les [[Licenciement pour motif économique|licenciements pour motif économique]] sont soumis à l&#039;autorisation préalable du juge-commissaire. La procédure d&#039;information-consultation du comité social et économique (CSE) obéit à des délais accélérés dérogatoires au [[Code du travail|code du travail]]. L&#039;[[Inspection du travail|inspection du travail]] est informée mais ne dispose pas d&#039;un pouvoir d&#039;autorisation pour ces licenciements, contrairement au régime de droit commun. Le [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]] reste compétent pour les litiges individuels nés de ces ruptures, notamment les contestations portant sur les [[Indemnité de licenciement|indemnités de licenciement]] ou les créances salariales antérieures. Le [[Dialogue social|dialogue social]] interne demeure un facteur déterminant dans la négociation des conditions de départ.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le plan de sauvegarde de l&#039;emploi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque le nombre de licenciements projetés atteint les seuils légaux — 10 salariés sur une période de 30 jours dans une entreprise d&#039;au moins 50 salariés — un [[Plan de sauvegarde de l&#039;emploi|plan de sauvegarde de l&#039;emploi]] (PSE) doit être élaboré. Dans le cadre d&#039;une [[Procédure collective|procédure collective]], ce PSE peut être homologué par la DREETS (Direction régionale de l&#039;économie, de l&#039;emploi, du travail et des solidarités) selon une procédure allégée. Les salariés concernés peuvent bénéficier d&#039;un [[Congé de reclassement|congé de reclassement]] et de mesures d&#039;[[Outplacement|outplacement]] financées par le plan.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Indemnités et allocations des salariés licenciés ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les salariés licenciés dans le cadre d&#039;une [[Procédure collective|procédure collective]] perçoivent — avancés par l&#039;AGS dans les limites des plafonds réglementaires — leurs salaires impayés, leur [[Indemnité de licenciement|indemnité de licenciement]] légale ou conventionnelle et leur [[Indemnité de précarité|indemnité de précarité]] le cas échéant. Ils accèdent ensuite à l&#039;[[Allocation de retour à l&#039;emploi|allocation de retour à l&#039;emploi]] (ARE) versée par France Travail (anciennement Pôle emploi), ou à l&#039;[[Allocation de solidarité spécifique|allocation de solidarité spécifique]] (ASS) s&#039;ils ont épuisé leurs droits à l&#039;ARE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Responsabilités et sanctions ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La responsabilité pour insuffisance d&#039;actif ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de [[Liquidation judiciaire|liquidation judiciaire]], le tribunal peut condamner les dirigeants de droit ou de fait à supporter tout ou partie du passif social lorsqu&#039;une faute de gestion a contribué à l&#039;insuffisance d&#039;actif (article L. 651-2 du Code de commerce). Cette action en responsabilité est exercée par le liquidateur ou le ministère public. La [[Cour de cassation|cour de cassation]] retient une conception large de la faute : poursuite abusive d&#039;une exploitation structurellement déficitaire, absence de tenue de comptabilité, prélèvements excessifs au détriment de la trésorerie de l&#039;entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les sanctions personnelles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le tribunal peut prononcer contre les dirigeants fautifs une faillite personnelle — interdiction de diriger, gérer ou contrôler toute entreprise pendant 15 ans maximum — ou une simple interdiction de gérer (5 ans maximum). La banqueroute est une infraction pénale définie à l&#039;article L. 654-2 du Code de commerce (organisation frauduleuse de l&#039;insolvabilité, tenue de comptabilité fictive ou incomplète, soustraction d&#039;actifs) sanctionnée de 5 ans d&#039;emprisonnement et 75 000 € d&#039;amende, portés à 7 ans et 200 000 € en cas de circonstances aggravantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dimension européenne et internationale ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le règlement UE 2015/848 ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le règlement (UE) n° 2015/848 du 20 mai 2015 relatif aux procédures d&#039;insolvabilité (refonte du règlement CE n° 1346/2000) organise la reconnaissance mutuelle des procédures d&#039;insolvabilité au sein de l&#039;Union européenne sur la base du Centre des intérêts principaux (CIP, ou COMI — &#039;&#039;Center of Main Interests&#039;&#039;), présumé être le siège social statutaire. Une procédure principale ouverte dans l&#039;État membre du CIP produit des effets automatiques dans tous les autres États membres. Des procédures secondaires peuvent être ouvertes dans les États où le débiteur possède un établissement, mais leurs effets sont limités aux actifs situés sur leur territoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La directive 2019/1023 ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La directive (UE) 2019/1023 du 20 juin 2019 relative aux cadres de restructuration préventive, au désendettement et aux interdictions d&#039;exercer visait à harmoniser les législations des États membres en matière de prévention des défaillances. Elle a imposé l&#039;introduction d&#039;outils permettant d&#039;imposer un plan de restructuration à des créanciers minoritaires récalcitrants (mécanisme de cram-down). La France, dont le droit était déjà avancé en la matière, a transposé cette directive par l&#039;ordonnance n° 2021-1193 du 15 septembre 2021.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voies de recours et contentieux ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les jugements d&#039;ouverture, les décisions d&#039;homologation du plan et les ordonnances du juge-commissaire sont susceptibles d&#039;appel devant la [[Cour d&#039;appel|cour d&#039;appel]] dans un délai de 10 jours à compter de leur notification ou signification. Les règles de procédure applicables sont celles du [[Code de procédure civile|code de procédure civile]], adaptées par les dispositions spéciales du Livre VI du Code de commerce. Le [[Contentieux|contentieux]] devant la [[Cour de cassation|cour de cassation]] (chambre commerciale) est abondant, avec environ 250 arrêts rendus annuellement en matière de procédures collectives. L&#039;[[Aide juridictionnelle|aide juridictionnelle]] est accessible aux personnes physiques débitrices sous conditions de ressources, favorisant l&#039;[[Accès au droit|accès au droit]] des entrepreneurs individuels en situation de vulnérabilité économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articles connexes ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Procédure collective]]&lt;br /&gt;
* [[Redressement judiciaire]]&lt;br /&gt;
* [[Liquidation judiciaire]]&lt;br /&gt;
* [[Sauvegarde des entreprises]]&lt;br /&gt;
* [[Cessation des paiements]]&lt;br /&gt;
* [[Administrateur judiciaire]]&lt;br /&gt;
* [[Mandataire judiciaire]]&lt;br /&gt;
* [[Tribunal de commerce]]&lt;br /&gt;
* [[Plan de sauvegarde de l&#039;emploi]]&lt;br /&gt;
* [[Droit des affaires]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Métiers du droit]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Mise_en_situation_professionnelle&amp;diff=952</id>
		<title>Mise en situation professionnelle</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Mise_en_situation_professionnelle&amp;diff=952"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;mise en situation professionnelle&#039;&#039;&#039; est une modalité pédagogique qui place un individu dans des conditions réelles ou reconstituées d&#039;exercice d&#039;un métier, afin de développer, d&#039;évaluer ou de valider des compétences dans un contexte opérationnel. Elle se distingue des approches purement théoriques par la primauté accordée à l&#039;action et à l&#039;expérience directe. Reconnue dans le droit français de la [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] depuis les réformes des années 2000 et renforcée par la loi du 5 septembre 2018, elle constitue un outil central des certifications fondées sur les compétences et des parcours de [[Formation continue|formation continue]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et fondements théoriques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mise en situation professionnelle repose sur le principe selon lequel l&#039;acquisition de compétences passe par l&#039;expérimentation en conditions proches du travail réel. Elle mobilise simultanément des [[Hard skills|compétences techniques]] et des [[Soft skills|compétences comportementales]], dans un environnement où les contraintes, les ressources et les interlocuteurs correspondent, au moins partiellement, à ceux rencontrés dans l&#039;exercice effectif d&#039;un emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept s&#039;appuie sur les théories de l&#039;apprentissage expérientiel, notamment celles de John Dewey (&#039;&#039;Experience and Education&#039;&#039;, 1938) et du cycle d&#039;apprentissage de David Kolb (1984), qui postulent que l&#039;apprentissage est optimal lorsqu&#039;il résulte d&#039;un cycle action–réflexion–conceptualisation–expérimentation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mise en situation se distingue :&lt;br /&gt;
* du cours magistral ou de la formation en présentiel classique, où le savoir est transmis sans mise en pratique immédiate ;&lt;br /&gt;
* du stage d&#039;observation, où le participant est spectateur plutôt qu&#039;acteur ;&lt;br /&gt;
* de la simple simulation, qui reconstitue un environnement fictif sans enjeux de production réels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre réglementaire en France ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Reconnaissance par le droit de la formation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, la mise en situation professionnelle est encadrée par plusieurs textes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* La loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a renforcé l&#039;approche par compétences dans les [[Certification professionnelle|certifications professionnelles]] enregistrées au [[Répertoire national des certifications professionnelles]] (RNCP).&lt;br /&gt;
* Le code du travail (art. L. 6313-1 et suivants) définit les actions de formation pouvant inclure des séquences en situation de travail réelle.&lt;br /&gt;
* Les référentiels de certification imposés par [[France Compétences]] pour l&#039;inscription au RNCP exigent que les modalités d&#039;évaluation comprennent des épreuves pratiques en situation professionnelle reconstituée ou réelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Qualiopi et critères qualité ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier 2022, les organismes de formation souhaitant faire financer leurs actions par des fonds publics ou mutualisés doivent détenir la certification [[Qualiopi]]. Le référentiel national qualité Qualiopi comporte des critères portant sur l&#039;adéquation des modalités pédagogiques aux objectifs visés, ce qui inclut l&#039;utilisation de mises en situation lorsqu&#039;elles sont pertinentes pour le développement des compétences opérationnelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Formes et dispositifs ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Période de mise en situation en milieu professionnel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Période de mise en situation en milieu professionnel]] (PMSMP) est un dispositif institué par la loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 relative à la sécurisation de l&#039;emploi. Il permet à une personne en recherche d&#039;emploi ou en parcours d&#039;insertion de réaliser une immersion en entreprise ou en organisme, d&#039;une durée maximale d&#039;un mois, renouvelable une fois. Ses finalités sont de confirmer un [[Projet professionnel|projet professionnel]], de favoriser l&#039;accès à l&#039;emploi ou à une formation qualifiante, et de découvrir un secteur d&#039;activité. La PMSMP ne constitue pas un [[Contrat de travail]] ; elle est prescrite par France Travail (ex-Pôle emploi depuis janvier 2024), les missions locales, Cap emploi ou les organismes de placement spécialisés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Formation en situation de travail ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Formation en situation de travail]] (FEST) est une modalité d&#039;action de formation définie par le décret n° 2018-1341 du 28 décembre 2018. Elle se déroule intégralement sur le poste de travail, en conditions réelles de production. Un [[Formateur-tuteur]] accompagne le salarié tout au long de la séquence. La FEST comprend obligatoirement :&lt;br /&gt;
* une phase de mise en situation professionnelle sur poste ;&lt;br /&gt;
* une phase d&#039;analyse réflexive sur la situation vécue ;&lt;br /&gt;
* un accompagnement permettant d&#039;ajuster la pratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette modalité est particulièrement adaptée aux métiers où la gestuelle, les réflexes professionnels ou la maîtrise d&#039;environnements techniques spécifiques sont déterminants. Elle valorise les [[Compétences transférables|compétences transférables]] acquises en dehors des parcours formels et s&#039;articule naturellement avec le [[Tutorat en entreprise]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Épreuves de certification en situation reconstituée ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Référentiel de compétences|référentiels de compétences]] des certifications inscrites au RNCP intègrent des épreuves en situation professionnelle reconstituée. Le jury évalue le candidat sur sa capacité à réaliser des tâches représentatives du métier, dans un environnement simulé fidèle aux conditions réelles : outillage, documents professionnels, interlocuteurs simulés par des évaluateurs jouant un rôle, contraintes temporelles. Ce type d&#039;épreuve est systématique dans les certifications relevant des secteurs du soin, de la petite enfance, de la restauration, du bâtiment et de la relation client. Il peut également intervenir dans le cadre d&#039;un [[Bilan de compétences]], comme outil de diagnostic des acquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Simulation et jeux de rôle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les simulations professionnelles reconstituent un environnement de travail sans les contraintes de la production réelle. Elles sont mobilisées dans les secteurs où l&#039;erreur en situation réelle serait inacceptable : santé (mannequins haute-fidélité), aviation (simulateurs de vol certifiés par l&#039;EASA), sécurité civile, nucléaire. Le niveau de fidélité varie selon les objectifs : simulation basse-fidélité (jeux de rôle verbaux, fiches de scénario), moyenne-fidélité (maquettes, environnements partiels), haute-fidélité (environnements immersifs, réalité virtuelle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les jeux de rôle constituent une forme allégée de mise en situation, utilisés notamment pour le développement des [[Soft skills|compétences comportementales]] : conduite d&#039;entretien de recrutement, gestion de conflit client, animation de réunion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Objectifs pédagogiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mise en situation professionnelle poursuit plusieurs objectifs distincts selon le contexte :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
! Objectif !! Description !! Dispositifs associés&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Développement des compétences || Acquisition de savoir-faire par la pratique répétée || FEST, [[Alternance]], [[Compagnonnage]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Évaluation || Mesure du niveau de maîtrise atteint || Épreuves de certification RNCP&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Orientation || Confirmation ou infirmation d&#039;un projet professionnel || PMSMP, [[Stage de découverte professionnelle adulte]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Validation || Reconnaissance formelle des compétences acquises || [[Validation des acquis de l&#039;expérience]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Socialisation professionnelle || Intégration des codes, normes et pratiques du milieu || [[Onboarding professionnel]], [[Compagnonnage]]&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Acteurs impliqués ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mise en situation professionnelle mobilise plusieurs catégories d&#039;acteurs :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;L&#039;apprenant&#039;&#039;&#039; : salarié en formation, demandeur d&#039;emploi, [[Apprenti|apprenti]] ou stagiaire, qui réalise les tâches professionnelles dans le cadre défini.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le tuteur&#039;&#039;&#039; : professionnel expérimenté qui guide, observe et accompagne. Son rôle est formalisé dans le cadre du [[Tutorat en entreprise]] ; l&#039;[[Entretien de tutorat]] en constitue un moment structuré d&#039;échange et de bilan.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le [[Formateur-tuteur]]&#039;&#039;&#039; : dans les organismes de formation, il conçoit les situations pédagogiques, observe les apprenants et évalue les résultats au regard des objectifs fixés.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;L&#039;employeur&#039;&#039;&#039; : dans le cas de la FEST ou de l&#039;[[Alternance]], il met à disposition le poste de travail, sécurise l&#039;environnement et désigne un [[Maître d&#039;apprentissage|maître d&#039;apprentissage]] ou un référent interne.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Le jury de certification&#039;&#039;&#039; : pour les épreuves conduisant à une [[Certification professionnelle]], il évalue la performance selon les critères définis dans les [[Bloc de compétences|blocs de compétences]].&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[France Compétences]]&#039;&#039;&#039; et les [[Opérateur de compétences|Opérateurs de compétences]] : instances de gouvernance et de financement qui définissent les règles d&#039;ingénierie de certification et orientent les ressources vers les formations reconnues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Évaluation des compétences en situation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Grilles d&#039;observation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;évaluation lors d&#039;une mise en situation s&#039;appuie sur des grilles d&#039;observation adossées au [[Référentiel de compétences]]. Ces grilles listent les comportements, gestes professionnels ou résultats attendus, associés à un niveau de maîtrise exprimé sur une échelle à 3 ou 4 degrés : non acquis, en cours d&#039;acquisition, acquis, maîtrisé. Chaque indicateur doit être observable et mesurable, ce qui limite la part de subjectivité de l&#039;évaluateur et facilite l&#039;harmonisation entre membres d&#039;un jury.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Fiabilité et biais ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pertinence de l&#039;évaluation dépend de la fidélité de l&#039;environnement reconstruit, de la standardisation des conditions d&#039;observation et de la formation des évaluateurs. Plusieurs biais documentés peuvent intervenir : effet de halo (jugement global influençant l&#039;évaluation item par item), contamination par des informations antérieures sur le candidat, variabilité inter-évaluateurs. La présence de plusieurs membres au jury vise à limiter ces biais par triangulation des observations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articulation avec les autres dispositifs ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mise en situation professionnelle s&#039;intègre dans un continuum pédagogique et peut être combinée avec :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;[[E-learning]] et l&#039;[[Apprentissage adaptatif]], pour les phases de préparation théorique préalables à la mise en pratique.&lt;br /&gt;
* Le [[Mentorat professionnel]] et l&#039;[[Apprentissage par les pairs]], pour le suivi réflexif après la situation vécue.&lt;br /&gt;
* Le [[Bilan de compétences]], qui peut inclure des exercices situationnels pour objectiver les acquis du bénéficiaire.&lt;br /&gt;
* L&#039;[[Entretien professionnel]], lors duquel l&#039;employeur peut s&#039;appuyer sur des observations réalisées en situation pour évaluer l&#039;évolution des compétences du salarié.&lt;br /&gt;
* Le [[Livret d&#039;apprentissage]], outil de traçabilité des situations vécues dans le cadre d&#039;un [[Contrat d&#039;apprentissage]] ou d&#039;un [[Contrat de professionnalisation]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une perspective d&#039;[[Apprentissage tout au long de la vie]], la mise en situation constitue un pilier des démarches de [[Formation certifiante]], en permettant de valoriser des compétences développées hors des parcours formels. Elle renforce ainsi l&#039;[[Employabilité]] des personnes en reconversion ou en montée en compétences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Enjeux et limites ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Enjeux pour l&#039;employabilité ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mise en situation professionnelle répond à une demande des employeurs pour des profils opérationnels dès la prise de poste. Selon l&#039;enquête &#039;&#039;Getting Skills Right&#039;&#039; publiée par l&#039;OCDE en 2019, 47 % des employeurs dans les pays membres estiment que les compétences pratiques sont insuffisamment développées par la formation initiale. La généralisation des épreuves pratiques dans les certifications inscrites au RNCP vise à réduire cet écart entre formation et emploi, et à améliorer l&#039;adéquation entre profils formés et besoins des entreprises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contraintes structurelles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs facteurs limitent le recours systématique à la mise en situation :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Coût organisationnel&#039;&#039;&#039; : mobiliser un poste de travail réel ou construire un environnement de simulation haute-fidélité représente un investissement significatif en temps et en ressources humaines.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Risques liés à l&#039;erreur&#039;&#039;&#039; : dans les secteurs à risques (santé, industrie nucléaire, BTP), autoriser un apprenant à commettre des erreurs en situation réelle peut mettre en danger des tiers ou des équipements. La simulation haute-fidélité atténue ce risque, mais à un coût élevé.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Variabilité des situations&#039;&#039;&#039; : deux candidats évalués dans des situations différentes ne bénéficient pas des mêmes conditions, ce qui peut fragiliser l&#039;équité de l&#039;évaluation.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Accès inégal&#039;&#039;&#039; : les petites structures et les secteurs peu organisés rencontrent des difficultés à mettre en place une [[Transmission des savoirs professionnels]] structurée, faute de référents disponibles et formés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Perspectives numériques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le développement des [[Compétences numériques]] et des environnements immersifs (réalité virtuelle, réalité augmentée) ouvre de nouvelles possibilités pour la mise en situation à distance ou dans des contextes inaccessibles physiquement. Des expérimentations menées en 2022-2023 dans les secteurs de la maintenance industrielle et des soins infirmiers montrent des taux d&#039;acquisition de compétences procédurales comparables à ceux obtenus en simulation physique pour certaines tâches standardisées. Ces approches s&#039;intègrent dans les dispositifs d&#039;[[Apprentissage adaptatif]] et d&#039;[[E-learning]] de nouvelle génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Formation en situation de travail]]&lt;br /&gt;
* [[Période de mise en situation en milieu professionnel]]&lt;br /&gt;
* [[Bilan de compétences]]&lt;br /&gt;
* [[Tutorat en entreprise]]&lt;br /&gt;
* [[Certification professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Alternance]]&lt;br /&gt;
* [[Compagnonnage]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Formation professionnelle]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pédagogie]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Compétences professionnelles]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Formation professionnelle]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Commission_nationale_de_l%27informatique_et_des_libert%C3%A9s&amp;diff=951</id>
		<title>Commission nationale de l&#039;informatique et des libertés</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Commission_nationale_de_l%27informatique_et_des_libert%C3%A9s&amp;diff=951"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;Commission nationale de l&#039;informatique et des libertés&#039;&#039;&#039; (CNIL) est une [[Autorité administrative indépendante]] française chargée de veiller au respect de la [[Loi Informatique et Libertés]] et du [[Règlement général sur la protection des données]] (RGPD), ainsi qu&#039;à la protection des données à caractère personnel dans les traitements automatisés ou les fichiers manuels. Instituée par la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, elle est l&#039;autorité de contrôle nationale désignée au sens du RGPD pour la France depuis le 25 mai 2018. Ses décisions peuvent être portées devant le [[Conseil d&#039;État]], juridiction suprême de l&#039;ordre administratif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Histoire et fondation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La création de la CNIL découle directement de la polémique suscitée en mars 1974 par la révélation du projet SAFARI (Système automatisé pour les fichiers administratifs et le répertoire des individus). Ce projet prévoyait d&#039;interconnecter les fichiers administratifs de l&#039;État en utilisant le numéro INSEE comme identifiant unique, ouvrant la voie à un fichage centralisé de l&#039;ensemble de la population. Sa divulgation par le journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; déclencha un débat public majeur sur la protection des libertés individuelles face à l&#039;informatisation croissante de l&#039;administration.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouvernement confia à Pierre Sudreau la présidence d&#039;une commission chargée d&#039;élaborer un cadre légal adapté. Ses travaux aboutirent à la [[Loi Informatique et Libertés]] n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l&#039;informatique, aux fichiers et aux libertés, qui créa officiellement la CNIL. Cette loi posa des principes fondateurs toujours en vigueur : finalité déterminée et légitime des traitements, proportionnalité des données collectées, durée de conservation limitée, et droits d&#039;accès, de rectification et d&#039;opposition reconnus aux personnes concernées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Loi Informatique et Libertés]] a connu deux réformes majeures : la loi n° 2004-801 du 6 août 2004, transposant la directive européenne 95/46/CE du Parlement européen et du Conseil, puis la loi n° 2018-493 du 20 juin 2018, qui a aligné le droit national sur les exigences du [[Règlement général sur la protection des données]] entré en application le 25 mai 2018.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Statut juridique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CNIL est une [[Autorité administrative indépendante]] au sens de la loi organique n° 2017-54 du 20 janvier 2017 relative aux autorités administratives indépendantes. À ce titre, elle n&#039;est soumise à aucune tutelle ministérielle et ses membres ne peuvent recevoir d&#039;instruction d&#039;aucune autorité extérieure. Elle dispose de la personnalité morale et d&#039;une autonomie budgétaire ; son budget est inscrit au programme 308 de la mission « Direction de l&#039;action du gouvernement ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses actes normatifs (délibérations réglementaires, référentiels) et ses décisions individuelles (mises en demeure, sanctions) relèvent du [[Droit administratif]] et sont susceptibles d&#039;un recours contentieux devant le [[Conseil d&#039;État]]. La conformité de son organisation à la Constitution a été reconnue par le [[Conseil constitutionnel]] dans plusieurs décisions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Composition et gouvernance ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le collège de la CNIL comprend 18 membres nommés pour un mandat de 5 ans non renouvelable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
! Origine !! Nombre de membres&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Conseil d&#039;État]] (dont 2 en activité) || 4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Cour de cassation (dont 2 en activité) || 4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Cour des comptes (dont 1 en activité) || 2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Personnalités qualifiées désignées par le Président de l&#039;Assemblée nationale || 2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Personnalités qualifiées désignées par le Président du Sénat || 2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Personnalité qualifiée désignée par le Président du Conseil économique, social et environnemental || 1&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Personnalités qualifiées en matière d&#039;informatique ou de libertés || 3&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le collège élit en son sein un président, un premier vice-président délégué et un second vice-président. Un bureau restreint de 6 membres prépare les délibérations du collège. La formation restreinte, composée de 6 membres tirés au sort parmi le collège (à l&#039;exclusion du président), est l&#039;organe compétent pour prononcer les sanctions administratives après procédure contradictoire. Les services permanents comptent environ 280 agents (données 2023).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Missions ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Information et conseil ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CNIL informe les personnes physiques de leurs droits — droit d&#039;accès, de rectification, d&#039;effacement, de portabilité, d&#039;opposition, de limitation du traitement — et accompagne les responsables de traitement dans leurs démarches de [[Conformité RGPD]]. Elle publie des référentiels sectoriels, des lignes directrices et des recommandations ayant valeur de doctrine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi ses productions notables figurent les lignes directrices sur les cookies et traceurs (délibérations des 17 septembre 2020 et 28 janvier 2022), les référentiels relatifs à la gestion des ressources humaines, à la vidéosurveillance et aux données de santé, ainsi qu&#039;un guide pratique sur l&#039;analyse d&#039;impact relative à la protection des données (AIPD). La CNIL a également développé l&#039;outil logiciel libre PIA (Privacy Impact Assessment), téléchargeable gratuitement, permettant aux organismes de formaliser et documenter leurs AIPD.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contrôle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CNIL exerce des missions de contrôle sur place (dans les locaux des organismes), sur pièces (examen de documents transmis) et en ligne (vérification de sites web et d&#039;applications). En 2023, 340 contrôles ont été conduits. Les agents habilités par le président disposent d&#039;un droit d&#039;accès aux locaux professionnels, aux systèmes informatiques et à tout document utile à l&#039;enquête, dans le respect des garanties constitutionnelles applicables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traitement des plaintes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout particulier estimant que ses droits n&#039;ont pas été respectés peut déposer une plainte auprès de la CNIL. En 2023, la commission a enregistré 16 433 plaintes. Elle a également traité 4 275 demandes de droit d&#039;accès indirect portant sur des fichiers de renseignement, de sécurité ou de justice. Le dépôt de plainte constitue un préalable fréquent, mais non obligatoire, avant tout recours juridictionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Gestion des violations de données ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le RGPD impose aux responsables de traitement de notifier à la CNIL toute [[Violation de données personnelles]] dans un délai de 72 heures suivant sa découverte. En 2023, la CNIL a reçu 4 668 notifications. Ces violations résultent fréquemment d&#039;incidents de [[Cybersécurité]] — [[Cyberattaque|cyberattaques]], rançongiciels, pertes de supports physiques ou divulgations accidentelles — et peuvent engendrer une obligation d&#039;information des personnes concernées lorsque le risque pour elles est élevé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pouvoirs de sanction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation restreinte peut prononcer, après procédure contradictoire garantissant les droits de la défense, les mesures suivantes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* rappel à l&#039;ordre ;&lt;br /&gt;
* mise en demeure de se conformer dans un délai déterminé ;&lt;br /&gt;
* injonction de cesser ou de limiter temporairement ou définitivement le traitement ;&lt;br /&gt;
* retrait d&#039;une certification ou d&#039;un agrément délivré par la CNIL ;&lt;br /&gt;
* amende administrative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis le 25 mai 2018, les amendes administratives peuvent atteindre 20 millions d&#039;euros ou 4 % du chiffre d&#039;affaires annuel mondial consolidé de l&#039;exercice précédent, le montant le plus élevé étant retenu. Les décisions de sanction sont en principe rendues publiques (&#039;&#039;name and shame&#039;&#039;), sauf décision motivée contraire lorsque cette publicité serait susceptible de nuire gravement à la personne sanctionnée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les sanctions les plus significatives prononcées figurent :&lt;br /&gt;
* Google LLC : 100 millions d&#039;euros (décembre 2020) et 150 millions d&#039;euros (janvier 2022) pour non-respect des règles applicables aux cookies ;&lt;br /&gt;
* Facebook (Meta) : 60 millions d&#039;euros (janvier 2022) pour les mêmes manquements ;&lt;br /&gt;
* Clearview AI : 20 millions d&#039;euros (octobre 2022) pour collecte illicite de données biométriques à partir d&#039;images accessibles en ligne ;&lt;br /&gt;
* Amazon France Logistique : 32 millions d&#039;euros (décembre 2023) pour surveillance disproportionnée des employés dans les entrepôts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Rôle dans le cadre du RGPD ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CNIL est l&#039;autorité de contrôle nationale compétente en France au sens du [[Règlement général sur la protection des données]]. Pour les organismes dont l&#039;établissement principal au sein de l&#039;Union européenne est situé en France, elle est également « autorité chef de file » (&#039;&#039;lead supervisory authority&#039;&#039;), chargée de coordonner les procédures transfrontalières vis-à-vis des autres autorités nationales de protection des données.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Conformité RGPD]] implique pour les organismes de tenir un registre des activités de traitement, de conduire des analyses d&#039;impact pour les traitements à risque élevé, de désigner un [[Délégué à la protection des données]] (DPO) dans les situations prévues par le règlement — notamment pour les autorités publiques et pour les traitements à grande échelle portant sur des données sensibles —, et d&#039;encadrer contractuellement les transferts de données hors de l&#039;Espace économique européen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Relations européennes et internationales ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CNIL participe aux travaux du [[Comité européen de la protection des données]] (CEPD), instance réunissant les 27 autorités nationales de l&#039;Union européenne et le Contrôleur européen de la protection des données. Le CEPD adopte des lignes directrices, des recommandations et des avis contraignants destinés à harmoniser l&#039;interprétation du RGPD dans l&#039;ensemble des États membres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CNIL est membre de l&#039;Association francophone des autorités de protection des données personnelles (AFAPDP), qui regroupait 41 membres représentant 34 pays en 2024. Au plan mondial, elle participe au Global Privacy Assembly (GPA), réunissant plus de 130 autorités de protection des données. La coopération entre autorités s&#039;exerce également dans le cadre des procédures d&#039;assistance mutuelle et d&#039;opérations conjointes prévues aux articles 60 à 67 du RGPD.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Domaines sectoriels ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Données de santé ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les données de santé constituent une catégorie particulière de données sensibles au sens de l&#039;article 9 du RGPD et nécessitent une base légale spécifique ou une autorisation. La CNIL instruit les demandes d&#039;autorisation relatives aux recherches médicales et aux entrepôts de données de santé, en lien avec le Comité éthique et scientifique pour les recherches, les études et les évaluations dans le domaine de la santé (CESREES). Elle a notamment encadré les conditions d&#039;accès au Système national des données de santé (SNDS).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Données des employés et [[Droit du travail|droit du travail]] ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CNIL a publié des recommandations précises sur la vidéosurveillance en entreprise, la biométrie pour le contrôle d&#039;accès, la géolocalisation des véhicules professionnels et le contrôle de l&#039;activité numérique des salariés (messagerie, navigation web, journaux de connexion). Ces traitements s&#039;articulent avec les dispositions du [[Droit du travail]] relatives à l&#039;information préalable des salariés et à la consultation des représentants du personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Intelligence artificielle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2023, la CNIL a publié un plan d&#039;action sur l&#039;intelligence artificielle articulé autour de cinq priorités : la licéité des bases d&#039;entraînement des modèles, la transparence algorithmique, la protection des données dès la conception (&#039;&#039;privacy by design&#039;&#039;), les droits des personnes face aux décisions automatisées au sens de l&#039;article 22 du RGPD, et la coopération européenne dans le cadre du règlement sur l&#039;intelligence artificielle (AI Act). Des contrôles portant sur des systèmes d&#039;IA générative ont été ouverts à partir du printemps 2023.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cybersécurité et mesures techniques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CNIL publie un guide de la sécurité des données personnelles, actualisé en 2024, qui traite de la [[Gestion des vulnérabilités]], du [[Chiffrement des données]] en transit et au repos, du [[Hachage cryptographique]] pour le stockage des mots de passe, de l&#039;[[Authentification multifacteur]] et de la [[Gestion des identités et des accès]]. Elle recommande l&#039;adoption de référentiels reconnus tels que l&#039;[[ISO/IEC 27001]] et l&#039;[[ISO/IEC 27017]] pour la gouvernance de la sécurité de l&#039;information.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CNIL coopère avec l&#039;[[ANSSI]] pour le traitement des incidents affectant simultanément la sécurité des systèmes d&#039;information et la protection des données personnelles. Elle est par ailleurs concernée par les évolutions réglementaires en matière de résilience numérique telles que la [[Directive NIS2]] et le [[DORA (Digital Operational Resilience Act)|DORA]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Certification et agrément ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CNIL peut délivrer des agréments à des organismes de certification accrédités par le Comité français d&#039;accréditation (COFRAC). Ces organismes peuvent à leur tour délivrer des certifications à des [[Délégué à la protection des données|délégués à la protection des données]] (DPO) ou des labels à des produits, procédures ou systèmes de gouvernance. Ce mécanisme vise à créer des garanties supplémentaires de conformité mesurables, complémentaires aux référentiels techniques comme l&#039;[[ISO/IEC 27001]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Accès aux ressources officielles ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les délibérations, lignes directrices, référentiels et décisions de sanction de la CNIL sont publiés sur le site officiel cnil.fr. Les textes législatifs et réglementaires applicables — [[Loi Informatique et Libertés]], [[Règlement général sur la protection des données]] tel qu&#039;adapté en droit français — sont consultables sur [[Légifrance]]. Les décisions contentieuses impliquant la CNIL (recours exercés devant le [[Conseil d&#039;État]]) sont accessibles via les bases de données jurisprudentielles de [[Légifrance]] et les services d&#039;[[Accès au droit]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
* [[Conformité RGPD]]&lt;br /&gt;
* [[Règlement général sur la protection des données]]&lt;br /&gt;
* [[Comité européen de la protection des données]]&lt;br /&gt;
* [[Délégué à la protection des données]]&lt;br /&gt;
* [[Loi Informatique et Libertés]]&lt;br /&gt;
* [[Autorité administrative indépendante]]&lt;br /&gt;
* [[ANSSI]]&lt;br /&gt;
* [[Cybersécurité]]&lt;br /&gt;
* [[Chiffrement des données]]&lt;br /&gt;
* [[ISO/IEC 27001]]&lt;br /&gt;
* [[Légifrance]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Protection des données personnelles en France]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Autorité administrative indépendante]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Cybersécurité]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Rupture_de_contrat_d%27apprentissage&amp;diff=950</id>
		<title>Rupture de contrat d&#039;apprentissage</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Rupture_de_contrat_d%27apprentissage&amp;diff=950"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;rupture de contrat d&#039;apprentissage&#039;&#039;&#039; désigne la cessation anticipée du [[Contrat d&#039;apprentissage|contrat d&#039;apprentissage]] avant son terme convenu, qu&#039;elle intervienne à l&#039;initiative de l&#039;employeur, de l&#039;[[Apprenti|apprenti]] ou d&#039;un commun accord. Régie principalement par les articles L6222-18 à L6222-21 du [[Code du travail]], cette rupture obéit à un régime juridique distinct de celui du [[Contrat de travail|contrat de travail]] ordinaire, en raison de la double finalité pédagogique et professionnelle de l&#039;apprentissage. Selon les données publiées par la DARES (Direction de l&#039;animation de la recherche, des études et des statistiques), entre 20 % et 30 % des contrats d&#039;apprentissage sont rompus avant leur terme selon les cohortes étudiées, avec des disparités marquées selon le secteur d&#039;activité, le niveau de qualification visé et l&#039;âge de l&#039;apprenti.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre juridique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Textes applicables ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rupture du contrat d&#039;apprentissage est encadrée par le [[Code du travail]], principalement aux articles L6222-18 à L6222-21 dans leur rédaction issue de la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018, dite [[Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel|loi Avenir professionnel]]. Cette réforme a assoupli les modalités de résiliation amiable, renforcé le rôle du médiateur et clarifié les droits des deux parties après la période d&#039;essai. Les [[Convention collective|conventions collectives]] de branche peuvent compléter ce dispositif légal, notamment en matière de délais de préavis ou de procédures de notification, sans pouvoir y déroger défavorablement pour l&#039;[[Apprenti|apprenti]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Nature juridique du contrat ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contrat d&#039;apprentissage est un [[Contrat de travail|contrat de travail]] à durée déterminée de nature particulière, non soumis aux règles générales de rupture anticipée du CDD ordinaire prévues à l&#039;article L1243-1 du [[Code du travail]], mais à un régime spécifique tenant à sa dimension formative. L&#039;[[Apprenti|apprenti]] bénéficie d&#039;une protection renforcée en raison de sa situation d&#039;alternant en formation, et des garanties propres au [[Droit du travail|droit du travail]] de l&#039;apprentissage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La période d&#039;essai ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Régime et durée ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les 45 premiers jours de présence effective de l&#039;[[Apprenti|apprenti]] dans l&#039;entreprise constituent une période pendant laquelle chacune des parties peut résilier le contrat librement, sans avoir à justifier d&#039;un motif (article L6222-18, alinéa 1er du [[Code du travail]]). Ces 45 jours s&#039;entendent de jours effectivement passés en entreprise : les journées de formation au [[Centre de formation d&#039;apprentis|centre de formation d&#039;apprentis]] (CFA), les jours de congé ou d&#039;absence ne sont pas décomptés dans ce délai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu&#039;aucune forme particulière ne soit légalement exigée pour cette résiliation, il est recommandé de la notifier par écrit, par lettre recommandée avec accusé de réception, afin de ménager une preuve de la date effective de rupture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Articulation avec la période d&#039;essai de droit commun ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Période d&#039;essai|période d&#039;essai]] de 45 jours propre à l&#039;apprentissage ne peut être ni prolongée par un accord individuel ni réduite par une [[Convention collective|convention collective]]. Elle est indépendante des règles relatives à la période d&#039;essai des contrats à durée indéterminée. Une fois ce délai expiré, les modalités de rupture deviennent substantiellement plus restrictives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Causes de rupture après la période d&#039;essai ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Résiliation amiable ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La résiliation par accord mutuel écrit des deux parties constitue la principale voie légale de rupture après la période d&#039;essai (article L6222-18, alinéa 2 du [[Code du travail]]). Cet accord doit être formalisé par un document daté et signé par l&#039;employeur et l&#039;[[Apprenti|apprenti]] — ou, si ce dernier est mineur, par son représentant légal — précisant la date effective de rupture. L&#039;[[Opérateur de compétences|opérateur de compétences]] (OPCO) doit en être informé dans les cinq jours ouvrables suivant la signature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Faute grave ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;employeur peut demander la résiliation judiciaire du contrat pour faute grave de l&#039;[[Apprenti|apprenti]] devant le [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]] (article L6222-18, alinéa 3 du [[Code du travail]]). Constituent notamment des fautes graves : les absences injustifiées répétées, les actes de violence sur le lieu de travail, le vol, la divulgation de secrets professionnels, l&#039;insubordination caractérisée ou la mise en danger d&#039;autrui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;employeur doit au préalable respecter la procédure disciplinaire : convocation de l&#039;[[Apprenti|apprenti]] à un [[Entretien préalable au licenciement|entretien préalable au licenciement]], présentation des motifs envisagés lors de cet entretien, puis notification par [[Lettre de licenciement|lettre de licenciement]] motivée dans les délais légaux. L&#039;apprenti peut se faire assister lors de l&#039;entretien par un représentant du personnel ou par un conseiller du salarié inscrit sur la liste préfectorale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Manquements répétés aux obligations ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les manquements répétés de l&#039;une ou l&#039;autre des parties à leurs obligations contractuelles peuvent fonder une demande de résiliation judiciaire devant le [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]]. Les manquements de l&#039;employeur susceptibles d&#039;être invoqués par l&#039;[[Apprenti|apprenti]] comprennent : le défaut ou le retard réitéré dans le versement de la rémunération, le refus d&#039;autoriser les absences pour les épreuves d&#039;examen, l&#039;absence effective de désignation d&#039;un [[Maître d&#039;apprentissage|maître d&#039;apprentissage]], ou des conditions de formation manifestement incompatibles avec les exigences pédagogiques du diplôme préparé. Une [[Requalification du contrat de travail|requalification du contrat de travail]] peut également être sollicitée si les conditions d&#039;exécution réelles ne correspondent pas à celles d&#039;un contrat d&#039;apprentissage régulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Inaptitude médicale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rupture intervient de plein droit lorsque l&#039;[[Apprenti|apprenti]] est déclaré inapte à l&#039;exercice du métier auquel il se forme par le médecin du travail (article L6222-18, alinéa 4 du [[Code du travail]]). Cette [[Inaptitude au travail|inaptitude au travail]] doit être constatée selon la procédure médicale applicable : en principe deux visites médicales espacées de 15 jours, sauf si l&#039;état de santé de l&#039;apprenti justifie qu&#039;un seul examen soit réalisé selon l&#039;appréciation du médecin du travail. Lorsque l&#039;inaptitude fait suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, des règles particulières d&#039;indemnisation s&#039;appliquent, plus favorables que dans le cas d&#039;une inaptitude d&#039;origine non professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Force majeure ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Force majeure|force majeure]] — événement imprévisible, irrésistible et extérieur aux parties — constitue une cause légale de rupture du contrat d&#039;apprentissage. Elle recouvre en pratique les événements rendant définitivement impossible la poursuite du contrat, tels que la destruction totale de l&#039;établissement par incendie ou catastrophe naturelle. La seule difficulté économique de l&#039;entreprise, ou même sa mise en liquidation judiciaire, ne constitue pas automatiquement un cas de force majeure au sens juridique, bien qu&#039;elle puisse ouvrir droit à d&#039;autres modes de rupture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Obtention du diplôme avant le terme ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque l&#039;[[Apprenti|apprenti]] obtient le diplôme ou le titre professionnel préparé avant le terme prévu du contrat, il peut mettre fin à celui-ci en respectant un préavis d&#039;un mois (article L6222-19 du [[Code du travail]]). Cette disposition évite de maintenir l&#039;apprenti dans un contrat dont l&#039;objet pédagogique est accompli avant l&#039;échéance initialement fixée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Décès de l&#039;employeur ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décès de l&#039;employeur personne physique entraîne en principe la résiliation du contrat d&#039;apprentissage, sauf si les héritiers ou ayants droit poursuivent l&#039;exploitation dans des conditions permettant la continuation du contrat et en acceptent expressément la reprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Rôle du médiateur de l&#039;apprentissage ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant toute saisine du [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]], les parties peuvent recourir au [[Médiateur de l&#039;apprentissage|médiateur de l&#039;apprentissage]], rattaché à la chambre consulaire compétente selon le secteur d&#039;activité : chambre de commerce et d&#039;industrie, chambre de métiers et de l&#039;artisanat ou chambre d&#039;agriculture. La saisine est gratuite et ouverte à l&#039;employeur comme à l&#039;[[Apprenti|apprenti]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le médiateur tente de concilier les parties, de résoudre les différends relatifs à l&#039;exécution du contrat et, lorsque la rupture apparaît inévitable, d&#039;accompagner une solution amiable évitant le recours contentieux. La saisine du médiateur n&#039;est pas une condition préalable obligatoire à l&#039;action judiciaire, mais le [[Centre de formation d&#039;apprentis|centre de formation d&#039;apprentis]] peut également jouer un rôle de tiers facilitateur en signalant les situations de tension et en orientant les parties vers la médiation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procédure de rupture ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Formalités communes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle que soit la cause de rupture, l&#039;employeur est tenu de :&lt;br /&gt;
# Notifier la rupture à l&#039;[[Opérateur de compétences|opérateur de compétences]] (OPCO) dans les cinq jours ouvrables suivant la date effective de rupture, afin de mettre fin au financement de la formation ;&lt;br /&gt;
# Informer le [[Centre de formation d&#039;apprentis|centre de formation d&#039;apprentis]] (CFA) pour que l&#039;inscription soit clôturée administrativement ;&lt;br /&gt;
# Remettre à l&#039;[[Apprenti|apprenti]] les documents de fin de contrat : certificat de travail, attestation employeur destinée à [[France Travail|France Travail]] et reçu pour solde de tout compte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de rupture judiciaire, la décision du [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]] produit les mêmes effets à compter de la date fixée dans le jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rôle de l&#039;OPCO ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Opérateur de compétences|opérateur de compétences]] enregistre le contrat d&#039;apprentissage et assure le financement de la formation auprès du [[Centre de formation d&#039;apprentis|CFA]] sur la durée du contrat. La rupture doit lui être communiquée afin de permettre la clôture du financement et la mise à jour du registre national. Ces données sont ensuite transmises à la DARES pour les enquêtes statistiques annuelles sur l&#039;apprentissage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conséquences pour l&#039;apprenti ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits à l&#039;assurance chômage ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Apprenti|apprenti]] dont le contrat est rompu peut, sous conditions, ouvrir des droits à l&#039;[[Allocation de retour à l&#039;emploi|allocation de retour à l&#039;emploi]] (ARE) versée par [[France Travail|France Travail]]. La condition minimale d&#039;affiliation est de 130 jours travaillés (ou 910 heures) au cours des 24 mois précédant la fin du contrat. La rupture à l&#039;initiative de l&#039;employeur constitue une perte involontaire d&#039;emploi ouvrant droit à l&#039;indemnisation ; la rupture amiable est également indemnisable dès lors que les conditions d&#039;affiliation sont remplies et que la perte d&#039;emploi est involontaire au sens de la réglementation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Continuation de la formation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Apprenti|apprenti]] dont le contrat est rompu conserve, pendant un délai de trois mois à compter de la rupture, la possibilité de rester inscrit au [[Centre de formation d&#039;apprentis|CFA]] pour rechercher un nouvel employeur (article L6231-2 du [[Code du travail]]). Passé ce délai sans qu&#039;un nouveau contrat ait été signé, l&#039;inscription est automatiquement clôturée. La [[Mission locale|mission locale]] et le [[Conseil en évolution professionnelle|conseil en évolution professionnelle]] (CEP) peuvent accompagner la recherche d&#039;un nouvel employeur ou une démarche de réorientation professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rémunération et indemnités ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Apprenti|apprenti]] a droit, à la rupture, au paiement des salaires dus jusqu&#039;à la date effective de fin de contrat, des congés payés non pris (indemnité compensatrice de congés payés calculée selon les règles de droit commun) et de toute prime prévue au contrat ou à la [[Convention collective|convention collective]] applicable. Contrairement au salarié en CDI rompu par [[Licenciement|licenciement]], l&#039;apprenti ne bénéficie pas d&#039;une [[Indemnité de licenciement|indemnité de licenciement]] légale automatique, sauf disposition conventionnelle plus favorable ou décision judiciaire accordant des dommages et intérêts pour rupture abusive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Protection sociale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Protection sociale|protection sociale]] de l&#039;[[Apprenti|apprenti]] — assurance maladie, accidents du travail, vieillesse — cesse à la date de rupture du contrat. L&#039;ex-apprenti est ensuite couvert par le régime général en qualité de demandeur d&#039;emploi ou, selon ses ressources, peut bénéficier des [[Minima sociaux|minima sociaux]] applicables à sa situation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conséquences pour l&#039;employeur ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Obligations résiduelles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;employeur reste tenu de verser les sommes dues jusqu&#039;à la date de rupture effective et d&#039;établir les documents de fin de contrat dans les délais légaux. Une rupture abusive ou irrégulière sur le plan procédural expose l&#039;employeur à des dommages et intérêts prononcés par le [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]], pouvant inclure la réparation du préjudice matériel et moral de l&#039;[[Apprenti|apprenti]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Incidences sur les cotisations sociales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;employeur d&#039;un apprenti bénéficie d&#039;exonérations de cotisations sociales patronales pendant la durée du contrat. La rupture anticipée peut entraîner une régularisation par l&#039;URSSAF, notamment si elle intervient dans les premières semaines et que les conditions d&#039;éligibilité aux exonérations ne sont plus remplies pour la période correspondante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Restriction à l&#039;embauche d&#039;apprentis ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de rupture sans motif valable à l&#039;initiative de l&#039;employeur, le [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]] peut prononcer, en application des dispositions du [[Code du travail]] relatives à la protection de l&#039;apprentissage, une interdiction temporaire de conclure de nouveaux contrats d&#039;apprentissage. Cette mesure vise à protéger le réseau de l&#039;apprentissage contre les employeurs qui y recourraient de manière abusive ou répétée sans intention réelle de formation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Contentieux et voies de recours ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Saisine du conseil de prud&#039;hommes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]] est la juridiction de [[Droit du travail|droit du travail]] compétente pour les litiges nés de la rupture d&#039;un contrat d&#039;apprentissage. Il peut être saisi par l&#039;[[Apprenti|apprenti]] ou l&#039;employeur aux fins de :&lt;br /&gt;
* Contester le bien-fondé de la rupture ou en demander la qualification en [[Licenciement|licenciement]] sans cause réelle et sérieuse ;&lt;br /&gt;
* Réclamer le paiement de sommes dues (salaires, indemnités, dommages et intérêts) ;&lt;br /&gt;
* Obtenir la résiliation judiciaire du contrat aux torts exclusifs de l&#039;employeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le délai de prescription pour les actions relatives à la rupture du contrat est de 12 mois à compter de la notification de la rupture (article L1471-1 du [[Code du travail]]). Pour les actions en paiement de salaires, le délai de prescription est de 3 ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Référé prud&#039;homal ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas d&#039;urgence — non-paiement manifeste des salaires ou atteinte grave aux droits fondamentaux — le juge des référés du [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]] peut rendre une décision provisoire exécutoire sans attendre le jugement sur le fond. Cette procédure permet notamment d&#039;obtenir rapidement la remise des documents de fin de contrat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Appel et cassation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les décisions du conseil de prud&#039;hommes sont susceptibles d&#039;[[Appel (voie de recours)|appel]] devant la cour d&#039;appel compétente dans un délai d&#039;un mois à compter de la notification du jugement. Le pourvoi en cassation est ensuite ouvert devant la chambre sociale de la Cour de cassation pour les questions de droit. Le [[Tribunal judiciaire|tribunal judiciaire]] est sans compétence pour les litiges relevant du [[Droit du travail|droit du travail]] salarié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres recours ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le [[Défenseur des droits|Défenseur des droits]] peut être saisi si la rupture est liée à une [[Discrimination au travail|discrimination au travail]] (âge, origine, handicap, grossesse, etc.) ou à des agissements de [[Harcèlement moral|harcèlement moral]].&lt;br /&gt;
* L&#039;[[Aide juridictionnelle|aide juridictionnelle]] permet aux personnes dont les ressources sont insuffisantes de financer tout ou partie des frais de procédure devant le conseil de prud&#039;hommes.&lt;br /&gt;
* La [[Maison de justice et du droit|maison de justice et du droit]] offre des consultations juridiques gratuites pour orienter les parties avant toute démarche contentieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Données statistiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D&#039;après les enquêtes de la DARES portant sur les cohortes 2019-2022, le taux de rupture des contrats d&#039;apprentissage se situe entre 20 % et 30 % selon les années et les niveaux de formation, avec des disparités sectorielles importantes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Taux de rupture estimés par secteur — DARES, cohortes 2019-2022&lt;br /&gt;
! Secteur !! Taux de rupture estimé&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Hôtellerie-restauration || 35 à 40 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Boulangerie-pâtisserie, alimentation || 30 à 40 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Bâtiment et travaux publics || 28 à 35 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Commerce et distribution || 22 à 28 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Diplômes de niveau bac+2 et supérieur || 10 à 15 %&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Environ 60 % des ruptures surviennent au cours des six premiers mois du contrat, dont une proportion significative pendant la période d&#039;essai de 45 jours. Les [[Apprenti|apprentis]] de moins de 18 ans présentent un taux de rupture plus élevé que les apprentis de 21 ans et plus. Les contrats préparant à un diplôme de niveau CAP affichent des taux de rupture nettement supérieurs à ceux préparant à un titre ou diplôme de niveau bac+2 ou supérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prévention des ruptures ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La prévention des ruptures repose sur plusieurs acteurs :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le [[Maître d&#039;apprentissage|maître d&#039;apprentissage]], dont la disponibilité, la compétence pédagogique et la continuité dans la fonction sont les principaux facteurs protecteurs identifiés par les études empiriques ;&lt;br /&gt;
* Le [[Centre de formation d&#039;apprentis|centre de formation d&#039;apprentis]] (CFA), qui peut jouer un rôle de vigie et d&#039;accompagnement en détectant précocement les situations de tension entre l&#039;[[Apprenti|apprenti]] et l&#039;entreprise ;&lt;br /&gt;
* Le [[Médiateur de l&#039;apprentissage|médiateur de l&#039;apprentissage]], dont l&#039;intervention précoce peut désamorcer les conflits avant qu&#039;ils n&#039;aboutissent à une rupture formelle ;&lt;br /&gt;
* La [[Mission locale|mission locale]], qui accompagne les jeunes apprentis en difficulté d&#039;insertion, notamment via des dispositifs individualisés de suivi ;&lt;br /&gt;
* Le [[Conseil en évolution professionnelle|conseil en évolution professionnelle]] (CEP), accessible gratuitement à tout actif, qui aide l&#039;[[Apprenti|apprenti]] à construire et sécuriser son projet professionnel en cas de doute sur son orientation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Contrat de travail]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Apprentissage en France]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Droit du travail en France]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Droit social]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Mod%C3%A8le_de_responsabilit%C3%A9_partag%C3%A9e&amp;diff=949</id>
		<title>Modèle de responsabilité partagée</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Mod%C3%A8le_de_responsabilit%C3%A9_partag%C3%A9e&amp;diff=949"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Le &#039;&#039;&#039;modèle de responsabilité partagée&#039;&#039;&#039; (en anglais : &#039;&#039;shared responsibility model&#039;&#039;) est un cadre conceptuel utilisé dans le domaine de la [[Sécurité du cloud|sécurité du cloud]] qui définit la répartition des obligations de sécurité entre un fournisseur de services en nuage et ses clients. Ce modèle établit une frontière claire entre ce que le prestataire doit sécuriser — généralement l&#039;infrastructure physique, les hyperviseurs et les couches réseau de base — et ce qui incombe à l&#039;utilisateur, tel que la [[Gestion des identités et des accès|gestion des identités et des accès]], la protection des données et la configuration des ressources applicatives. Apparu avec l&#039;essor de l&#039;informatique en nuage au milieu des années 2000, il constitue aujourd&#039;hui un pilier de la [[Gestion des risques informatiques|gestion des risques informatiques]] dans tout projet de migration vers le cloud. Sa maîtrise est désormais exigée dans de nombreux référentiels de compétences en [[Cybersécurité|cybersécurité]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Origine et contexte ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Émergence avec l&#039;informatique en nuage ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle de responsabilité partagée s&#039;est formalisé à partir de 2006, lorsque [[Amazon Web Services]] a lancé ses premiers services d&#039;infrastructure à la demande (Elastic Compute Cloud, Simple Storage Service). Face aux interrogations des entreprises sur la délimitation des périmètres de sécurité dans un environnement mutualisé, les grands fournisseurs ont progressivement produit des politiques documentées de répartition des responsabilités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Microsoft Azure]], lancé commercialement en 2010, et Google Cloud Platform, dont l&#039;offre s&#039;est structurée entre 2011 et 2013, ont adopté des formalisations similaires. En 2014, le [[NIST Cybersecurity Framework]] a contribué à ancrer cette approche dans les pratiques professionnelles en identifiant explicitement les limites de contrôle selon le modèle de service cloud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Facteurs d&#039;adoption ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs facteurs ont accéléré l&#039;adoption de ce modèle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* La multiplication des violations de données liées à des erreurs de configuration côté client, notamment des espaces de stockage laissés accessibles publiquement sans authentification ;&lt;br /&gt;
* L&#039;entrée en vigueur du [[Conformité RGPD|RGPD]] en mai 2018, qui impose aux responsables de traitement une obligation de sécurité indépendante du recours à un prestataire technique cloud ;&lt;br /&gt;
* Les exigences de la [[Directive NIS2]], applicable depuis octobre 2024, qui étend les obligations de [[Cybersécurité|cybersécurité]] à un large spectre d&#039;entités essentielles et importantes au sein de l&#039;Union européenne ;&lt;br /&gt;
* Le règlement [[DORA (Digital Operational Resilience Act)|DORA]], applicable depuis janvier 2025, qui impose aux entités financières une cartographie précise des responsabilités avec les prestataires tiers de services TIC, notamment les fournisseurs cloud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principes fondamentaux ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle repose sur deux axiomes complémentaires :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Le fournisseur est responsable &#039;&#039;de&#039;&#039; la sécurité du cloud (&#039;&#039;security of the cloud&#039;&#039;) : sécurité physique des centres de données, virtualisation, infrastructure réseau de base et disponibilité des services.&lt;br /&gt;
# Le client est responsable &#039;&#039;dans&#039;&#039; le cloud (&#039;&#039;security in the cloud&#039;&#039;) : configuration des ressources, [[Gestion des identités et des accès|gestion des identités et des accès]], protection des données, [[Chiffrement des données|chiffrement]] applicatif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette distinction est formulée explicitement dans les contrats et la documentation technique des principaux fournisseurs. Elle n&#039;est pas symétrique : la part de responsabilité transférée au client varie fortement selon le modèle de service souscrit (IaaS, PaaS ou SaaS). Dans tous les cas, la responsabilité juridique ultime vis-à-vis des personnes concernées par les traitements de données reste du ressort du responsable de traitement, c&#039;est-à-dire le client.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Déclinaisons selon le modèle de service ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La répartition concrète des responsabilités dépend directement du type de service cloud utilisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Infrastructure as a Service ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le modèle [[Infrastructure as a Service]] (IaaS), le fournisseur gère l&#039;infrastructure physique (serveurs, stockage brut, réseau, hyperviseur), mais le client prend en charge l&#039;ensemble des couches logicielles : système d&#039;exploitation, middleware, runtime, applications et données. La surface de responsabilité côté client est maximale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Exemples courants : Amazon EC2, Microsoft Azure Virtual Machines, Google Compute Engine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Responsabilités typiques du client en IaaS :&lt;br /&gt;
* Application des correctifs de sécurité (&#039;&#039;patching&#039;&#039;) sur le système d&#039;exploitation et les logiciels installés ;&lt;br /&gt;
* Configuration du [[Pare-feu|pare-feu]] et des groupes de sécurité réseau ;&lt;br /&gt;
* [[Chiffrement des données|Chiffrement des données]] au repos et en transit via [[Protocole TLS|TLS]] ;&lt;br /&gt;
* Mise en place de l&#039;[[Authentification multifacteur|authentification multifacteur]] pour les accès administrateurs ;&lt;br /&gt;
* [[Sauvegarde informatique|Sauvegarde]] régulière des données applicatives et test périodique de restauration.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Platform as a Service ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Platform as a Service (PaaS), le fournisseur étend sa responsabilité à l&#039;environnement d&#039;exécution (runtime, middleware, système d&#039;exploitation). Le client se concentre sur les applications déployées et les données qu&#039;elles traitent. Les responsabilités portent alors sur la sécurité du code applicatif, la gestion des dépendances et la configuration des politiques d&#039;accès propres à l&#039;application.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Exemples représentatifs : Azure App Service, Google App Engine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Software as a Service ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle [[Software as a Service]] (SaaS) concentre la quasi-totalité de la responsabilité technique chez le fournisseur, qui assure la disponibilité de l&#039;application, la gestion des mises à jour et la sécurité de l&#039;infrastructure sous-jacente. Le client reste néanmoins responsable de :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* La [[Gestion des identités et des accès|gestion des comptes et des droits d&#039;accès]] des utilisateurs, y compris la révocation rapide en cas de départ ;&lt;br /&gt;
* La classification et la protection des données confiées au service ;&lt;br /&gt;
* La configuration des politiques de sécurité accessibles (activation du SSO, des journaux d&#039;audit, paramétrage des règles de partage) ;&lt;br /&gt;
* La conformité du traitement des données au [[Conformité RGPD|RGPD]] et aux réglementations sectorielles applicables, notamment via la signature d&#039;accords de traitement des données (DPA).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Tableau récapitulatif ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Couche&lt;br /&gt;
! IaaS&lt;br /&gt;
! PaaS&lt;br /&gt;
! SaaS&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Infrastructure physique / réseau&lt;br /&gt;
| Fournisseur&lt;br /&gt;
| Fournisseur&lt;br /&gt;
| Fournisseur&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Hyperviseur / virtualisation&lt;br /&gt;
| Fournisseur&lt;br /&gt;
| Fournisseur&lt;br /&gt;
| Fournisseur&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Système d&#039;exploitation&lt;br /&gt;
| Client&lt;br /&gt;
| Fournisseur&lt;br /&gt;
| Fournisseur&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Middleware / runtime&lt;br /&gt;
| Client&lt;br /&gt;
| Fournisseur&lt;br /&gt;
| Fournisseur&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Application&lt;br /&gt;
| Client&lt;br /&gt;
| Client&lt;br /&gt;
| Fournisseur&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Données&lt;br /&gt;
| Client&lt;br /&gt;
| Client&lt;br /&gt;
| Client (partiellement)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Identités et accès&lt;br /&gt;
| Client&lt;br /&gt;
| Client&lt;br /&gt;
| Client&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Chiffrement des données&lt;br /&gt;
| Client&lt;br /&gt;
| Client (partiel)&lt;br /&gt;
| Client (partiel)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre normatif et réglementaire ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs référentiels internationaux et nationaux encadrent ou précisent le modèle de responsabilité partagée :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[ISO/IEC 27017]]&#039;&#039;&#039; : extension de l&#039;[[ISO/IEC 27001]] spécifiquement dédiée au cloud computing, elle définit 37 contrôles dont 7 nouveaux propres aux relations fournisseur-client cloud et matérialise formellement la notion de responsabilités partagées.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[NIST Cybersecurity Framework]]&#039;&#039;&#039; : identifie les fonctions &#039;&#039;Identify&#039;&#039;, &#039;&#039;Protect&#039;&#039;, &#039;&#039;Detect&#039;&#039;, &#039;&#039;Respond&#039;&#039; et &#039;&#039;Recover&#039;&#039; en précisant, pour chaque couche cloud, à qui incombe leur mise en œuvre.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[RGS (Référentiel Général de Sécurité)]]&#039;&#039;&#039; : référentiel de l&#039;[[ANSSI]] applicable aux systèmes d&#039;information des autorités administratives françaises ; lorsqu&#039;une administration recourt au cloud, ce référentiel impose une analyse formelle de la répartition des responsabilités.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Guides de l&#039;[[ANSSI]]&#039;&#039;&#039; : l&#039;Agence nationale de la sécurité des systèmes d&#039;information a publié plusieurs recommandations, dont « Recommandations pour les architectures des systèmes d&#039;information en nuage » (2021), précisant les exigences de qualification et la répartition des responsabilités selon le niveau de sensibilité des données traitées.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[DORA (Digital Operational Resilience Act)|DORA]]&#039;&#039;&#039; : impose aux entités financières de documenter contractuellement la répartition des responsabilités avec chaque prestataire TIC critique dans un registre tiers dédié, révisé au moins annuellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mise en œuvre opérationnelle ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cartographie et gouvernance ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mise en œuvre effective du modèle commence par une cartographie des services cloud utilisés par l&#039;organisation (&#039;&#039;cloud inventory&#039;&#039;) et, pour chacun d&#039;eux, une identification précise des responsabilités résiduelles côté client. Cette cartographie alimente le [[Système de management de la sécurité de l&#039;information|système de management de la sécurité de l&#039;information]] (SMSI) et le registre des risques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Responsable de la sécurité des systèmes d&#039;information|responsable de la sécurité des systèmes d&#039;information]] (RSSI) coordonne généralement cette démarche, en lien avec les équipes juridiques chargées de la négociation des [[Contrat de niveau de service|contrats de niveau de service]] et des accords de traitement des données. La cartographie est mise à jour à chaque souscription d&#039;un nouveau service cloud ou lors de la modification substantielle d&#039;un service existant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contrôles techniques prioritaires ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les contrôles relevant systématiquement de la responsabilité client, quel que soit le modèle de service :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Gestion des identités et des accès]] : application du principe du moindre privilège, révocation rapide des droits en cas de départ d&#039;un collaborateur, séparation des comptes de production et de test ;&lt;br /&gt;
* [[Authentification multifacteur]] : obligatoire pour les accès à la console d&#039;administration cloud ;&lt;br /&gt;
* [[Chiffrement des données]] : chiffrement au repos avec des clés gérées par le client (&#039;&#039;customer-managed keys&#039;&#039;) et en transit via [[Protocole TLS|TLS]] 1.2 minimum ;&lt;br /&gt;
* Journalisation et détection : activation des journaux d&#039;audit natifs (AWS CloudTrail, Azure Monitor, etc.) et intégration dans un [[SIEM (informatique)|SIEM]] pour la corrélation des événements ;&lt;br /&gt;
* [[Gestion des vulnérabilités]] : analyse régulière des images de conteneurs et des instances IaaS, avec priorisation selon le score CVSS.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Audits et tests ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un [[Audit de cybersécurité|audit de cybersécurité]] régulier permet de vérifier l&#039;adéquation entre la répartition théorique des responsabilités et leur mise en œuvre effective. Les [[Test d&#039;intrusion|tests d&#039;intrusion]] ciblant les configurations cloud (&#039;&#039;cloud penetration testing&#039;&#039;) constituent un complément indispensable ; les fournisseurs cloud majeurs disposent de politiques d&#039;autorisation explicites encadrant ces tests sur leurs plateformes. Un test de configuration automatisé (&#039;&#039;cloud security posture management&#039;&#039;, CSPM) peut être déployé en continu pour détecter les dérives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Continuité et reprise ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsabilité du [[Plan de continuité d&#039;activité|plan de continuité d&#039;activité]] (PCA) et du [[Plan de reprise d&#039;activité informatique|plan de reprise d&#039;activité informatique]] (PRA) incombe au client, même en mode SaaS. Le fournisseur garantit la disponibilité de son infrastructure selon les termes du [[Contrat de niveau de service|contrat de niveau de service]], mais ne prend pas en charge les procédures de reprise métier ni les sauvegardes des données applicatives si celles-ci ne sont pas explicitement activées et configurées par le client.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Enjeux pour les organisations et les professionnels ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Compétences métier requises ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La maîtrise du modèle de responsabilité partagée est désormais une compétence attendue dans plusieurs métiers de l&#039;informatique et de la sécurité :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Architectes cloud et ingénieurs DevSecOps, chargés d&#039;intégrer les contrôles de sécurité dès la conception (&#039;&#039;security by design&#039;&#039;) ;&lt;br /&gt;
* RSSI et chefs de projet sécurité, responsables de la gouvernance globale et de la conformité réglementaire ;&lt;br /&gt;
* Auditeurs et consultants en [[Cybersécurité|cybersécurité]], amenés à évaluer l&#039;adéquation des configurations cloud par rapport aux référentiels applicables ;&lt;br /&gt;
* Responsables juridiques et délégués à la protection des données (DPO), qui doivent traduire les obligations du [[Conformité RGPD|RGPD]] et des réglementations sectorielles en clauses contractuelles opposables aux fournisseurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des certifications professionnelles reconnues évaluent cette compétence : AWS Certified Security – Specialty, Microsoft Certified: Azure Security Engineer Associate, Certified Cloud Security Professional (CCSP, délivrée par (ISC)²).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Erreurs fréquentes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;analyse des incidents de sécurité cloud documentés depuis 2015 révèle plusieurs erreurs récurrentes liées à une mauvaise compréhension du modèle :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Hypothèse de couverture totale par le fournisseur&#039;&#039;&#039; : supposer que souscrire à un service SaaS décharge l&#039;entreprise de toute responsabilité en matière de protection des données — inexact au regard du [[Conformité RGPD|RGPD]] et des réglementations sectorielles ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Absence de journalisation&#039;&#039;&#039; : les journaux d&#039;audit natifs sont disponibles mais non activés par défaut chez certains fournisseurs, laissant l&#039;organisation sans visibilité en cas d&#039;incident ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Sous-estimation de la misconfiguration&#039;&#039;&#039; : selon le rapport Verizon &#039;&#039;Data Breach Investigations Report&#039;&#039; 2023, 21 % des violations de données impliquent une erreur de configuration, fréquemment côté client en environnement cloud ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Absence de tests de restauration&#039;&#039;&#039; : des [[Sauvegarde informatique|sauvegardes]] sont réalisées mais leur restauration n&#039;est jamais testée, rendant le PRA théoriquement conforme mais opérationnellement inopérant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Articulation avec le modèle Zero Trust ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Modèle Zero Trust|modèle Zero Trust]] est fréquemment présenté comme complémentaire au modèle de responsabilité partagée : là où ce dernier délimite les périmètres de responsabilité entre fournisseur et client, Zero Trust impose de ne faire confiance à aucun acteur par défaut, quelle que soit sa position dans l&#039;architecture réseau. Les deux approches convergent sur l&#039;exigence d&#039;une [[Gestion des identités et des accès|gestion stricte des identités et des accès]] et d&#039;une [[Microsegmentation réseau|microsegmentation réseau]] fine, et forment ensemble une architecture de sécurité cloud cohérente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Sécurité du cloud]]&lt;br /&gt;
* [[Gestion des risques informatiques]]&lt;br /&gt;
* [[ISO/IEC 27017]]&lt;br /&gt;
* [[Modèle Zero Trust]]&lt;br /&gt;
* [[Responsable de la sécurité des systèmes d&#039;information]]&lt;br /&gt;
* [[Conformité RGPD]]&lt;br /&gt;
* [[DORA (Digital Operational Resilience Act)]]&lt;br /&gt;
* [[Directive NIS2]]&lt;br /&gt;
* [[Système de management de la sécurité de l&#039;information]]&lt;br /&gt;
* [[Audit de cybersécurité]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Cybersécurité]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Commission_nationale_de_la_n%C3%A9gociation_collective&amp;diff=948</id>
		<title>Commission nationale de la négociation collective</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Commission_nationale_de_la_n%C3%A9gociation_collective&amp;diff=948"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;Commission nationale de la négociation collective&#039;&#039;&#039; (CNNC) est une instance consultative française placée auprès du [[Ministère du Travail]], chargée d&#039;examiner les questions relatives à la [[Négociation collective|négociation collective]], notamment l&#039;[[Extension des conventions collectives|extension]] et l&#039;élargissement des [[Convention collective|conventions collectives]] et des [[Accord de branche|accords de branche]]. Composée selon un principe tripartite — État, organisations syndicales de salariés et organisations patronales représentatives au niveau national interprofessionnel —, elle a constitué pendant plus de soixante ans un lieu institutionnel de concertation préalable aux grandes décisions du [[Droit du travail|droit social]] négocié. À la suite des réformes engagées par les [[Ordonnances Travail 2017]] et la loi du 5 septembre 2018, ses attributions ont été intégralement reprises par la [[Commission nationale de la négociation collective, de l&#039;emploi et de la formation professionnelle]] (CNNCEFP).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Historique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Fondation par la loi du 11 juin 1950 ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cadre juridique moderne de la [[Négociation collective|négociation collective]] en France a été structuré après la Seconde Guerre mondiale par la loi du 11 juin 1950 relative aux [[Convention collective|conventions collectives]] et aux procédures de conciliation et d&#039;arbitrage des conflits collectifs du travail. Ce texte fondateur a institué une instance nationale consultative chargée de donner un avis préalable sur les projets d&#039;arrêtés d&#039;extension et d&#039;élargissement des conventions collectives. La procédure d&#039;[[Extension des conventions collectives|extension]] permettait au ministre chargé du Travail de rendre obligatoires, par arrêté, les stipulations d&#039;un accord à l&#039;ensemble des employeurs et salariés d&#039;un champ professionnel, y compris ceux dont les organisations n&#039;étaient pas parties à la convention. L&#039;élargissement permettait quant à lui d&#039;étendre le champ d&#039;application géographique ou professionnel d&#039;une convention au-delà de son périmètre initial.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette instance consultative originelle s&#039;inscrivait dans un contexte d&#039;après-guerre marqué par la volonté de structurer des relations collectives de travail stables et représentatives. Elle complétait la protection instaurée par le [[Salaire minimum interprofessionnel de croissance|salaire minimum]] en garantissant que les minima conventionnels de branche seraient applicables à l&#039;ensemble des salariés d&#039;un secteur, indépendamment de l&#039;appartenance patronale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les lois Auroux (1982) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Lois Auroux]], adoptées à partir du second semestre 1982 sous le gouvernement Mauroy, ont constitué une réforme majeure des relations collectives de travail en France. La loi du 13 novembre 1982 relative à la [[Négociation collective|négociation collective]] et au règlement des conflits collectifs du travail a renforcé le rôle de la CNNC, consacré la [[Négociation annuelle obligatoire|négociation annuelle obligatoire]] dans les branches professionnelles et les entreprises, et introduit l&#039;obligation de négocier de bonne foi pour les organisations patronales. Ces textes ont également précisé les conditions de [[Représentativité syndicale|représentativité syndicale]] requises pour siéger à la CNNC, en maintenant la présomption irréfragable de représentativité au profit des cinq confédérations historiques : CGT, CGT-FO, [[Confédération française démocratique du travail|CFDT]], [[Confédération française des travailleurs chrétiens|CFTC]] et CFE-CGC.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La réforme de la représentativité syndicale (2008) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi n° 2008-789 du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail a supprimé la présomption irréfragable de représentativité au profit de critères objectifs, parmi lesquels l&#039;audience électorale mesurée lors des élections professionnelles constitue le critère principal. Cette réforme a directement affecté la composition de la CNNC : depuis la publication des premiers résultats de mesure d&#039;audience en 2013, seules les organisations ayant franchi le seuil de 8 % des suffrages exprimés au niveau national interprofessionnel sont admises à y siéger. La mesure d&#039;audience est renouvelée tous les quatre ans, les résultats étant publiés par arrêté du [[Ministère du Travail]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Haut Conseil du dialogue social]], instance créée parallèlement, était chargé d&#039;établir la liste des organisations syndicales représentatives et de transmettre ses conclusions à la CNNC avant chaque renouvellement de composition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La loi El Khomri (2016) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Loi El Khomri]] (loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du [[Dialogue social|dialogue social]] et à la sécurisation des parcours professionnels) a étendu les compétences de la CNNC en lui confiant le suivi du processus de [[Restructuration des branches professionnelles|restructuration des branches professionnelles]]. L&#039;objectif fixé par le législateur était de ramener le nombre de branches professionnelles actives de plus de 700 à environ 200, en fusionnant les branches dont l&#039;effectif de salariés couverts était inférieur à 5 000. La CNNC était consultée préalablement aux arrêtés ministériels de fusion ou de fusion-absorption de branches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Transformation en CNNCEFP (2017-2018) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Ordonnances Travail 2017]], complétées par la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, ont conduit à la fusion de la CNNC, du [[Haut Conseil du dialogue social]] et du Conseil national de l&#039;emploi, de la formation et de l&#039;orientation professionnelles (CNEFOP) en une seule entité : la [[Commission nationale de la négociation collective, de l&#039;emploi et de la formation professionnelle]] (CNNCEFP). Cette rationalisation visait à simplifier l&#039;architecture institutionnelle du [[Dialogue social|dialogue social]] national en regroupant dans une même commission les thématiques de la [[Négociation collective|négociation collective]], de l&#039;emploi et de la formation professionnelle, qui relevaient jusqu&#039;alors d&#039;instances distinctes aux compositions partiellement redondantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Composition et fonctionnement ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Principe tripartite ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CNNC réunissait, selon le schéma tripartite classique du [[Paritarisme|paritarisme]] français :&lt;br /&gt;
* Les représentants des organisations syndicales de salariés représentatives au niveau national interprofessionnel : CGT, [[Confédération française démocratique du travail|CFDT]], CGT-FO, [[Confédération française des travailleurs chrétiens|CFTC]] et CFE-CGC.&lt;br /&gt;
* Les représentants des organisations professionnelles d&#039;employeurs représentatives au niveau national interprofessionnel : [[MEDEF]], Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et Union des entreprises de proximité (U2P).&lt;br /&gt;
* Les représentants de l&#039;État, dont ceux du [[Ministère du Travail]] et de la [[Direction générale du Travail]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La présidence était assurée par le ministre chargé du Travail ou, par délégation, le [[Direction générale du Travail|directeur général du Travail]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sections spécialisées ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour l&#039;instruction des dossiers, la CNNC était organisée en sections spécialisées. L&#039;une était exclusivement consacrée aux projets d&#039;extension et d&#039;élargissement des [[Convention collective|conventions collectives]] et [[Accord de branche|accords de branche]]. D&#039;autres formations permettaient d&#039;examiner, par secteur, les bilans annuels de [[Négociation annuelle obligatoire|négociation annuelle obligatoire]] transmis par les [[Partenaires sociaux|partenaires sociaux]] des branches professionnelles. Les séances plénières traitaient des questions de portée générale ou des dossiers instruits en section et nécessitant un avis de l&#039;instance dans sa composition complète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Nature et portée des avis ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les avis de la CNNC n&#039;avaient pas de caractère contraignant : le ministre chargé du Travail pouvait signer un arrêté d&#039;extension même en cas d&#039;avis défavorable, mais une telle situation était rare et politiquement coûteuse. Dans la pratique, un avis favorable à la majorité qualifiée des membres présents facilitait significativement la prise d&#039;arrêté. La CNNC siégeait sur convocation de son président, à l&#039;initiative de celui-ci ou à la demande d&#039;une proportion déterminée de ses membres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Attributions ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Consultation sur les extensions et élargissements ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mission consultative centrale de la CNNC portait sur les projets d&#039;arrêtés d&#039;[[Extension des conventions collectives|extension des conventions collectives]] et des [[Accord de branche|accords de branche]]. Avant tout arrêté ministériel rendant une convention obligatoire pour l&#039;ensemble des employeurs et salariés d&#039;un champ professionnel, la CNNC devait rendre son avis. La commission vérifiait notamment :&lt;br /&gt;
* Le respect des conditions légales de validité de la convention soumise à extension.&lt;br /&gt;
* L&#039;absence de clauses contraires à l&#039;ordre public ou aux dispositions légales impératives du [[Code du travail]].&lt;br /&gt;
* La représentativité des organisations signataires dans le champ d&#039;application concerné.&lt;br /&gt;
* La cohérence du champ professionnel et géographique de la convention au regard du périmètre de la branche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Suivi et bilan de la négociation collective ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Direction générale du Travail]] transmettait chaque année à la CNNC un bilan quantitatif et qualitatif de la [[Négociation collective|négociation collective]] dans les branches professionnelles. Ce bilan recensait les accords conclus dans le cadre de la [[Négociation annuelle obligatoire|négociation annuelle obligatoire]] (salaires, durée du travail, égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, emploi des seniors), identifiait les branches en carence de négociation et signalait les situations de blocage persistant. La CNNC pouvait formuler des recommandations à l&#039;attention des [[Partenaires sociaux|partenaires sociaux]] des branches concernées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Consultation sur les projets de réforme ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En application des dispositions du [[Code du travail]], la CNNC était consultée sur les projets de textes législatifs et réglementaires relatifs à la [[Négociation collective|négociation collective]], aux [[Convention collective|conventions collectives]] et aux [[Accord national interprofessionnel|accords nationaux interprofessionnels]]. Cette consultation constituait une étape obligatoire dans l&#039;élaboration des grandes réformes du [[Droit du travail|droit social]], avant transmission au Conseil d&#039;État et adoption en Conseil des ministres. Cette mission a conféré à la CNNC un rôle actif dans l&#039;instruction de réformes telles que la loi Fillon du 4 mai 2004 ou la loi n° 2008-789 du 20 août 2008.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Restructuration des branches professionnelles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis 2016, la CNNC assurait le suivi du processus de [[Restructuration des branches professionnelles|restructuration des branches professionnelles]] confié par la [[Loi El Khomri]]. Elle instruisait les dossiers de rapprochement de branches, évaluait la cohérence des champs professionnels fusionnés et rendait un avis préalable aux arrêtés ministériels de fusion. Ce chantier de rationalisation, qui ciblait en priorité les branches couvrant moins de 5 000 salariés, a été poursuivi après 2018 par la CNNCEFP. Au 1er janvier 2024, le nombre de branches professionnelles avait été ramené à environ 170, contre plus de 700 à l&#039;origine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articulation avec d&#039;autres instances ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Au niveau national interprofessionnel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La CNNC s&#039;inscrivait dans un réseau d&#039;instances nationales de concertation complémentaires :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Instance !! Rôle principal !! Relation avec la CNNC&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Haut Conseil du dialogue social]] || Mesure de l&#039;audience syndicale et patronale, liste des organisations représentatives || Transmettait les résultats de représentativité à la CNNC ; fusionné en CNNCEFP en 2018&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Conseil national de l&#039;emploi, de la formation et de l&#039;orientation professionnelles (CNEFOP) || Formation professionnelle, apprentissage, emploi || Instance parallèle à compétences distinctes ; fusionné en CNNCEFP en 2018&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Conseil économique, social et environnemental (CESE) || Consultation sur l&#039;ensemble des politiques économiques et sociales || Assemblée constitutionnelle, compétence transversale, distincte de la CNNC par son champ&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Au niveau de la branche ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Accord national interprofessionnel|accords nationaux interprofessionnels]] (ANI), négociés entre les grandes confédérations patronales et syndicales, pouvaient être soumis à la CNNC préalablement à leur éventuelle extension. Les [[Accord de branche|accords de branche]], qui couvrent un secteur professionnel déterminé, constituaient l&#039;objet principal des avis de la commission en matière d&#039;extension. La CNNC contribuait ainsi à garantir que l&#039;architecture de la [[Négociation collective|négociation collective]] nationale, structurée selon une hiérarchie entre ANI, accords de branche et [[Accord d&#039;entreprise|accords d&#039;entreprise]], demeurait cohérente.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Au niveau de l&#039;entreprise ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Dialogue social|dialogue social]] d&#039;entreprise relève du [[Comité social et économique]] (CSE), instance de représentation du personnel introduite par les [[Ordonnances Travail 2017]] en remplacement du comité d&#039;entreprise, des délégués du personnel et du CHSCT. L&#039;[[Accord d&#039;entreprise|accord d&#039;entreprise]] prime désormais, dans de nombreux domaines ouverts par ces ordonnances, sur les [[Convention collective|conventions collectives]] de branche — une inversion partielle de la hiérarchie des normes qui a modifié le périmètre d&#039;intervention traditionnel de la CNNC dans ses travaux consultatifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La CNNCEFP, instance de substitution ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Commission nationale de la négociation collective, de l&#039;emploi et de la formation professionnelle]] (CNNCEFP) a repris et élargi l&#039;ensemble des attributions de la CNNC. Elle est organisée en quatre formations spécialisées :&lt;br /&gt;
# La &#039;&#039;&#039;formation plénière&#039;&#039;&#039;, présidée par le ministre chargé du Travail, réunit l&#039;ensemble des membres sur les questions transversales aux trois domaines de compétence ;&lt;br /&gt;
# La &#039;&#039;&#039;formation spécialisée pour la [[Négociation collective|négociation collective]]&#039;&#039;&#039;, compétente pour les avis sur les extensions, les élargissements et la [[Restructuration des branches professionnelles|restructuration des branches professionnelles]] ;&lt;br /&gt;
# La &#039;&#039;&#039;formation spécialisée pour l&#039;emploi&#039;&#039;&#039; ;&lt;br /&gt;
# La &#039;&#039;&#039;formation spécialisée pour la formation professionnelle et l&#039;apprentissage&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La composition de la CNNCEFP reprend le schéma tripartite de la CNNC — représentants des organisations syndicales et patronales représentatives au niveau national interprofessionnel, représentants de l&#039;État —, avec l&#039;ajout de personnalités qualifiées et de représentants des régions pour les questions de formation professionnelle, en cohérence avec la décentralisation des politiques de formation opérée depuis la loi du 5 mars 2014.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* [[Négociation collective]]&lt;br /&gt;
* [[Convention collective]]&lt;br /&gt;
* [[Extension des conventions collectives]]&lt;br /&gt;
* [[Accord de branche]]&lt;br /&gt;
* [[Accord national interprofessionnel]]&lt;br /&gt;
* [[Accord d&#039;entreprise]]&lt;br /&gt;
* [[Partenaires sociaux]]&lt;br /&gt;
* [[Représentativité syndicale]]&lt;br /&gt;
* [[Dialogue social]]&lt;br /&gt;
* [[Paritarisme]]&lt;br /&gt;
* [[Direction générale du Travail]]&lt;br /&gt;
* [[Ministère du Travail]]&lt;br /&gt;
* [[Ordonnances Travail 2017]]&lt;br /&gt;
* [[Négociation annuelle obligatoire]]&lt;br /&gt;
* [[Comité social et économique]]&lt;br /&gt;
* [[Droit du travail]]&lt;br /&gt;
* [[Code du travail]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Droit social]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Indemnit%C3%A9_compensatrice_de_cong%C3%A9s_pay%C3%A9s&amp;diff=947</id>
		<title>Indemnité compensatrice de congés payés</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Indemnit%C3%A9_compensatrice_de_cong%C3%A9s_pay%C3%A9s&amp;diff=947"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;L&#039;&#039;&#039;&#039;indemnité compensatrice de congés payés&#039;&#039;&#039; est une somme versée par l&#039;employeur à un salarié qui, à la date de la rupture ou de la fin de son [[Contrat de travail|contrat de travail]], n&#039;a pas pris la totalité des [[Congés payés|congés payés]] acquis. Elle vise à compenser financièrement les jours de repos auxquels le salarié avait droit mais qu&#039;il n&#039;a pas effectivement pris avant la cessation du contrat. Son régime est défini par les articles L. 3141-26 à L. 3141-29 du [[Code du travail]], qui en font un droit d&#039;ordre public ne pouvant être supprimé ni réduit par accord individuel ou collectif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fondement juridique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;article L. 3141-26 du [[Code du travail]] dispose que lorsque le contrat de travail est rompu avant que le salarié ait pu bénéficier de la totalité du congé auquel il avait droit, il perçoit une indemnité compensatrice. Ce droit est d&#039;ordre public : aucune clause contractuelle, aucun [[Accord d&#039;entreprise|accord d&#039;entreprise]] ni [[Accord de branche|accord de branche]] ne peut y déroger de manière défavorable au salarié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Cour de cassation qualifie les [[Congés payés|congés payés]] de droit fondamental du salarié, dont la non-prise doit être intégralement compensée en numéraire lors de toute cessation du contrat, quelle qu&#039;en soit la cause. Cette position s&#039;inscrit dans le cadre du [[Droit du travail|droit du travail]] européen, notamment la directive 2003/88/CE relative à l&#039;aménagement de la [[Durée du travail|durée du travail]], qui garantit à tout travailleur un congé annuel payé minimum de quatre semaines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conditions d&#039;ouverture du droit ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à l&#039;indemnité compensatrice est ouvert dès lors que trois conditions cumulatives sont réunies :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Le salarié a acquis des [[Congés payés|congés payés]] au cours de la période de référence, en principe du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin au 31 mai de l&#039;année suivante, sauf disposition différente fixée par [[Convention collective|convention collective]].&lt;br /&gt;
# Le [[Contrat de travail|contrat de travail]] prend fin — quelle qu&#039;en soit la cause — avant que ces congés aient été intégralement pris.&lt;br /&gt;
# Le solde de congés acquis et non pris est positif à la date de rupture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La cause de la rupture est indifférente : [[Licenciement|licenciement]] (y compris pour faute grave), [[Rupture conventionnelle|rupture conventionnelle]], démission, départ à la retraite, expiration d&#039;un [[Contrat à durée déterminée|contrat à durée déterminée]], résiliation judiciaire ou prise d&#039;acte de la rupture aux torts de l&#039;employeur — l&#039;indemnité est due dans tous ces cas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cas de la faute lourde ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant la loi n° 2012-387 du 22 mars 2012, la faute lourde privait le salarié de l&#039;intégralité de l&#039;indemnité compensatrice de congés payés. Depuis cette réforme, codifiée à l&#039;article L. 3141-28 du [[Code du travail]], la faute lourde ne prive le salarié que des droits à congés acquis au cours de la période en cours au moment de la commission de la faute. Les congés acquis lors des périodes de référence antérieures restent intégralement indemnisés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Calcul de l&#039;indemnité ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le montant de l&#039;indemnité compensatrice est égal à celui de l&#039;indemnité de [[Congés payés|congés payés]] qui aurait été versée si les jours avaient été effectivement pris. L&#039;article L. 3141-24 du [[Code du travail]] prévoit deux méthodes de calcul ; l&#039;employeur est tenu d&#039;appliquer celle qui est la plus avantageuse pour le salarié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Règle du dixième ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indemnité est égale à 1/10 de la rémunération brute totale perçue par le salarié au cours de la période de référence, proratisée au nombre de jours non pris :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
: &#039;&#039;&#039;Indemnité = (Rémunération brute de référence × 1/10) × (Jours de congés non pris / Jours de congés acquis totaux)&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rémunération brute de référence comprend les salaires, primes, commissions, avantages en nature évalués et majorations pour heures supplémentaires perçus sur la période de référence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Règle du maintien de salaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indemnité est égale à la rémunération que le salarié aurait perçue s&#039;il avait effectivement pris ses congés, calculée sur la base du salaire mensuel en vigueur divisé par le nombre de jours habituellement travaillés dans le mois, puis multiplié par le nombre de jours de congés non pris. Cette règle est généralement plus favorable lorsque la rémunération du salarié a progressé de manière significative au cours ou à l&#039;issue de la période de référence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Référence au salaire de calcul ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les deux cas, le [[Salaire de référence|salaire de référence]] doit intégrer l&#039;ensemble des éléments variables de rémunération — primes d&#039;objectifs, commissions, gratifications — versés pendant la période considérée. La Cour de cassation retient une conception large de la notion de rémunération afin d&#039;éviter toute minoration artificielle de la base de calcul par l&#039;employeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Comparaison des deux méthodes de calcul&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Méthode !! Formule simplifiée !! Cas d&#039;application typique&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Règle du 1/10&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; || Masse salariale annuelle × 10 % × fraction non prise || Salaire stable ou en baisse en fin de contrat&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Maintien de salaire || Salaire journalier × nombre de jours non pris || Salaire en hausse significative en fin de contrat&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Versement et mentions obligatoires ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indemnité compensatrice de congés payés est versée au moment du [[Solde de tout compte|solde de tout compte]], au plus tard à la date effective de fin du contrat. Elle doit figurer de manière distincte sur le [[Bulletin de paie|bulletin de paie]] du dernier mois avec les mentions suivantes :&lt;br /&gt;
* le nombre de jours de congés non pris indemnisés ;&lt;br /&gt;
* la période de référence concernée ;&lt;br /&gt;
* le montant brut retenu et la méthode de calcul appliquée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Déclaration sociale nominative|déclaration sociale nominative]] (DSN) doit retracer ce versement afin d&#039;assurer l&#039;exactitude des informations transmises aux organismes de [[Protection sociale|protection sociale]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Régime fiscal et social ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cotisations sociales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indemnité compensatrice de congés payés est soumise à l&#039;ensemble des prélèvements sociaux au même titre qu&#039;un salaire ordinaire. Elle entre dans l&#039;assiette des [[Cotisations patronales|cotisations patronales]] et salariales de la Sécurité sociale, de la CSG au taux de 9,2 % et de la CRDS au taux de 0,5 % (appliquées sur 98,25 % de la rémunération brute en 2025), ainsi que des cotisations de retraite complémentaire AGIRC-ARRCO.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Impôt sur le revenu ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indemnité est intégralement imposable à l&#039;impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires. Elle est soumise au prélèvement à la source au taux personnalisé du salarié l&#039;année de sa perception. Aucun abattement spécifique ni régime de faveur n&#039;est applicable, contrairement à certaines composantes de l&#039;[[Indemnité de licenciement|indemnité de licenciement]] qui bénéficient d&#039;une exonération partielle sous conditions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Situations particulières ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Fin de contrat à durée déterminée ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l&#039;échéance d&#039;un [[Contrat à durée déterminée|contrat à durée déterminée]], l&#039;employeur verse l&#039;indemnité compensatrice de congés payés pour les jours acquis et non pris. Cette somme s&#039;ajoute, sans confusion possible, à l&#039;[[Indemnité de précarité|indemnité de précarité]] représentant 10 % de la rémunération brute totale versée au cours du contrat. Les deux indemnités répondent à des causes juridiques distinctes et sont intégralement cumulables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Secteurs avec caisse de congés payés ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans certains secteurs soumis à des règles dérogatoires — principalement le bâtiment et les travaux publics, le spectacle vivant et la manutention portuaire —, le financement des congés payés est mutualisé au sein d&#039;une [[Caisse de congés payés|caisse de congés payés]]. Dans ce cas, la caisse interprofessionnelle, et non l&#039;employeur direct, verse l&#039;indemnité compensatrice en fin de contrat. Le salarié adresse sa demande directement à la caisse compétente pour sa région et son secteur d&#039;activité, sur présentation des justificatifs d&#039;emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Compte épargne-temps ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu&#039;un salarié a transféré des jours de congé sur un [[Compte épargne-temps|compte épargne-temps]] (CET) prévu par un [[Accord d&#039;entreprise|accord d&#039;entreprise]], les jours ainsi capitalisés sont liquidés selon les règles propres au CET lors de la rupture du contrat. Ils ne font pas l&#039;objet d&#039;une indemnité compensatrice de congés payés au sens strict, mais d&#039;une indemnisation calculée sur la base du [[Salaire de référence|salaire de référence]] en vigueur au moment de la liquidation du compte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cumul avec les autres indemnités de rupture ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;indemnité compensatrice de congés payés se cumule intégralement avec :&lt;br /&gt;
* l&#039;[[Indemnité de licenciement|indemnité de licenciement]] légale ou conventionnelle ;&lt;br /&gt;
* l&#039;[[Indemnité compensatrice de préavis|indemnité compensatrice de préavis]] lorsque le salarié est dispensé d&#039;exécuter son préavis ;&lt;br /&gt;
* toute indemnité spécifique prévue par la [[Convention collective|convention collective]] applicable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chacune de ces sommes répond à une cause juridique distincte et aucune ne peut se substituer à l&#039;autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prescription et contentieux ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Délai de prescription ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 relative à la sécurisation de l&#039;emploi, la [[Prescription des créances salariales|prescription des créances salariales]] est fixée à 3 ans à compter du jour où le titulaire a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d&#039;exercer son action (article L. 3245-1 du [[Code du travail]]). Ce délai de 3 ans s&#039;applique à l&#039;action en paiement de l&#039;indemnité compensatrice de congés payés. Avant cette réforme, le délai applicable était de 5 ans. Le point de départ est la date à laquelle l&#039;employeur aurait dû procéder au versement, soit la date de fin du contrat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Recours devant le Conseil de prud&#039;hommes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de litige portant sur le montant ou l&#039;absence de versement de l&#039;indemnité, le salarié saisit le [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]] du lieu d&#039;exécution du travail. Le contrôle porte sur le mode de calcul retenu par l&#039;employeur, la composition de la base de rémunération et le nombre de jours figurant au solde de congés à la date de rupture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de contestation du décompte, la charge de la preuve incombe à l&#039;employeur, qui doit justifier du nombre de jours de congés pris et du solde résiduel par la production des registres de présence, des plannings ou des états issus du logiciel de gestion des temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sanctions en cas de manquement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le non-paiement de l&#039;indemnité expose l&#039;employeur aux conséquences suivantes :&lt;br /&gt;
* une condamnation au paiement de l&#039;indemnité, majorée des intérêts légaux à compter de la date d&#039;exigibilité ;&lt;br /&gt;
* des dommages-intérêts si le salarié justifie d&#039;un préjudice distinct de la privation de l&#039;indemnité elle-même ;&lt;br /&gt;
* un renvoi devant le [[Tribunal judiciaire|tribunal judiciaire]] si la décision prud&#039;homale est portée en appel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Inspection du travail|inspection du travail]] peut constater le manquement à l&#039;occasion d&#039;un contrôle de l&#039;établissement et dresser un procès-verbal, notamment en cas de manquements répétés ou systématiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articulation avec les sources conventionnelles ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les dispositions d&#039;une [[Convention collective|convention collective]] de branche ou d&#039;un [[Accord d&#039;entreprise|accord d&#039;entreprise]] peuvent prévoir des modalités plus favorables que celles du [[Code du travail]] : élargissement de la base de calcul, délai de versement raccourci, comptabilisation en jours ouvrés plutôt qu&#039;en jours ouvrables, ou taux supérieur au dixième. Le principe de faveur impose d&#039;appliquer le régime le plus avantageux pour le salarié. En revanche, aucun [[Accord de branche|accord de branche]] ni aucun accord d&#039;entreprise ne peut réduire les droits issus des dispositions d&#039;ordre public du [[Code du travail]], notamment le plancher légal de calcul et l&#039;obligation de versement à la fin du contrat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Congés payés]]&lt;br /&gt;
* [[Indemnité de licenciement]]&lt;br /&gt;
* [[Rupture conventionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Bulletin de paie]]&lt;br /&gt;
* [[Conseil de prud&#039;hommes]]&lt;br /&gt;
* [[Code du travail]]&lt;br /&gt;
* [[Contrat à durée déterminée]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Droit social]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Bureau_d%27%C3%A9tudes_techniques&amp;diff=946</id>
		<title>Bureau d&#039;études techniques</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Bureau_d%27%C3%A9tudes_techniques&amp;diff=946"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Un &#039;&#039;&#039;bureau d&#039;études techniques&#039;&#039;&#039; (BET) est une structure professionnelle — entreprise, cabinet ou consultant indépendant — dont l&#039;activité principale consiste à réaliser des études, des calculs et des analyses d&#039;ingénierie pour le compte d&#039;un [[Maître d&#039;ouvrage]] ou d&#039;un [[Maître d&#039;œuvre]]. Il intervient dans les domaines du bâtiment, des travaux publics, de l&#039;industrie ou de l&#039;environnement, en apportant une expertise technique spécialisée que le donneur d&#039;ordre ne détient pas en interne. Le BET se distingue du [[Bureau de contrôle]], dont la mission est la vérification indépendante de la conformité des ouvrages, et du cabinet d&#039;[[Architecte]], dont la compétence est principalement architecturale et urbanistique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et périmètre ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dénomination « bureau d&#039;études techniques » n&#039;est pas protégée par la loi française : la profession n&#039;est soumise à aucun régime d&#039;autorisation préalable, ni rattachée à un [[Ordre professionnel]] propre. Elle se distingue des [[Profession réglementée|professions réglementées]] comme l&#039;[[Architecte]], dont l&#039;exercice est conditionné à une inscription ordinale. En pratique, les BET se regroupent au sein d&#039;organisations professionnelles sectorielles — [[Syntec Ingénierie]] pour l&#039;ingénierie de conseil et la [[Fédération française du bâtiment]] pour les acteurs du bâtiment — sans obligation d&#039;adhésion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La taille des bureaux d&#039;études techniques varie considérablement : du consultant indépendant [[Ingénieur civil|ingénieur]] ou [[Dessinateur-projeteur]] travaillant seul, à des groupes d&#039;ingénierie internationaux comme Egis, Artelia, Setec ou Ingerop, qui emploient plusieurs milliers de collaborateurs. D&#039;après les données de [[Syntec Ingénierie]], la filière ingénierie-conseil représente environ 320 000 emplois en France en 2023, répartis dans plus de 70 000 entreprises, dont 60 % environ emploient moins de dix salariés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Domaines de spécialité ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les BET exercent par spécialité technique. Les disciplines les plus représentées en France dans le secteur de la construction sont les suivantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Structure et génie civil ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les BET structure dimensionnent les éléments porteurs d&#039;un ouvrage : fondations, poteaux, poutres, planchers, voiles en béton armé, charpentes métalliques ou en bois. Leurs calculs s&#039;appuient sur les [[Eurocodes]], ensemble de normes européennes de calcul des structures (EN 1990 à EN 1999) rendues obligatoires pour les marchés publics français par arrêté du 26 octobre 2011. Un BET structure produit des [[Note de calcul|notes de calcul]], des plans de coffrage, des plans d&#039;armatures et des spécifications de mise en œuvre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Fluides, thermique et climatique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les BET fluides conçoivent les installations de chauffage, ventilation et climatisation (CVC), de plomberie sanitaire et de gaz. Depuis l&#039;entrée en vigueur de la réglementation thermique RT 2012 (arrêté du 26 octobre 2011) puis de la réglementation environnementale RE 2020 (décret du 29 juillet 2021), ces études sont obligatoires pour tout projet de construction neuve : la RE 2020 impose notamment le calcul de l&#039;indicateur carbone Ic construction et de l&#039;indicateur de confort d&#039;été DH (degrés-heures).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Électricité et courants faibles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces BET conçoivent les installations électriques basse tension (BT) et haute tension A (HTA), les systèmes de sécurité incendie (SSI), les réseaux de courants faibles (informatique, téléphonie, vidéosurveillance, contrôle d&#039;accès) et les installations photovoltaïques. Ils rédigent les schémas unifilaires, les notes de calcul de chutes de tension et les cahiers des clauses techniques particulières (CCTP).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Voirie et réseaux divers (VRD) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les BET VRD traitent les projets d&#039;aménagement extérieur : tracés de voirie, parkings, réseaux d&#039;assainissement et d&#039;eau potable, éclairage public. Leur activité croise celle du [[Géomètre-expert]] et du [[Géomètre-topographe]] pour les levés topographiques et la définition des altimétries. Ils coordonnent leurs études avec les services des collectivités territoriales et les gestionnaires de réseaux concessionnaires (ENEDIS, GRTgaz, Veolia, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Environnement et développement durable ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les BET environnement réalisent des études d&#039;impact au titre du code de l&#039;environnement (articles L. 122-1 et suivants), des diagnostics de pollution des sols, des études de gestion des eaux pluviales et des bilans carbone de projets selon les méthodologies de l&#039;ADEME. Ce domaine a connu une croissance soutenue depuis les lois Grenelle I (2009) et Grenelle II (2010).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Missions et livrables ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Phases de mission ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les marchés publics, la mission d&#039;un BET se déroule selon les phases définies par la loi MOP (loi n° 85-704 du 12 juillet 1985 relative à la maîtrise d&#039;ouvrage publique) et son décret d&#039;application n° 93-1268 du 29 novembre 1993 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
! Phase !! Sigle !! Contenu principal&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Études préliminaires || EP || Analyse des contraintes et de la faisabilité, estimation sommaire du coût des travaux&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Avant-projet sommaire || APS || Définition des principes techniques, estimation à ± 20 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Avant-projet définitif || APD || Dimensionnement principal, estimation à ± 10 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Projet || PRO || Dossier de consultation des entreprises (DCE), CCTP, DPGF&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Études d&#039;exécution || EXE || Plans de détail, notes de calcul finales, lancement des fabrications&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Direction de l&#039;exécution des contrats de travaux || DET || Visa des plans d&#039;exécution des entreprises, réunions de chantier&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Assistance aux opérations de réception || AOR || Levée des réserves, dossier des ouvrages exécutés (DOE)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les marchés privés, cette décomposition est conventionnelle et non imposée par la loi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livrables types ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon la phase et la spécialité, les principaux livrables comprennent :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Des [[Note de calcul|notes de calcul]] justifiant le dimensionnement des ouvrages ;&lt;br /&gt;
* Des plans techniques (plans de coffrage, plans d&#039;armatures, schémas de principe fluides et électricité) ;&lt;br /&gt;
* Des pièces écrites : CCTP, prescriptions de matériaux, références aux documents techniques unifiés (DTU) ;&lt;br /&gt;
* Des estimations quantitatives : métrés, avant-métrés, décompositions du prix global et forfaitaire (DPGF) ;&lt;br /&gt;
* Des rapports d&#039;analyse, de synthèse et des comptes rendus de réunion de coordination.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis le milieu des années 2010, la maquette numérique ([[BIM]] — Building Information Modeling) s&#039;est imposée comme livrable central dans les projets de construction de taille significative. Le plan BIM 2022 porté par le Plan Transition Numérique dans le Bâtiment (PTNB) et la loi ELAN du 23 novembre 2018 ont accéléré son déploiement dans la commande publique française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Positionnement dans la chaîne de construction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un BET intervient dans la chaîne de construction en qualité de prestataire intellectuel, en amont et/ou pendant la réalisation. Trois modes d&#039;intervention coexistent :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Sous mission de maîtrise d&#039;œuvre&#039;&#039;&#039; : le BET est co-traitant ou sous-traitant d&#039;un [[Architecte]] dans le cadre d&#039;un groupement de [[Maître d&#039;œuvre|maîtrise d&#039;œuvre]]. Ce schéma est le plus fréquent pour les bâtiments publics soumis à la loi MOP.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Mission directe&#039;&#039;&#039; : le [[Maître d&#039;ouvrage]] mandate directement le BET pour une étude déterminée (pré-dimensionnement, expertise, étude de faisabilité), sans intermédiaire architecte.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[Assistance à maîtrise d&#039;ouvrage]]&#039;&#039;&#039; (AMO) : le BET assiste le [[Maître d&#039;ouvrage]] dans la définition de son programme, le choix des intervenants et le contrôle de l&#039;exécution, sans concevoir lui-même les ouvrages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La coordination entre BET de spécialités différentes — structure, fluides, électricité — est assurée lors de réunions de synthèse. Depuis l&#039;essor du [[BIM]], cette synthèse se traduit par l&#039;agrégation des maquettes numériques métiers et la détection automatique des conflits entre réseaux (clashs).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre contractuel et responsabilités ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contrats ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La relation entre un BET et son donneur d&#039;ordre est encadrée par un [[Contrat commercial]] de prestations intellectuelles (ou par un [[Contrat de travail]] si le prestataire est salarié). Le contrat précise l&#039;étendue des missions (forfait ou régie), le calendrier, les livrables attendus et les honoraires. Dans les marchés publics, il prend la forme d&#039;un marché de maîtrise d&#039;œuvre soumis au code de la commande publique (CCP) ; dans les marchés privés, les modèles de contrats édités par [[Syntec Ingénierie]] servent fréquemment de base.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La sous-traitance d&#039;un BET par une entreprise de travaux est régie par la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance, qui impose l&#039;agrément du sous-traitant par le [[Maître d&#039;ouvrage]] et organise le paiement direct en cas de défaillance du donneur d&#039;ordre principal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Responsabilité civile et décennale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le BET engage sa [[Responsabilité civile professionnelle]] à deux titres principaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Responsabilité contractuelle de droit commun (articles 1231 et suivants du code civil) : pendant la durée du contrat, pour tout manquement aux obligations convenues (retard, erreur de conception, livrable non conforme).&lt;br /&gt;
* Responsabilité décennale (articles 1792 et suivants du code civil) : pendant dix ans à compter de la réception des travaux, pour les désordres qui compromettent la solidité de l&#039;ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Le BET, en qualité de locateur d&#039;ouvrage, est présumé responsable solidairement avec les autres constructeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;assurance décennale (article L. 241-1 du code des assurances) est de fait indispensable pour tout BET intervenant sur des ouvrages de construction neuve ou de rénovation lourde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Formes juridiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un bureau d&#039;études techniques relève du secteur des [[Profession libérale|professions libérales]] à caractère technique non réglementé. Il peut être constitué sous les formes juridiques habituelles des entreprises prestataires de services :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* La [[Société à responsabilité limitée]] (SARL) est la forme la plus répandue pour les structures de moins de cinquante salariés ;&lt;br /&gt;
* La société par actions simplifiée (SAS) est privilégiée lors de montages capitalistiques (entrée de nouveaux associés, opérations de rachat) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;[[Entrepreneur individuel]] ou le régime de la [[Micro-entreprise]] (ex-statut [[Auto-entrepreneur]]) convient à l&#039;[[Ingénieur civil|ingénieur]] ou au [[Dessinateur-projeteur]] exerçant seul, sous réserve de respecter les plafonds de [[Chiffre d&#039;affaires]] annuels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toute structure commerciale doit être immatriculée au [[Registre du commerce et des sociétés]] (RCS) et se voit attribuer un [[Numéro SIREN]] à neuf chiffres. La tenue des comptes est assurée par un [[Expert-comptable]] ; au-delà des seuils légaux (8 M€ de total bilan, 4 M€ de chiffre d&#039;affaires net ou 50 salariés), la désignation d&#039;un [[Commissaire aux comptes]] est obligatoire. Les états financiers sont établis selon le [[Plan comptable général]] (PCG 2014) et résumés dans un [[Bilan comptable]] annuel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Formation et accès à la profession ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;accès aux fonctions exercées dans un bureau d&#039;études techniques n&#039;est soumis à aucune condition de diplôme imposée par la loi, contrairement aux [[Profession réglementée|professions réglementées]] telles que l&#039;[[Architecte]] (loi n° 77-2 du 3 janvier 1977) ou le [[Géomètre-expert]] (loi n° 46-942 du 7 mai 1946). En pratique, les postes d&#039;ingénieur d&#039;études sont principalement pourvus par des titulaires d&#039;un diplôme d&#039;ingénieur accrédité par la Commission des titres d&#039;ingénieur (CTI, bac+5) ou d&#039;un master mention génie civil, génie électrique ou génie mécanique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les postes de [[Dessinateur-projeteur]] sont habituellement occupés par des titulaires d&#039;un BTS Bâtiment, BTS Travaux publics, BTS Électrotechnique ou d&#039;un BUT Génie civil. Ces diplômes sont inscrits au [[RNCP]] (Répertoire national des certifications professionnelles), référentiel national des [[Certification professionnelle|certifications professionnelles]] reconnu par l&#039;État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation continue porte notamment sur l&#039;application des [[Eurocodes]], la modélisation [[BIM]], les exigences de la RE 2020 et la maîtrise des logiciels de calcul métier. Elle est dispensée par des organismes de formation spécialisés et par les fédérations professionnelles dont la [[Fédération française du bâtiment]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Outils et pratiques numériques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Logiciels de calcul ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les BET utilisent des logiciels spécialisés selon leur domaine d&#039;activité :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Calcul de structures : Robot Structural Analysis (Autodesk), ETABS et SAP2000 (CSI), RFEM/RSTAB (Dlubal), Advance Design (Graitec) ;&lt;br /&gt;
* Thermique dynamique : DesignBuilder, Pleiades+Comfie (IZUBA), CYPETHERM ;&lt;br /&gt;
* Réseaux fluides et électriques : AutoCAD MEP, Revit MEP (Autodesk), CYPELEC ;&lt;br /&gt;
* VRD et topographie : Covadis (Géoconcept), Mensura (Trimble), AutoPISTE (Autodesk).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Maquette numérique et BIM ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un projet [[BIM]] collaboratif (niveau 2 ou 3 de maturité), chaque BET produit une maquette numérique métier versée sur un environnement de données commun (Common Data Environment, CDE). Un coordinateur BIM — généralement rattaché au groupement de [[Maître d&#039;œuvre|maîtrise d&#039;œuvre]] — agrège ces maquettes pour détecter les clashs et produire les rapports de synthèse. La norme ISO 19650 (parties 1 à 5) constitue le référentiel international de gestion de l&#039;information en BIM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aspects économiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Honoraires ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les honoraires des BET sont librement négociés depuis la suppression des barèmes obligatoires par l&#039;ordonnance du 1er décembre 1986. Dans le secteur du bâtiment, ils représentent typiquement entre 2 % et 6 % du coût de construction selon la complexité du projet et la spécialité concernée. Dans les marchés publics, ils sont soumis à la concurrence selon les procédures du code de la commande publique (procédure adaptée en deçà des seuils européens fixés par le règlement délégué UE 2023/2495, appel d&#039;offres au-delà).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Indicateurs de gestion ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le pilotage financier d&#039;un BET s&#039;appuie sur des indicateurs classiques de la prestation intellectuelle : [[Chiffre d&#039;affaires]], taux de charge des équipes (rapport entre heures vendues et heures disponibles), marge sur coût direct et résultat net. Le [[Bilan comptable]] annuel, établi selon le [[Plan comptable général]], synthétise la situation patrimoniale de la structure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Architecte]]&lt;br /&gt;
* [[Ingénieur civil]]&lt;br /&gt;
* [[Dessinateur-projeteur]]&lt;br /&gt;
* [[Conducteur de travaux]]&lt;br /&gt;
* [[Chef de chantier]]&lt;br /&gt;
* [[Maître d&#039;ouvrage]]&lt;br /&gt;
* [[Maître d&#039;œuvre]]&lt;br /&gt;
* [[BIM]]&lt;br /&gt;
* [[Géomètre-expert]]&lt;br /&gt;
* [[Métiers du bâtiment]]&lt;br /&gt;
* [[Fédération française du bâtiment]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Bureau d&#039;études techniques]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Métiers du bâtiment]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Ingénierie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Métiers du bâtiment]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Reconversion_apr%C3%A8s_licenciement&amp;diff=945</id>
		<title>Reconversion après licenciement</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Reconversion_apr%C3%A8s_licenciement&amp;diff=945"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;reconversion après licenciement&#039;&#039;&#039; désigne l&#039;ensemble des démarches par lesquelles un salarié ayant perdu son emploi à la suite d&#039;un [[Licenciement|licenciement]] engage une transition vers un nouveau métier, un nouveau secteur d&#039;activité ou un nouveau statut professionnel. Distincte d&#039;une simple recherche d&#039;emploi dans le même domaine, elle implique l&#039;acquisition de nouvelles compétences, un repositionnement du projet professionnel et le recours à des dispositifs publics de financement et d&#039;accompagnement. En France, selon la Direction de l&#039;animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES), entre 250 000 et 300 000 licenciements économiques sont prononcés chaque année ; une part significative des salariés concernés choisit une reconversion plutôt qu&#039;un retour direct à l&#039;emploi dans le même secteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Contexte et données statistiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2023, [[France Travail]] enregistrait environ 2,9 millions de demandeurs d&#039;emploi en catégorie A. Parmi les entrants dans le chômage, 18 % provenaient d&#039;un [[Licenciement pour motif économique|licenciement économique]] et 12 % d&#039;un licenciement personnel, selon la DARES. Une étude de France Stratégie publiée en 2022 estimait qu&#039;environ un tiers des personnes licenciées pour motif économique changeaient effectivement de métier dans les deux ans suivant leur licenciement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les taux d&#039;insertion durable à 12 mois varient selon le secteur cible. Les reconversions vers les métiers du numérique, de la santé ou des services à la personne affichent des taux supérieurs à 70 %, tandis que les reconversions vers des secteurs à recrutement très localisé ou saisonnier peuvent descendre sous 50 %. L&#039;âge et le niveau de qualification initiale constituent les deux facteurs prédictifs les plus robustes du succès de la reconversion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Reconversion professionnelle|reconversion professionnelle]] après licenciement se distingue de la reconversion volontaire initiée par un salarié en poste, notamment par l&#039;urgence relative du besoin de revenu, la disponibilité immédiate pour la formation et l&#039;accès élargi à des dispositifs publics de financement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre juridique du licenciement ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Types de licenciement concernés ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Licenciement pour motif économique]] est le principal vecteur d&#039;accès aux dispositifs renforcés de reconversion. Il intervient lors de suppressions de poste liées à des difficultés économiques de l&#039;entreprise, à des mutations technologiques, à une réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité, ou à une cessation d&#039;activité. Lorsqu&#039;il touche au moins 10 salariés sur 30 jours dans une entreprise d&#039;au moins 50 salariés, le [[Plan de sauvegarde de l&#039;emploi]] (PSE) est obligatoire et inclut des mesures de reclassement interne et externe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le licenciement pour motif personnel (insuffisance professionnelle, inaptitude médicale) ouvre également des droits à l&#039;[[Allocation de retour à l&#039;emploi]] et au [[Compte personnel de formation]], mais n&#039;active pas automatiquement le [[Contrat de sécurisation professionnelle]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Indemnités légales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Indemnité de licenciement|indemnité légale de licenciement]] est due à tout salarié licencié justifiant d&#039;au moins 8 mois d&#039;ancienneté ininterrompue dans l&#039;entreprise, sauf faute grave ou lourde. Son montant est calculé sur la base d&#039;un quart de mois de salaire brut de référence par année d&#039;ancienneté pour les 10 premières années, puis d&#039;un tiers par année au-delà. Les conventions collectives peuvent stipuler des indemnités supérieures. Cette indemnité est, dans les conditions prévues par le Code général des impôts, exonérée d&#039;impôt sur le revenu dans la limite légale applicable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Lettre de licenciement]] notifiant la rupture du contrat doit préciser les motifs du licenciement et énoncer les droits ouverts au salarié, notamment l&#039;accès au [[Contrat de sécurisation professionnelle]] dans les cas éligibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dispositifs d&#039;accompagnement à la reconversion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contrat de sécurisation professionnelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Contrat de sécurisation professionnelle]] (CSP) est le dispositif central de reconversion pour les salariés licenciés pour motif économique dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, ou en redressement ou liquidation judiciaire quelle que soit leur taille. D&#039;une durée maximale de 12 mois, il offre un suivi individualisé renforcé par [[France Travail]] et une allocation de sécurisation professionnelle (ASP) égale à 75 % du salaire journalier de référence, sensiblement supérieure au taux standard de l&#039;[[Allocation de retour à l&#039;emploi|ARE]]. L&#039;adhésion est proposée lors de l&#039;entretien préalable au licenciement ; le salarié dispose de 21 jours pour accepter ou refuser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Congé de reclassement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Congé de reclassement]] est réservé aux salariés licenciés dans les entreprises ou groupes d&#039;au moins 1 000 salariés. Sa durée varie de 4 à 12 mois selon les conventions collectives applicables. Il permet de suivre des actions de bilan, d&#039;orientation professionnelle et de formation, rémunérées par l&#039;employeur. Pendant la portion du congé excédant le préavis, l&#039;employeur verse une allocation de reclassement représentant au minimum 65 % de la rémunération brute mensuelle moyenne des 12 derniers mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cellule de reclassement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Cellule de reclassement]] est une structure temporaire mise en place par l&#039;employeur, généralement dans le cadre d&#039;un [[Plan de sauvegarde de l&#039;emploi]], pour accompagner collectivement les salariés licenciés. Elle mobilise des conseillers spécialisés, souvent issus de cabinets d&#039;[[Outplacement|outplacement]], qui assurent des entretiens individuels, des ateliers collectifs et un accompagnement à la [[Prospection d&#039;emploi|prospection d&#039;emploi]]. La cellule est financée par l&#039;employeur sur une durée définie dans le PSE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Outplacement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Outplacement]] (reclassement externe accompagné) est un service de conseil et d&#039;accompagnement individuel, assuré par un cabinet spécialisé et financé par l&#039;employeur dans le cadre d&#039;un PSE ou d&#039;un [[Congé de reclassement]]. Il couvre l&#039;évaluation des compétences, la définition du projet professionnel, la préparation des outils de candidature et le travail de valorisation personnelle pour les entretiens. Le coût d&#039;un outplacement individuel varie entre 3 000 et 15 000 € selon la durée et le niveau de responsabilité du bénéficiaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conseiller en évolution professionnelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Conseiller en évolution professionnelle]] (CEP) est un service d&#039;accompagnement gratuit, confidentiel et indépendant de l&#039;employeur, accessible à tout actif. Les opérateurs agréés sont [[France Travail]], l&#039;[[Apec]] pour les cadres, [[Cap emploi]] pour les travailleurs en situation de handicap, les [[Mission locale|missions locales]] pour les jeunes de moins de 26 ans, et des opérateurs régionaux. Le CEP aide à formaliser un projet de reconversion, à identifier les formations adaptées et à mobiliser les financements disponibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bilan de compétences ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Bilan de compétences]] est une prestation d&#039;évaluation structurée des aptitudes professionnelles et personnelles, des motivations et des connaissances. D&#039;une durée maximale de 24 heures réparties sur plusieurs semaines, il est réalisé par un organisme habilité extérieur à l&#039;entreprise. Son coût, compris entre 1 500 et 3 000 €, est finançable via le [[Compte personnel de formation]] ou pris en charge par [[France Travail]] pour les demandeurs d&#039;emploi. Depuis la réforme de 2018, le salarié est seul destinataire des résultats du bilan ; aucune communication à l&#039;employeur n&#039;est possible sans son accord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Coaching professionnel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Coaching professionnel]] peut compléter les dispositifs institutionnels, notamment pour accompagner la posture, la confiance en soi et la gestion de la transition identitaire liée au changement de métier. Certaines conventions collectives ou PSE l&#039;incluent explicitement dans le périmètre des mesures d&#039;accompagnement finançables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Financement de la reconversion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Allocation de retour à l&#039;emploi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Allocation de retour à l&#039;emploi]] (ARE) constitue le socle financier principal de la période de reconversion. Elle est versée par [[France Travail]] aux salariés involontairement privés d&#039;emploi justifiant d&#039;une durée d&#039;affiliation d&#039;au moins 6 mois sur les 24 derniers mois (36 mois pour les 53 ans et plus). Le montant journalier est calculé à partir du salaire journalier de référence, avec un taux de remplacement oscillant entre 57 % et 75 % selon le niveau de salaire. La durée maximale d&#039;indemnisation est de 18 mois pour les moins de 53 ans et peut atteindre 27 mois pour les 55 ans et plus, selon les règles d&#039;indemnisation en vigueur au moment de l&#039;ouverture des droits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant une formation prescrite par [[France Travail]], le demandeur d&#039;emploi peut percevoir la [[Rémunération de formation France Travail]] (RFFT), qui maintient une rémunération même après l&#039;épuisement des droits à l&#039;ARE. En cas d&#039;épuisement de ces droits, l&#039;[[Allocation de solidarité spécifique]] (ASS) peut prendre le relais sous conditions de ressources.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Compte personnel de formation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Compte personnel de formation]] (CPF) est alimenté à hauteur de 500 € par année de travail à temps complet (800 € pour les salariés sans qualification de niveau inférieur au CAP), dans la limite d&#039;un plafond de 5 000 € (8 000 € pour les non-qualifiés). Un salarié licencié conserve l&#039;intégralité des droits CPF accumulés pendant sa carrière. Le CPF est utilisable pour financer des formations certifiantes inscrites au RNCP, des bilans de compétences ou des actions de [[Validation des acquis de l&#039;expérience|validation des acquis de l&#039;expérience]] (VAE).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Projet de transition professionnelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Projet de transition professionnelle]] (PTP), anciennement congé individuel de formation (CIF), permet de financer une formation longue et certifiante dans une autre branche professionnelle, avec maintien d&#039;une rémunération pendant la durée de la formation. Les dossiers sont instruits par les [[OPCO|opérateurs de compétences]] (OPCO) compétents selon la branche du salarié. La prise en charge couvre les frais pédagogiques et jusqu&#039;à 90 % du salaire brut pour les rémunérations inférieures à deux fois le SMIC.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aides complémentaires ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;[[Aide individuelle à la formation]] (AIF) de [[France Travail]] complète le financement de formations non éligibles au CPF, jusqu&#039;à 5 000 € par an selon les plafonds en vigueur.&lt;br /&gt;
* Les [[Aide régionale à la formation|aides régionales à la formation]] varient selon les conseils régionaux, qui disposent de compétences propres en matière de formation professionnelle depuis la loi du 13 août 2004. La plupart proposent des enveloppes spécifiques pour les demandeurs d&#039;emploi en reconversion vers des métiers en tension sur leur territoire.&lt;br /&gt;
* L&#039;[[Aide à la formation France Travail]] peut financer des préparations opérationnelles à l&#039;emploi (POE) en lien avec une offre concrète d&#039;un employeur partenaire.&lt;br /&gt;
* Des [[OPCO|opérateurs de compétences]] abondent parfois le CPF au-delà du plafond légal pour des formations prioritaires définies dans les accords de branche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Étapes d&#039;une reconversion après licenciement ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bilan et orientation professionnelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première étape consiste à cartographier les [[Compétences transférables|compétences transférables]], les appétences et les contraintes personnelles (mobilité géographique, niveau de revenu minimum, contraintes familiales). Le [[Bilan de compétences]] et les entretiens avec un [[Conseiller en évolution professionnelle]] structurent cette phase. Des outils en ligne — comme le service « Mon projet professionnel » sur le portail de [[France Travail]] — permettent de croiser les compétences acquises avec les métiers accessibles sans formation complémentaire ou avec une formation courte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Construction du parcours de formation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois le nouveau métier ciblé, le parcours de [[Formation professionnelle|formation]] est construit en fonction du niveau de qualification visé. Les certifications inscrites au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) — titres professionnels du ministère du Travail, BTS, licences professionnelles, certifications de branche — conditionnent l&#039;éligibilité au CPF et facilitent l&#039;accès au [[Projet de transition professionnelle|PTP]]. La durée varie de quelques semaines pour une certification courte à deux ans pour des métiers réglementés tels qu&#039;infirmier, éducateur spécialisé ou ergothérapeute.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Formation continue|formation continue]] peut s&#039;effectuer en présentiel, à distance ou en alternance. La [[Reconversion par apprentissage|reconversion par apprentissage]] — ouverte sans limite d&#039;âge depuis la loi Avenir professionnel du 5 septembre 2018 — a connu une croissance significative : en 2023, 41 % des contrats d&#039;apprentissage signés concernaient des personnes de plus de 26 ans, selon les données du ministère du Travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Validation des acquis de l&#039;expérience|VAE]] permet d&#039;obtenir une certification reconnue par la voie de l&#039;expérience professionnelle et/ou bénévole, sans formation complémentaire obligatoire, à condition de justifier d&#039;au moins un an d&#039;expérience dans le domaine correspondant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Recherche d&#039;emploi dans le nouveau secteur ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche d&#039;emploi dans un nouveau secteur requiert une adaptation des outils classiques. Le [[CV de reconversion]] met en avant les [[Compétences transférables|compétences transférables]] plutôt que la stricte chronologie des postes. La [[Lettre de motivation de reconversion]] doit présenter la logique du changement de trajectoire de façon constructive. L&#039;[[Entretien de recrutement après reconversion|entretien de recrutement après reconversion]] nécessite un récit de parcours cohérent qui valorise l&#039;expérience antérieure comme un apport au nouveau métier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Marché caché de l&#039;emploi|marché caché]] — estimé à 30-40 % des recrutements selon différentes études sectorielles — est accessible via la [[Prospection d&#039;emploi|prospection directe]] auprès d&#039;employeurs ciblés et par la mobilisation du réseau professionnel, y compris celui reconstitué pendant la formation. Les [[Offre d&#039;emploi|offres d&#039;emploi]] publiées sur les plateformes généralistes ou sectorielles restent pertinentes, notamment en début de démarche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Spécificités selon le profil ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Reconversion après 50 ans ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Reconversion après 50 ans|reconversion après 50 ans]] présente des enjeux particuliers liés au marché du travail. Le taux d&#039;emploi des 55-64 ans en France s&#039;établissait à 57,3 % en 2023 (source : INSEE), contre une moyenne européenne de 62,4 %. La durée médiane de recherche d&#039;emploi des demandeurs de 50 ans et plus était de 12 mois en 2022, contre 6 mois pour les 30-39 ans. Les mesures spécifiques de [[France Travail]] pour ce public incluent un diagnostic approfondi, la priorité aux formations courtes et certifiantes, et une aide à la création d&#039;entreprise renforcée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Reconversion à 40 ans ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Reconversion à 40 ans|reconversion à 40 ans]] correspond à l&#039;un des pics statistiques de reconversion, qu&#039;elle soit subie (licenciement) ou volontaire. À cet âge, le salarié bénéficie généralement d&#039;un CPF proche de son plafond, d&#039;une expérience professionnelle valorisable via la [[Validation des acquis de l&#039;expérience|VAE]], et d&#039;une durée de carrière résiduelle suffisante pour amortir l&#039;investissement formation. Le [[Coaching professionnel]] est particulièrement sollicité à cette tranche d&#039;âge pour accompagner la transition identitaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Tableau récapitulatif des principaux dispositifs ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Dispositif !! Conditions d&#039;accès !! Durée maximale !! Financeur principal&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Contrat de sécurisation professionnelle|CSP]] || Licenciement économique, entreprise &amp;lt; 1 000 salariés || 12 mois || Employeur + Unédic&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Congé de reclassement]] || Licenciement économique, entreprise ≥ 1 000 salariés || 4 à 12 mois || Employeur&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Projet de transition professionnelle|PTP]] || Tout salarié, projet certifiant || Variable || OPCO&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Bilan de compétences]] || Tout actif || 24 heures || CPF / France Travail&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Validation des acquis de l&#039;expérience|VAE]] || 1 an d&#039;expérience dans le domaine || Variable || CPF / France Travail / OPCO&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Outplacement]] || PSE ou congé de reclassement || 3 à 12 mois || Employeur&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Acteurs institutionnels ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Acteur !! Public prioritaire !! Missions au titre de la reconversion&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[France Travail]] || Tout demandeur d&#039;emploi || Inscription, versement ARE, prescription formations, CEP&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Apec]] || Cadres et ingénieurs || CEP spécialisé, bilans de compétences, offres cadres&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Cap emploi]] || Travailleurs en situation de handicap || Accompagnement renforcé, partenariat reconnaissance du handicap&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Mission locale|Missions locales]] || Jeunes de 16 à 25 ans || Accompagnement global, accès aux dispositifs jeunes&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[OPCO]] || Salariés et entreprises par branche || Instruction PTP, abondement CPF, financement alternance&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Reconversion professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Licenciement]]&lt;br /&gt;
* [[Plan de sauvegarde de l&#039;emploi]]&lt;br /&gt;
* [[Bilan de compétences]]&lt;br /&gt;
* [[Compte personnel de formation]]&lt;br /&gt;
* [[Projet de transition professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Outplacement]]&lt;br /&gt;
* [[Conseiller en évolution professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[France Travail]]&lt;br /&gt;
* [[Allocation de retour à l&#039;emploi]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Reconversion professionnelle]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=R%C3%A9seau_informatique&amp;diff=944</id>
		<title>Réseau informatique</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=R%C3%A9seau_informatique&amp;diff=944"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Un &#039;&#039;&#039;réseau informatique&#039;&#039;&#039; est un ensemble d&#039;équipements matériels et logiciels interconnectés permettant l&#039;échange de données entre des ordinateurs, des serveurs, des périphériques et d&#039;autres dispositifs. Les réseaux informatiques constituent l&#039;infrastructure fondamentale des technologies de l&#039;information modernes, du réseau local d&#039;une petite entreprise à l&#039;Internet mondial reliant plus de 5,4 milliards d&#039;utilisateurs en 2024. Leur conception, leur déploiement et leur sécurisation font appel à un ensemble de normes, de protocoles et d&#039;équipements spécialisés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Histoire ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept de réseau informatique émerge dans les années 1960 avec les travaux financés par la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) aux États-Unis. En 1969, ARPANET relie quatre universités américaines — UCLA, Stanford Research Institute, UC Santa Barbara et University of Utah — et constitue le premier réseau à commutation de paquets opérationnel. Le 1er janvier 1983, ARPANET adopte le [[Protocole TCP/IP|protocole TCP/IP]], date conventionnellement retenue comme acte de naissance de l&#039;Internet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les années 1980 voient la standardisation du protocole Ethernet (norme IEEE 802.3, 1983) et l&#039;essor des réseaux locaux d&#039;entreprise. En 1991, Tim Berners-Lee publie les spécifications du World Wide Web, transformant l&#039;Internet en un espace d&#039;information hypertextuel. La normalisation du Wi-Fi (IEEE 802.11b, 1999) et le déploiement massif de la fibre optique dans les années 2000 ont étendu la connectivité haut débit aux usages résidentiels et mobiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Composants d&#039;un réseau ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Équipements actifs ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un réseau repose sur plusieurs catégories d&#039;équipements actifs :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le &#039;&#039;&#039;routeur&#039;&#039;&#039; achemine les paquets de données entre réseaux distincts en s&#039;appuyant sur des tables de routage et des protocoles de routage dynamique comme OSPF ou BGP. Il constitue la passerelle entre le réseau local et l&#039;Internet.&lt;br /&gt;
* Le &#039;&#039;&#039;commutateur&#039;&#039;&#039; (switch) opère à la couche 2 du modèle OSI et interconnecte les équipements au sein d&#039;un même réseau local en filtrant le trafic selon les adresses MAC.&lt;br /&gt;
* Le &#039;&#039;&#039;point d&#039;accès sans fil&#039;&#039;&#039; (access point) diffuse un signal Wi-Fi et raccorde les équipements sans fil à l&#039;infrastructure filaire existante.&lt;br /&gt;
* Le &#039;&#039;&#039;[[Pare-feu|pare-feu]]&#039;&#039;&#039; contrôle et filtre le trafic réseau entrant et sortant selon des règles de sécurité prédéfinies, constituant la première ligne de défense d&#039;un périmètre réseau.&lt;br /&gt;
* Le &#039;&#039;&#039;serveur&#039;&#039;&#039; fournit des ressources et des services aux clients : serveurs de fichiers, serveurs web (HTTP/HTTPS), serveurs de messagerie (SMTP/IMAP) ou serveurs DNS.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Supports de transmission ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les données transitent par des supports physiques ou hertziens présentant des caractéristiques très différentes en termes de débit, de distance et d&#039;usage :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Support !! Débit typique !! Distance maximale !! Usage principal&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Paire torsadée Cat6 || Jusqu&#039;à 10 Gbit/s || 100 m || Réseau local d&#039;entreprise&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Fibre optique monomode || Jusqu&#039;à 100 Gbit/s || Plusieurs dizaines de km || Backbone, opérateurs&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Fibre optique multimode || Jusqu&#039;à 100 Gbit/s || 300 m à 2 km || Data center, campus&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Wi-Fi 6 (802.11ax) || Jusqu&#039;à 9,6 Gbit/s théoriques || ~100 m en intérieur || Réseau local sans fil&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 5G NR || Jusqu&#039;à 20 Gbit/s théoriques || Variable selon la bande || Mobile, IoT industriel&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Topologies de réseau ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La topologie d&#039;un réseau décrit l&#039;organisation physique ou logique des équipements et des liaisons entre eux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Topologie en étoile&#039;&#039;&#039; : tous les équipements se connectent à un nœud central (commutateur ou concentrateur). C&#039;est la topologie dominante dans les réseaux locaux modernes, appréciée pour la simplicité de gestion et l&#039;isolation des pannes.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Topologie en bus&#039;&#039;&#039; : tous les équipements partagent un câble de transmission unique. Utilisée historiquement avec Ethernet 10BASE2, elle est désormais obsolète dans les réseaux filaires fixes.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Topologie en anneau&#039;&#039;&#039; : chaque équipement est connecté à ses deux voisins directs, formant une boucle fermée. Encore utilisée dans certains réseaux SONET/SDH pour les infrastructures optiques d&#039;opérateurs.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Topologie maillée&#039;&#039;&#039; (mesh) : chaque nœud est connecté à plusieurs autres nœuds, offrant plusieurs chemins redondants. Les maillages partiels sont courants dans les WAN et les backbones des opérateurs télécoms.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Topologie en arbre&#039;&#039;&#039; : organisation hiérarchique combinant plusieurs topologies en étoile superposées, typique des réseaux de campus universitaires et des grandes entreprises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Classification des réseaux ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Selon l&#039;étendue géographique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;PAN (Personal Area Network)&#039;&#039;&#039; : réseau personnel à très courte portée (1 à 10 mètres), notamment via Bluetooth 5.0 ou Zigbee, reliant des équipements personnels tels que smartphones, montres connectées ou casques audio.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;LAN (Local Area Network)&#039;&#039;&#039; : réseau local couvrant un bâtiment ou un campus. Les LAN Ethernet modernes opèrent à 1 Gbit/s ou 10 Gbit/s sur paire torsadée Cat6/Cat6A.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;MAN (Metropolitan Area Network)&#039;&#039;&#039; : réseau métropolitain couvrant une ville ou une agglomération, déployé par des opérateurs ou des collectivités pour interconnecter plusieurs sites distants de quelques kilomètres à quelques dizaines de kilomètres.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;WAN (Wide Area Network)&#039;&#039;&#039; : réseau étendu couvrant une région, un pays ou plusieurs continents. L&#039;Internet constitue le WAN mondial, interconnectant plus de 73 000 systèmes autonomes (AS) en 2024.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;SAN (Storage Area Network)&#039;&#039;&#039; : réseau dédié au stockage, reliant serveurs et baies de stockage via Fibre Channel ou iSCSI, physiquement distinct du réseau de données.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Selon le mode de commutation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La &#039;&#039;&#039;commutation de circuits&#039;&#039;&#039; réserve un canal dédié pour toute la durée d&#039;une communication — modèle du réseau téléphonique commuté classique (RTC). La &#039;&#039;&#039;commutation de paquets&#039;&#039;&#039; fragmente les données en paquets indépendants acheminés séparément selon les ressources disponibles à chaque instant ; c&#039;est le mode de fonctionnement de l&#039;Internet et de la quasi-totalité des réseaux modernes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Modèles de référence et protocoles ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Modèle OSI ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle OSI (Open Systems Interconnection), publié par l&#039;ISO en 1984, décompose les fonctions réseau en sept couches superposées :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Couche physique&#039;&#039;&#039; : transmission des bits sur le support physique (tensions, modulations, connecteurs).&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Couche liaison de données&#039;&#039;&#039; : encadrement des trames, détection d&#039;erreurs, adressage par adresse MAC.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Couche réseau&#039;&#039;&#039; : routage des paquets, adressage logique (adresses IP).&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Couche transport&#039;&#039;&#039; : contrôle de flux, segmentation, livraison fiable (TCP) ou transmission sans garantie d&#039;ordre (UDP).&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Couche session&#039;&#039;&#039; : établissement, maintenance et terminaison des sessions de communication.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Couche présentation&#039;&#039;&#039; : formatage, chiffrement et compression des données échangées.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Couche application&#039;&#039;&#039; : interfaces avec les applications utilisateur (HTTP, SMTP, FTP, DNS, SNMP).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Suite TCP/IP ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Protocole TCP/IP|protocole TCP/IP]] constitue la suite de protocoles fondamentale de l&#039;Internet. TCP (Transmission Control Protocol) garantit la livraison ordonnée et sans erreur des données ; IP (Internet Protocol) assure l&#039;adressage et le routage. IPv4 adresse les hôtes sur 32 bits, soit environ 4,3 milliards d&#039;adresses théoriques ; l&#039;épuisement du pool mondial d&#039;adresses IPv4 a été officiellement constaté par l&#039;IANA en février 2011. IPv6, sur 128 bits, offre 3,4 × 10³⁸ adresses et intègre nativement la sécurité IPsec, le multicast et l&#039;autoconfiguration stateless (SLAAC).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sécurité des réseaux ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Cybersécurité|cybersécurité]] des infrastructures réseau constitue un enjeu permanent. Les principales menaces comprennent les [[Cyberattaque|cyberattaques]] par déni de service distribué (DDoS), les interceptions de trafic (attaques man-in-the-middle), l&#039;exploitation de [[Vulnérabilité informatique|vulnérabilités]] dans les équipements réseau, ainsi que les intrusions facilitées par l&#039;[[Hameçonnage|hameçonnage]] ou les [[Ransomware|rançongiciels]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mécanismes de protection ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le &#039;&#039;&#039;[[Pare-feu|pare-feu]]&#039;&#039;&#039; filtre les flux réseau selon les adresses IP, les ports et les protocoles. Les pare-feux nouvelle génération (NGFW) intègrent de l&#039;inspection applicative approfondie (DPI) et de l&#039;analyse comportementale.&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;[[DMZ (informatique)|zone démilitarisée]]&#039;&#039;&#039; (DMZ) isole les serveurs exposés à l&#039;Internet du réseau interne, limitant la propagation d&#039;une intrusion réussie.&lt;br /&gt;
* Le &#039;&#039;&#039;[[VPN (réseau privé virtuel)|VPN]]&#039;&#039;&#039; (Virtual Private Network) chiffre les communications entre deux points d&#039;un réseau ou entre un utilisateur distant et son réseau d&#039;entreprise, via des protocoles comme IPsec, OpenVPN ou WireGuard.&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;détection et prévention d&#039;intrusion&#039;&#039;&#039; (IDS/IPS) analyse le trafic réseau en temps réel pour identifier des comportements suspects ou des signatures d&#039;attaques connues.&lt;br /&gt;
* Le &#039;&#039;&#039;[[SIEM (informatique)|SIEM]]&#039;&#039;&#039; (Security Information and Event Management) centralise et corrèle les journaux d&#039;événements des équipements réseau pour détecter des incidents coordonnés.&lt;br /&gt;
* Le &#039;&#039;&#039;[[Modèle Zero Trust|modèle Zero Trust]]&#039;&#039;&#039; remet en cause la notion de périmètre réseau de confiance : chaque accès est authentifié et autorisé de manière granulaire, quelle que soit l&#039;origine de la connexion.&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;&#039;[[Authentification multifacteur|authentification multifacteur]]&#039;&#039;&#039; (MFA) renforce le contrôle d&#039;accès aux équipements et services réseau en exigeant plusieurs preuves d&#039;identité indépendantes.&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;[[Gestion des identités et des accès|gestion des identités et des accès]]&#039;&#039;&#039; (IAM) définit et contrôle les privilèges des utilisateurs et des systèmes sur les ressources réseau.&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;&#039;[[Air gap (informatique)|air gap]]&#039;&#039;&#039; isole physiquement un réseau critique de tout réseau connecté à l&#039;Internet, employé notamment pour les systèmes de contrôle industriel (SCADA/ICS) ou les environnements classifiés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les équipes spécialisées incluent des analystes au sein d&#039;un [[SOC (Security Operations Center)|SOC]], des experts en [[Test d&#039;intrusion|tests d&#039;intrusion]] et des membres de [[Red team|red teams]] chargés de simuler des attaquants réels. Un [[Audit de cybersécurité|audit de cybersécurité]] évalue périodiquement la robustesse de l&#039;architecture réseau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cadre réglementaire et normatif ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* La norme &#039;&#039;&#039;[[ISO/IEC 27001]]&#039;&#039;&#039; définit les exigences d&#039;un système de management de la sécurité de l&#039;information (SMSI), couvrant notamment la sécurisation des réseaux et le contrôle des accès.&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;&#039;[[ANSSI]]&#039;&#039;&#039; (Agence nationale de la sécurité des systèmes d&#039;information) publie des guides techniques de référence sur la sécurisation des réseaux d&#039;entreprise et des opérateurs d&#039;importance vitale (OIV).&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;[[Directive NIS2]]&#039;&#039;&#039;, transposée en droit français en 2024, impose des obligations de cybersécurité renforcées à des entités essentielles et importantes, notamment en matière de sécurisation de leurs réseaux et de gestion des incidents.&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;[[Commission nationale de l&#039;informatique et des libertés|CNIL]]&#039;&#039;&#039; encadre les traitements de données personnelles transitant sur les réseaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Continuité et résilience ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas d&#039;incident réseau majeur, le [[Plan de reprise d&#039;activité informatique|plan de reprise d&#039;activité informatique]] (PRA) et le [[Plan de continuité d&#039;activité|plan de continuité d&#039;activité]] (PCA) définissent les procédures et les délais cibles de restauration des services. La [[Sauvegarde informatique|sauvegarde informatique]] des configurations d&#039;équipements réseau — routeurs, commutateurs, pare-feux — constitue un prérequis indispensable à toute stratégie de reprise après sinistre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Architecture des réseaux d&#039;entreprise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un réseau d&#039;entreprise structuré suit généralement une architecture à trois couches hiérarchiques :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;couche cœur&#039;&#039;&#039; (core) assure le transport haute vitesse entre les différents blocs de l&#039;infrastructure, avec des liaisons à 100 Gbit/s ou plus dans les grandes organisations.&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;couche distribution&#039;&#039;&#039; agrège les connexions des commutateurs d&#039;accès et applique les politiques de routage inter-VLAN et de qualité de service (QoS).&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;couche accès&#039;&#039;&#039; connecte directement les postes utilisateurs, les imprimantes, les téléphones IP et les points d&#039;accès sans fil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La segmentation logique via les VLAN (Virtual Local Area Network, norme IEEE 802.1Q) isole des groupes d&#039;équipements partageant le même support physique, réduisant la surface d&#039;attaque et facilitant l&#039;administration du trafic. Les grandes organisations utilisent des protocoles de haute disponibilité comme HSRP (Hot Standby Router Protocol) ou VRRP (Virtual Router Redundancy Protocol) pour garantir la continuité de service en cas de défaillance d&#039;un équipement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réseaux définis par logiciel ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le &#039;&#039;&#039;SDN&#039;&#039;&#039; (Software-Defined Networking) dissocie le plan de contrôle du plan de données dans les équipements réseau. Un contrôleur SDN centralisé programme dynamiquement les comportements de commutation et de routage via des interfaces normalisées (OpenFlow, NETCONF/YANG), offrant une agilité accrue dans la reconfiguration et l&#039;automatisation à grande échelle. Cette approche est déployée dans les data centers des hyperscalers comme Google (projet B4), Microsoft (SWAN) ou Amazon Web Services.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le &#039;&#039;&#039;NFV&#039;&#039;&#039; (Network Functions Virtualization), standardisé par l&#039;ETSI en 2012, virtualise des fonctions réseau traditionnellement hébergées sur du matériel dédié — [[Pare-feu|pare-feux]], équilibreurs de charge, routeurs virtuels — sous forme de machines virtuelles ou de conteneurs, réduisant significativement les coûts d&#039;infrastructure matérielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Administration et supervision ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;administration d&#039;un réseau s&#039;appuie sur plusieurs protocoles et outils standardisés :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;SNMP&#039;&#039;&#039; (Simple Network Management Protocol, version 3 depuis 2002) supervise les équipements réseau, collecte des métriques de performance et permet la reconfiguration à distance.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;NetFlow&#039;&#039;&#039; (Cisco) et &#039;&#039;&#039;sFlow&#039;&#039;&#039; analysent les flux de trafic agrégés pour détecter des anomalies de volume et dimensionner la bande passante.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Syslog&#039;&#039;&#039; centralise les journaux des équipements réseau vers un serveur dédié ou un [[SIEM (informatique)|SIEM]] pour archivage, corrélation et analyse forensique.&lt;br /&gt;
* Les solutions de Network Performance Monitoring (NPM) comme Zabbix, PRTG ou la combinaison Prometheus/Grafana offrent des tableaux de bord temps réel sur la latence, la gigue, le taux de perte de paquets et la disponibilité des équipements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Métiers liés aux réseaux ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conception, le déploiement et la sécurisation des réseaux informatiques mobilisent plusieurs profils professionnels distincts :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;&#039;administrateur réseau&#039;&#039;&#039; configure et maintient les équipements réseau, gère les plans d&#039;adressage IP et résout les incidents de connectivité au quotidien.&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;&#039;architecte réseau&#039;&#039;&#039; conçoit l&#039;architecture cible en tenant compte des besoins en bande passante, de la redondance, de la scalabilité et des exigences de sécurité à moyen et long terme.&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;&#039;[[Ingénieur en cybersécurité|ingénieur en cybersécurité]]&#039;&#039;&#039; spécialise ses compétences réseau sur la protection des infrastructures, la réalisation de [[Test d&#039;intrusion|tests d&#039;intrusion]] réseau et la réponse aux incidents.&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;&#039;analyste SOC&#039;&#039;&#039;, au sein d&#039;un [[SOC (Security Operations Center)|SOC]], surveille le trafic réseau et les alertes de sécurité en temps réel, qualifie les incidents et coordonne la réponse.&lt;br /&gt;
* Le &#039;&#039;&#039;[[Responsable de la sécurité des systèmes d&#039;information|RSSI]]&#039;&#039;&#039; définit et supervise la politique de sécurité applicable aux réseaux et aux systèmes d&#039;information de l&#039;organisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation aux réseaux informatiques s&#039;effectue via des BTS Systèmes Numériques, des licences professionnelles en administration des réseaux, des masters en informatique ou des certifications professionnelles reconnues par les éditeurs (Cisco CCNA/CCNP, Juniper JNCIA, CompTIA Network+).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Protocole TCP/IP]]&lt;br /&gt;
* [[VPN (réseau privé virtuel)]]&lt;br /&gt;
* [[Pare-feu]]&lt;br /&gt;
* [[DMZ (informatique)]]&lt;br /&gt;
* [[Cybersécurité]]&lt;br /&gt;
* [[Modèle Zero Trust]]&lt;br /&gt;
* Détection d&#039;intrusion&lt;br /&gt;
* [[SIEM (informatique)]]&lt;br /&gt;
* [[Plan de reprise d&#039;activité informatique]]&lt;br /&gt;
* [[ISO/IEC 27001]]&lt;br /&gt;
* [[Directive NIS2]]&lt;br /&gt;
* [[ANSSI]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Cybersécurité]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Parrainage_professionnel&amp;diff=943</id>
		<title>Parrainage professionnel</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Parrainage_professionnel&amp;diff=943"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Le &#039;&#039;&#039;parrainage professionnel&#039;&#039;&#039; est une pratique d&#039;accompagnement dans laquelle un professionnel expérimenté — le [[Parrain professionnel|parrain]] — soutient une personne moins expérimentée ou en transition de carrière, appelée le filleul, en lui ouvrant son réseau, en transmettant son expérience et en facilitant son insertion ou son évolution dans le monde du travail. Distinct du [[Mentorat professionnel|mentorat]] par son accent sur l&#039;activation de réseaux et la recommandation directe, le parrainage professionnel constitue un levier reconnu de [[Mobilité professionnelle|mobilité professionnelle]] et d&#039;accès à l&#039;emploi. Il se pratique aussi bien en entreprise, au sein d&#039;associations ou de dispositifs publics, qu&#039;à l&#039;initiative de réseaux sectoriels ou interprofessionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et cadre conceptuel ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le parrainage professionnel repose sur une relation asymétrique entre deux individus : le parrain, porteur d&#039;une expérience, d&#039;un réseau et d&#039;une légitimité professionnelle établis, et le filleul, qui cherche à accéder à un emploi, à évoluer dans sa carrière ou à réussir une [[Reconversion professionnelle|reconversion professionnelle]]. La relation se distingue des formes voisines d&#039;accompagnement par deux caractéristiques principales : l&#039;activation du capital social du parrain (recommandations, introductions auprès de décideurs, signalement de postes) et l&#039;engagement de caution symbolique que le parrain apporte au filleul.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Distinctions terminologiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme « parrainage professionnel » coexiste avec plusieurs notions proches qu&#039;il convient de distinguer :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le [[Mentorat professionnel|mentorat professionnel]] met l&#039;accent sur la transmission de savoirs, le conseil et l&#039;accompagnement psychologique à long terme, sans nécessairement impliquer l&#039;activation d&#039;un réseau ou une recommandation formelle.&lt;br /&gt;
* Le [[Coaching professionnel|coaching professionnel]] vise le développement de compétences comportementales et la performance individuelle, dans une relation contractuelle souvent rémunérée.&lt;br /&gt;
* Le [[Tutorat en entreprise|tutorat en entreprise]] s&#039;inscrit dans un cadre pédagogique formalisé, généralement lié à un contrat d&#039;apprentissage ou de professionnalisation.&lt;br /&gt;
* Le [[Maître d&#039;apprentissage|maître d&#039;apprentissage]] désigne une fonction légalement définie, encadrée par le Code du travail, spécifique au contrat d&#039;apprentissage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le parrainage se distingue de ces pratiques par sa dimension relationnelle et réticulaire : le parrain engage sa réputation et son réseau personnel au bénéfice du filleul, sans se limiter à transmettre un savoir ou à évaluer une progression.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Historique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pratique informelle du parrainage entre professionnels est ancienne, mais son institutionnalisation sous forme de dispositifs structurés date des années 1990 en France. Les premières associations de parrainage à vocation d&#039;insertion ont formalisé le modèle en s&#039;appuyant sur des cadres et ingénieurs bénévoles accompagnant des jeunes diplômés issus de zones prioritaires. L&#039;association Nos quartiers ont des talents, fondée en 2006, est l&#039;un des opérateurs les plus importants de ce secteur, avec plus de 80 000 binômes constitués depuis sa création selon ses propres bilans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En parallèle, les grandes entreprises ont progressivement intégré des [[Programme de parrainage|programmes de parrainage]] à leurs politiques de [[Gestion des emplois et des parcours professionnels|gestion des emplois et des parcours professionnels]], notamment sous l&#039;impulsion des engagements de diversité pris dans le cadre de la Charte de la diversité (lancée en France en 2004).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan européen, la Commission européenne a encouragé le développement de dispositifs similaires dans le cadre de ses politiques d&#039;inclusion sur le marché du travail, notamment au travers du Fonds social européen (FSE), qui a cofinancé plusieurs programmes de parrainage dans les pays membres entre 2007 et 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Formes et modalités ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Parrainage d&#039;insertion et d&#039;accès à l&#039;emploi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le parrainage d&#039;insertion cible des publics en difficulté face au marché du travail : jeunes diplômés sans réseau, personnes en situation de [[Reconversion après 50 ans|reconversion après 50 ans]], demandeurs d&#039;emploi de longue durée, ou personnes issues de milieux sociaux sous-représentés dans certains secteurs. Dans ce cadre, le parrain — souvent bénévole — accompagne le filleul pendant une période de 3 à 12 mois, avec des objectifs définis en commun : accès à un premier entretien, élargissement du réseau de contacts, simulations d&#039;entretiens, relecture de CV et lettres de motivation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif [[Duo pour l&#039;emploi|Duo pour l&#039;emploi]], déployé dans plusieurs régions françaises à partir de 2016, constitue un exemple formalisé de parrainage d&#039;insertion : il met en relation des demandeurs d&#039;emploi, notamment des personnes d&#039;origine étrangère, avec des professionnels bénévoles pour une période d&#039;accompagnement de trois mois, autour d&#039;un projet professionnel défini lors d&#039;une réunion de lancement tripartite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Parrainage interne en entreprise ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sein des organisations, le parrainage interne (désigné « sponsorship » dans la terminologie anglo-saxonne) consiste pour un cadre supérieur ou dirigeant à défendre activement la carrière d&#039;un collaborateur identifié à potentiel. Contrairement au mentorat, le parrain interne intervient dans les décisions de promotion, de [[Mobilité interne|mobilité interne]] ou d&#039;accès à des projets stratégiques. Des études menées par l&#039;organisation américaine Catalyst en 2010 ont montré que les femmes cadres bénéficiant d&#039;un parrain interne progressent 1,5 fois plus vite vers des postes de direction que leurs homologues sans parrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce type de parrainage s&#039;articule avec les politiques de [[Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences|gestion prévisionnelle des emplois et des compétences]] et peut figurer dans les [[Plan de développement des compétences|plans de développement des compétences]] formalisés par les services RH.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Parrainage à la création d&#039;entreprise ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Parrainage à la création d&#039;entreprise|parrainage à la création d&#039;entreprise]] est une forme spécifique par laquelle un entrepreneur expérimenté accompagne un créateur ou repreneur dans les premières années d&#039;activité. Des réseaux comme Initiative France ou les Chambres de commerce et d&#039;industrie (CCI) proposent ce type d&#039;accompagnement, distinct du conseil en gestion par son caractère bénévole et humain. L&#039;objectif est de réduire le taux d&#039;échec des nouvelles entreprises, estimé à environ 50 % dans les cinq premières années selon les données de l&#039;INSEE (enquête Sine 2018).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Parrainage de reconversion professionnelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cadre de transitions de carrière, le parrainage accompagne des professionnels souhaitant changer de secteur ou de métier. Il est souvent coordonné par des [[Conseiller en évolution professionnelle|conseillers en évolution professionnelle]] ou des associations sectorielles. Le parrain joue alors un rôle de passeur : il aide le filleul à identifier ses [[Compétences transférables|compétences transférables]] d&#039;un secteur à l&#039;autre, à décoder les codes du domaine visé et à activer les réseaux d&#039;accès pertinents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Acteurs et parties prenantes ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le parrain ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le parrain est le pivot du dispositif. Il s&#039;engage bénévolement ou dans le cadre de missions de responsabilité sociale des entreprises (RSE) à consacrer du temps et son capital relationnel au bénéfice du filleul. Les profils de parrains sont variés : cadres en activité, dirigeants, retraités actifs, entrepreneurs. La durée d&#039;engagement oscille généralement entre six mois et deux ans selon les dispositifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les compétences mobilisées chez le parrain incluent l&#039;[[Intelligence émotionnelle|intelligence émotionnelle]], la [[Communication professionnelle|communication professionnelle]], le [[Leadership|leadership]] et la capacité à assurer la [[Transmission des savoirs professionnels|transmission des savoirs professionnels]] sans se substituer au filleul dans ses démarches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le filleul ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le filleul est la personne accompagnée. Il peut s&#039;agir d&#039;un jeune diplômé, d&#039;un cadre en transition, d&#039;un demandeur d&#039;emploi ou d&#039;un créateur d&#039;entreprise. Son implication active conditionne l&#039;efficacité du parrainage : il doit formuler des objectifs précis, respecter les engagements pris et capitaliser sur les ouvertures offertes par le parrain. Les évaluations de dispositifs comme le programme IMS Entreprendre pour la Cité indiquent que les filleuls ayant formulé un projet professionnel précis dès le départ obtiennent de meilleurs résultats que ceux dont les objectifs restent vagues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les structures organisatrices ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les dispositifs de parrainage peuvent être organisés par :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Des associations spécialisées (Nos quartiers ont des talents, IMS Entreprendre pour la Cité, Fondation Agir contre l&#039;Exclusion - FACE) ;&lt;br /&gt;
* Les entreprises elles-mêmes, dans le cadre de leur politique RSE ou de gestion des talents ;&lt;br /&gt;
* Des organismes publics ou parapublics (France Travail, missions locales, opérateurs [[Transition Pro|Transition Pro]]) ;&lt;br /&gt;
* Des réseaux professionnels sectoriels ou des ordres professionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces structures définissent le cadre de la relation (durée, fréquence, objectifs), assurent l&#039;appariement entre parrains et filleuls et facilitent le suivi des binômes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mise en œuvre d&#039;un dispositif de parrainage ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Recrutement et appariement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;appariement entre parrain et filleul est une étape critique. Il tient compte de facteurs tels que le secteur d&#039;activité visé, les compétences à développer, la localisation géographique et les affinités de profil. Certains dispositifs recourent à des questionnaires structurés ou à des algorithmes de recommandation pour optimiser la compatibilité. Un mauvais appariement est la première cause d&#039;abandon prématuré des binômes, devant le manque de disponibilité du parrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Formalisation de la relation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des dispositifs structurés prévoient une charte ou un contrat de parrainage précisant les engagements réciproques, la durée, la fréquence des rencontres (généralement une à deux fois par mois) et les objectifs. Cette formalisation protège les deux parties et contribue à la qualité de l&#039;accompagnement en fixant des jalons mesurables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Suivi et évaluation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les structures organisatrices assurent un suivi des binômes par des points intermédiaires (à un mois, trois mois, six mois). Les indicateurs d&#039;évaluation portent sur le taux d&#039;accès à l&#039;emploi ou d&#039;atteinte des objectifs, la satisfaction des participants mesurée par questionnaire et la durée effective des binômes actifs. L&#039;association Nos quartiers ont des talents affiche, selon ses propres bilans annuels, un taux de retour à l&#039;emploi ou de progression professionnelle supérieur à 75 % pour les filleuls accompagnés sur une durée de six mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bénéfices et limites ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bénéfices documentés ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le filleul, les bénéfices principaux incluent :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;accès à un [[Réseau professionnel|réseau professionnel]] qu&#039;il n&#039;aurait pas pu constituer par ses seules démarches ;&lt;br /&gt;
* Une meilleure compréhension des codes implicites d&#039;un secteur ou d&#039;une organisation ;&lt;br /&gt;
* Une confiance accrue dans ses démarches, contribuant au [[Développement personnel|développement personnel]] ;&lt;br /&gt;
* L&#039;amélioration de l&#039;[[Employabilité|employabilité]] via des recommandations directes auprès de recruteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le parrain, l&#039;engagement dans une relation de parrainage développe des [[Soft skills|soft skills]] (écoute active, pédagogie, empathie) et représente une contribution concrète à l&#039;[[Orientation professionnelle tardive|orientation professionnelle]] d&#039;autrui, perçue comme enrichissante sur le plan personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour l&#039;organisation, les dispositifs de parrainage interne contribuent à la rétention des talents identifiés à potentiel, à la fluidification de la [[Mobilité interne|mobilité interne]] et à la diversification des équipes dirigeantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Limites et risques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le parrainage peut reproduire des biais de cooptation : les parrains tendent à favoriser des profils qui leur ressemblent socialement, ce qui peut renforcer l&#039;homogénéité dans certains secteurs plutôt que la diversifier. La chercheuse Herminia Ibarra (INSEAD, London Business School) a documenté ce phénomène dans ses travaux publiés entre 2010 et 2018 sur le parrainage de femmes en entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;asymétrie de la relation comporte un risque de dépendance excessive du filleul, qui peut déléguer au parrain des démarches qui lui incombent. La qualité du parrainage dépend fortement de l&#039;implication personnelle du parrain, ce qui en fait un dispositif difficile à standardiser à grande échelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La confidentialité des échanges et les questions de déontologie (conflit d&#039;intérêts, usage des informations partagées) nécessitent un cadrage rigoureux, notamment dans les dispositifs de parrainage interne où parrain et filleul évoluent au sein d&#039;une même organisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Parrainage et politiques d&#039;inclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le parrainage professionnel a été identifié par les pouvoirs publics français comme un outil de lutte contre les discriminations à l&#039;embauche. Le Plan national de lutte contre les discriminations à l&#039;embauche (2021) mentionne le développement des dispositifs de parrainage comme levier d&#039;action prioritaire. France Travail (anciennement Pôle emploi) a expérimenté des programmes de parrainage ciblés sur des demandeurs d&#039;emploi exposés à des discriminations liées à l&#039;origine, à l&#039;âge ou au lieu de résidence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Réseau de parrainage|réseaux de parrainage]] professionnel se sont multipliés depuis 2010, avec une forte concentration géographique en Île-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes et dans les Hauts-de-France, régions qui concentrent à la fois le plus grand nombre de grandes entreprises partenaires et les publics les plus exposés aux inégalités d&#039;accès à l&#039;emploi qualifié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articulations avec d&#039;autres dispositifs ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le parrainage professionnel s&#039;intègre fréquemment dans des parcours incluant plusieurs outils complémentaires :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le [[Bilan de compétences|bilan de compétences]], qui précède souvent la mise en relation avec un parrain en révélant les compétences à valoriser et les pistes à explorer ;&lt;br /&gt;
* La [[Validation des acquis de l&#039;expérience|validation des acquis de l&#039;expérience]] (VAE), pour laquelle un parrain peut faciliter l&#039;accès aux jurys ou aux structures certificatrices ;&lt;br /&gt;
* Le [[Compte personnel de formation|compte personnel de formation]] (CPF), qui peut financer des formations complémentaires identifiées pendant l&#039;accompagnement ;&lt;br /&gt;
* Le [[Programme de mentorat|programme de mentorat]] dans les grandes entreprises, dont le parrainage constitue souvent une composante plus active orientée vers l&#039;action sur le réseau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des dispositifs hybrides, combinant parrainage, [[Apprentissage par les pairs|apprentissage par les pairs]] et [[Mentorat inversé|mentorat inversé]], se développent dans les organisations apprenantes qui cherchent à fluidifier la [[Transmission des savoirs professionnels|transmission des savoirs professionnels]] entre générations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Mentorat professionnel]]&lt;br /&gt;
* [[Coaching professionnel]]&lt;br /&gt;
* [[Tutorat en entreprise]]&lt;br /&gt;
* [[Conseiller en évolution professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Réseau professionnel]]&lt;br /&gt;
* [[Reconversion professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Employabilité]]&lt;br /&gt;
* [[Plan de développement des compétences]]&lt;br /&gt;
* [[Formation continue]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Reconversion professionnelle]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Acre&amp;diff=942</id>
		<title>Acre</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Acre&amp;diff=942"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;L&#039;&#039;&#039;&#039;ACRE&#039;&#039;&#039; (Aide à la Création ou à la Reprise d&#039;une Entreprise) est un dispositif d&#039;exonération partielle de cotisations sociales destiné aux créateurs et repreneurs d&#039;entreprise en France. Anciennement appelée ACCRE (Aide aux Chômeurs Créateurs ou Repreneurs d&#039;Entreprise), elle a été réformée au 1er janvier 2019 puis recentrée au 1er janvier 2020 sur des publics prioritaires. Elle constitue l&#039;une des aides financières les plus accessibles pour les personnes souhaitant franchir le pas de l&#039;indépendance dans le cadre d&#039;une [[reconversion professionnelle]] ou d&#039;une première installation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Historique et évolution du dispositif ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== De l&#039;ACCRE à l&#039;ACRE ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ACCRE a été créée en 1979 pour encourager les demandeurs d&#039;emploi à créer leur propre activité plutôt que de rester dans l&#039;attente d&#039;un emploi salarié. Jusqu&#039;en 2018, elle était réservée à des catégories précises : demandeurs d&#039;emploi indemnisés ou susceptibles de l&#039;être, bénéficiaires du RSA, jeunes de 18 à 25 ans révolus, personnes de moins de 30 ans reconnues handicapées, salariés ou licenciés d&#039;une entreprise en sauvegarde ou en liquidation judiciaire, et personnes créant en zone urbaine sensible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À compter du 1er janvier 2019, l&#039;ACCRE est rebaptisée ACRE et son périmètre est étendu à l&#039;ensemble des créateurs et repreneurs d&#039;entreprise, sans condition de situation préalable. Pour les [[micro-entreprise|micro-entrepreneurs]], le bénéfice de l&#039;exonération était initialement prévu sur trois ans avec des taux dégressifs (50 % la première année, 25 % la deuxième, 10 % la troisième).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La restriction de 2020 ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 a mis fin à l&#039;extension universelle. Depuis le 1er janvier 2020, l&#039;ACRE est à nouveau conditionnée à l&#039;appartenance à l&#039;une des catégories éligibles définies par décret. Les créateurs n&#039;appartenant à aucune catégorie prioritaire ne peuvent plus en bénéficier. Par ailleurs, pour les [[auto-entrepreneur|auto-entrepreneurs]] éligibles, la durée d&#039;exonération est ramenée à 12 mois, en lieu et place des 36 mois initialement prévus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bénéficiaires éligibles ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis le 1er janvier 2020, les catégories de personnes pouvant prétendre à l&#039;ACRE sont les suivantes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Demandeurs d&#039;emploi indemnisés par l&#039;[[Allocation de retour à l&#039;emploi|ARE]] ou susceptibles de l&#039;être ;&lt;br /&gt;
* Demandeurs d&#039;emploi non indemnisés inscrits à [[France Travail]] depuis plus de six mois au cours des dix-huit derniers mois ;&lt;br /&gt;
* Bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) ou de l&#039;allocation de solidarité spécifique (ASS) ;&lt;br /&gt;
* Jeunes de 18 à 25 ans révolus ;&lt;br /&gt;
* Personnes de moins de 30 ans reconnues handicapées ;&lt;br /&gt;
* Personnes ayant conclu un contrat d&#039;appui au projet d&#039;entreprise (CAPE) ;&lt;br /&gt;
* Personnes créant une entreprise dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) ;&lt;br /&gt;
* Bénéficiaires du complément libre choix d&#039;activité (PreParE) ;&lt;br /&gt;
* Salariés ou licenciés d&#039;une entreprise en redressement ou liquidation judiciaire qui reprennent cette activité ;&lt;br /&gt;
* Personnes créant dans une zone de revitalisation rurale (ZRR) ou une zone franche urbaine — territoires entrepreneurs (ZFU-TE).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fonctionnement de l&#039;exonération ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Assiette et taux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;exonération porte sur les cotisations sociales personnelles obligatoires : assurance maladie-maternité, assurance vieillesse de base, invalidité-décès et allocations familiales. La contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) restent dues dans tous les cas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le taux d&#039;exonération est fonction du revenu professionnel rapporté au [[Plafond annuel de la sécurité sociale]] (PASS) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Revenu annuel net !! Taux d&#039;exonération&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Inférieur à 75 % du PASS || Exonération totale (100 %)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Entre 75 % et 100 % du PASS || Exonération dégressive (de 100 % à 0 %)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Supérieur à 100 % du PASS || Aucune exonération&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour l&#039;année 2024, le PASS est fixé à 46 368 €, soit un seuil d&#039;exonération totale de 34 776 €. La formule d&#039;exonération dégressive est : cotisations exonérées = cotisations totales × (1 - (revenu - 75 % PASS) / (25 % PASS)).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Durée et non-renouvellement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ACRE est accordée pour 12 mois consécutifs à compter de la date de début d&#039;activité, correspondant à la date d&#039;immatriculation au [[Registre national des entreprises]] (RNE), registre unifié issu de la fusion du RCS et du répertoire des métiers au 1er janvier 2023. Elle n&#039;est pas renouvelable : une même personne physique ne peut en bénéficier qu&#039;une seule fois au cours de sa vie professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cotisations non concernées ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même pendant la période d&#039;ACRE, les contributions et cotisations suivantes restent intégralement dues :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* CSG et CRDS (9,7 % sur les revenus d&#039;activité) ;&lt;br /&gt;
* Cotisation retraite complémentaire ;&lt;br /&gt;
* Contribution à la formation professionnelle (0,1 % à 0,3 % du chiffre d&#039;affaires pour les [[auto-entrepreneur|auto-entrepreneurs]]) ;&lt;br /&gt;
* Cotisation pour le financement des organisations professionnelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ACRE et régime micro-entrepreneur ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[auto-entrepreneur|auto-entrepreneurs]] bénéficiaires de l&#039;ACRE appliquent les cotisations du régime micro-social à un taux réduit de moitié pendant les quatre premiers trimestres civils d&#039;activité. Les taux normaux et réduits sont les suivants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Type d&#039;activité !! Taux normal !! Taux ACRE&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Vente de marchandises || 12,3 % || 6,2 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prestations de services commerciales ou artisanales || 21,2 % || 10,6 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Activités libérales affiliées au SSI || 21,2 % || 10,6 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Activités libérales affiliées à la CIPAV || 21,2 % || 10,6 %&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces taux s&#039;appliquent sur le chiffre d&#039;affaires encaissé, sans déduction de charges réelles, conformément aux règles du [[Régime micro-fiscal|régime micro-fiscal]]. Pour un [[auto-entrepreneur]] réalisant 30 000 € de chiffre d&#039;affaires en prestations de services au cours de sa première année, l&#039;économie réalisée grâce à l&#039;ACRE représente environ 3 180 € (différence entre 10,6 % et 21,2 % appliquée à 30 000 €). Pour le détail du calcul des [[cotisation sociale auto-entrepreneur|cotisations sociales des auto-entrepreneurs]], voir la page dédiée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Démarches pour obtenir l&#039;ACRE ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dépôt de la demande ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La demande d&#039;ACRE s&#039;effectue au moment de la création de l&#039;entreprise, selon la forme juridique retenue :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Pour les [[auto-entrepreneur|auto-entrepreneurs]] : lors de la déclaration de début d&#039;activité sur le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr), en cochant explicitement la case ACRE. La demande est transmise automatiquement à l&#039;[[URSSAF]] ;&lt;br /&gt;
* Pour les autres formes juridiques ([[Entrepreneur individuel|entrepreneurs individuels]], EURL, SASU, SAS, etc.) : formulaire ACRE spécifique à déposer auprès de l&#039;[[URSSAF]] dans les 45 jours suivant la date de début d&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passé ce délai de 45 jours, la demande est irrecevable et l&#039;exonération ne peut être accordée rétroactivement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Instruction par l&#039;URSSAF ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[URSSAF]] dispose d&#039;un mois pour instruire la demande. En l&#039;absence de réponse dans ce délai, la demande est réputée acceptée en application du principe du silence valant acceptation. En cas de refus, la décision doit être motivée ; un recours devant la commission de recours amiable (CRA) est possible, puis devant le tribunal judiciaire compétent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pièces justificatives selon la catégorie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon la catégorie d&#039;éligibilité invoquée, les justificatifs à produire varient :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Attestation d&#039;inscription à [[France Travail]] ou notification d&#039;ARE pour les demandeurs d&#039;emploi ;&lt;br /&gt;
* Notification d&#039;attribution du RSA ou de l&#039;ASS pour les bénéficiaires de ces minima sociaux ;&lt;br /&gt;
* Justificatif d&#039;âge ou de reconnaissance du handicap pour les moins de 26 ou 30 ans ;&lt;br /&gt;
* Tout document officiel établissant la localisation en QPV, ZRR ou ZFU-TE pour les créateurs en zone prioritaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articulation avec les autres aides à la création ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ARCE ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[ARCE]] (Aide à la Reprise ou à la Création d&#039;Entreprise) est versée par [[France Travail]] aux demandeurs d&#039;emploi qui renoncent à percevoir leur [[Allocation de retour à l&#039;emploi|ARE]] mensuellement pour la recevoir sous forme de capital. Le montant correspond à 60 % des droits ARE restants au moment du choix, versé en deux tranches : la première au démarrage de l&#039;activité, la seconde six mois plus tard. ACRE et ARCE sont cumulables : un demandeur d&#039;emploi peut simultanément bénéficier de l&#039;exonération de cotisations (ACRE) et du versement en capital de ses droits chômage (ARCE).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== NACRE ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[NACRE]] (Nouvel Accompagnement pour la Création et la Reprise d&#039;Entreprise) est un dispositif d&#039;accompagnement structuré en trois phases : aide au montage du projet, aide à la structuration financière, et accompagnement au démarrage et au développement. Il comprend un prêt à taux zéro de 1 000 à 8 000 €, cofinancé par l&#039;État et [[Bpifrance]], mobilisable en complément d&#039;un prêt bancaire classique. NACRE et ACRE s&#039;adressent aux mêmes publics éligibles et peuvent être activés conjointement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Impact sur les droits à la retraite ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La période d&#039;ACRE peut affecter la validation de trimestres de retraite de base. Pour les revenus inférieurs à 75 % du PASS, la cotisation vieillesse étant nulle, aucun trimestre n&#039;est validé au titre de ces revenus dans le régime général ou au sein de la [[Sécurité sociale des indépendants]]. Les créateurs dont les revenus sont faibles en début d&#039;activité doivent intégrer cet aspect dans leur [[projet professionnel]] à long terme et peuvent se faire accompagner par un [[expert-comptable]] ou un [[conseiller en évolution professionnelle]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== ACRE et reconversion professionnelle ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ACRE s&#039;inscrit naturellement dans les parcours de [[Reconversion de salarié vers indépendant|reconversion vers l&#039;indépendance]]. Depuis la loi Avenir professionnel de 2018, un salarié peut démissionner pour créer ou reprendre une entreprise tout en percevant l&#039;ARE, à condition que son [[projet professionnel]] ait été validé par la commission paritaire compétente de [[France Travail]] (voir [[démission pour reconversion]]). Ce salarié devenu demandeur d&#039;emploi indemnisé entre alors dans la première catégorie éligible à l&#039;ACRE.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ACRE peut également concerner les personnes en [[Reconversion vers l&#039;artisanat|reconversion artisanale]], qui relèvent de la [[Chambre de métiers et de l&#039;artisanat|chambre de métiers et de l&#039;artisanat]] pour leur immatriculation, ou celles qui s&#039;orientent vers une [[profession libérale]] via le statut d&#039;[[entrepreneur individuel]] ou de [[travailleur indépendant]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;articulation avec d&#039;autres dispositifs de formation et d&#039;accompagnement est possible :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Un [[bilan de compétences]] financé sur le CPF peut précéder la création d&#039;entreprise et alimenter la réflexion sur le [[projet professionnel]] ;&lt;br /&gt;
* Un [[Projet de transition professionnelle|CPF de Transition Professionnelle]] peut financer une formation qualifiante préparant à une activité indépendante, en amont de l&#039;ACRE ; les dossiers sont instruits par [[Transition Pro]] ;&lt;br /&gt;
* Un [[coaching professionnel|accompagnement par un coach]] ou un [[mentorat professionnel|mentor]] permet de structurer le projet avant d&#039;engager les démarches administratives et d&#039;optimiser l&#039;enchaînement des aides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Organismes ressources ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs structures peuvent accompagner les créateurs dans leurs démarches liées à l&#039;ACRE :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;[[URSSAF]] : interlocuteur central pour le dépôt et l&#039;instruction de la demande, ainsi que pour le suivi des cotisations pendant la période d&#039;exonération ;&lt;br /&gt;
* [[France Travail]] : pour les questions relatives à l&#039;ARE, à l&#039;ARCE et à la vérification de l&#039;éligibilité à l&#039;ACRE ;&lt;br /&gt;
* La [[Chambre de commerce et d&#039;industrie|chambre de commerce et d&#039;industrie]] (CCI) : accueil, information et orientation des porteurs de projets dans les activités commerciales et de services ;&lt;br /&gt;
* La [[Chambre de métiers et de l&#039;artisanat|chambre de métiers et de l&#039;artisanat]] (CMA) : accompagnement spécifique des porteurs de projets artisanaux ;&lt;br /&gt;
* [[Bpifrance]] : prêts d&#039;honneur et dispositifs complémentaires, notamment dans le cadre du NACRE ;&lt;br /&gt;
* Les [[expert-comptable|experts-comptables]] : conseil personnalisé sur l&#039;optimisation des cotisations sociales et le choix de la forme juridique adaptée au [[statut professionnel]] envisagé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Auto-entrepreneur]]&lt;br /&gt;
* [[Micro-entreprise]]&lt;br /&gt;
* [[Entrepreneur individuel]]&lt;br /&gt;
* [[Travailleur indépendant]]&lt;br /&gt;
* [[Reconversion professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Sécurité sociale des indépendants]]&lt;br /&gt;
* [[Cotisation sociale auto-entrepreneur]]&lt;br /&gt;
* [[Régime micro-fiscal]]&lt;br /&gt;
* [[Assurance chômage des indépendants]]&lt;br /&gt;
* [[France Travail]]&lt;br /&gt;
* [[Bpifrance]]&lt;br /&gt;
* [[ARCE]]&lt;br /&gt;
* [[NACRE]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Statut professionnel]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Classe_invers%C3%A9e&amp;diff=941</id>
		<title>Classe inversée</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Classe_invers%C3%A9e&amp;diff=941"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:13Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;classe inversée&#039;&#039;&#039; (en anglais : &#039;&#039;flipped classroom&#039;&#039; ou &#039;&#039;inverted classroom&#039;&#039;) est une approche pédagogique dans laquelle les activités traditionnellement réalisées en classe — cours magistraux, exposés, visionnage de contenus — sont effectuées par l&#039;apprenant à domicile, tandis que les exercices, projets et discussions habituellement donnés en devoir à la maison sont traités en présentiel, sous la conduite de l&#039;enseignant ou du formateur. Ce modèle repose sur le principe que le temps de contact direct entre l&#039;apprenant et le formateur doit prioritairement être consacré à l&#039;accompagnement actif, à la résolution de problèmes et à la collaboration, plutôt qu&#039;à la transmission passive d&#039;informations. La classe inversée s&#039;inscrit dans la famille des [[Pédagogie active|pédagogies actives]] et mobilise largement les outils numériques, notamment l&#039;[[E-learning|e-learning]], pour la phase de préparation individuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Historique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La classe inversée est généralement associée aux travaux de [[Jonathan Bergmann]] et [[Aaron Sams]], deux enseignants de chimie au lycée Woodland Park (Colorado, États-Unis). En 2007, ils commencent à enregistrer leurs cours en vidéo pour les élèves absents. Observant que leurs élèves présents consultent également ces enregistrements pour réviser, ils restructurent progressivement leur enseignement : les contenus théoriques sont désormais diffusés à domicile sous forme de vidéos, et le temps en classe est réservé aux activités d&#039;application. En 2012, ils publient &#039;&#039;Flip Your Classroom : Reach Every Student in Every Class Every Day&#039;&#039; (ISTE/ASCD), ouvrage traduit dans plusieurs langues qui contribue à diffuser le concept à l&#039;échelle internationale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des précédents intellectuels existent néanmoins. Dès 1990, Eric Mazur, professeur de physique à l&#039;université Harvard, développe la méthode dite [[Apprentissage par les pairs|apprentissage par les pairs]] (&#039;&#039;Peer Instruction&#039;&#039;) : les étudiants préparent individuellement le cours avant la séance, puis résolvent des problèmes conceptuels en classe en discutant en sous-groupes avant une correction collective. En 1993, la chercheuse Alison King publie dans &#039;&#039;College Teaching&#039;&#039; l&#039;article « From Sage on the Stage to Guide on the Side », qui argumente en faveur du déplacement de la transmission des savoirs hors de la salle de classe. En 2000, J. Wesley Baker présente lors de la conférence Teaching in the Community Colleges Online un modèle qu&#039;il nomme explicitement « the classroom flip ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principes pédagogiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La classe inversée mobilise plusieurs cadres théoriques de l&#039;apprentissage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Taxonomie de Bloom ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La taxonomie révisée de Bloom (Anderson et Krathwohl, 2001) distingue six niveaux cognitifs : mémoriser, comprendre, appliquer, analyser, évaluer et créer. Dans le modèle inversé, les niveaux inférieurs (mémoriser, comprendre) sont traités lors de la phase individuelle à domicile, tandis que le temps en classe est consacré aux niveaux supérieurs (appliquer, analyser, évaluer, créer), qui nécessitent l&#039;interaction et l&#039;accompagnement du formateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Constructivisme ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le constructivisme (Piaget, Vygotski) postule que l&#039;apprenant construit ses connaissances par l&#039;action et l&#039;interaction sociale, et non par simple réception d&#039;informations. Le concept de zone proximale de développement (Vygotski, 1978) fonde l&#039;idée que le formateur intervient là où son aide est la plus efficace — précisément lors de la résolution active de problèmes, en présentiel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Différenciation pédagogique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le temps libéré en salle permet au formateur d&#039;adapter ses interventions aux besoins individuels. Ce principe rejoint l&#039;[[Apprentissage adaptatif|apprentissage adaptatif]], qui permet d&#039;ajuster la phase préparatoire à domicile en fonction du profil et des lacunes de chaque apprenant, notamment grâce aux outils d&#039;évaluation formative intégrés aux plateformes d&#039;[[E-learning|e-learning]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Modèles et variantes ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs déclinaisons de la classe inversée ont été formalisées depuis 2010.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Classe inversée standard ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;apprenant visionne une vidéo ou lit un document avant la séance. Le formateur consacre ensuite l&#039;intégralité du temps de classe à des activités d&#039;application : résolution de problèmes, discussions, ateliers collaboratifs. C&#039;est le modèle le plus répandu et le mieux documenté dans la littérature de recherche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Classe inversée enrichie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les apprenants n&#039;assistent en présentiel qu&#039;à certaines séances, le reste du parcours étant effectué à distance. Ce modèle s&#039;apparente au [[Blended learning|blended learning]] et convient particulièrement aux formations longues destinées à des publics géographiquement dispersés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Apprentissage par les pairs ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Développée par Eric Mazur à Harvard, cette variante associe la préparation individuelle à domicile à des phases de vote et de discussion en classe. L&#039;apprenant soumet une réponse individuelle à une question conceptuelle, puis tente de convaincre un pair avant la correction collective. Cette méthode, largement adoptée dans les filières scientifiques universitaires américaines et européennes, repose sur la même logique d&#039;inversion que la classe inversée standard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Classe inversée en contexte professionnel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Adaptée à la [[Formation continue|formation continue]] et à la [[Formation en situation de travail|formation en situation de travail]], cette variante permet au collaborateur d&#039;acquérir les contenus théoriques (procédures, réglementations, concepts métier) hors du temps de travail, puis de les mettre en pratique en situation réelle avec l&#039;accompagnement d&#039;un [[Formateur-tuteur|formateur-tuteur]] ou d&#039;un [[Maître d&#039;apprentissage|maître d&#039;apprentissage]]. Elle s&#039;intègre naturellement dans des dispositifs de [[Formation certifiante|formation certifiante]] et peut précéder une démarche de [[Validation des acquis de l&#039;expérience|validation des acquis de l&#039;expérience]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Outils et technologies ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Ressources préparatoires ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La phase à domicile repose sur plusieurs types de contenus numériques :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Vidéos pédagogiques&#039;&#039;&#039; : [[Khan Academy]] (fondée par Salman Khan en 2008, plus de 8 500 leçons disponibles en anglais et plusieurs milliers dans d&#039;autres langues), YouTube Éducation, ou capsules produites par l&#039;établissement avec des outils comme Camtasia, Loom ou Open Broadcaster Software.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[Microlearning|Capsules de microlearning]]&#039;&#039;&#039; : séquences courtes de 3 à 7 minutes, centrées sur un objectif d&#039;apprentissage unique et conçues pour maintenir l&#039;attention.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[Nugget pédagogique|Nuggets pédagogiques]]&#039;&#039;&#039; : ressources modulaires, souvent interactives, consultables à la demande selon le besoin immédiat de l&#039;apprenant.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[MOOC|MOOCs]]&#039;&#039;&#039; : des séquences de MOOC peuvent être intégrées comme phase préparatoire dans un dispositif de classe inversée plus large.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Systèmes de gestion de l&#039;apprentissage ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un [[LMS]] (Learning Management System) permet de distribuer les ressources, de suivre la progression de chaque apprenant et de collecter les résultats des évaluations pré-séance. Les standards [[SCORM]] garantissent l&#039;interopérabilité des contenus entre plateformes. En France, les principaux [[Organisme de formation|organismes de formation]] certifiés Qualiopi utilisent Moodle (open source), Canvas ou des solutions propriétaires intégrées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Évaluation formative avant la séance ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des outils comme Socrative, Wooclap ou Mentimeter permettent au formateur de recueillir les réponses des apprenants avant le présentiel. Cette évaluation diagnostique oriente l&#039;animation : si 70 % des apprenants ont répondu correctement à une question donnée, le formateur peut abréger ce point ; s&#039;ils sont moins de 40 %, un traitement approfondi en classe s&#039;impose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Avantages documentés ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les études empiriques sur la classe inversée, en forte augmentation depuis 2012, identifient plusieurs bénéfices mesurés :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Engagement accru&#039;&#039;&#039; : une méta-analyse de Cheng et al. (2018), portant sur 55 études contrôlées, conclut à une amélioration statistiquement significative de l&#039;engagement comportemental et émotionnel des apprenants par rapport aux cours magistraux.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Résultats académiques&#039;&#039;&#039; : une revue systématique de van Alten et al. (2019), publiée dans &#039;&#039;Educational Research Review&#039;&#039; (Elsevier) sur 114 études, montre un gain modéré mais consistant (taille d&#039;effet d = 0,36, intervalle de confiance à 95 % : [0,28 ; 0,45]).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Développement des [[Soft skills|soft skills]]&#039;&#039;&#039; : le travail collaboratif en salle favorise la communication orale, la résolution collective de problèmes et l&#039;autonomie dans l&#039;apprentissage.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Flexibilité&#039;&#039;&#039; : la phase à domicile s&#039;adapte aux contraintes individuelles (rythme, disponibilité, lieu), ce qui rejoint les principes de l&#039;[[Apprentissage tout au long de la vie|apprentissage tout au long de la vie]] et de l&#039;[[Apprentissage juste-à-temps|apprentissage juste-à-temps]].&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Valorisation du présentiel&#039;&#039;&#039; : dans plusieurs enquêtes de satisfaction (Bergmann et Sams, 2012 ; Bishop et Verleger, 2013), apprenants et enseignants perçoivent les séances en présence comme plus utiles et plus interactives qu&#039;en format magistral.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites et critiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Inégalités d&#039;accès numérique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La classe inversée présuppose un accès fiable à Internet et un équipement numérique adapté. Selon le rapport de l&#039;INSEE « Conditions de vie et aspirations » (2021), 15 % des ménages français déclaraient des difficultés d&#039;accès à Internet suffisantes pour visionner des vidéos en ligne. Ce risque d&#039;exclusion impose de vérifier les [[Compétences numériques|compétences numériques]] des apprenants et de prévoir des alternatives (accès en salle informatique, ressources téléchargeables hors connexion).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Charge de travail et taux de complétion ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une phase préparatoire mal calibrée peut alourdir la charge pesant sur l&#039;apprenant. Des données publiées par la société Intellum (2022) sur 500 programmes e-learning indiquent qu&#039;un contenu de préparation dépassant 20 minutes génère une baisse du taux de complétion de 30 à 40 points de pourcentage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Qualité des ressources ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;efficacité de la classe inversée dépend directement de la qualité des contenus proposés à domicile. La production de contenus pédagogiques adaptés représente un investissement en temps estimé entre 30 et 60 heures par heure de formation (Association for Talent Development, ATD, 2016). Des vidéos de mauvaise facture ou des textes inadaptés au niveau de l&#039;apprenant compromettent l&#039;acquisition initiale et réduisent l&#039;utilité du présentiel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Résistances institutionnelles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des enquêtes menées auprès d&#039;enseignants (Hamdan et al., 2013 ; Zainuddin et Halili, 2016) identifient plusieurs freins : temps de production des ressources, modification de la posture professionnelle (passage du rôle de transmetteur à celui de guide), et réticences à l&#039;adoption d&#039;outils numériques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Limites selon les disciplines ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une méta-analyse de Lo et Hew (2017), portant sur 28 études en contextes K-12, montre des effets hétérogènes selon les disciplines : les gains sont plus importants en mathématiques et en sciences qu&#039;en arts ou en éducation physique, où la démonstration en présence d&#039;un expert reste difficilement substituable par une ressource vidéo.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Applications par domaines ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Enseignement supérieur ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les universités américaines ont été pionnières : Stanford, le MIT et Harvard ont expérimenté la classe inversée à partir de 2007-2010, notamment dans les filières STEM (sciences, technologie, ingénierie, mathématiques). En France, l&#039;Université de Lorraine a lancé en 2013 un dispositif de classes inversées dans ses cursus d&#039;ingénierie, suivie par plusieurs grandes écoles (INSA, Centrale, IMT Atlantique). La Conférence des grandes écoles (CGE) recensait en 2022 plus de 60 établissements pratiquant ce format dans au moins un programme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Formation professionnelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La classe inversée est intégrée dans de nombreux dispositifs de [[Formation professionnelle en ligne|formation professionnelle en ligne]] et de [[Formation certifiante|formation certifiante]], souvent couplés au [[Blended learning|blended learning]]. Les modules théoriques (normes ISO, législation du travail, techniques commerciales) sont délivrés en [[E-learning|e-learning]], et les séances en présentiel ou en classe virtuelle sont réservées aux mises en situation. Le [[Mentorat professionnel|mentorat professionnel]] et le [[Coaching professionnel|coaching professionnel]] utilisent des variantes proches : le coaché prépare un contenu théorique en amont, et la session porte sur l&#039;application et la réflexivité. Le [[Social learning|social learning]] vient compléter ce dispositif lorsque les apprenants partagent leurs questions sur des forums ou des messageries avant la séance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Enseignement scolaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, le Conseil national du numérique (CNNum) a mentionné la classe inversée dans son rapport « Jules Ferry 3.0 » (2014) parmi les innovations pédagogiques à expérimenter. La Direction du numérique pour l&#039;éducation (DNE) du ministère de l&#039;Éducation nationale a soutenu des projets pilotes dans les académies de Grenoble et de Versailles, principalement en mathématiques et en sciences physiques. L&#039;association « Inversons la classe ! », fondée en 2014, regroupe en 2024 plus de 3 000 membres enseignants en France. Des [[Serious game|serious games]] sont parfois intégrés à la phase préparatoire pour maintenir la motivation des élèves.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articulation avec l&#039;écosystème pédagogique numérique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La classe inversée s&#039;inscrit dans un écosystème de modalités pédagogiques complémentaires qui se renforcent mutuellement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[E-learning]] : les ressources de préparation constituent souvent des modules e-learning standardisés, accessibles depuis un [[LMS]].&lt;br /&gt;
* [[Social learning]] : les échanges asynchrones (forums, messagerie collaborative) et synchrones (visioconférence) entre apprenants prolongent la construction des savoirs au-delà du présentiel.&lt;br /&gt;
* [[Gamification]] : l&#039;intégration de mécaniques de jeu (points, badges, classements) dans la phase préparatoire augmente le taux de complétion et la motivation intrinsèque.&lt;br /&gt;
* [[Mobile learning]] : la consultation des ressources sur smartphone ou tablette facilite la préparation nomade lors des déplacements ou des temps d&#039;attente.&lt;br /&gt;
* [[Apprentissage adaptatif]] : des algorithmes d&#039;adaptation personnalisent le parcours préparatoire en fonction des résultats aux évaluations diagnostiques, ciblant les lacunes de chaque apprenant.&lt;br /&gt;
* [[Microlearning]] et [[Nugget pédagogique|nuggets pédagogiques]] : leur format court et autonome est particulièrement adapté à la phase individuelle à domicile, où le niveau d&#039;encadrement est moindre qu&#039;en salle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[E-learning]]&lt;br /&gt;
* [[Blended learning]]&lt;br /&gt;
* [[Pédagogie active]]&lt;br /&gt;
* [[Apprentissage par les pairs]]&lt;br /&gt;
* [[Apprentissage adaptatif]]&lt;br /&gt;
* [[Microlearning]]&lt;br /&gt;
* [[MOOC]]&lt;br /&gt;
* [[LMS]]&lt;br /&gt;
* [[Gamification]]&lt;br /&gt;
* [[Social learning]]&lt;br /&gt;
* [[Khan Academy]]&lt;br /&gt;
* [[Formation continue]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Formation professionnelle]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Agriculture_de_pr%C3%A9cision&amp;diff=940</id>
		<title>Agriculture de précision</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Agriculture_de_pr%C3%A9cision&amp;diff=940"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;L&#039;&#039;&#039;&#039;agriculture de précision&#039;&#039;&#039; est une approche de gestion agricole qui consiste à adapter les interventions (semis, fertilisation, irrigation, traitements phytosanitaires) à la variabilité spatiale et temporelle des parcelles, en s&#039;appuyant sur des données collectées en temps réel ou différé. Elle repose sur le triptyque observation-décision-action et vise à optimiser les intrants tout en maintenant ou en améliorant les rendements. Apparue dans les années 1980 aux États-Unis, elle s&#039;est diffusée en Europe à partir des années 2000 avec la généralisation du GPS et des équipements embarqués.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et principes ==&lt;br /&gt;
L&#039;agriculture de précision repose sur le postulat que la variabilité intra-parcellaire — différences de texture de sol, de teneur en matière organique, de topographie ou d&#039;historique cultural — justifie des interventions différenciées plutôt qu&#039;uniformes. Ce principe se décline en trois étapes :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Observation&#039;&#039;&#039; : collecte de données géoréférencées (cartes de rendement, analyses de sol, imagerie satellitaire ou par [[Drone agricole|drone agricole]]) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Décision&#039;&#039;&#039; : analyse des données pour définir des zones de gestion homogènes et calculer des doses variables ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Action&#039;&#039;&#039; : exécution modulée via des équipements à débit variable (modulateurs d&#039;épandage, semoirs section control, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Historique ==&lt;br /&gt;
Les premiers travaux académiques sur la variabilité intra-parcellaire remontent aux années 1970 aux États-Unis, notamment avec les recherches de l&#039;Université du Minnesota sur la cartographie des sols. La disponibilité commerciale du GPS pour les utilisateurs civils en 1993 a constitué le tournant technologique décisif. En France, les premières expérimentations ont été conduites dans les années 1990 par les instituts techniques (Arvalis, INRAE) et les [[Chambre d&#039;agriculture|chambres d&#039;agriculture]]. La levée du brouillage sélectif du GPS en mai 2000 a amélioré la précision des récepteurs grand public de 100 m à moins de 10 m, accélérant l&#039;adoption. Le déploiement des réseaux de correction différentielle RTK à partir de 2005 a permis une précision centimétrique (±2 cm), rendant possible le guidage automatique des tracteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Technologies utilisées ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Positionnement et géolocalisation ===&lt;br /&gt;
Le guidage de précision s&#039;appuie sur des récepteurs GNSS (GPS, Galileo, GLONASS) couplés à des bases de correction RTK ou à des services de correction différentielle comme le réseau Teria en France. La précision décimétrique à centimétrique permet le guidage automatique, le semis en rang avec un recouvrement inférieur à 5 cm et la traçabilité parcellaire géoréférencée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Capteurs et télédétection ===&lt;br /&gt;
Les capteurs embarqués sur les tracteurs mesurent en continu la résistance électrique du sol (sondes EM38, Veris 3100), la teneur en chlorophylle (indice NDVI) ou le rendement en temps réel via des [[Capteur de rendement|capteurs de rendement]] installés sur les moissonneuses-batteuses. La [[Télédétection|télédétection]] satellitaire (Sentinel-2, Spot 6/7, Planet) fournit des images multispectrales à des résolutions de 3 à 10 m avec des fréquences de revisite de 5 à 10 jours. Les [[Drone agricole|drones agricoles]] offrent des résolutions centimétriques mais couvrent des surfaces plus limitées, de 50 à 200 ha par vol selon les modèles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Systèmes d&#039;information géographique ===&lt;br /&gt;
Les [[Système d&#039;information géographique|systèmes d&#039;information géographique]] (SIG) permettent de superposer, d&#039;analyser et de cartographier l&#039;ensemble des données collectées. Des plateformes agronomiques comme Farmstar (Arvalis/Airbus DS), Geofolia (Isagri) ou des solutions libres (QGIS) génèrent des cartes de préconisation à l&#039;échelle de la parcelle. Le [[Modèle numérique de terrain]] (MNT) est intégré pour modéliser l&#039;hydrologie, le drainage et l&#039;exposition des versants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Modulation de dose et robotique ===&lt;br /&gt;
La [[Modulation de dose|modulation de dose]] constitue l&#039;aboutissement opérationnel de la démarche : sur la base d&#039;une carte de préconisation, l&#039;épandeur ou le semoir adapte sa dose en temps réel selon la zone traversée (technologie VRA, &#039;&#039;Variable Rate Application&#039;&#039;). La [[Robotique agricole|robotique agricole]] amplifie cette logique avec des engins autonomes de désherbage mécanique ou laser (Naio Technologies, EcoRobotix) capables d&#039;intervenir au rang. En [[Élevage bovin|élevage bovin]], les robots de traite automatique (DeLaval Voluntary Milking System, Lely Astronaut) constituent une application voisine, avec suivi individuel par transpondeur RFID.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Applications par filière ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Grandes cultures ===&lt;br /&gt;
La [[Céréaliculture]] est la filière la plus avancée dans l&#039;adoption de l&#039;agriculture de précision en France. Le pilotage de la fertilisation azotée par imagerie satellite (Farmstar, OAD N-Tester de Yara) couvrait environ 20 % des surfaces en blé tendre en 2023. Le &#039;&#039;section control&#039;&#039; des semoirs — qui coupe automatiquement les sections de rampe lors des recouvrements ou des tournières — est désormais standard sur les équipements neufs et génère une économie de semences évaluée entre 5 et 10 % selon Arvalis. La [[Rotation des cultures|rotation des cultures]] peut être cartographiée et optimisée à l&#039;aide des mêmes outils SIG, en croisant l&#039;historique cultural géoréférencé avec les données de rendement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Viticulture ===&lt;br /&gt;
En [[Viticulture]], la variabilité intra-parcellaire liée aux différences de vigueur des ceps est cartographiée par indice NDVI pour moduler la vendange, la taille et la fertilisation. La Champagne et le Bordelais ont développé des outils de vendange sélective basés sur des cartes de maturité phénolique établies par imagerie multispectrale. La vendange de précision permet de récolter séparément les zones précoces et les zones tardives d&#039;un même parcellaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Maraîchage et horticulture ===&lt;br /&gt;
En [[Maraîchage]] et en [[Horticulture]], les capteurs de sol connectés (sondes capacitives, tensiomètres) pilotent l&#039;irrigation goutte-à-goutte en temps réel. Des [[Serre maraîchère|serres maraîchères]] équipées de systèmes de gestion climatique automatisés (température, hygrométrie, CO₂) affichent des économies d&#039;énergie de 15 à 30 % par rapport aux installations non instrumentées, selon des données de l&#039;INRAE publiées en 2021.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Élevage ===&lt;br /&gt;
En [[Élevage porcin]] et [[Élevage bovin|bovin]], les colliers connectés et les capteurs de rumination permettent la détection précoce des chaleurs et des états pathologiques. La précision de la détection des chaleurs atteint 90 à 95 % avec les systèmes de pédométrie, contre 50 à 60 % par observation visuelle uniquement. L&#039;alimentation de précision, qui ajuste les rations individuelles selon les données zootechniques de chaque animal, se développe dans les élevages laitiers de plus de 100 têtes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Enjeux environnementaux ==&lt;br /&gt;
L&#039;agriculture de précision est associée à une réduction des intrants chimiques par adaptation aux besoins réels des cultures. Dans le cadre du [[Plan Écophyto]], des expérimentations conduites entre 2016 et 2022 ont montré une réduction de l&#039;Indice de Fréquence de Traitement (IFT) de 10 à 30 % grâce à la pulvérisation localisée sur les zones infestées. Elle s&#039;articule avec les objectifs de la [[Protection intégrée des cultures]] (PIC) en permettant une intervention différenciée plutôt que calendaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La modulation de l&#039;azote réduit les pertes par lessivage et les émissions de protoxyde d&#039;azote (N₂O), gaz à effet de serre dont le pouvoir de réchauffement global est 265 fois supérieur à celui du CO₂ sur 100 ans. Des synergies existent avec l&#039;[[Agroécologie]], notamment via la cartographie de la biodiversité des sols et la gestion différenciée des zones à faible potentiel, qui peuvent être converties en infrastructures agroécologiques (haies, bandes fleuries, zones humides).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Enjeux économiques ==&lt;br /&gt;
Le marché mondial de l&#039;agriculture de précision était évalué à 9,5 milliards de dollars USD en 2023, avec un taux de croissance annuel composé estimé à 12,7 % jusqu&#039;en 2028 (MarketsandMarkets, 2023). En France, le coût moyen d&#039;équipement d&#039;un tracteur en guidage RTK varie entre 8 000 et 25 000 euros selon le niveau de précision requis. Le retour sur investissement des outils de pilotage de la fertilisation azotée est généralement estimé entre 2 et 5 ans selon les assolements et la superficie des exploitations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Coopérative agricole|coopératives agricoles]] jouent un rôle central dans la diffusion des technologies : elles proposent des services de cartographie parcellaire, des prestations de conseil agronomique et la mise à disposition d&#039;outils de préconisation à leurs adhérents, notamment dans le cadre des plans de filière négociés avec les pouvoirs publics.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Estimation des gains économiques par technologie&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Technologie !! Économie estimée !! Source&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Section control semoir || 5 à 10 % sur semences || Arvalis, 2022&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Pilotage fertilisation azotée || 10 à 25 % sur engrais azoté || Arvalis, 2015-2022&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Irrigation de précision || 15 à 30 % sur eau d&#039;irrigation || INRAE, 2021&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traitement localisé (pulvérisation) || 10 à 30 % sur IFT || Plan Écophyto, 2016-2022&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Formation et métiers ==&lt;br /&gt;
L&#039;agriculture de précision mobilise plusieurs profils professionnels spécialisés :&lt;br /&gt;
* Le [[Conseiller agricole]] interprète les données géoréférencées et formule les préconisations modulées à l&#039;échelle de la parcelle ;&lt;br /&gt;
* Le [[Technicien agricole]] installe, paramètre et entretient les équipements embarqués (récepteurs GNSS, capteurs de rendement, systèmes de section control) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;[[Ingénieur agronome]] conçoit les protocoles d&#039;expérimentation, développe les modèles de préconisation et évalue les résultats à l&#039;échelle des exploitations ou des bassins de production.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des formations spécifiques ont émergé dans le système éducatif agricole français. Le [[Brevet de technicien supérieur agricole|BTSA]] Analyse, Conduite et Stratégie de l&#039;Entreprise Agricole (ACSE) intègre des modules de géomatique et d&#039;outils d&#039;aide à la décision. Les [[Lycée agricole|lycées agricoles]] proposent des baccalauréats professionnels avec option Agroéquipement, incluant des contenus sur le guidage et les équipements de précision. L&#039;[[Institut Agro]] (issu de la fusion d&#039;AgroParisTech et de Montpellier SupAgro en 2020) propose des cursus de niveau master spécialisés en agriculture numérique et modélisation agronomique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les données de l&#039;[[Observatoire de branche]] agricole, les offres d&#039;emploi mentionnant des compétences en outils numériques ou de précision ont augmenté de 35 % entre 2019 et 2023 dans le secteur agricole français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites et critiques ==&lt;br /&gt;
L&#039;agriculture de précision fait l&#039;objet de plusieurs critiques structurelles :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Coût d&#039;accès&#039;&#039;&#039; : les investissements initiaux en matériel et logiciels restent élevés pour les exploitations de petite surface (inférieures à 50 ha), malgré le développement d&#039;offres en mode service (prestation de cartographie, location d&#039;équipement, mutualisation via les coopératives) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Qualité des données&#039;&#039;&#039; : la performance des outils de préconisation dépend de la densité et de la régularité des données d&#039;entrée, en particulier les analyses de sol, dont le renouvellement tous les 5 à 10 ans représente un coût récurrent ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Souveraineté des données&#039;&#039;&#039; : les plateformes commerciales telles que Climate FieldView (Bayer) ou John Deere Operations Center collectent les données parcellaires des agriculteurs, soulevant des questions juridiques sur leur propriété, leur monétisation et leur réutilisation à des fins commerciales ou assurantielles ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Effet rebond&#039;&#039;&#039; : une meilleure efficience des intrants peut être partiellement compensée par une intensification des pratiques sur les zones à fort potentiel agronomique, annulant une partie des gains environnementaux ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Fracture numérique&#039;&#039;&#039; : les zones rurales insuffisamment couvertes par les réseaux mobiles 4G/5G ou par les stations de correction RTK limitent l&#039;adoption effective dans certaines régions françaises, en particulier les zones de montagne et de bocage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Perspectives ==&lt;br /&gt;
Les évolutions en cours incluent l&#039;intégration de l&#039;intelligence artificielle dans l&#039;analyse automatique d&#039;images (détection de maladies foliaires, comptage d&#039;individus par culture, identification de mauvaises herbes à l&#039;espèce), le développement de capteurs hyperspectraux embarqués sur engins et la généralisation des robots autonomes de faible gabarit à traction électrique. Le programme européen Horizon Europe finance plusieurs projets dédiés, dont ATLAS pour l&#039;interopérabilité des données agricoles et NIVA pour la numérisation des registres parcellaires dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;interopérabilité des équipements constitue un enjeu technique central : le standard ISOBUS (ISO 11783), dont les premières versions datent de 2001, normalise la communication entre tracteurs et outils agricoles, mais la multiplicité des plateformes logicielles propriétaires fragmente encore l&#039;écosystème de données à l&#039;échelle des exploitations et des filières. La mise en place d&#039;un espace européen des données agricoles (European Agricultural Data Space) est en discussion depuis 2022 dans le cadre de la stratégie Farm to Fork de l&#039;Union européenne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Métiers de l&#039;agriculture]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Travailleur_ind%C3%A9pendant&amp;diff=939</id>
		<title>Travailleur indépendant</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Travailleur_ind%C3%A9pendant&amp;diff=939"/>
		<updated>2026-06-17T09:43:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Un &#039;&#039;&#039;travailleur indépendant&#039;&#039;&#039; est une personne physique qui exerce une activité professionnelle pour son propre compte, sans lien de subordination juridique envers un donneur d&#039;ordre. Contrairement au salarié lié par un contrat de travail soumis au [[Droit du travail|droit du travail]], le travailleur indépendant assume lui-même les risques économiques de son activité et organise librement ses conditions d&#039;exercice. En France, on dénombre, au 1er janvier 2023, environ 4,2 millions de travailleurs indépendants actifs, représentant approximativement 14 % de la population active occupée selon les données de l&#039;INSEE. Ce groupe recouvre des réalités très hétérogènes, des artisans aux professions de santé en passant par les consultants et les chauffeurs des plateformes numériques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition juridique et critères distinctifs ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit français ne définit pas le travailleur indépendant par un texte unique. Sa caractérisation repose sur l&#039;absence du lien de subordination juridique permanent, critère forgé par la jurisprudence de la Cour de cassation, notamment dans l&#039;arrêt &#039;&#039;Société Générale&#039;&#039; du 13 novembre 1996. Ce lien se définit comme l&#039;exécution d&#039;un travail sous l&#039;autorité d&#039;un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d&#039;en contrôler l&#039;exécution et d&#039;en sanctionner les manquements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois éléments caractérisent le travailleur indépendant :&lt;br /&gt;
* Il choisit librement ses clients et ses missions.&lt;br /&gt;
* Il fixe ses tarifs et ses conditions d&#039;intervention.&lt;br /&gt;
* Il supporte le risque économique de son activité (investissements, pertes, impayés).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La frontière entre indépendance et salariat reste l&#039;objet de contentieux réguliers. Le phénomène dit du « faux indépendant » — travailleur juridiquement qualifié d&#039;indépendant mais soumis en pratique à un contrôle analogue à celui d&#039;un salarié — peut conduire à une requalification judiciaire en contrat de travail, avec obligation pour le donneur d&#039;ordre de payer les cotisations sociales dues et les rappels de salaire. Les décisions de la Cour de cassation de mars 2020 concernant des chauffeurs VTC ont relancé ce débat pour les travailleurs des plateformes numériques, dont la dépendance algorithmique envers une application unique peut être assimilée à un lien de subordination.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Statuts juridiques disponibles ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le travailleur indépendant dispose de plusieurs [[Statut professionnel|statuts professionnels]], chacun adapté à une nature d&#039;activité et à un niveau de revenus différent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Micro-entreprise ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Micro-entreprise|micro-entreprise]], créée sous la dénomination « [[Auto-entrepreneur|auto-entrepreneur]] » par la loi de modernisation de l&#039;économie du 4 août 2008, constitue le statut le plus répandu parmi les travailleurs indépendants. En 2023, plus de 2,2 millions de micro-entrepreneurs sont immatriculés et déclarent un chiffre d&#039;affaires supérieur à zéro. Son accès est conditionné à des plafonds annuels de chiffre d&#039;affaires, fixés pour 2023-2025 à 188 700 € pour les activités de vente de marchandises et 91 900 € pour la location meublée, et à 77 700 € pour les prestations de services. Elle relève du [[Régime micro-fiscal|régime micro-fiscal]], avec un abattement forfaitaire appliqué au chiffre d&#039;affaires brut pour déterminer le revenu imposable (71 % pour les ventes de marchandises, 50 % pour les services relevant des BIC, 34 % pour les BNC).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entrepreneur individuel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Entrepreneur individuel|entrepreneur individuel]] (EI) exerce sous son propre nom sans créer de personnalité morale distincte. Depuis la loi du 14 février 2022, son patrimoine personnel est protégé par défaut : les créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens affectés à l&#039;exercice de l&#039;activité professionnelle. En cas de dépassement des seuils de la micro-entreprise, ou dès le démarrage si les charges réelles sont élevées, l&#039;entrepreneur individuel relève du [[Régime réel d&#039;imposition|régime réel d&#039;imposition]], avec tenue d&#039;une comptabilité commerciale complète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Professions libérales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Profession libérale|professions libérales]] regroupent les activités intellectuelles exercées à titre habituel en toute indépendance. On distingue :&lt;br /&gt;
* Les [[Professions libérales réglementées|professions libérales réglementées]] — médecins, avocats, architectes, notaires, experts-comptables, pharmaciens, vétérinaires, chirurgiens-dentistes — dont l&#039;accès est subordonné à un diplôme, à une formation spécifique et à l&#039;inscription auprès d&#039;un [[Ordre professionnel|ordre professionnel]] ou d&#039;une autorité de contrôle.&lt;br /&gt;
* Les professions libérales non réglementées — consultants, formateurs, graphistes, développeurs informatiques, coachs — sans conditions d&#039;accès réglementaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les revenus des professions libérales relèvent des [[Bénéfices non commerciaux|bénéfices non commerciaux]] (BNC), par opposition aux [[Bénéfices industriels et commerciaux|bénéfices industriels et commerciaux]] (BIC) applicables aux commerçants et artisans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Société d&#039;exercice libéral ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Société d&#039;exercice libéral|société d&#039;exercice libéral]] (SEL) permet aux membres des [[Professions libérales réglementées|professions libérales réglementées]] d&#039;exercer en société tout en maintenant leurs obligations déontologiques. Les formes possibles sont la SELARL (à responsabilité limitée), la SELAS (par actions simplifiée), la SELAFA (anonyme) et la SELCA (en commandite par actions). La SEL constitue une personne morale distincte, ce qui modifie le traitement fiscal et social du professionnel selon qu&#039;il est gérant majoritaire (statut de travailleur non-salarié) ou gérant minoritaire (assimilé salarié).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Portage salarial ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Portage salarial|portage salarial]] offre une voie intermédiaire entre le salariat et l&#039;indépendance. Le professionnel porté prospecte et exécute ses missions auprès de ses propres clients, mais une société de portage agréée facture en son nom, prélève des frais de gestion (généralement entre 5 % et 12 % du chiffre d&#039;affaires hors taxes) et lui reverse un salaire net après déduction des cotisations patronales et salariales. Le porté bénéficie ainsi du régime général de sécurité sociale, de l&#039;assurance chômage de droit commun et de la médecine du travail. Ce statut est particulièrement adapté aux consultants seniors en transition professionnelle et aux profils souhaitant tester une activité indépendante sans perdre leurs droits sociaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Régimes fiscal et social ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Fiscalité des revenus ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;imposition des revenus du travailleur indépendant dépend de la catégorie de bénéfices applicable à son activité :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Nature de l&#039;activité !! Catégorie fiscale !! Régime simplifié !! Régime de droit commun&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Commerce, industrie || [[Bénéfices industriels et commerciaux|BIC]] || Micro-BIC (abattement 50 % ou 71 %) || [[Régime réel d&#039;imposition|Réel normal ou simplifié]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Artisanat || [[Bénéfices industriels et commerciaux|BIC]] || Micro-BIC (abattement 50 %) || Réel simplifié&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Profession libérale || [[Bénéfices non commerciaux|BNC]] || Micro-BNC (abattement 34 %) || Déclaration contrôlée&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les revenus nets sont soumis au barème progressif de l&#039;impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux s&#039;appliquent au taux de 9,7 % sur les revenus d&#039;activité non salariés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Protection sociale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis le 1er janvier 2020, la [[Sécurité sociale des indépendants|sécurité sociale des indépendants]] est intégrée au régime général de la Sécurité sociale. L&#039;[[URSSAF|URSSAF]] assure le recouvrement de l&#039;ensemble des cotisations : maladie-maternité, retraite de base, invalidité-décès et allocations familiales. La [[CIPAV|CIPAV]] (Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d&#039;assurance vieillesse) assure la retraite complémentaire des professions libérales non médicales non réglementées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;absence de couverture chômage constitue le principal différentiel de protection sociale entre travailleurs indépendants et salariés. L&#039;[[Assurance chômage des indépendants|assurance chômage des indépendants]] de droit commun n&#039;existe pas : le travailleur indépendant ne cotise pas à l&#039;Unédic et ne peut prétendre aux allocations chômage en cas de perte d&#039;activité. L&#039;Allocation des travailleurs indépendants (ATI), instaurée au 1er novembre 2019, pallie partiellement cette lacune, mais ses conditions d&#039;éligibilité sont strictes : cessation définitive et involontaire d&#039;une activité non viable économiquement, exercice d&#039;au moins deux ans d&#039;activité continue, revenus antérieurs d&#039;au moins 10 000 € par an, et inscription auprès de [[France Travail|France Travail]]. En pratique, moins de 10 000 indépendants par an bénéficient de l&#039;ATI, pour une allocation journalière de 26,30 € en 2023, soit environ 800 € par mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cotisations sociales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les taux de cotisations sociales varient selon le statut choisi. Pour les micro-entrepreneurs, les [[Cotisation sociale auto-entrepreneur|cotisations sociales]] sont calculées directement sur le chiffre d&#039;affaires déclaré, aux taux forfaitaires suivants en 2023 :&lt;br /&gt;
* 12,3 % pour les activités commerciales et de vente de marchandises.&lt;br /&gt;
* 21,2 % pour les prestations de services artisanales.&lt;br /&gt;
* 23,2 % pour les professions libérales relevant de la CIPAV.&lt;br /&gt;
* 6 % pour les activités de location de meublés de tourisme classés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les travailleurs indépendants au régime réel, les cotisations sont assises sur le bénéfice net et représentent en moyenne 40 à 45 % de ce bénéfice selon la catégorie d&#039;activité, en incluant les cotisations de retraite complémentaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Droits et obligations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Immatriculation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toute personne exerçant une activité économique en France à titre indépendant doit procéder à son immatriculation. Les obligations varient selon la nature de l&#039;activité :&lt;br /&gt;
* Les artisans et artisans-commerçants s&#039;inscrivent auprès de la [[Chambre de métiers et de l&#039;artisanat|chambre de métiers et de l&#039;artisanat]].&lt;br /&gt;
* Les commerçants s&#039;immatriculent au Registre du commerce et des sociétés (RCS) via le guichet unique dématérialisé de l&#039;INPI, depuis la réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2023.&lt;br /&gt;
* Les membres des [[Professions libérales réglementées|professions libérales réglementées]] s&#039;inscrivent auprès de leur [[Ordre professionnel|ordre professionnel]] ou de l&#039;autorité de contrôle compétente.&lt;br /&gt;
* Les micro-entrepreneurs déclarent leur activité en ligne via le portail officiel de l&#039;URSSAF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Obligations comptables et fiscales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les obligations comptables sont allégées en régime micro-fiscal. Le travailleur indépendant tient alors un simple livre chronologique des recettes encaissées, et un registre des achats pour les activités de vente. Au-delà des seuils du régime micro, ou sur option, s&#039;impose une comptabilité complète : livre journal, grand livre, bilan et compte de résultat, impliquant généralement le recours à un expert-comptable ou à un logiciel de comptabilité agréé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La franchise en base de TVA s&#039;applique jusqu&#039;aux seuils de 36 800 € pour les prestations de services et 91 900 € pour les ventes de marchandises (seuils 2023-2025). Au-delà, le travailleur indépendant collecte la TVA et la reverse périodiquement à l&#039;administration fiscale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Droit des affaires|droit des affaires]] impose également des obligations déclaratives spécifiques selon le secteur d&#039;activité : autorisations d&#039;exercer, déclarations de qualifications, souscription d&#039;assurances obligatoires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Responsabilité civile professionnelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La souscription d&#039;une assurance [[Responsabilité civile professionnelle|responsabilité civile professionnelle]] (RCP) est légalement obligatoire pour les professions libérales réglementées — avocats, médecins, architectes, agents immobiliers, experts-comptables — et fortement recommandée pour toutes les autres activités indépendantes. Elle couvre les dommages corporels, matériels et immatériels causés à des tiers dans l&#039;exercice de l&#039;activité professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aides à la création et au démarrage ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[ACRE|ACRE]] (Aide à la création ou à la reprise d&#039;une entreprise) permet d&#039;obtenir une exonération partielle de cotisations sociales pour les 12 premiers mois d&#039;activité. Elle est ouverte aux demandeurs d&#039;emploi indemnisés ou susceptibles de l&#039;être, aux bénéficiaires du RSA ou de l&#039;ASS, aux personnes de moins de 26 ans (ou moins de 30 ans en situation de handicap), aux salariés reprenant leur entreprise en difficulté, et aux créateurs dans les zones urbaines prioritaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[France Travail|France Travail]] propose également l&#039;ARCE (Aide à la reprise ou à la création d&#039;entreprise) : les demandeurs d&#039;emploi indemnisés qui créent ou reprennent une activité peuvent choisir de percevoir 60 % de leurs droits à l&#039;ARE restants sous forme de capital, versé en deux fois — à la date de création puis six mois après — plutôt que de les conserver en allocation mensuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Formation et développement des compétences ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travailleurs indépendants contribuent au financement de la [[Formation continue|formation continue]] via une contribution versée à l&#039;[[URSSAF|URSSAF]] : 0,1 % du chiffre d&#039;affaires pour les micro-entrepreneurs en 2023, de 0,25 % à 0,34 % du revenu professionnel pour les autres indépendants selon leur activité. Ces contributions sont collectées et redistribuées par des [[OPCO|opérateurs de compétences]] sectoriels — l&#039;AGEFICE pour les commerçants et dirigeants non-salariés, le FIF-PL pour les professions libérales, l&#039;OPCO EP pour l&#039;enseignement et la formation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les dispositifs de développement des compétences accessibles aux travailleurs indépendants comprennent :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le [[Compte personnel de formation|compte personnel de formation]] (CPF), mobilisable en ligne sur [[Mon Compte Formation|Mon Compte Formation]], finance des formations débouchant sur une [[Certification professionnelle|certification professionnelle]] enregistrée au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou au Répertoire spécifique (RS), tous deux gérés par [[France compétences|France compétences]].&lt;br /&gt;
* Le [[Bilan de compétences|bilan de compétences]], réalisé auprès d&#039;un prestataire certifié Qualiopi, permet d&#039;analyser les compétences, aptitudes et motivations afin de définir un projet professionnel ou une orientation de formation.&lt;br /&gt;
* La [[Validation des acquis de l&#039;expérience|validation des acquis de l&#039;expérience]] (VAE) permet d&#039;obtenir tout ou partie d&#039;un [[Titre professionnel|titre professionnel]] ou d&#039;un diplôme à finalité professionnelle sur la base de l&#039;expérience acquise, sans nécessairement suivre une formation longue.&lt;br /&gt;
* Le [[Projet de transition professionnelle|projet de transition professionnelle]] (PTP), mis en œuvre par les associations [[Transition Pro|Transition Pro]] régionales, finance des reconversions longues ; il concerne indirectement les travailleurs indépendants dans le cadre d&#039;une [[Reconversion de salarié vers indépendant|reconversion de salarié vers indépendant]], lorsqu&#039;ils étaient auparavant salariés et bénéficient encore de droits ouverts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Organisme de formation|organismes de formation]] certifiés Qualiopi proposent des parcours spécialisés en gestion d&#039;entreprise, comptabilité, communication et [[Droit des affaires|droit des affaires]], sans condition de statut. [[France Travail|France Travail]] accompagne par ailleurs les demandeurs d&#039;emploi dans la définition et la viabilisation de leur projet d&#039;activité indépendante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La constitution d&#039;une épargne retraite constitue un enjeu spécifique pour les travailleurs indépendants, qui ne bénéficient pas des dispositifs d&#039;épargne salariale collectifs. Le [[Plan d&#039;épargne retraite|plan d&#039;épargne retraite]] (PER) individuel, instauré par la loi PACTE du 22 mai 2019, permet de déduire fiscalement les versements volontaires dans la limite du plafond dit « Madelin » : 10 % du bénéfice imposable plafonné à huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit un maximum déductible de 85 780 € pour 2023.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Données statistiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population des travailleurs indépendants en France a connu une progression soutenue depuis la création du régime auto-entrepreneur en 2009.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Année !! Nombre d&#039;indépendants hors agriculture !! Part de la population active occupée&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2009 || 2 400 000 || 10,0 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2014 || 3 000 000 || 11,2 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2019 || 3 700 000 || 13,0 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2022 || 4 100 000 || 13,8 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2023 || 4 200 000 || ≈ 14,0 %&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source : INSEE, enquêtes Emploi ; DARES, Rapport sur les travailleurs indépendants, édition 2023.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les secteurs d&#039;activité les plus représentés parmi les indépendants sont le bâtiment et travaux publics (18 %), les activités de services aux entreprises (16 %), les transports (13 %, incluant une part croissante de chauffeurs VTC), et les activités de santé humaine (11 %). La féminisation du travail indépendant s&#039;est accentuée : la part des femmes est passée de 30 % en 2000 à 38 % en 2022, portée principalement par les professions libérales de santé et de droit, ainsi que par les services à la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les 2,2 millions de micro-entrepreneurs immatriculés en 2023, environ 55 % déclarent un chiffre d&#039;affaires strictement positif, et seulement 30 % dépassent le seuil de 10 000 € annuels, illustrant la forte proportion d&#039;activités exercées à temps partiel ou en complément d&#039;une autre source de revenus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Auto-entrepreneur]]&lt;br /&gt;
* [[Entrepreneur individuel]]&lt;br /&gt;
* [[Profession libérale]]&lt;br /&gt;
* [[Micro-entreprise]]&lt;br /&gt;
* [[Portage salarial]]&lt;br /&gt;
* [[Sécurité sociale des indépendants]]&lt;br /&gt;
* [[Bilan de compétences]]&lt;br /&gt;
* [[Reconversion de salarié vers indépendant]]&lt;br /&gt;
* [[Compte personnel de formation]]&lt;br /&gt;
* [[France Travail]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Statut professionnel]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Proc%C3%A9dure_p%C3%A9nale&amp;diff=938</id>
		<title>Procédure pénale</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Proc%C3%A9dure_p%C3%A9nale&amp;diff=938"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;procédure pénale&#039;&#039;&#039; désigne l&#039;ensemble des règles juridiques qui organisent la recherche et la poursuite des infractions pénales, le jugement de leurs auteurs et l&#039;exécution des peines prononcées. Elle constitue une branche du [[Droit pénal|droit pénal]] qui se distingue du droit pénal substantiel — lequel définit les infractions et les sanctions — en ce qu&#039;elle régit le processus judiciaire permettant de mettre en œuvre ces règles. En France, la procédure pénale est principalement codifiée dans le [[Code de procédure pénale]], entré en vigueur le 2 mars 1959, issu d&#039;une ordonnance du 23 décembre 1958. Elle encadre l&#039;exercice des libertés fondamentales tout en permettant la répression des infractions, en cherchant un équilibre entre l&#039;efficacité de la justice pénale et la protection des droits des personnes mises en cause.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources et cadre normatif ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sources de la procédure pénale française sont hiérarchisées. Au sommet figurent la Constitution de 1958 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. Le [[Conseil constitutionnel]] veille à la conformité des lois de procédure aux normes constitutionnelles, notamment depuis l&#039;instauration de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) en 2010.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Convention européenne des droits de l&#039;homme, et en particulier son [[Article 6 de la Convention européenne des droits de l&#039;homme|article 6]], garantit le [[Droit à un procès équitable|droit à un procès équitable]] : délai raisonnable de jugement, accès à un [[Avocat|avocat]], impartialité du tribunal. La Cour européenne des droits de l&#039;homme a condamné la France à plusieurs reprises pour violation de ces garanties, notamment en ce qui concerne les conditions de la [[Garde à vue|garde à vue]] avant la réforme du 14 avril 2011, laquelle a rendu obligatoire l&#039;assistance d&#039;un [[Avocat|avocat]] dès le début de la mesure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Code de procédure pénale]] constitue la source législative principale. Il est complété par de nombreuses lois spéciales, dont la loi du 9 mars 2004 dite « Perben II » et la loi du 5 mars 2007 tendant à renforcer l&#039;équilibre de la procédure pénale, ainsi que par des textes réglementaires. Le [[Code pénal]] fixe quant à lui les infractions et les peines applicables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principes fondamentaux ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Présomption d&#039;innocence ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Présomption d&#039;innocence|présomption d&#039;innocence]] est un principe cardinal inscrit à l&#039;article 9 de la Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen de 1789 et repris à l&#039;article préliminaire du [[Code de procédure pénale]]. Toute personne suspectée ou poursuivie est réputée innocente tant que sa culpabilité n&#039;a pas été établie par une décision définitive de justice. La charge de la preuve incombe à l&#039;accusation ; le doute bénéficie à la personne mise en cause (&#039;&#039;in dubio pro reo&#039;&#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Principe du contradictoire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Principe du contradictoire|principe du contradictoire]] garantit à chaque partie la possibilité de prendre connaissance des pièces et arguments adverses et d&#039;y répondre avant toute décision judiciaire. Ce principe structure l&#039;ensemble de la procédure, de l&#039;instruction au jugement. Sa violation constitue une cause de nullité des [[Acte de procédure|actes de procédure]] concernés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droit à un procès équitable et égalité des armes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Droit à un procès équitable|droit à un procès équitable]], consacré par l&#039;[[Article 6 de la Convention européenne des droits de l&#039;homme|article 6 de la Convention européenne des droits de l&#039;homme]], englobe le droit d&#039;être jugé dans un délai raisonnable, le droit à l&#039;assistance d&#039;un [[Avocat|avocat]] et l&#039;[[Égalité des armes|égalité des armes]] entre l&#039;accusation et la défense. L&#039;égalité des armes impose que chaque partie dispose de possibilités raisonnablement équivalentes pour présenter son dossier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Double degré de juridiction et indépendance de la justice ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Double degré de juridiction|double degré de juridiction]] permet à tout justiciable condamné en première instance de soumettre sa cause à un examen par une juridiction supérieure. La [[Cour d&#039;appel|cour d&#039;appel]] rejuge l&#039;affaire en fait et en droit. L&#039;[[Indépendance de la justice|indépendance de la justice]] garantit que les [[Magistrat|magistrats]] statuent sans pression extérieure, condition essentielle de l&#039;impartialité de tout procès pénal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les phases de la procédure pénale ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procédure pénale française s&#039;articule en trois grandes phases successives : la phase préliminaire (police judiciaire), l&#039;instruction judiciaire (facultative selon la nature de l&#039;infraction), et la phase de jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La phase préliminaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L&#039;enquête préliminaire ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Enquête préliminaire|enquête préliminaire]] est diligentée par les officiers de police judiciaire sous l&#039;autorité du [[Procureur de la République|procureur de la République]]. Elle peut être ouverte d&#039;office ou sur instructions du parquet. Les enquêteurs peuvent procéder à des auditions, à des perquisitions (soumises depuis la loi du 23 mars 2019 à l&#039;autorisation du juge des libertés et de la détention hors consentement de l&#039;occupant) et à des saisies. L&#039;enquête préliminaire représente la voie la plus commune de traitement des affaires pénales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L&#039;enquête de flagrance ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Enquête de flagrance|enquête de flagrance]] est déclenchée lorsqu&#039;une infraction est en train de se commettre ou vient de se commettre (article 53 du [[Code de procédure pénale]]). Elle confère aux enquêteurs des pouvoirs étendus pendant une durée de huit jours, prorogeable de huit jours supplémentaires pour les crimes et délits punis d&#039;au moins cinq ans d&#039;emprisonnement. Dans ce cadre, la [[Garde à vue|garde à vue]] — mesure privative de liberté d&#039;une durée initiale de 24 heures, prorogeable jusqu&#039;à 48 heures, voire 72 ou 96 heures pour des infractions spécifiques telles que le terrorisme ou le trafic de stupéfiants — peut être décidée par un officier de police judiciaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;instruction judiciaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Instruction judiciaire|instruction judiciaire]] est confiée au [[Juge d&#039;instruction|juge d&#039;instruction]], [[Magistrat|magistrat]] du siège indépendant du parquet. Obligatoire pour les crimes et facultative pour les délits, elle est rarissime pour les contraventions. En pratique, environ 3 % des affaires délictuelles faisaient l&#039;objet d&#039;une instruction en 2022, selon les données du ministère de la Justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Juge d&#039;instruction|juge d&#039;instruction]] dispose de pouvoirs étendus : commissions rogatoires confiées aux officiers de police judiciaire, ordres d&#039;expertise, autorisations d&#039;écoutes téléphoniques. Lorsqu&#039;il existe à l&#039;encontre d&#039;une personne des indices graves ou concordants de participation à l&#039;infraction, le juge peut la placer en [[Mise en examen|mise en examen]], ce qui lui confère des droits (accès au dossier, assistance d&#039;un [[Avocat|avocat]]) mais aussi des obligations (contrôle judiciaire possible). Il peut en outre requérir un placement en [[Détention provisoire|détention provisoire]], décision relevant du juge des libertés et de la détention après débat contradictoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La chambre de l&#039;instruction, formation spécialisée de la [[Cour d&#039;appel|cour d&#039;appel]], contrôle la régularité des actes d&#039;instruction et statue sur les appels des ordonnances du juge. À l&#039;issue de l&#039;instruction, le juge rend une ordonnance de renvoi (devant le tribunal correctionnel ou la [[Cour d&#039;assises|cour d&#039;assises]]) ou une ordonnance de non-lieu si les charges sont insuffisantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La phase de jugement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La phase de jugement varie selon la nature de l&#039;infraction :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
! Nature de l&#039;infraction !! Juridiction compétente !! Peine maximale&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Contravention (5 classes) || Tribunal de police || 1 500 € (3 000 € en récidive pour la 5e classe)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Délit || Tribunal correctionnel ([[Tribunal judiciaire|tribunal judiciaire]]) || 10 ans d&#039;emprisonnement&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Crime || [[Cour d&#039;assises|Cour d&#039;assises]] || Réclusion criminelle à perpétuité&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;audience est publique, sauf exceptions légales (protection du mineur, vie privée, sécurité nationale). Les débats sont oraux et le [[Principe du contradictoire|principe du contradictoire]] s&#039;applique pleinement. Le [[Jugement (droit)|jugement]] est rendu au nom du peuple français et motivé en fait et en droit depuis la loi du 10 août 2011. La [[Cour d&#039;assises|cour d&#039;assises]], composée de trois [[Magistrat|magistrats]] professionnels et de six jurés populaires tirés au sort en premier ressort (neuf jurés en appel), statue sur les crimes par un vote à la majorité qualifiée (6 voix sur 9 pour une condamnation en premier ressort, 8 voix sur 12 en appel).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les acteurs de la procédure pénale ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le ministère public ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Ministère public|ministère public]], composé des [[Magistrat|magistrats]] du parquet ([[Procureur de la République|procureurs de la République]], procureurs généraux, substituts et avocats généraux), est chargé de l&#039;exercice de l&#039;action publique au nom de la société. Il décide des suites à donner aux plaintes et signalements reçus, dirige la police judiciaire pendant l&#039;enquête et requiert l&#039;application de la loi devant les juridictions de jugement. Hiérarchiquement, le [[Procureur de la République|procureur de la République]] est subordonné au procureur général près la [[Cour d&#039;appel|cour d&#039;appel]], lui-même placé sous l&#039;autorité du garde des Sceaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les juridictions de jugement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Tribunal judiciaire|tribunal judiciaire]] comprend une formation correctionnelle pour les délits. La [[Cour d&#039;appel|cour d&#039;appel]] connaît des appels en matière pénale ; sa chambre des appels correctionnels rejuge l&#039;affaire en fait et en droit. La [[Cour de cassation|Cour de cassation]], par sa chambre criminelle, statue sur les [[Pourvoi en cassation|pourvois en cassation]] et les [[Moyen de cassation|moyens de cassation]] soulevés par les parties : elle contrôle la légalité des décisions sans rejuger les faits. En cas de cassation, l&#039;affaire est renvoyée devant une juridiction de même degré.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les parties ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procédure pénale oppose le [[Ministère public|ministère public]], représentant la société, au prévenu (en matière délictuelle) ou à l&#039;accusé (en matière criminelle). La victime peut se constituer partie civile afin d&#039;obtenir réparation de son préjudice. Cette constitution de partie civile peut, dans certains cas, déclencher l&#039;action publique par voie de plainte avec constitution de partie civile déposée directement devant le [[Juge d&#039;instruction|juge d&#039;instruction]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les auxiliaires de justice ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Avocat|avocat]] assiste et représente les parties, en défense ou comme conseil de la partie civile. Sa présence est obligatoire devant la [[Cour d&#039;assises|cour d&#039;assises]] ; en matière correctionnelle, le prévenu peut comparaître seul mais bénéficie du droit à l&#039;aide juridictionnelle sous conditions de ressources. Le [[Greffier|greffier]] authentifie les [[Acte de procédure|actes de procédure]], tient les registres d&#039;audience et assure la traçabilité de chaque acte accompli. L&#039;expert judiciaire apporte un éclairage technique au juge sur des questions spécialisées (médecine légale, informatique forensique, comptabilité).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les voies de recours ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les voies de recours ordinaires sont l&#039;opposition (pour les jugements rendus par défaut) et l&#039;[[Appel (voie de recours)|appel]], lequel remet la cause et les parties dans l&#039;état où elles se trouvaient avant la décision attaquée. En matière correctionnelle, le délai d&#039;appel est de dix jours à compter du prononcé de la décision. L&#039;[[Arrêt (droit)|arrêt]] rendu par la cour d&#039;appel peut à son tour faire l&#039;objet d&#039;un [[Pourvoi en cassation|pourvoi en cassation]] devant la chambre criminelle de la [[Cour de cassation|Cour de cassation]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Pourvoi en cassation|pourvoi en cassation]] constitue une voie de recours extraordinaire : la [[Cour de cassation|Cour de cassation]] vérifie la conformité de la décision attaquée aux règles de droit sans rejuger les faits, sur la base des [[Moyen de cassation|moyens de cassation]] soulevés. En cas de cassation, l&#039;affaire est renvoyée devant une autre juridiction de même degré ou devant la même juridiction autrement composée. L&#039;[[Autorité de la chose jugée|autorité de la chose jugée]] attachée aux décisions définitives interdit de poursuivre une même personne deux fois pour les mêmes faits (principe &#039;&#039;non bis in idem&#039;&#039;, consacré par l&#039;article 4 du Protocole n° 7 à la Convention européenne des droits de l&#039;homme).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les alternatives aux poursuites ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Procureur de la République|procureur de la République]] dispose d&#039;un pouvoir d&#039;opportunité des poursuites. À l&#039;issue de l&#039;enquête, il peut prononcer un [[Classement sans suite|classement sans suite]] lorsque les charges sont insuffisantes, l&#039;infraction non caractérisée ou l&#039;auteur inconnu. Il peut également recourir aux [[Alternatives aux poursuites|alternatives aux poursuites]] : médiation pénale, rappel à la loi, orientation vers une structure sanitaire, sociale ou professionnelle, ou composition pénale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la loi du 9 mars 2004, la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) permet au [[Procureur de la République|procureur de la République]] de proposer une peine à une personne reconnaissant sa culpabilité, homologuée par un [[Magistrat|magistrat]] du siège lors d&#039;une audience publique. Ce mécanisme représentait environ 12 % des condamnations correctionnelles prononcées en France en 2022, selon les statistiques du ministère de la Justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La preuve en procédure pénale ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Preuve (droit)|preuve]] pénale est en principe libre : tous les modes de preuve sont admissibles (témoignages, documents, expertises, constatations matérielles, aveux) dès lors qu&#039;ils ont été obtenus de manière licite et soumis à la discussion contradictoire. L&#039;article 427 du [[Code de procédure pénale]] pose ce principe de liberté probatoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les preuves obtenues de manière illicite — perquisition sans autorisation judiciaire, audition sans information préalable du droit au silence, écoute irrégulière — peuvent être annulées sur le fondement d&#039;une [[Exception de procédure|exception de procédure]]. Depuis un arrêt de l&#039;assemblée plénière de la [[Cour de cassation|Cour de cassation]] du 9 novembre 1999, la nullité n&#039;est pas automatique : elle est subordonnée à l&#039;existence d&#039;un grief subi par la partie qui l&#039;invoque (article 802 du [[Code de procédure pénale]]). La culpabilité repose sur l&#039;intime conviction des juges, forgée à l&#039;audience lors des débats contradictoires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Métiers du droit]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Accord_d%27entreprise&amp;diff=937</id>
		<title>Accord d&#039;entreprise</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Accord_d%27entreprise&amp;diff=937"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Un &#039;&#039;&#039;accord d&#039;entreprise&#039;&#039;&#039; est un accord collectif de travail conclu au sein d&#039;une entreprise ou d&#039;un établissement entre l&#039;employeur et les organisations syndicales représentatives des salariés. Relevant du [[Droit du travail|droit du travail]] français et encadré par le [[Code du travail]], il fixe les conditions d&#039;emploi, de travail et les garanties sociales applicables à l&#039;ensemble des salariés de l&#039;entreprise. Depuis les [[Ordonnances Travail 2017|ordonnances travail de 2017]], l&#039;accord d&#039;entreprise occupe une place centrale dans la hiérarchie des normes sociales, pouvant dans de nombreux domaines primer sur l&#039;[[Accord de branche|accord de branche]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre juridique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;accord d&#039;entreprise constitue l&#039;une des formes de la [[Négociation collective|négociation collective]] en France. Il est défini par les articles L. 2232-11 et suivants du [[Code du travail]]. Son périmètre d&#039;application peut couvrir une entreprise entière, un groupe d&#039;entreprises (accord de groupe) ou un ou plusieurs établissements distincts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se distingue de la [[Convention collective|convention collective]] de branche, qui couvre l&#039;ensemble des entreprises d&#039;un secteur d&#039;activité, et de l&#039;[[Accord de branche|accord de branche]] dont la portée est sectorielle. L&#039;accord d&#039;entreprise peut être plus favorable au salarié ou, depuis 2017, déroger dans certains domaines aux dispositions de branche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Place dans la hiérarchie des normes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant les [[Ordonnances Macron|ordonnances Macron]] de 2017, le principe de faveur prévalait : une norme de niveau inférieur ne pouvait s&#039;appliquer que si elle était plus favorable au salarié. Les [[Ordonnances Travail 2017|ordonnances travail du 22 septembre 2017]] ont profondément reconfiguré cette architecture en instaurant trois blocs de compétences :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Bloc 1 — ordre public&#039;&#039;&#039; : domaines où la loi s&#039;impose impérativement à l&#039;accord d&#039;entreprise (salaire minimum, durée légale du travail, congés légaux minimaux).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Bloc 2 — primauté de l&#039;accord d&#039;entreprise&#039;&#039;&#039; : domaines où l&#039;accord d&#039;entreprise prime sur l&#039;accord de branche, même s&#039;il est moins favorable (aménagement du temps de travail, primes et indemnités diverses, conditions de recours à certains contrats).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Bloc 3 — dispositions supplétives&#039;&#039;&#039; : domaines où la loi s&#039;applique en l&#039;absence d&#039;accord collectif, mais où un accord peut y déroger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Historique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Négociation collective|négociation collective]] au niveau de l&#039;entreprise se développe progressivement à partir des années 1950. La loi Auroux du 13 novembre 1982 institue la [[Négociation annuelle obligatoire|négociation annuelle obligatoire]] (NAO) dans les entreprises dotées d&#039;un [[Délégué syndical|délégué syndical]], portant sur les salaires effectifs, la [[Durée du travail|durée du travail]] et l&#039;organisation du travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 4 mai 2004 (loi Fillon) introduit la possibilité de déroger à certaines dispositions de branche par accord d&#039;entreprise, sous condition de majorité. La loi travail du 8 août 2016 (loi El Khomri) élargit ce mécanisme à de nouveaux domaines. Les [[Ordonnances Travail 2017|ordonnances travail de 2017]] parachèvent cette évolution en consacrant la primauté de l&#039;accord d&#039;entreprise dans un nombre étendu de matières et en unifiant les règles de validité autour d&#039;une condition de majorité unique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel|loi du 5 septembre 2018]] complète ce cadre, notamment en matière de [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] et de [[Gestion des emplois et des parcours professionnels|gestion des emplois et des parcours professionnels]] (GEPP).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Parties à la négociation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Côté employeur ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;employeur ou son représentant mandaté conduit la négociation. Dans les groupes, cette responsabilité est souvent confiée à une direction des ressources humaines centralisée, qui négocie pour le compte de l&#039;ensemble des entités juridiques du groupe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Côté salariés ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Syndicat|syndicats]] représentatifs dans l&#039;entreprise sont les interlocuteurs légaux de l&#039;employeur. La représentativité syndicale est mesurée sur la base des résultats aux élections professionnelles : un seuil minimal de 10 % des suffrages exprimés au premier tour est exigé au niveau de l&#039;entreprise. Chaque syndicat représentatif désigne un [[Délégué syndical|délégué syndical]] chargé de conduire la négociation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les entreprises de moins de 11 salariés dépourvues de [[Délégué syndical|délégué syndical]], l&#039;employeur peut soumettre un projet d&#039;accord directement aux salariés, qui l&#039;approuvent par référendum à la majorité des deux tiers. Dans les entreprises de 11 à 49 salariés sans délégué syndical, les membres du [[Comité social et économique|comité social et économique]] (CSE) peuvent négocier, ou à défaut des salariés expressément mandatés par une organisation syndicale représentative au niveau de la branche ou au niveau national.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conditions de validité ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Condition de majorité ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis le 1er mai 2018, tout accord d&#039;entreprise doit satisfaire à la condition d&#039;[[Accord majoritaire|accord majoritaire]] : il doit être signé par des [[Syndicat|syndicats]] ayant recueilli au moins 50 % des suffrages exprimés en faveur des organisations représentatives lors du premier tour des dernières élections professionnelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les syndicats signataires représentent entre 30 % et 50 % des suffrages, l&#039;accord peut être soumis à référendum à la demande d&#039;un ou plusieurs syndicats signataires. Son approbation à la majorité des salariés (plus de 50 % des votants) permet sa validation. En deçà de 30 %, l&#039;accord ne peut être conclu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dépôt et publicité ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout accord d&#039;entreprise doit être déposé en ligne sur la plateforme TéléAccords, gérée par la [[DREETS]]. Un exemplaire est également remis au greffe du [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]] compétent. L&#039;accord entre en vigueur le lendemain du dépôt, sauf stipulation contraire prévoyant une date ultérieure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis 2017, les accords collectifs sont versés dans une base de données nationale consultable par le public. Certaines stipulations peuvent être occultées à la demande des parties signataires pour protéger les intérêts stratégiques ou commerciaux de l&#039;entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Domaines de négociation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rémunération ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Négociation annuelle obligatoire|NAO]] sur les salaires est obligatoire dans les entreprises dotées d&#039;un [[Délégué syndical|délégué syndical]]. Elle porte sur les salaires effectifs, l&#039;égalité de rémunération entre les femmes et les hommes, et les mesures permettant de supprimer les écarts de rémunération constatés. Le salaire fixé ne peut être inférieur au [[Salaire minimum interprofessionnel de croissance|SMIC]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La participation aux résultats est obligatoire dans les entreprises de 50 salariés et plus ; elle est régie par un accord ou, à défaut, par la formule légale de calcul prévue au [[Code du travail]]. L&#039;[[Accord d&#039;intéressement|accord d&#039;intéressement]] est un dispositif facultatif permettant d&#039;associer collectivement les salariés aux performances ou résultats de l&#039;entreprise sous forme de prime bénéficiant d&#039;exonérations sociales et fiscales dans certaines limites légales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Durée et organisation du travail ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;aménagement de la [[Durée du travail|durée du travail]] est l&#039;un des domaines où l&#039;accord d&#039;entreprise prime sur l&#039;accord de branche. Les accords peuvent fixer les contingents annuels d&#039;heures supplémentaires, les modalités d&#039;organisation du travail sur des périodes plurihebdomadaires (annualisation), et les conditions de recours aux forfaits annuels en jours ou en heures pour les cadres et salariés autonomes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La durée légale hebdomadaire de 35 heures constitue un plancher d&#039;ordre public que l&#039;accord d&#039;entreprise ne peut abaisser, mais dont il peut aménager les modalités d&#039;application et de décompte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Congés et absences ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Congés payés|congés payés]] légaux — 30 jours ouvrables pour une année complète de travail — ne peuvent être réduits par accord d&#039;entreprise. En revanche, un accord peut prévoir des jours supplémentaires, des modalités de prise et de report différentes de celles prévues par la loi, ou des congés pour événements familiaux améliorés par rapport aux minima légaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Formation et parcours professionnels ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les accords sur la [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] peuvent préciser les orientations pluriannuelles du [[Plan de développement des compétences|plan de développement des compétences]], les conditions d&#039;accès à l&#039;[[Entretien professionnel|entretien professionnel]] et les modalités d&#039;abondement du compte personnel de formation (CPF).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Gestion des emplois et des parcours professionnels|GEPP]] — anciennement dénommée GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) — fait l&#039;objet d&#039;une négociation obligatoire tous les 3 ans dans les entreprises d&#039;au moins 300 salariés. Cette négociation porte sur les orientations stratégiques de l&#039;entreprise et leurs conséquences prévisibles sur l&#039;emploi, les métiers et les compétences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Protection sociale complémentaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les accords d&#039;entreprise peuvent mettre en place ou améliorer des régimes collectifs et obligatoires de [[Protection sociale|prévoyance]] (incapacité de travail, invalidité, décès) et de remboursement de frais de santé. Ces régimes bénéficient d&#039;un régime social et fiscal favorable sous conditions fixées par la loi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Accords spécifiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains accords d&#039;entreprise s&#039;inscrivent dans des dispositifs législatifs particuliers :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;[[Accord de performance collective]] (APC), introduit par les [[Ordonnances Travail 2017|ordonnances de 2017]], permet d&#039;aménager la durée du travail, la rémunération ou les conditions de mobilité géographique ou professionnelle en cas de nécessités liées au fonctionnement de l&#039;entreprise. Le salarié qui refuse les modifications qui en découlent peut faire l&#039;objet d&#039;un [[Licenciement|licenciement]] pour motif sui generis, distinct du licenciement économique.&lt;br /&gt;
* L&#039;accord d&#039;[[Activité partielle de longue durée]] (APLD), dispositif permettant de réduire l&#039;horaire collectif de travail jusqu&#039;à 40 % de la durée légale en contrepartie d&#039;engagements de maintien dans l&#039;emploi et de formation, largement mobilisé lors de la crise sanitaire de 2020-2021.&lt;br /&gt;
* L&#039;[[Accord d&#039;intéressement]], conclu pour une durée de 3 ans renouvelable, associe les salariés aux performances ou résultats de l&#039;entreprise par le versement de primes exonérées de cotisations sociales dans certaines limites.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Effets juridiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Application à l&#039;ensemble des salariés ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un accord d&#039;entreprise régulièrement conclu s&#039;applique à l&#039;ensemble des salariés de l&#039;entreprise, y compris ceux appartenant à un [[Syndicat|syndicat]] non signataire et ceux embauchés postérieurement à sa conclusion. Les stipulations de l&#039;accord se substituent aux clauses moins favorables des [[Contrat de travail|contrats de travail]] individuels, ou aux clauses différentes dans les domaines relevant du bloc 2.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Durée et dénonciation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un accord peut être conclu pour une durée déterminée ou indéterminée. En l&#039;absence de terme prévu, il est conclu pour une durée indéterminée. Il peut être dénoncé par l&#039;une ou l&#039;autre des parties signataires, moyennant un préavis de 3 mois. Après dénonciation, l&#039;accord continue de produire ses effets pendant un délai de survie de 12 mois, sauf conclusion d&#039;un accord de substitution dans ce délai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Révision ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout [[Syndicat|syndicat]] représentatif dans l&#039;entreprise, qu&#039;il soit ou non signataire de l&#039;accord initial, peut demander l&#039;ouverture de négociations en vue de réviser un accord en vigueur. La révision est soumise aux mêmes conditions de majorité que la conclusion initiale et donne lieu à la signature d&#039;un avenant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Contrôle et contentieux ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[DREETS]] vérifie la régularité formelle des accords déposés (identité des signataires, périmètre d&#039;application, mentions obligatoires), mais ne se prononce pas sur leur légalité au fond. Le contrôle judiciaire de la légalité incombe au tribunal judiciaire ou au [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]] selon l&#039;objet du litige.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Inspection du travail|inspection du travail]] peut être consultée sur certains accords requérant un avis préalable (travail de nuit, travail le dimanche dans certains régimes) et est compétente pour constater les infractions aux dispositions d&#039;ordre public du [[Droit du travail|droit du travail]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Ministère du Travail|ministère du Travail]] publie annuellement un bilan de la négociation collective. En 2022, environ 77 000 accords et avenants d&#039;entreprise ont été déposés en France. Les thèmes les plus fréquents sont la rémunération (32 % des textes déposés), le temps de travail (21 %), l&#039;épargne salariale (15 %) et la [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] (8 %).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Partenaires sociaux|partenaires sociaux]] — confédérations syndicales de salariés (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC) et organisations patronales (Medef, CPME, U2P) — jouent un rôle structurant dans le [[Dialogue social|dialogue social]] au niveau de l&#039;entreprise comme au niveau interprofessionnel. Les conflits liés à l&#039;interprétation ou à l&#039;application d&#039;un accord collectif peuvent être portés devant le [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Convention collective]]&lt;br /&gt;
* [[Accord de branche]]&lt;br /&gt;
* [[Négociation collective]]&lt;br /&gt;
* [[Comité social et économique]]&lt;br /&gt;
* [[Dialogue social]]&lt;br /&gt;
* [[Ordonnances Travail 2017]]&lt;br /&gt;
* [[Partenaires sociaux]]&lt;br /&gt;
* [[Droit de grève]]&lt;br /&gt;
* [[Licenciement]]&lt;br /&gt;
* [[Rupture conventionnelle]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Droit du travail]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Relations sociales en France]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Négociation collective]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Droit social]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Soci%C3%A9t%C3%A9_par_actions_simplifi%C3%A9e&amp;diff=936</id>
		<title>Société par actions simplifiée</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Soci%C3%A9t%C3%A9_par_actions_simplifi%C3%A9e&amp;diff=936"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;société par actions simplifiée&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;&#039;SAS&#039;&#039;&#039;) est une forme juridique de société commerciale française, instituée par la loi n° 94-1 du 3 janvier 1994 et régie par les articles L227-1 à L227-20 du Code de commerce. Caractérisée par une très grande liberté statutaire, elle permet aux associés d&#039;organiser librement la gouvernance et le fonctionnement interne de la société. Depuis la loi de modernisation de l&#039;économie du 4 août 2008, elle n&#039;impose aucun capital minimum et peut être constituée par un seul associé, sous la forme de la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre juridique et historique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La SAS appartient à la catégorie des sociétés de capitaux relevant du [[Droit des sociétés|droit des sociétés]] français, au même titre que la société anonyme (SA) et la [[Société à responsabilité limitée|société à responsabilité limitée]] (SARL). Son régime est fixé par les articles L227-1 à L227-20 du Code de commerce, complétés par les dispositions applicables à la société anonyme lorsque la loi n&#039;y déroge pas expressément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Évolution législative ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;1994&#039;&#039;&#039; : Loi n° 94-1 du 3 janvier 1994 — création de la SAS, réservée aux relations entre sociétés disposant d&#039;un capital minimum de 1,5 million de francs.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;1999&#039;&#039;&#039; : Loi n° 99-587 du 12 août 1999 — ouverture à toutes les personnes physiques ou morales ; capital minimum ramené à 37 000 euros.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;2008&#039;&#039;&#039; : Loi n° 2008-776 du 4 août 2008 (LME) — suppression du capital minimum ; création de la SASU (associé unique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Caractéristiques fondamentales ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Capital social et actions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la loi LME de 2008, la SAS n&#039;impose aucun [[Capital social|capital social]] minimum : le montant d&#039;un euro est légalement suffisant, bien que la pratique recommande un capital adapté à l&#039;activité exercée. Le capital est divisé en [[Actions (titre financier)|actions]], dont la valeur nominale est fixée librement dans les [[Statuts d&#039;entreprise|statuts]]. Les apports peuvent être en numéraire, en nature ou en industrie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les apports en numéraire doivent être libérés à hauteur de la moitié au minimum lors de la constitution, le solde étant versé dans un délai maximal de cinq ans à compter de l&#039;immatriculation. Les [[Actions (titre financier)|actions de préférence]] permettent d&#039;attribuer à certains associés des droits économiques ou politiques particuliers (priorité sur les dividendes, droit de vote multiple, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les actions de SAS ne peuvent pas être cotées sur un marché réglementé : seule la société anonyme (SA) peut accéder à la cotation boursière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Nombre et nature des associés ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La SAS peut être constituée par un seul associé (SASU) ou par plusieurs associés, sans plafond légal. Les associés peuvent être des personnes physiques ou morales, françaises ou étrangères. Cette absence de plafond contraste avec la [[Société à responsabilité limitée|SARL]], limitée à 100 associés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Responsabilité des associés ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La responsabilité de chaque associé est limitée au montant de ses apports au [[Capital social|capital social]]. Les dettes sociales n&#039;engagent pas le patrimoine personnel des associés, sauf en cas de faute de gestion caractérisée retenue par le tribunal ou d&#039;engagement personnel (caution solidaire accordée à un créancier).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Gouvernance ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le président ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La désignation d&#039;un président constitue la seule obligation légale en matière d&#039;organe de direction. Le président est obligatoirement le représentant légal de la SAS ; il peut être une personne physique ou morale, associé ou tiers. Il dispose des pouvoirs les plus étendus pour engager la société vis-à-vis des tiers dans la limite de l&#039;objet social.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan social, le président assimilé salarié relève du régime général de la Sécurité sociale pour ses cotisations retraite, maladie et prévoyance, mais ne cotise pas à l&#039;assurance chômage. Un président peut également être titulaire d&#039;un [[Contrat de travail|contrat de travail]] pour des fonctions techniques distinctes de la présidence, à condition que ces fonctions soient réelles, effectives et subordonnées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liberté statutaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La SAS se distingue fondamentalement des autres formes sociales par l&#039;étendue de la liberté contractuelle accordée aux associés dans les [[Statuts d&#039;entreprise|statuts]] :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* modalités de consultation et de vote collectif (assemblée physique, vote par correspondance, consultation écrite) ;&lt;br /&gt;
* quorums et majorités (à l&#039;exception des décisions soumises à l&#039;unanimité légale : augmentation des engagements des associés) ;&lt;br /&gt;
* clauses restrictives sur les cessions d&#039;actions (agrément, préemption, inaliénabilité temporaire) ;&lt;br /&gt;
* organes facultatifs (directeur général délégué, conseil de surveillance, comité stratégique) ;&lt;br /&gt;
* conditions d&#039;exclusion ou de retrait d&#039;associés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Décisions collectives obligatoires ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines décisions doivent impérativement être prises par la collectivité des associés, quel que soit le mode retenu par les statuts :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* approbation des comptes annuels et affectation du résultat ;&lt;br /&gt;
* augmentation, réduction ou amortissement du [[Capital social|capital social]] ;&lt;br /&gt;
* fusion, scission, dissolution anticipée ;&lt;br /&gt;
* transformation en une autre forme sociale ;&lt;br /&gt;
* nomination des commissaires aux comptes lorsqu&#039;ils sont obligatoires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Régime fiscal ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Imposition des bénéfices ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par défaut, la SAS est soumise à l&#039;[[Impôt sur les sociétés|impôt sur les sociétés]] (IS) sur ses bénéfices nets. Le taux normal est fixé à 25 % depuis le 1er janvier 2022. Les PME peuvent bénéficier d&#039;un taux réduit de 15 % sur la tranche de bénéfices inférieure à 42 500 euros, sous deux conditions cumulatives : [[Chiffre d&#039;affaires|chiffre d&#039;affaires]] hors taxes inférieur à 10 millions d&#039;euros et [[Capital social|capital social]] intégralement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Option pour l&#039;impôt sur le revenu ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les SAS répondant à certains critères peuvent opter pour l&#039;impôt sur le revenu (IR) pour une durée maximale de cinq exercices :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* société de moins de cinq ans à la date de l&#039;option ;&lt;br /&gt;
* activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale ;&lt;br /&gt;
* effectif inférieur à 50 salariés et [[Chiffre d&#039;affaires|chiffre d&#039;affaires]] annuel inférieur à 10 millions d&#039;euros ;&lt;br /&gt;
* capital détenu à 50 % au moins par des personnes physiques, dont 34 % par les dirigeants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous ce régime, les bénéfices sont imposés dans la catégorie des [[Bénéfices industriels et commerciaux|bénéfices industriels et commerciaux]] (BIC) au nom de chaque associé au prorata de ses droits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== TVA ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La SAS est assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée dans les conditions du [[Droit commercial|droit commercial]] commun. Le régime applicable (franchise en base, réel simplifié, réel normal) est déterminé par le niveau du [[Chiffre d&#039;affaires|chiffre d&#039;affaires]] réalisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Constitution et formalités ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rédaction des statuts ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Statuts d&#039;entreprise|statuts]] de la SAS doivent comporter les mentions obligatoires prévues par le Code de commerce : forme sociale, objet, dénomination, siège social, durée, montant du [[Capital social|capital social]], répartition des actions entre les associés. La complexité des options offertes par la liberté statutaire justifie le recours à un [[Avocat|avocat]] spécialisé en [[Droit des affaires|droit des affaires]] ou à un [[Expert-comptable|expert-comptable]], notamment pour rédiger les clauses d&#039;agrément, de préemption ou d&#039;exclusion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Immatriculation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis le 1er janvier 2023, l&#039;ensemble des formalités de création est centralisé sur le portail du [[Guichet unique des formalités d&#039;entreprises]] (formalites.entreprises.gouv.fr), qui a remplacé les centres de formalités des entreprises (CFE). L&#039;immatriculation au [[Registre du commerce et des sociétés]] génère un [[Numéro SIREN|numéro SIREN]] à 9 chiffres et un [[Extrait Kbis|extrait Kbis]], document officiel attestant de l&#039;existence légale de la société. Le président figure au [[Registre du commerce et des sociétés|RCS]] en qualité de représentant légal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dépôt du capital ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant l&#039;immatriculation, les apports en numéraire doivent être déposés sur un compte bancaire bloqué ouvert au nom de la société en formation, auprès d&#039;une banque, d&#039;un notaire ou de la Caisse des dépôts et consignations. Le déblocage intervient sur présentation de l&#039;[[Extrait Kbis|extrait Kbis]] à l&#039;établissement dépositaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Régime social des dirigeants et salariés ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Président et dirigeants ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le président de SAS relève du régime général de la Sécurité sociale (assimilé salarié) pour l&#039;ensemble de ses fonctions sociales. Ses cotisations sociales sont calculées sur sa rémunération brute et s&#039;alignent sur celles d&#039;un salarié cadre, à l&#039;exception de l&#039;assurance chômage dont il est exclu. Le [[Bulletin de paie|bulletin de paie]] du président assimilé salarié mentionne les retenues correspondantes, versées à l&#039;[[URSSAF|URSSAF]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Salariés ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les salariés de la SAS relèvent intégralement du [[Droit du travail|droit du travail]] de droit commun. Les [[Contrat à durée indéterminée|contrats à durée indéterminée]] (CDI) et [[Contrat à durée déterminée|contrats à durée déterminée]] (CDD) sont conclus dans les conditions prévues par le [[Code du travail|Code du travail]]. La SAS supporte les [[Cotisations patronales|cotisations patronales]] afférentes à chaque salarié, contribue à l&#039;[[Assurance de garantie des salaires|assurance de garantie des salaires]] (AGS) et respecte les dispositions de la [[Convention collective|convention collective]] applicable à son secteur d&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès lors que la SAS emploie au moins 11 salariés, la mise en place d&#039;un [[Comité social et économique|comité social et économique]] (CSE) est obligatoire. La [[Masse salariale|masse salariale]] annuelle constitue l&#039;assiette de calcul de diverses contributions : participation aux résultats (entreprises d&#039;au moins 50 salariés), formation professionnelle continue, contribution patronale à l&#039;effort de construction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Obligations comptables ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La SAS est soumise à la tenue d&#039;une comptabilité conforme au [[Plan comptable général|plan comptable général]]. Elle établit des comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) qui doivent être déposés au [[Registre du commerce et des sociétés|greffe du tribunal de commerce]] dans les six mois suivant la clôture de l&#039;exercice social.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La nomination d&#039;un commissaire aux comptes est obligatoire lorsque la SAS dépasse, à la clôture d&#039;un exercice, deux des trois seuils suivants : total du bilan supérieur à 4 millions d&#039;euros, [[Chiffre d&#039;affaires|chiffre d&#039;affaires]] hors taxes supérieur à 8 millions d&#039;euros, effectif moyen supérieur à 50 salariés. Elle est également imposée lorsque la SAS est contrôlée par une société tenue d&#039;en désigner un.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un [[Expert-comptable|expert-comptable]] peut être mandaté pour établir les comptes annuels, effectuer les déclarations fiscales et accompagner la direction dans le suivi de gestion, même si son intervention n&#039;est pas légalement obligatoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Comparaison avec d&#039;autres formes juridiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
! Critère !! SAS / SASU !! [[Société à responsabilité limitée|SARL]] / EURL !! SA&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Capital minimum || 1 € || 1 € || 37 000 €&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Nombre minimum d&#039;associés || 1 || 1 || 2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Nombre maximum d&#039;associés || Illimité || 100 || Illimité&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Cotation boursière || Non || Non || Oui&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Dirigeant légal || Président || Gérant || PDG ou Directoire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Régime social du dirigeant majoritaire || Assimilé salarié || Travailleur non salarié || Assimilé salarié&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Liberté statutaire || Très élevée || Limitée || Limitée&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Financement ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La SAS est la forme juridique privilégiée des opérations de capital-risque et de capital-développement en France, en raison de la possibilité d&#039;émettre des [[Actions (titre financier)|actions de préférence]] et de la grande liberté dans l&#039;organisation de la gouvernance. [[Bpifrance]], la banque publique d&#039;investissement française, intervient régulièrement dans le financement des SAS innovantes via des prêts participatifs, des garanties de prêts bancaires ou des prises de participation directes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Pacte d&#039;actionnaires|pacte d&#039;actionnaires]], accord contractuel distinct des [[Statuts d&#039;entreprise|statuts]] et confidentiel, est fréquemment utilisé pour encadrer les relations entre fondateurs et investisseurs : droits de veto sur certaines décisions, clauses de liquidité préférentielle, mécanismes de &#039;&#039;ratchet&#039;&#039;, droits de sortie conjointe (&#039;&#039;tag-along&#039;&#039;) et clauses d&#039;entraînement (&#039;&#039;drag-along&#039;&#039;). Un [[Avocat|avocat]] spécialisé en [[Droit des affaires|droit des affaires]] est généralement associé à la négociation et à la rédaction du [[Pacte d&#039;actionnaires|pacte d&#039;actionnaires]] lors des levées de fonds.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dissolution et liquidation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dissolution de la SAS peut résulter de plusieurs causes : arrivée du terme statutaire, réalisation ou extinction de l&#039;objet social, décision collective des associés votée dans les conditions prévues par les [[Statuts d&#039;entreprise|statuts]], dissolution judiciaire prononcée pour mésentente grave entre associés paralysant le fonctionnement social, ou dissolution amiable anticipée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dissolution ouvre la période de liquidation, au cours de laquelle un liquidateur (amiable ou judiciaire) est désigné pour réaliser l&#039;actif, apurer le passif et répartir le boni de liquidation entre les associés au prorata de leurs droits. La société conserve la personnalité morale pour les besoins de la liquidation. La radiation définitive au [[Registre du commerce et des sociétés|RCS]] met fin à l&#039;existence légale de la SAS.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Statut professionnel]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Intelligence_artificielle&amp;diff=935</id>
		<title>Intelligence artificielle</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Intelligence_artificielle&amp;diff=935"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;L&#039;&#039;&#039;&#039;intelligence artificielle&#039;&#039;&#039; (IA) désigne l&#039;ensemble des théories et techniques mises en œuvre pour créer des machines capables de simuler des processus cognitifs humains tels que le raisonnement, l&#039;apprentissage, la perception et la résolution de problèmes. Formalisée en 1956 lors de la conférence de Dartmouth par John McCarthy, Marvin Minsky et leurs collègues, l&#039;IA recouvre aujourd&#039;hui un spectre technologique allant des systèmes de recommandation aux modèles de langage de grande taille (LLM). Son développement accéléré depuis les années 2010 — porté par la croissance exponentielle des données numériques et la puissance des processeurs graphiques (GPU) — a profondément reconfiguré les marchés du travail, les pratiques industrielles et les cadres réglementaires dans l&#039;ensemble des économies mondiales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et fondements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;intelligence artificielle est habituellement divisée en deux grandes catégories : l&#039;&#039;&#039;&#039;IA étroite&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;narrow AI&#039;&#039;), conçue pour accomplir une tâche spécifique, et l&#039;&#039;&#039;&#039;IA générale&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;AGI&#039;&#039;, Artificial General Intelligence), système hypothétique capable d&#039;effectuer toute tâche intellectuelle humaine. L&#039;ensemble des systèmes déployés commercialement en 2024 relève de l&#039;IA étroite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fondements techniques de l&#039;IA moderne reposent principalement sur l&#039;[[Apprentissage automatique|apprentissage automatique]] (&#039;&#039;machine learning&#039;&#039;), qui permet à un système d&#039;apprendre à partir de données sans être explicitement programmé pour chaque situation. L&#039;apprentissage automatique se décline en trois paradigmes majeurs :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Apprentissage supervisé&#039;&#039;&#039; : le modèle est entraîné sur des données étiquetées (paires entrée/sortie connues). Appliqué à la classification d&#039;images, la détection de fraudes ou la prédiction de prix.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Apprentissage non supervisé&#039;&#039;&#039; : le modèle identifie des structures cachées dans des données sans étiquettes. Utilisé pour la segmentation de clientèle et la détection d&#039;anomalies.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Apprentissage par renforcement&#039;&#039;&#039; : le modèle apprend par essai-erreur en maximisant une récompense cumulative. Appliqué à la robotique, aux jeux (AlphaGo, 2016) et à l&#039;optimisation logistique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Réseaux de neurones artificiels et apprentissage profond ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Réseau de neurones artificiels|réseaux de neurones artificiels]] reproduisent schématiquement le fonctionnement des neurones biologiques, organisés en couches successives de traitement. L&#039;apprentissage profond (&#039;&#039;deep learning&#039;&#039;) exploite des réseaux comportant des dizaines à des centaines de couches cachées, entraînés sur des ensembles de données massifs. Les architectures &#039;&#039;Transformer&#039;&#039;, introduites en 2017 par Vaswani et al. (Google Brain), constituent la base des modèles de langage contemporains tels que GPT-4 (OpenAI, 2023), Gemini (Google, 2023) et Mistral 7B (Mistral AI, Paris, 2023).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Histoire ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Année !! Événement&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1950 || Alan Turing publie « Computing Machinery and Intelligence » et propose le test de Turing.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1956 || Conférence de Dartmouth ; John McCarthy forge le terme « intelligence artificielle ».&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1957 || Frank Rosenblatt développe le perceptron, premier réseau de neurones entraînable.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1974–1980 || Premier hiver de l&#039;IA : réductions majeures de financement, limites des systèmes experts.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1986 || Rumelhart, Hinton et Williams formalisent la rétropropagation du gradient, mécanisme central de l&#039;entraînement des réseaux multicouches.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 1997 || Deep Blue (IBM) bat le champion du monde d&#039;échecs Garry Kasparov.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2012 || AlexNet remporte l&#039;ImageNet Large Scale Visual Recognition Challenge avec un taux d&#039;erreur de 15,3 %, contre 26,2 % pour les approches antérieures — tournant décisif pour le deep learning.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2016 || AlphaGo (DeepMind) bat le champion du monde de Go Lee Sedol (4 victoires à 1).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2022 || Lancement de ChatGPT par OpenAI (novembre) ; 100 millions d&#039;utilisateurs atteints en deux mois.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2024 || L&#039;AI Act européen entre en vigueur en août, premier cadre réglementaire contraignant sur l&#039;IA au niveau mondial.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Domaines techniques principaux ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traitement automatique du langage naturel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Traitement automatique du langage naturel]] (TALN) recouvre les techniques permettant aux machines de comprendre, générer et manipuler le langage humain. Ses applications incluent la traduction automatique (DeepL, Google Translate), l&#039;analyse de sentiments, la génération de texte, les assistants conversationnels et la recherche d&#039;information. Les modèles de langage de grande taille (LLM) comme GPT-4, LLaMA (Meta, 2023) et Mistral 7B ont considérablement élargi les capacités du TALN depuis 2022, rendant possible la génération de texte cohérent, la synthèse de documents longs et l&#039;assistance à la programmation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Vision par ordinateur ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Vision par ordinateur]] désigne la capacité des systèmes informatiques à interpréter des images ou des flux vidéo. Elle est à la base du contrôle qualité industriel, de la reconnaissance faciale, de la conduite autonome (Tesla Autopilot, Waymo) et de l&#039;analyse médicale d&#039;imagerie (radiographies, IRM). Les réseaux convolutifs (CNN) ont constitué le modèle dominant de 2012 à 2020, progressivement complétés par les architectures Vision Transformer (ViT, Google, 2020), qui atteignent des précisions supérieures sur les grands ensembles de données.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Systèmes experts et raisonnement symbolique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les systèmes experts, dominants dans les années 1980-1990, encodent la connaissance humaine sous forme de règles logiques (si-alors). Ils restent déployés dans des domaines à contraintes fortes — droit, médecine réglementaire, finance — où l&#039;explicabilité des décisions est juridiquement requise. L&#039;hybridation entre approches symboliques et neuronales (&#039;&#039;neuro-symbolic AI&#039;&#039;) constitue un axe de recherche actif en 2024-2025, visant à combiner la capacité de généralisation des réseaux de neurones avec la rigueur déductive des systèmes à règles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Applications sectorielles ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Santé ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En médecine diagnostique, les systèmes d&#039;IA atteignent des performances comparables à celles de spécialistes dans des tâches ciblées. Une étude publiée dans &#039;&#039;Nature&#039;&#039; par Google Health en 2020 démontre que son algorithme réduit de 11,5 % les faux négatifs dans la détection du cancer du sein par mammographie. AlphaFold (DeepMind, 2020-2022) a résolu la prédiction de la structure tridimensionnelle de plus de 200 millions de protéines, accélérant considérablement la découverte de médicaments. En gestion hospitalière, les algorithmes de prédiction des admissions permettent d&#039;optimiser l&#039;allocation des lits et du personnel soignant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Finance ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les algorithmes de trading haute fréquence (HFT) représentent, selon diverses sources sectorielles, entre 50 et 70 % du volume quotidien des transactions sur les marchés actions américains. La détection de fraudes par apprentissage automatique est déployée par Visa, Mastercard et les principales banques européennes. Les modèles de scoring crédit intègrent des variables comportementales issues de l&#039;IA pour affiner l&#039;évaluation du risque, soulevant des questions réglementaires liées à la [[Conformité RGPD|conformité RGPD]] et à l&#039;équité algorithmique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cybersécurité ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Intelligence artificielle en cybersécurité]] représente l&#039;un des champs d&#039;application à la croissance la plus rapide. Les systèmes [[SIEM (informatique)|SIEM]] (Security Information and Event Management) intègrent des moteurs d&#039;IA pour détecter les comportements anormaux en temps réel, corrélant des millions d&#039;événements par seconde. L&#039;[[Authentification multifacteur|authentification multifacteur]] s&#039;appuie sur l&#039;analyse comportementale — frappe clavier, biométrie gestuelle — pour renforcer la vérification d&#039;identité. En miroir, les attaquants exploitent l&#039;IA pour automatiser le [[Hameçonnage|hameçonnage]] ciblé (spear-phishing) et générer des deepfakes vocaux ou vidéo à des fins de fraude. MarketsandMarkets estimait le marché de la [[Cybersécurité|cybersécurité]] pilotée par l&#039;IA à 22 milliards de dollars en 2023, avec une projection à 60 milliards d&#039;ici 2028, soit un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 21,9 %.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Industrie et logistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la fabrication, la vision par ordinateur assure le contrôle qualité automatisé des lignes de production, détectant des défauts invisibles à l&#039;œil humain à des cadences industrielles. La maintenance prédictive, fondée sur l&#039;analyse de flux de capteurs IoT par apprentissage automatique, réduit les temps d&#039;arrêt non planifiés ; Airbus rapporte une réduction de 30 % des coûts de maintenance sur certains programmes d&#039;entretien aéronef. Amazon exploite plus de 750 000 robots dans ses entrepôts (2023), coordonnés par des algorithmes d&#039;optimisation combinatoire issus de l&#039;IA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Formation et éducation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;IA transforme l&#039;accès à la [[Formation professionnelle|formation professionnelle]]. Les plateformes d&#039;apprentissage adaptatif ajustent le contenu pédagogique en temps réel selon le profil de chaque apprenant — rythme, lacunes identifiées, style cognitif. L&#039;analyse des parcours de formation permet d&#039;identifier les compétences en tension sur le marché du travail et d&#039;orienter les dispositifs de reconversion vers les secteurs porteurs. Les outils d&#039;IA générative — ChatGPT, Microsoft Copilot — sont désormais intégrés dans les cursus de formation initiale et continue, créant de nouvelles filières parmi les [[Métiers d&#039;avenir|métiers d&#039;avenir]] : ingénierie des prompts, administration de systèmes IA, audit de conformité algorithmique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Intelligence artificielle et marché du travail ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Impacts sur l&#039;emploi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le rapport McKinsey Global Institute de 2023 estime que l&#039;IA générative pourrait automatiser des tâches représentant l&#039;équivalent de 26 à 29 % du temps de travail dans les économies avancées d&#039;ici 2030. Les emplois les plus exposés comportent une forte composante documentaire et analytique : comptabilité, support client, rédaction juridique, traduction. À l&#039;inverse, les tâches nécessitant l&#039;[[Intelligence émotionnelle|intelligence émotionnelle]], la créativité contextuelle ou une intervention physique en environnements non structurés restent difficiles à automatiser avec les architectures actuelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Forum économique mondial (&#039;&#039;Future of Jobs Report 2023&#039;&#039;) identifie 83 millions d&#039;emplois susceptibles d&#039;être déplacés entre 2023 et 2027, contre 69 millions de postes créés liés aux transitions numérique et écologique, soit un solde net de −14 millions à l&#039;échelle mondiale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Nouvelles compétences et reconversion ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les compétences recherchées dans l&#039;écosystème IA incluent : la science des données (Python, R, SQL), l&#039;ingénierie MLOps (déploiement et supervision de modèles en production), la compréhension des biais algorithmiques et l&#039;éthique des systèmes automatisés. Des certifications délivrées par Google (TensorFlow Developer Certificate), Microsoft (Azure AI Engineer Associate) ou AWS (Machine Learning Specialty), ainsi que des parcours de [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] homologués par des organismes certificateurs, permettent des reconversions en 6 à 18 mois pour des profils sans bagage technique initial.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon LinkedIn (rapport &#039;&#039;Jobs on the Rise 2024&#039;&#039;), les cinq métiers liés à l&#039;IA affichant la croissance la plus rapide sont : ingénieur machine learning, data scientist, ingénieur MLOps, spécialiste en [[Traitement automatique du langage naturel|traitement automatique du langage naturel]] et expert en [[Cybersécurité|cybersécurité]] spécialisé IA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Enjeux éthiques et réglementaires ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Biais algorithmiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les modèles d&#039;IA entraînés sur des données historiques peuvent reproduire et amplifier des discriminations existantes. L&#039;outil COMPAS, utilisé aux États-Unis pour l&#039;évaluation du risque de récidive pénale, a fait l&#039;objet d&#039;une analyse publiée par ProPublica en 2016 démontrant un taux de faux positifs deux fois plus élevé pour les prévenus noirs que blancs. Ces constats ont conduit à l&#039;élaboration de cadres d&#039;évaluation de l&#039;équité algorithmique (&#039;&#039;Fairness, Accountability, Transparency — FAT/ML&#039;&#039;) et à des obligations de documentation des modèles (&#039;&#039;model cards&#039;&#039;, &#039;&#039;datasheets for datasets&#039;&#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Protection des données personnelles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le traitement massif de données personnelles par les systèmes d&#039;IA est encadré par la [[Conformité RGPD|réglementation RGPD]]. L&#039;article 22 du RGPD impose un droit à l&#039;explication pour toute décision automatisée ayant un effet significatif sur une personne physique. L&#039;obligation de conduire une analyse d&#039;impact sur la protection des données (DPIA) s&#039;applique aux traitements à risque élevé faisant appel à des algorithmes d&#039;IA, notamment dans les domaines du recrutement, du crédit et de la santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Règlement européen sur l&#039;IA (AI Act) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Règlement européen sur l&#039;intelligence artificielle]], adopté par le Parlement européen en mars 2024 et entré en vigueur en août 2024, constitue le premier cadre réglementaire contraignant consacré à l&#039;IA au niveau mondial. Il classe les systèmes d&#039;IA en quatre niveaux de risque :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Risque inacceptable&#039;&#039;&#039; (interdit) : notation sociale par les pouvoirs publics, reconnaissance biométrique en temps réel dans les espaces publics (sauf exceptions strictement encadrées).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Risque élevé&#039;&#039;&#039; : recrutement automatisé, octroi de crédit, éducation, sécurité des infrastructures critiques — soumis à des exigences de transparence, de robustesse technique et de supervision humaine.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Risque limité&#039;&#039;&#039; : chatbots et contenus synthétiques (deepfakes) — obligation d&#039;information explicite de l&#039;utilisateur.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Risque minimal&#039;&#039;&#039; : jeux vidéo, filtres anti-spam — pas de contrainte réglementaire spécifique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sanctions prévues atteignent 30 millions d&#039;euros ou 6 % du chiffre d&#039;affaires mondial annuel pour les infractions les plus graves, et 10 millions d&#039;euros ou 2 % pour les manquements aux obligations de documentation et de coopération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Gouvernance internationale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Directive NIS2|directive NIS2]], entrée en vigueur dans l&#039;Union européenne en 2024, encadre indirectement le recours à l&#039;IA dans les secteurs critiques (énergie, transports, santé, finance) en imposant des exigences de sécurité et de notification d&#039;incidents. Aux États-Unis, l&#039;executive order sur l&#039;IA d&#039;octobre 2023 impose des normes de sécurité pour les modèles fondationnels utilisés par les agences fédérales et des évaluations obligatoires pour les systèmes dépassant certains seuils de puissance de calcul (10^26 opérations virgule flottante). Le Royaume-Uni adopte une approche sectorielle, confiant la régulation aux autorités existantes (FCA pour la finance, ICO pour les données, CMA pour la concurrence) plutôt qu&#039;à un régulateur unique dédié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Perspectives ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La recherche en IA se concentre en 2024-2025 sur plusieurs axes prioritaires : l&#039;amélioration de l&#039;efficience énergétique des modèles (l&#039;entraînement de GPT-4 est estimé à plusieurs dizaines de gigawatts-heures), le développement de l&#039;IA multimodale intégrant texte, image, audio et vidéo, la fiabilité et l&#039;alignement des systèmes (réduction des erreurs factuelles et des comportements inattendus), ainsi que la standardisation des pratiques d&#039;évaluation via des &#039;&#039;benchmarks&#039;&#039; reconnus (MMLU, HumanEval, BIG-Bench). L&#039;IA agentique — systèmes capables de planifier et d&#039;exécuter des séquences d&#039;actions autonomes pour atteindre un objectif donné — constitue le chantier technologique le plus actif à l&#039;horizon 2025-2026.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Intelligence artificielle en cybersécurité]]&lt;br /&gt;
* [[Apprentissage automatique]]&lt;br /&gt;
* [[Traitement automatique du langage naturel]]&lt;br /&gt;
* [[Vision par ordinateur]]&lt;br /&gt;
* [[Réseau de neurones artificiels]]&lt;br /&gt;
* [[Règlement européen sur l&#039;intelligence artificielle]]&lt;br /&gt;
* [[Cybersécurité]]&lt;br /&gt;
* [[Conformité RGPD]]&lt;br /&gt;
* [[Formation professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Métiers d&#039;avenir]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Formation professionnelle]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Aide_unique_%C3%A0_l%27apprentissage&amp;diff=934</id>
		<title>Aide unique à l&#039;apprentissage</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Aide_unique_%C3%A0_l%27apprentissage&amp;diff=934"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;L&#039;&#039;&#039;&#039;aide unique à l&#039;apprentissage&#039;&#039;&#039; (AUA) est une aide financière versée aux employeurs qui recrutent un [[Apprenti|apprenti]] dans le cadre d&#039;un [[Contrat d&#039;apprentissage|contrat d&#039;apprentissage]]. Instituée par la [[Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel|loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018]], elle est entrée en vigueur au 1er janvier 2019 et remplace plusieurs dispositifs d&#039;aide à l&#039;embauche préexistants. Son objectif est de simplifier et d&#039;unifier le soutien financier de l&#039;État en faveur de l&#039;[[Alternance|alternance]] par apprentissage pour les entreprises de moins de 250 salariés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Contexte et création ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant la réforme de 2018, le financement de l&#039;apprentissage relevait principalement des conseils régionaux, qui versaient des primes aux employeurs d&#039;apprentis selon des barèmes variables d&#039;une région à l&#039;autre. Plusieurs mécanismes nationaux coexistaient par ailleurs : l&#039;aide TPE jeunes apprentis, réservée aux entreprises de moins de 11 salariés accueillant un apprenti de moins de 18 ans, et divers crédits d&#039;impôt sectoriels. Cette architecture fragmentée nuisait à la lisibilité du dispositif pour les employeurs, en particulier pour les petites structures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel]], promulguée le 5 septembre 2018, engage une réforme structurelle de l&#039;apprentissage. Elle transfère la compétence de financement des régions vers le niveau national, via l&#039;organisme France Compétences, et instaure un système unifié de financement des [[Centre de formation d&#039;apprentis|centres de formation d&#039;apprentis]] (CFA) par les [[OPCO|opérateurs de compétences]] (OPCO). Dans ce cadre, l&#039;aide unique à l&#039;apprentissage est créée pour remplacer l&#039;ensemble des primes précédentes versées aux employeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;AUA s&#039;applique aux contrats d&#039;apprentissage conclus à compter du 1er janvier 2019.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conditions d&#039;éligibilité ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conditions liées à l&#039;employeur ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;AUA est réservée aux employeurs du secteur privé comptant strictement moins de 250 salariés. Les entreprises atteignant ou dépassant ce seuil ne peuvent pas bénéficier du dispositif permanent. Les employeurs du secteur public non industriel et commercial sont également exclus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conditions liées à l&#039;apprenti et à la certification visée ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;aide est conditionnée à la préparation d&#039;un diplôme ou d&#039;un titre à finalité professionnelle d&#039;un niveau inférieur ou égal au niveau 4 du [[Cadre national des certifications professionnelles]]. Ce niveau correspond au baccalauréat professionnel et au brevet de technicien. Le [[Certificat d&#039;aptitude professionnelle|certificat d&#039;aptitude professionnelle]] (CAP), classé au niveau 3, est ainsi éligible, tandis que le [[Brevet de technicien supérieur|brevet de technicien supérieur]] (BTS), classé au niveau 5, ne l&#039;est pas dans le cadre standard de l&#039;AUA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une dérogation est prévue pour les apprentis bénéficiant d&#039;une [[Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé|reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé]] (RQTH) : dans ce cas, l&#039;AUA est accordée quel que soit le niveau de la certification préparée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, l&#039;apprenti doit satisfaire aux conditions générales d&#039;accès au statut d&#039;[[Apprenti|apprenti]], notamment la limite d&#039;âge fixée à 29 ans révolus à la date de signature du contrat, sauf dérogation légale explicite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conditions liées au contrat ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Contrat d&#039;apprentissage|contrat d&#039;apprentissage]] doit être conclu dans le respect du cadre légal fixé par le Code du travail. Il doit être enregistré auprès de l&#039;[[OPCO]] compétent pour la branche professionnelle de l&#039;employeur. Cet enregistrement constitue une condition préalable au déclenchement du versement de l&#039;aide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Montants et modalités de versement ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;AUA est versée mensuellement par l&#039;[[Agence de services et de paiement]] (ASP), opérateur mandaté par l&#039;État. Les montants annuels sont dégressifs selon l&#039;année du contrat :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Montants annuels de l&#039;aide unique à l&#039;apprentissage&lt;br /&gt;
! Année du contrat !! Montant annuel !! Mensualité approximative&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Première année || 4 125 € || 343 €&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Deuxième année || 2 000 € || 166 €&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Troisième année || 1 200 € || 100 €&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Quatrième année (si applicable) || 1 200 € || 100 €&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de rupture anticipée du [[Contrat d&#039;apprentissage|contrat d&#039;apprentissage]], le versement cesse à la date de rupture. En cas de suspension du contrat pour cause de maladie, de congé maternité ou d&#039;accident du travail, les modalités de maintien ou d&#039;interruption de l&#039;aide sont fixées par les textes réglementaires en vigueur. L&#039;aide est versée directement à l&#039;employeur ; elle ne transite ni par le [[Centre de formation d&#039;apprentis|CFA]] ni par l&#039;[[OPCO]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procédure de demande ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;AUA ne nécessite pas de démarche administrative spécifique de la part de l&#039;employeur. La dématérialisation instaurée par la réforme de 2018 prévoit que le dépôt du contrat d&#039;apprentissage auprès de l&#039;OPCO déclenche automatiquement l&#039;instruction du dossier. Le processus se déroule en plusieurs étapes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# L&#039;employeur et l&#039;apprenti signent le contrat d&#039;apprentissage ; un [[Maître d&#039;apprentissage|maître d&#039;apprentissage]] est désigné au sein de l&#039;entreprise.&lt;br /&gt;
# Le contrat est transmis à l&#039;[[OPCO]] compétent pour enregistrement, dans un délai de cinq jours ouvrables suivant la date de début d&#039;exécution du contrat.&lt;br /&gt;
# L&#039;OPCO vérifie la conformité du dossier et transmet les informations à l&#039;[[Agence de services et de paiement]] (ASP).&lt;br /&gt;
# L&#039;ASP instruit la demande, contrôle les conditions d&#039;éligibilité et, le cas échéant, déclenche les versements mensuels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;employeur peut suivre l&#039;état de ses versements via le portail &#039;&#039;sylaé&#039;&#039; (Système dématérialisé de la liste des apprentis et de leurs employeurs), plateforme numérique dédiée à la gestion administrative de l&#039;apprentissage, accessible en ligne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aide exceptionnelle à l&#039;apprentissage (2020-2022) ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le contexte de la crise économique liée à la pandémie de Covid-19, le gouvernement a instauré par le décret n° 2020-1085 du 24 août 2020 une [[Aide exceptionnelle à l&#039;apprentissage|aide exceptionnelle à l&#039;apprentissage]] qui s&#039;est substituée temporairement à l&#039;AUA pour les contrats conclus à compter du 1er juillet 2020. Ce dispositif exceptionnel se distinguait de l&#039;AUA sur plusieurs points :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Il s&#039;appliquait à tous les employeurs, quelle que soit leur taille, y compris les entreprises de 250 salariés et plus.&lt;br /&gt;
* Il couvrait tous les niveaux de certification, sans plafond au niveau 4.&lt;br /&gt;
* Les montants étaient nettement supérieurs : 5 000 € pour les apprentis mineurs et 8 000 € pour les apprentis âgés de 18 ans et plus, pour la première année du contrat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce dispositif a produit un effet substantiel sur le volume des entrées en apprentissage : 526 000 nouveaux contrats ont été enregistrés en 2021, soit une hausse de plus de 40 % par rapport aux 369 000 contrats de 2019. L&#039;aide exceptionnelle a été reconduite et progressivement ajustée entre 2021 et 2023, avant d&#039;être normalisée dans le cadre de révisions successives du financement de l&#039;alternance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articulation avec les autres aides à la formation et à l&#039;emploi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;AUA s&#039;inscrit dans un ensemble plus large de dispositifs de [[Financement de la formation professionnelle|financement de la formation professionnelle]] et d&#039;aide à l&#039;[[Alternance|alternance]] :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Les employeurs cumulent l&#039;AUA avec les exonérations spécifiques de cotisations sociales applicables aux contrats d&#039;apprentissage, qui constituent un avantage financier distinct calculé sur la rémunération de l&#039;apprenti.&lt;br /&gt;
* Le [[Plan de développement des compétences|plan de développement des compétences]] permet aux entreprises de financer la montée en compétences de leurs salariés, en parallèle du recours à l&#039;apprentissage.&lt;br /&gt;
* Le [[Compte personnel de formation|compte personnel de formation]] (CPF) peut financer des formations complémentaires pour l&#039;apprenti, en dehors du temps consacré au contrat.&lt;br /&gt;
* Des aides régionales peuvent, selon les territoires et les politiques en vigueur, s&#039;ajouter à l&#039;AUA pour des publics ou secteurs prioritaires, notamment pour favoriser la mobilité géographique via l&#039;[[Aide à la mobilité formation|aide à la mobilité formation]].&lt;br /&gt;
* Les apprentis bénéficiant d&#039;une [[Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé|RQTH]] peuvent obtenir des accompagnements et aides complémentaires via [[Cap emploi]].&lt;br /&gt;
* Les jeunes en recherche d&#039;un employeur pour un contrat d&#039;apprentissage peuvent être orientés par la [[Mission locale|mission locale]] ou accompagnés par un [[Conseiller en évolution professionnelle|conseiller en évolution professionnelle]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Rôle des acteurs ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Acteurs impliqués dans le dispositif AUA&lt;br /&gt;
! Acteur !! Rôle dans le dispositif&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Employeur || Signe le contrat, désigne le [[Maître d&#039;apprentissage|maître d&#039;apprentissage]], perçoit l&#039;aide&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Apprenti]] || Bénéficiaire indirect ; ses caractéristiques (âge, niveau de certification, RQTH) déterminent l&#039;éligibilité&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[OPCO]] || Enregistre le contrat d&#039;apprentissage, transmet les données à l&#039;ASP&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Agence de services et de paiement]] (ASP) || Instruit les dossiers, contrôle l&#039;éligibilité et verse l&#039;aide à l&#039;employeur&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Centre de formation d&#039;apprentis|CFA]] || Assure la formation théorique de l&#039;apprenti ; n&#039;intervient pas dans le versement de l&#039;AUA&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[France Travail]] || Accompagnement des demandeurs d&#039;emploi souhaitant entrer en apprentissage (rôle indirect)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Impact sur le développement de l&#039;apprentissage ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mise en place de l&#039;AUA au 1er janvier 2019, combinée aux réformes structurelles de la loi du 5 septembre 2018, a coïncidé avec une progression notable des entrées en apprentissage. Selon les données de la Direction de l&#039;animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) et de la Direction générale de l&#039;emploi et de la formation professionnelle (DGEFP), le nombre de nouveaux contrats enregistrés est passé de 223 000 en 2018 à 353 000 en 2019, soit une progression de 58 % en une année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La simplification administrative introduite par la réforme — notamment la suppression de l&#039;obligation d&#039;effectuer des démarches auprès de plusieurs organismes distincts — a été identifiée comme un facteur favorable à cette progression. Les entreprises de moins de 50 salariés, cibles principales de l&#039;AUA, représentent chaque année plus de 40 % des employeurs d&#039;apprentis en France métropolitaine et dans les départements d&#039;outre-mer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La forte croissance des entrées en apprentissage constatée entre 2019 et 2022, portée notamment par l&#039;aide exceptionnelle, a conduit à s&#039;interroger sur la soutenabilité budgétaire du dispositif à long terme. Le coût de l&#039;ensemble des aides à l&#039;embauche en alternance représentait plusieurs milliards d&#039;euros par an à partir de 2021, suscitant des discussions sur le recentrage des aides vers les niveaux de qualification inférieurs ou vers des publics prioritaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Contrat d&#039;apprentissage]]&lt;br /&gt;
* [[Apprenti]]&lt;br /&gt;
* [[Alternance]]&lt;br /&gt;
* [[Centre de formation d&#039;apprentis]]&lt;br /&gt;
* [[Maître d&#039;apprentissage]]&lt;br /&gt;
* [[OPCO]]&lt;br /&gt;
* [[Financement de la formation professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Formation professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Compte personnel de formation]]&lt;br /&gt;
* [[Certificat d&#039;aptitude professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Brevet de technicien supérieur]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Financement de la formation]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Service_public_r%C3%A9gional_de_l%27orientation&amp;diff=933</id>
		<title>Service public régional de l&#039;orientation</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Service_public_r%C3%A9gional_de_l%27orientation&amp;diff=933"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Le &#039;&#039;&#039;Service public régional de l&#039;orientation&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;&#039;SPRO&#039;&#039;&#039;) est un dispositif français institué par la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l&#039;emploi et à la démocratie sociale. Il coordonne, sous l&#039;autorité des [[Conseil régional|conseils régionaux]], l&#039;ensemble des acteurs publics et parapublics chargés de délivrer des services d&#039;orientation professionnelle sur un territoire régional. Son objectif est de garantir à tout individu — salarié, demandeur d&#039;emploi ou inactif — un accès gratuit à une information de qualité et à un accompagnement personnalisé dans la construction de son [[Projet professionnel|projet professionnel]]. La réforme de 2018 a renforcé son architecture en distinguant les opérateurs nationaux des opérateurs de proximité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Contexte et cadre législatif ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Loi du 5 mars 2014 ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant 2014, l&#039;orientation professionnelle des adultes relevait en France d&#039;une vingtaine d&#039;acteurs distincts — [[France Travail|Pôle emploi]] (devenu [[France Travail]] en 2024), [[Mission locale|missions locales]], [[Cap emploi]], centres d&#039;information et d&#039;orientation de l&#039;Éducation nationale, organismes consulaires — sans cadre de coordination territorial formalisé. La loi du 5 mars 2014, portée par le ministre du Travail Michel Sapin, a mis fin à cette fragmentation en confiant aux [[Conseil régional|conseils régionaux]] la compétence d&#039;organiser le service public régional de l&#039;orientation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Concrètement, la loi a imposé aux régions de :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* définir une liste d&#039;opérateurs labellisés sur leur territoire ;&lt;br /&gt;
* adopter une charte régionale de qualité opposable aux opérateurs ;&lt;br /&gt;
* assurer la continuité des parcours entre les différents opérateurs par des mécanismes de coorientation ;&lt;br /&gt;
* rendre compte annuellement au Conseil national de l&#039;emploi, de la formation et de l&#039;orientation professionnelles (CNEFOP).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Réforme issue de la loi de 2018 ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel|loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel]] du 5 septembre 2018 a profondément reconfiguré le SPRO. Elle a étendu l&#039;accès au [[Compte personnel de formation]] (CPF) et consolidé le [[Projet de transition professionnelle|projet de transition professionnelle]] (PTP), deux outils directement articulés avec les services d&#039;orientation. Elle a également distingué deux périmètres pour le [[Conseiller en évolution professionnelle|conseil en évolution professionnelle]] (CEP) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Opérateurs régionaux&#039;&#039;&#039; : [[France Travail]], [[Mission locale|missions locales]] et [[Cap emploi]], chargés des demandeurs d&#039;emploi, des jeunes et des travailleurs handicapés ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Opérateurs nationaux&#039;&#039;&#039; : sélectionnés par appel d&#039;offres pour les salariés du secteur privé (quatre opérateurs désignés en 2019, reconfigurés à partir de 2020 — ATpro, Cléa, Uniformation et FPSPP restructurés).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette bipartition a clarifié les responsabilités financières entre l&#039;État, les régions et les branches professionnelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Missions et objectifs ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le SPRO remplit trois fonctions complémentaires :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Information&lt;br /&gt;
: Accès à une documentation actualisée sur les [[Métiers d&#039;avenir|métiers porteurs]], les certifications, les voies d&#039;accès à la [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] et les perspectives du marché de l&#039;emploi régional, notamment pour les [[Métiers en tension|métiers en tension]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Conseil&lt;br /&gt;
: Entretiens individuels permettant à la personne de clarifier sa situation, d&#039;identifier ses [[Compétences transférables|compétences transférables]] et de formuler un projet d&#039;orientation réaliste tenant compte des réalités du territoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Accompagnement&lt;br /&gt;
: Suivi de parcours pouvant mobiliser un [[Bilan de compétences|bilan de compétences]], une [[Validation des acquis de l&#039;expérience|validation des acquis de l&#039;expérience]] (VAE), le [[Compte personnel de formation]] (CPF) ou une [[Reconversion professionnelle|reconversion professionnelle]] complète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces missions s&#039;adressent à tout actif de plus de 16 ans, sans condition de statut ou d&#039;ancienneté dans l&#039;emploi. La gratuité est garantie par la loi pour l&#039;ensemble des prestations de premier niveau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Gouvernance ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rôle des conseils régionaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Conseil régional|conseils régionaux]] des dix-huit [[Région (France)|régions françaises]] (treize régions métropolitaines et cinq régions d&#039;outre-mer) sont l&#039;autorité organisatrice du SPRO. À ce titre, ils labellisent les opérateurs, définissent les critères de qualité régionaux, financent les structures du réseau et pilotent la coordination avec le [[CARIF-OREF]] pour la production de données emploi-formation régionales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[CARIF-OREF]] joue un rôle transversal : il centralise les données sur l&#039;offre de formation, publie des études prospectives sur les [[Métiers d&#039;avenir|métiers d&#039;avenir]] et les [[Métiers en tension|métiers en tension]] du territoire, et alimente les outils d&#039;aide à la décision utilisés par les conseillers du réseau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Articulation avec les services de l&#039;État ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[DREETS]] (Direction régionale de l&#039;économie, de l&#039;emploi, du travail et des solidarités) assure la cohérence entre la politique nationale de l&#039;emploi et les priorités régionales du SPRO. Elle contrôle les subventions versées à certains opérateurs et valide les chartes régionales avant leur entrée en vigueur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Pacte régional d&#039;investissement dans les compétences]] (PRIC), co-piloté par l&#039;État et les régions dans le cadre du Plan d&#039;investissement dans les compétences (PIC 2018-2022), a mobilisé 13,6 milliards d&#039;euros sur la période pour financer des formations et des actions d&#039;orientation, en ciblant prioritairement les demandeurs d&#039;emploi peu ou pas qualifiés et les jeunes décrocheurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Opérateurs du SPRO ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La liste des opérateurs labellisés varie selon les régions. Les structures suivantes sont présentes dans la quasi-totalité des territoires régionaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable sortable&amp;quot;&lt;br /&gt;
! Opérateur !! Public prioritaire !! Nature juridique&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[France Travail]] || Demandeurs d&#039;emploi inscrits || Établissement public administratif&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Mission locale]] || Jeunes de 16 à 25 ans (insertion sociale et professionnelle) || Association (réseau de 436 structures en 2023)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Cap emploi]] || Personnes en situation de handicap || Association (réseau CHEOPS/Agefiph)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Centre d&#039;information et d&#039;orientation]] (CIO) || Élèves, étudiants, adultes en réorientation || Service public (Éducation nationale)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[APEC]] || Cadres et jeunes diplômés bac +4 et plus || Association paritaire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Chambre de commerce et d&#039;industrie]] || Créateurs d&#039;entreprise, actifs du secteur marchand || Établissement public à caractère industriel et commercial&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour obtenir le label SPRO, chaque opérateur signe la charte régionale et s&#039;engage sur la qualification de ses conseillers, la neutralité du conseil, la gratuité du premier accueil et la traçabilité des parcours. Le label est révisable annuellement et peut être retiré en cas de non-conformité constatée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le conseil en évolution professionnelle ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Conseiller en évolution professionnelle|conseil en évolution professionnelle]] (CEP) est la prestation centrale du SPRO. Accessible à tout actif de plus de 16 ans sans condition de statut, il s&#039;articule en trois niveaux progressifs :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Accueil et information&#039;&#039;&#039; : premier entretien pour identifier la demande et informer sur les droits et dispositifs disponibles ([[Compte personnel de formation|CPF]], [[Validation des acquis de l&#039;expérience|VAE]], [[Projet de transition professionnelle|PTP]], [[Alternance|alternance]]).&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Conseil personnalisé&#039;&#039;&#039; : analyse approfondie du parcours professionnel, identification des [[Compétences transférables|compétences transférables]] et co-construction d&#039;un [[Projet professionnel|projet professionnel]] ou d&#039;un plan de [[Mobilité professionnelle|mobilité professionnelle]].&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Accompagnement à la mise en œuvre&#039;&#039;&#039; : montage de dossiers, recherche de financement via l&#039;[[Aide régionale à la formation|aide régionale à la formation]] ou l&#039;[[Aide à la formation France Travail|aide à la formation France Travail]], et suivi jusqu&#039;à l&#039;entrée en formation ou en emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La durée moyenne d&#039;un accompagnement CEP complet est estimée à trois à six entretiens sur une période de trois à douze mois. Les entretiens sont réalisables en présentiel ou à distance, selon les modalités définies par chaque opérateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Publics visés ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le SPRO segmente ses actions selon les catégories de bénéficiaires :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Jeunes sans qualification&#039;&#039;&#039; : priorité absolue du dispositif, orientés vers les [[Mission locale|missions locales]] et les [[Centre d&#039;information et d&#039;orientation|CIO]] ; ils bénéficient des dispositifs d&#039;insertion spécifiques tels que le [[Contrat d&#039;apprentissage|contrat d&#039;apprentissage]] ou l&#039;[[Alternance|alternance]].&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Demandeurs d&#039;emploi&#039;&#039;&#039; : accompagnés par [[France Travail]] avec prescription possible vers une [[Formation continue|formation continue]] financée par la [[Rémunération de formation France Travail|rémunération de formation France Travail]] ou une aide exceptionnelle mobilisant l&#039;[[Allocation de retour à l&#039;emploi|allocation de retour à l&#039;emploi]].&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Salariés en activité&#039;&#039;&#039; : accès au CEP hors temps de travail, notamment dans le cadre d&#039;une [[Reconversion professionnelle|reconversion professionnelle]] ou d&#039;une [[Orientation professionnelle tardive|orientation professionnelle tardive]] après 45 ans.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Personnes en situation de handicap&#039;&#039;&#039; : [[Cap emploi]] assure un accompagnement spécialisé intégrant les contraintes d&#039;[[Employabilité|employabilité]] liées au handicap.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Salariés en rupture de contrat&#039;&#039;&#039; : peuvent solliciter un CEP immédiatement après un licenciement, en parallèle des démarches d&#039;inscription et d&#039;indemnisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Financement ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le financement du SPRO repose sur plusieurs sources complémentaires :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Régions&#039;&#039;&#039; : principale source de financement pour les structures associatives du réseau et les actions d&#039;orientation à destination des demandeurs d&#039;emploi et des jeunes ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;État&#039;&#039;&#039; : dotations aux opérateurs nationaux ([[France Travail]], [[Cap emploi]]) et cofinancement via le [[Pacte régional d&#039;investissement dans les compétences]] ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[France compétences]]&#039;&#039;&#039; : régulateur créé en 2019, il redistribue une partie des fonds de la taxe d&#039;apprentissage et des contributions à la [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] vers les dispositifs d&#039;orientation régionaux ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[Chambre de commerce et d&#039;industrie|Chambres de commerce et d&#039;industrie]]&#039;&#039;&#039; : cofinancement d&#039;actions ciblées sur les créateurs d&#039;entreprise, les artisans et les actifs du secteur marchand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Plan de développement des compétences]], obligatoire pour les entreprises de cinquante salariés et plus, peut également inclure des actions d&#039;orientation financées directement par l&#039;employeur dans le cadre d&#039;une démarche GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Modalités d&#039;accès ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;accès au SPRO s&#039;effectue selon trois canaux principaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;En présentiel&#039;&#039;&#039; : agences [[France Travail]], [[Mission locale|missions locales]], [[Cap emploi]], [[Centre d&#039;information et d&#039;orientation|CIO]], [[APEC]] ou toute structure labellisée par le [[Conseil régional|conseil régional]] compétent ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;À distance&#039;&#039;&#039; : via la plateforme nationale Mon CEP (moncompteformation.gouv.fr) ou les portails régionaux d&#039;orientation déployés par certaines régions ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Par orientation directe&#039;&#039;&#039; : depuis un employeur, un médecin du travail ou une [[Chambre de commerce et d&#039;industrie|chambre de commerce et d&#039;industrie]] lors d&#039;une procédure de plan de sauvegarde de l&#039;emploi ou d&#039;une déclaration d&#039;inaptitude au poste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier entretien est réalisable sans rendez-vous préalable dans la plupart des structures labellisées. Aucun justificatif de statut n&#039;est requis pour le premier accueil ; l&#039;identité et la situation professionnelle sont recueillies lors de l&#039;entretien lui-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Évaluation et limites ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs rapports institutionnels ont évalué la mise en œuvre du SPRO depuis 2014. Le rapport de la Cour des comptes publié en 2020 sur l&#039;orientation professionnelle relevait que moins de 40 % des actifs connaissaient l&#039;existence du CEP, et que les inégalités territoriales dans la densité du réseau labellisé restaient marquées : certaines régions avaient déployé des plateformes numériques mutualisées et des chartes ambitieuses, d&#039;autres peinaient à couvrir l&#039;ensemble de leur territoire, notamment dans les zones rurales et les départements d&#039;outre-mer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi les limites structurelles identifiées dans ces travaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* La multiplicité des interlocuteurs — une dizaine d&#039;opérateurs en moyenne par région — génère une confusion pour les usagers non initiés au paysage institutionnel ;&lt;br /&gt;
* L&#039;absence de consolidation nationale des indicateurs de performance rend difficile toute comparaison interrégionale systématique ;&lt;br /&gt;
* La formation continue des conseillers d&#039;orientation n&#039;est pas harmonisée, entraînant des écarts de qualité entre structures et entre régions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des rapports parlementaires publiés en 2022 et 2023 ont préconisé la création d&#039;un portail national unique d&#039;entrée dans le SPRO, articulé avec le [[Compte personnel de formation]] et le portail numérique des droits sociaux, afin de réduire ces inégalités d&#039;accès.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Orientation professionnelle tardive]]&lt;br /&gt;
* [[Conseiller en évolution professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Bilan de compétences]]&lt;br /&gt;
* [[Validation des acquis de l&#039;expérience]]&lt;br /&gt;
* [[Reconversion professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Compte personnel de formation]]&lt;br /&gt;
* [[Projet de transition professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[France Travail]]&lt;br /&gt;
* [[Mission locale]]&lt;br /&gt;
* [[CARIF-OREF]]&lt;br /&gt;
* [[DREETS]]&lt;br /&gt;
* [[Formation professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Aide régionale à la formation]]&lt;br /&gt;
* [[Cap emploi]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Formation professionnelle]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=SAFER&amp;diff=932</id>
		<title>SAFER</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=SAFER&amp;diff=932"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;SAFER&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;&#039;Société d&#039;Aménagement Foncier et d&#039;Établissement Rural&#039;&#039;&#039;) est un organisme à but non lucratif de droit privé, placé sous la double tutelle des ministères chargés de l&#039;Agriculture et des Finances. Créée par la [[Loi d&#039;orientation agricole de 1960|loi d&#039;orientation agricole du 5 août 1960]], elle intervient sur le [[Foncier agricole|marché foncier agricole et forestier]] en France afin de réguler les transactions portant sur les terres et les exploitations rurales. Dotée du [[Droit de préemption|droit de préemption]] sur les ventes de biens ruraux, elle contrôle l&#039;affectation des terres et favorise l&#039;[[Installation agricole|installation agricole]], notamment des jeunes exploitants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Histoire et création ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La SAFER est issue de la politique de modernisation agraire engagée sous la V{{e}} République. La [[Loi d&#039;orientation agricole de 1960|loi d&#039;orientation agricole du 5 août 1960]], adoptée sous le gouvernement de Michel Debré, répondait à deux constats : la fragmentation excessive du parcellaire agricole français héritée des successions et le vieillissement accéléré de la population exploitante. Le législateur a choisi de créer des structures régionales dotées de la personnalité juridique, capables d&#039;acheter des terres, de les aménager et de les rétrocéder à des exploitants sélectionnés selon des critères définis par l&#039;État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première SAFER opérationnelle a vu le jour en Seine-et-Marne en 1962. Le réseau s&#039;est ensuite étendu progressivement à l&#039;ensemble du territoire métropolitain, puis aux départements d&#039;outre-mer. La loi du 8 novembre 1965 a renforcé les prérogatives du réseau en instituant un [[Droit de préemption|droit de préemption]] général sur toutes les ventes de biens ruraux dépassant un seuil de surface fixé par arrêté préfectoral.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi d&#039;avenir pour l&#039;agriculture, l&#039;alimentation et la forêt du 13 octobre 2014 a élargi les missions des SAFER en intégrant explicitement la protection de l&#039;environnement et la lutte contre l&#039;artificialisation des sols. La loi Sempastous du 23 juin 2021 a ensuite institué un mécanisme de contrôle partiel sur les cessions de parts sociales de sociétés agricoles, comblant partiellement un angle mort historique du dispositif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Organisation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Structure nationale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le réseau SAFER comprend, en 2025, 16 SAFER régionales couvrant l&#039;ensemble du territoire métropolitain et ultramarin. Elles sont fédérées au sein de la Fédération nationale des SAFER (FNSafer), association loi 1901 fondée en 1963, dont le siège social est à Paris. La FNSafer assure la coordination du réseau, le suivi statistique des marchés fonciers et la représentation institutionnelle auprès des pouvoirs publics nationaux et européens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaque SAFER régionale est gouvernée par un conseil d&#039;administration composé de représentants des organisations professionnelles agricoles ([[Chambre d&#039;agriculture|Chambres d&#039;agriculture]], syndicats agricoles), des collectivités territoriales, de l&#039;État (commissaires du gouvernement représentant les deux ministères de tutelle) et d&#039;associations environnementales. Les commissaires du gouvernement disposent d&#039;un droit de veto suspensif sur les décisions portant sur l&#039;exercice du [[Droit de préemption|droit de préemption]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Effectifs et moyens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le réseau emploie environ 1 400 salariés répartis dans les structures régionales. Les conseillers fonciers interviennent sur un périmètre géographique défini — le plus souvent le département — en lien étroit avec les [[Chambre d&#039;agriculture|Chambres d&#039;agriculture]] et les collectivités locales. Les SAFER ne perçoivent pas de subvention de fonctionnement de l&#039;État : elles financent leurs activités par une marge prélevée lors des rétrocessions (plafonnée par arrêté ministériel) et par des prestations de services (études foncières, conseil, [[Portage foncier|portage foncier]] pour le compte de tiers).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Missions et compétences ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Régulation du marché foncier ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mission centrale des SAFER consiste à surveiller et à orienter les transactions portant sur le [[Foncier agricole|foncier agricole et forestier]]. Tout vendeur d&#039;un bien rural est légalement tenu de notifier la SAFER compétente avant toute cession (déclaration préalable d&#039;aliéner, DPA). La SAFER dispose alors d&#039;un délai de deux mois pour décider d&#039;exercer son [[Droit de préemption|droit de préemption]], laisser la transaction se réaliser librement ou formuler une contre-proposition de prix si elle estime le prix excessif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2022, les SAFER ont été notifiées de plus de 100 000 projets de cession représentant environ 450 000 hectares. Elles ont exercé leur droit de préemption sur environ 4 000 dossiers, soit un taux d&#039;intervention d&#039;environ 4 % en nombre de transactions. Ce taux de sélectivité traduit le rôle dissuasif du dispositif autant que son rôle actif dans la régulation foncière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Installation agricole ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Installation agricole|installation de nouveaux agriculteurs]] constitue l&#039;une des priorités légales du réseau. Lors d&#039;une rétrocession, la SAFER sélectionne le bénéficiaire en appliquant une grille de critères définis par arrêté préfectoral : âge, formation, viabilité économique du projet, adéquation avec les orientations agricoles locales. Le [[Brevet professionnel responsable d&#039;exploitation agricole|BPREA]] figure parmi les qualifications valorisées lors de l&#039;examen des candidatures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les SAFER proposent également des dispositifs de [[Portage foncier|portage foncier]] : elles acquièrent des terres pour le compte d&#039;un candidat à l&#039;[[Installation agricole|installation]] et les lui rétrocèdent à l&#039;issue d&#039;une période de 5 à 10 ans. Ce mécanisme permet de différer la charge d&#039;investissement foncier au moment où l&#039;exploitation n&#039;est pas encore en capacité d&#039;absorber une acquisition directe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cadre des Espaces Test Agricoles, des partenariats locaux entre SAFER, [[Chambre d&#039;agriculture|Chambres d&#039;agriculture]] et organismes de [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] permettent à des porteurs de projet de tester une activité sur des parcelles portées par la SAFER avant de s&#039;installer définitivement. Cette phase de test, d&#039;une durée de 1 à 3 ans, se combine souvent avec la préparation du [[BPREA]] ou d&#039;un autre [[Titre professionnel|titre professionnel]] agricole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Gestion environnementale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la loi de 2014, les SAFER sont habilitées à intervenir pour préserver des terres à vocation écologique (zones humides, bocages, espaces naturels sensibles), même en l&#039;absence de projet agricole direct. Elles peuvent rétrocéder à des collectivités territoriales, à des associations de protection de l&#039;environnement ou à des gestionnaires d&#039;espaces naturels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le réseau joue un rôle croissant dans le développement de l&#039;[[Agroécologie|agroécologie]] en orientant des parcelles vers des porteurs de projets en [[Agriculteur biologique|agriculture biologique]], en [[Sylviculture|sylviculture durable]], en [[Viticulture|viticulture]] raisonnée ou en [[Maraîchage|maraîchage]] diversifié. Certaines rétrocessions incluent des clauses contractuelles de maintien en agriculture biologique pendant une durée minimale, généralement fixée à 10 ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Observatoire du marché foncier ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La FNSafer publie chaque année un observatoire du marché foncier rural qui constitue la référence statistique exhaustive sur les transactions de terres agricoles en France. En 2022, le prix moyen des terres labourables en France métropolitaine s&#039;établissait à 6 070 €/ha, avec des écarts régionaux marqués : de 1 700 €/ha en Lozère à plus de 12 000 €/ha en Île-de-France. Le prix des vignes présentait une dispersion encore plus forte, atteignant 200 000 €/ha dans certaines appellations champenoises ou bourguignonnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procédures ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Déclaration préalable d&#039;aliéner ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toute cession à titre onéreux d&#039;un bien agricole, forestier ou naturel est soumise à la procédure de déclaration préalable d&#039;aliéner (DPA). Le notaire en charge de la transaction notifie la SAFER compétente par voie dématérialisée via le portail Télé@ctis, opérationnel depuis 2018. La DPA mentionne l&#039;identité du vendeur et de l&#039;acquéreur pressenti, la description cadastrale du bien (surface, nature des parcelles, références cadastrales), le prix et les conditions de la cession. Les biens dont la surface est inférieure au seuil départemental fixé par arrêté préfectoral sont exemptés de cette procédure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La SAFER dispose de deux mois à compter de la réception de la DPA pour exercer son [[Droit de préemption|droit de préemption]], laisser le délai expirer ou formuler une offre à un prix inférieur. En cas de désaccord sur le prix, le tribunal judiciaire compétent peut être saisi pour fixer la valeur vénale du bien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Exercice du droit de préemption ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque la SAFER exerce son [[Droit de préemption|droit de préemption]], elle se substitue à l&#039;acquéreur pressenti et procède à l&#039;acquisition du bien à sa valeur de marché. Elle sélectionne ensuite le ou les bénéficiaires parmi les candidatures reçues. Les bénéficiaires peuvent être un agriculteur candidat à l&#039;[[Installation agricole|installation]] ou à l&#039;agrandissement de son exploitation, une collectivité territoriale pour un usage d&#039;intérêt général, ou un organisme de gestion des espaces naturels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rétrocession doit intervenir dans un délai maximal de cinq ans à compter de l&#039;acquisition. Durant la période de portage, la SAFER peut mettre le bien en location par bail rural. Si aucun candidat satisfaisant les critères définis n&#039;est identifié dans ce délai, la SAFER est tenue de revendre le bien aux conditions du marché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cession-bail ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Cession-bail|cession-bail]] (&#039;&#039;leaseback&#039;&#039; agricole) est un outil complémentaire du [[Portage foncier|portage foncier]] : un exploitant cède ses terres à la SAFER, qui lui consent immédiatement un bail rural d&#039;une durée de 9 à 18 ans. L&#039;exploitant conserve ainsi l&#039;usage de ses terres tout en dégageant des liquidités, par exemple pour financer une transition vers l&#039;[[Agriculteur biologique|agriculture biologique]] ou moderniser ses équipements. À l&#039;issue du bail, il dispose généralement d&#039;un droit prioritaire de rachat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Formation, reconversion et parcours d&#039;installation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conseil et orientation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La SAFER est un interlocuteur structurant pour les personnes engagées dans une reconversion professionnelle vers l&#039;agriculture. Elle ne dispense pas directement de [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] mais oriente les candidats vers les structures compétentes : [[Chambre d&#039;agriculture|Chambres d&#039;agriculture]], [[Lycée agricole|lycées agricoles]], [[Institut Agro]], [[AgroParisTech]] et [[Agrocampus Ouest]]. Elle collabore également avec des [[Conseiller agricole|conseillers agricoles]] indépendants qui accompagnent les porteurs de projet dans la formalisation de leur plan d&#039;exploitation et de leur plan de financement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les candidats à l&#039;installation peuvent mobiliser leur [[Compte personnel de formation|Compte personnel de formation (CPF)]] pour financer des formations certifiantes relatives à la gestion foncière, à la comptabilité agricole ou à la conduite d&#039;exploitation. Les certifications éligibles sont référencées sur le catalogue de [[France compétences|France Compétences]]. Les dispositifs de [[Financement de la formation|financement de la formation]] varient selon le statut professionnel : VIVEA pour les non-salariés agricoles, FAFSEA pour les salariés du secteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Transmission et mentorat ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La SAFER collabore avec les répertoires Départ-Installation (RDI) animés par les [[Chambre d&#039;agriculture|Chambres d&#039;agriculture]] pour mettre en relation des cédants souhaitant transmettre leur exploitation et des candidats repreneurs. Cette mise en relation s&#039;inscrit dans la démarche de [[Transmission des savoirs professionnels|transmission des savoirs professionnels]] entre générations d&#039;agriculteurs. Certaines SAFER régionales animent des programmes de [[Mentorat professionnel|mentorat professionnel]] associant un exploitant expérimenté à un porteur de projet pendant la phase de transition, sur une durée de 12 à 24 mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Partenaires institutionnels ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les SAFER s&#039;inscrivent dans un réseau dense d&#039;acteurs publics et parapublics :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Partenaire !! Rôle dans la relation avec les SAFER&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Chambre d&#039;agriculture|Chambres d&#039;agriculture]] || Représentation au conseil d&#039;administration ; animation des répertoires Départ-Installation ; coévaluation des candidats à la rétrocession&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Ministère de l&#039;Agriculture et de la Souveraineté alimentaire || Tutelle principale ; fixation des taux de marge réglementés ; approbation des programmes fonciers régionaux&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Ministère de l&#039;Économie et des Finances || Cotutelle ; avis sur les opérations à fort enjeu financier&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Agence de services et de paiement (ASP) || Versement de la dotation jeune agriculteur (DJA) sur les dossiers instruits en lien avec une rétrocession SAFER&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Conservatoire du littoral || Rétrocession de biens acquis en zones littorales et lacustres sensibles&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Conseiller agricole|Conseillers agricoles]] || Évaluation de la viabilité des projets présentés par les candidats à l&#039;attribution foncière&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites et critiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fonctionnement des SAFER suscite des critiques récurrentes sur le plan juridique et institutionnel. Les juridictions administratives ont à plusieurs reprises sanctionné des exercices de [[Droit de préemption|préemption]] jugés abusifs ou insuffisamment motivés par un intérêt agricole avéré. La Cour des comptes, dans son rapport thématique de 2014 intitulé &#039;&#039;Les SAFER : un outil à mieux piloter&#039;&#039;, a relevé un manque de transparence dans les procédures de sélection des bénéficiaires et recommandé le renforcement du contrôle exercé par les commissaires du gouvernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée en puissance des sociétés agricoles (GAEC, EARL, SAS agricoles) a longtemps constitué un angle mort réglementaire : les cessions de parts sociales de sociétés détenant du [[Foncier agricole|foncier agricole]] n&#039;étaient pas soumises au [[Droit de préemption|droit de préemption]], permettant des transferts de propriété effectifs sans notification à la SAFER. La loi Sempastous du 23 juin 2021 a institué un mécanisme de contrôle applicable aux prises de contrôle dépassant un seuil de surface fixé par département, mais son périmètre d&#039;application reste jugé insuffisant par plusieurs organisations syndicales agricoles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, la pression foncière dans les zones périurbaines et viticoles engendre des situations de concurrence entre usage agricole et usage résidentiel ou touristique dans lesquelles la capacité financière des SAFER peut se trouver dépassée par des acquéreurs privés ou institutionnels disposant de moyens supérieurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Agriculture]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Organismes agricoles en France]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Foncier agricole]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Métiers de l&#039;agriculture]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=D%C3%A9lai_raisonnable&amp;diff=931</id>
		<title>Délai raisonnable</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=D%C3%A9lai_raisonnable&amp;diff=931"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Le &#039;&#039;&#039;délai raisonnable&#039;&#039;&#039; est un principe fondamental du droit processuel selon lequel toute procédure judiciaire ou administrative doit être conduite dans un laps de temps proportionné à la nature de l&#039;affaire et aux enjeux pour les parties. Consacré par l&#039;[[Article 6 de la Convention européenne des droits de l&#039;homme|article 6 de la Convention européenne des droits de l&#039;homme]], il constitue l&#039;une des garanties essentielles du [[Droit à un procès équitable|droit à un procès équitable]]. En droit français, il s&#039;applique aux procédures civiles, pénales, administratives et prud&#039;homales, et sa méconnaissance engage la [[Responsabilité de l&#039;État|responsabilité de l&#039;État]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Origine et fondements juridiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Convention européenne des droits de l&#039;homme ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le délai raisonnable trouve sa source principale dans l&#039;[[Article 6 de la Convention européenne des droits de l&#039;homme]], dont le paragraphe 1 dispose que « toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial ». La [[Convention européenne des droits de l&#039;homme]], signée à Rome le 4 novembre 1950 et entrée en vigueur le 3 septembre 1953, associe la célérité de la justice à d&#039;autres garanties fondamentales, parmi lesquelles l&#039;[[Égalité des armes|égalité des armes]], le [[Principe du contradictoire|principe du contradictoire]] et l&#039;[[Indépendance de la justice|indépendance de la justice]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Cour européenne des droits de l&#039;homme]] (CEDH), dont le siège est à Strasbourg, est l&#039;instance chargée d&#039;interpréter et de faire respecter cette exigence. Depuis l&#039;arrêt &#039;&#039;Stögmüller c. Autriche&#039;&#039; du 10 novembre 1969, premier arrêt de condamnation sur ce fondement, la Cour a développé une jurisprudence abondante précisant les critères d&#039;appréciation du délai raisonnable et les conséquences des violations constatées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Consécration en droit interne français ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France a ratifié la [[Convention européenne des droits de l&#039;homme]] le 3 mai 1974 et reconnu le droit de recours individuel devant la [[Cour européenne des droits de l&#039;homme|CEDH]] le 2 octobre 1981. Cette intégration a progressivement conduit le législateur et les juridictions françaises à adapter le droit interne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En matière civile, le [[Code de procédure civile]] a été modifié à plusieurs reprises pour raccourcir les délais de traitement des affaires. En matière administrative, la loi organique n° 95-125 du 8 février 1995 a introduit la [[Responsabilité de l&#039;État|responsabilité de l&#039;État]] du fait du fonctionnement défectueux du service public de la justice. En matière pénale, la loi du 15 juin 2000 a renforcé la [[Présomption d&#039;innocence|présomption d&#039;innocence]] et encadré la durée de la [[Mise en examen|mise en examen]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Critères d&#039;appréciation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Cour européenne des droits de l&#039;homme]] n&#039;impose pas de durée maximale abstraite. Elle apprécie le caractère raisonnable du délai à partir de quatre critères dégagés notamment dans l&#039;arrêt &#039;&#039;Zimmermann et Steiner c. Suisse&#039;&#039; du 13 juillet 1983.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La complexité de l&#039;affaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La complexité objective de l&#039;affaire peut légitimer une procédure plus longue. Sont retenus comme facteurs de complexité : le nombre de parties en cause, la nécessité d&#039;expertises techniques ou médicales, l&#039;existence d&#039;éléments transnationaux, le volume important de pièces à examiner et les questions juridiques nouvelles soulevées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le comportement du requérant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La part imputable au requérant dans l&#039;allongement de la procédure est prise en compte. Des demandes de renvoi répétées, des incidents dilatoires ou une coopération insuffisante avec les autorités judiciaires atténuent ou écartent le constat de violation. En revanche, l&#039;exercice de voies de recours légalement ouvertes ne saurait être retenu à charge du requérant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le comportement des autorités compétentes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le comportement des autorités judiciaires ou administratives constitue le critère le plus déterminant. Toute période d&#039;inaction imputable à l&#039;État — attente prolongée d&#039;une décision de principe, défaut de diligence du juge de la [[Mise en état|mise en état]], inertie administrative — est directement retenue à charge. La Cour examine l&#039;enchaînement des actes de procédure et les délais qui les séparent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;enjeu du litige pour le requérant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains [[Contentieux|contentieux]] requièrent une diligence particulière en raison de leur impact direct sur la situation personnelle des intéressés : état et capacité des personnes, garde d&#039;enfants, [[Licenciement|licenciement]], état de santé ou [[Détention provisoire|détention provisoire]]. Dans ces hypothèses, la [[Cour européenne des droits de l&#039;homme|Cour]] applique des exigences de rapidité plus strictes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Point de départ et terme du délai ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En matière civile, le délai commence à la date de la saisine de la juridiction de première instance. En matière pénale, il peut débuter avant le renvoi en jugement : le point de départ correspond au moment où la personne est « accusée » au sens autonome de la [[Convention européenne des droits de l&#039;homme|Convention]], ce qui peut remonter à la date de la [[Garde à vue|garde à vue]] ou de la [[Mise en examen|mise en examen]]. En [[Contentieux administratif|contentieux administratif]], il court généralement à compter du dépôt de la requête devant le [[Tribunal administratif|tribunal administratif]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le délai s&#039;étend jusqu&#039;à la décision définitive, incluant les [[Appel (voie de recours)|appels]] successifs et un éventuel [[Pourvoi en cassation|pourvoi en cassation]] ou recours devant le [[Conseil d&#039;État]]. Le calcul global porte donc sur l&#039;ensemble des degrés de juridiction parcourus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Application en procédure civile ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Devant le tribunal judiciaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[Procédure civile|procédure civile]], les délais sont organisés par le juge de la [[Mise en état|mise en état]], qui fixe un calendrier de procédure et peut sanctionner les manquements des parties. Le [[Code de procédure civile]] prévoit plusieurs circuits de traitement selon la complexité des affaires. Devant le [[Tribunal judiciaire|tribunal judiciaire]], la durée moyenne des affaires au fond était de 9,4 mois en première instance selon les statistiques du ministère de la Justice pour l&#039;exercice 2022.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Devant les cours d&#039;appel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant la [[Cour d&#039;appel|cour d&#039;appel]], la durée moyenne des affaires au fond a oscillé entre 14 et 18 mois selon les cours sur la période 2019-2023. Certaines cours traitaient des affaires commerciales complexes dans des délais proches de 24 mois. Le décret du 6 mai 2017 a introduit une procédure de circuit court destinée aux affaires simples, avec une audience dans un délai cible de 3 mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Devant la Cour de cassation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un [[Pourvoi en cassation|pourvoi en cassation]] était instruit en moyenne en 22 mois en 2022 devant la [[Cour de cassation]]. Dans son arrêt d&#039;assemblée plénière du 23 février 2001, la [[Cour de cassation]] a reconnu que la durée excessive d&#039;une procédure judiciaire constitue une faute susceptible d&#039;engager la [[Responsabilité de l&#039;État|responsabilité de l&#039;État]], ouvrant ainsi une voie indemnitaire autonome en droit interne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Application en procédure pénale ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Phase préparatoire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[Procédure pénale|procédure pénale]], l&#039;exigence du délai raisonnable s&#039;applique dès la phase préparatoire. L&#039;[[Enquête préliminaire|enquête préliminaire]] conduite sous l&#039;autorité du [[Procureur de la République|procureur de la République]] et l&#039;[[Instruction judiciaire|instruction judiciaire]] menée par le juge d&#039;instruction sont toutes deux soumises à cette contrainte. Le [[Code de procédure pénale]] prévoit des délais butoirs pour la [[Détention provisoire|détention provisoire]] et des mécanismes de contrôle périodique par la chambre de l&#039;instruction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La mise en examen ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Mise en examen|mise en examen]] place la personne dans une situation procédurale particulièrement exposée au regard du délai raisonnable : formellement impliquée dans une instruction sans que son sort soit encore réglé, elle subit les effets sociaux, professionnels et personnels de ce statut. La loi du 15 juin 2000 a permis à la personne mise en examen de saisir la chambre de l&#039;instruction pour mettre fin à une instruction se prolongeant indûment, consacrant ainsi en droit interne l&#039;exigence de délai raisonnable propre à cette phase.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Détention provisoire et célérité ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Détention provisoire|détention provisoire]] constitue le cas le plus grave de tension avec le délai raisonnable : une procédure trop longue prolonge une privation de liberté avant tout [[Jugement (droit)|jugement]] définitif. La [[Cour européenne des droits de l&#039;homme|CEDH]] a condamné la France dans l&#039;arrêt &#039;&#039;Tomasi c. France&#039;&#039; du 27 août 1992 pour un maintien en [[Détention provisoire|détention provisoire]] de 5 ans et 7 mois, rappelant que les autorités doivent justifier à chaque stade la persistance des motifs légitimes de détention.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Application dans le contentieux administratif ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Devant les juridictions administratives ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[Contentieux administratif|contentieux administratif]], l&#039;exigence s&#039;impose à l&#039;ensemble de la [[Juridiction administrative|juridiction administrative]] française : [[Tribunal administratif|tribunaux administratifs]], cours administratives d&#039;appel et [[Conseil d&#039;État]]. La durée moyenne de traitement des affaires devant les tribunaux administratifs était de 11 mois en première instance en 2022, et de 13 mois devant les cours administratives d&#039;appel, selon le rapport annuel du [[Conseil d&#039;État]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Fondement de la responsabilité ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[Droit administratif|droit administratif]], la [[Responsabilité de l&#039;État|responsabilité de l&#039;État]] pour durée excessive de procédure est fondée sur la faute simple depuis l&#039;arrêt &#039;&#039;Magiera&#039;&#039; du [[Conseil d&#039;État]] du 28 juin 2002 — un assouplissement par rapport à l&#039;ancienne exigence de faute lourde. Toute personne justifiant d&#039;un préjudice imputable à un délai excessif devant une [[Juridiction administrative|juridiction administrative]] peut saisir le [[Tribunal administratif|tribunal administratif]] compétent sans avoir à épuiser préalablement les voies de recours devant la [[Cour européenne des droits de l&#039;homme|CEDH]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Application en droit du travail ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Devant le conseil de prud&#039;hommes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[Droit du travail|droit du travail]], le [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]] tranche les litiges individuels nés de l&#039;exécution ou de la rupture du contrat de travail régi par le [[Code du travail]]. En 2022, la durée moyenne de traitement des affaires au fond était de 16,2 mois en première instance, avec de fortes disparités selon les conseils — certains dépassant 24 mois. Cette durée est régulièrement identifiée comme un facteur de risque de violation du délai raisonnable, en particulier dans les affaires à fort enjeu personnel pour le salarié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Litiges liés au licenciement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les litiges portant sur le [[Licenciement|licenciement]], qu&#039;il soit économique ou pour motif personnel, illustrent la portée concrète du délai raisonnable. Pendant la durée de la procédure, le salarié demeure dans l&#039;incertitude quant à sa situation professionnelle et économique, ce qui peut aggraver le préjudice subi et influer sur la fixation des dommages et intérêts. L&#039;[[Entretien préalable au licenciement|entretien préalable au licenciement]] est lui-même encadré par des délais légaux stricts — convocation au moins 5 jours ouvrables avant la date fixée — distincts du délai raisonnable au sens procédural, mais participant du même impératif de sécurité juridique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Réformes récentes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les ordonnances du 22 septembre 2017 (dites « ordonnances Macron ») ont modifié le [[Code du travail]] dans l&#039;objectif d&#039;accélérer le règlement des litiges prud&#039;homaux : barémisation des indemnités de licenciement sans cause réelle et sérieuse, réduction de certains délais de prescription, renforcement de la procédure de [[Mise en état|mise en état]] devant les conseils de prud&#039;hommes. La loi du 23 mars 2019 de programmation et de réforme pour la justice a complété ce dispositif en développant les circuits courts de traitement des affaires simples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conséquences de la violation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La satisfaction équitable devant la CEDH ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque la [[Cour européenne des droits de l&#039;homme]] constate une violation de l&#039;exigence de délai raisonnable, elle peut allouer une [[Satisfaction équitable|satisfaction équitable]] au requérant en application de l&#039;article 41 de la [[Convention européenne des droits de l&#039;homme]]. Cette indemnité tient compte de la durée de la violation, du préjudice moral subi et, si la preuve en est suffisamment apportée, du préjudice matériel. Entre 2000 et 2022, la France a fait l&#039;objet de plusieurs centaines de condamnations sur ce seul fondement, figurant parmi les États les plus souvent mis en cause à Strasbourg pour ce grief.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La responsabilité de l&#039;État en droit interne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En droit interne, la violation du délai raisonnable ouvre une action en [[Responsabilité de l&#039;État|responsabilité de l&#039;État]] fondée sur l&#039;article L. 141-1 du Code de l&#039;organisation judiciaire, qui vise le fonctionnement défectueux du service public de la justice. Cette voie permet d&#039;obtenir réparation sans recours préalable à la [[Cour européenne des droits de l&#039;homme|CEDH]]. Le [[Défenseur des droits]] peut également être saisi lorsque la durée excessive d&#039;une procédure administrative révèle un dysfonctionnement d&#039;un service public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Effets procéduraux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La durée excessive d&#039;une procédure n&#039;entraîne pas, en elle-même, la nullité de la procédure ou l&#039;irrecevabilité des demandes. En matière pénale, elle peut influer sur la détermination de la peine, certaines juridictions tenant compte du délai subi pour en moduler la sévérité. En matière civile, elle n&#039;affecte pas la validité du [[Jugement (droit)|jugement]] rendu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mécanismes d&#039;accélération des procédures ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs instruments ont été mis en place ou renforcés pour réduire les délais de justice :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* La [[Médiation (droit)|médiation]] judiciaire et extrajudiciaire constitue un mode alternatif de résolution des litiges qui allège la charge des juridictions. Le décret du 11 décembre 2019 a rendu obligatoire la tentative préalable de [[Médiation (droit)|médiation]] ou de conciliation pour de nombreux litiges civils de faible montant relevant du [[Tribunal judiciaire|tribunal judiciaire]].&lt;br /&gt;
* La loi du 23 mars 2019 de programmation et de réforme pour la justice a réorganisé la carte judiciaire et renforcé les circuits courts de traitement des affaires simples.&lt;br /&gt;
* La dématérialisation des procédures via le réseau privé virtuel des avocats (RPVA) et le portail du justiciable a réduit les délais d&#039;acheminement des pièces entre les parties et les juridictions.&lt;br /&gt;
* Les procédures d&#039;urgence — référés et ordonnances sur requête — offrent des voies rapides de règlement des situations qui ne peuvent attendre l&#039;issue d&#039;un [[Contentieux administratif|contentieux]] ordinaire.&lt;br /&gt;
* Le développement de la conciliation obligatoire devant le [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]] vise à réduire le nombre d&#039;affaires renvoyées au bureau de jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Jurisprudence de référence ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Arrêt !! Juridiction !! Date !! Apport principal&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;Stögmüller c. Autriche&#039;&#039; || [[Cour européenne des droits de l&#039;homme|CEDH]] || 10 novembre 1969 || Premier arrêt de condamnation ; identification des critères d&#039;appréciation du délai raisonnable&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;Zimmermann et Steiner c. Suisse&#039;&#039; || [[Cour européenne des droits de l&#039;homme|CEDH]] || 13 juillet 1983 || Consolidation des quatre critères classiques (complexité, comportement des parties, comportement des autorités, enjeu du litige)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;Tomasi c. France&#039;&#039; || [[Cour européenne des droits de l&#039;homme|CEDH]] || 27 août 1992 || Condamnation de la France pour [[Détention provisoire|détention provisoire]] de 5 ans et 7 mois&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Assemblée plénière, 23 février 2001 || [[Cour de cassation]] || 23 février 2001 || Reconnaissance de la [[Responsabilité de l&#039;État|responsabilité de l&#039;État]] pour délai excessif en droit judiciaire interne&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;Magiera c. France&#039;&#039; || [[Conseil d&#039;État]] || 28 juin 2002 || La faute simple suffit pour engager la [[Responsabilité de l&#039;État|responsabilité de l&#039;État]] devant la [[Juridiction administrative|juridiction administrative]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| &#039;&#039;Sürmeli c. Allemagne&#039;&#039; (Grande Chambre) || [[Cour européenne des droits de l&#039;homme|CEDH]] || 8 juin 2006 || Procédure civile de plus de 26 ans ; violation structurelle constatée&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Article 6 de la Convention européenne des droits de l&#039;homme]]&lt;br /&gt;
* [[Droit à un procès équitable]]&lt;br /&gt;
* [[Convention européenne des droits de l&#039;homme]]&lt;br /&gt;
* [[Cour européenne des droits de l&#039;homme]]&lt;br /&gt;
* [[Principe du contradictoire]]&lt;br /&gt;
* [[Égalité des armes]]&lt;br /&gt;
* [[Présomption d&#039;innocence]]&lt;br /&gt;
* [[Défenseur des droits]]&lt;br /&gt;
* [[Conseil de prud&#039;hommes]]&lt;br /&gt;
* [[Satisfaction équitable]]&lt;br /&gt;
* [[Responsabilité de l&#039;État]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Métiers du droit]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Entretien_pr%C3%A9alable_au_licenciement&amp;diff=930</id>
		<title>Entretien préalable au licenciement</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Entretien_pr%C3%A9alable_au_licenciement&amp;diff=930"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;L&#039;&#039;&#039;&#039;entretien préalable au licenciement&#039;&#039;&#039; est une procédure obligatoire encadrée par le [[Code du travail]] français, qui contraint l&#039;employeur à recevoir le salarié avant toute décision de [[Licenciement|licenciement]], afin de lui permettre de s&#039;expliquer sur les griefs qui lui sont reprochés. Régi principalement par les articles L. 1232-2 à L. 1232-6 du [[Code du travail]], ce dispositif s&#039;applique à tout [[Contrat de travail|contrat de travail]] rompu à l&#039;initiative de l&#039;employeur, qu&#039;il s&#039;agisse d&#039;un licenciement pour motif personnel ou [[Licenciement économique|économique]]. Le non-respect de cette procédure expose l&#039;employeur à des sanctions financières prononcées par le [[Conseil de prud&#039;hommes]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fondement légal et champ d&#039;application ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien préalable trouve sa base légale dans le [[Code du travail]], au chapitre consacré aux règles générales de rupture du [[Contrat de travail|contrat de travail]] à durée indéterminée (CDI). Les articles L. 1232-2 à L. 1232-6 régissent le licenciement pour motif personnel ; l&#039;article L. 1233-11 s&#039;applique au [[Licenciement économique]] individuel. Cette procédure s&#039;impose à tout employeur, quel que soit l&#039;effectif de l&#039;entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Champ d&#039;application ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;obligation d&#039;entretien préalable couvre :&lt;br /&gt;
* tout [[Licenciement|licenciement]] pour motif personnel, disciplinaire ou non disciplinaire ;&lt;br /&gt;
* tout [[Licenciement économique]] individuel ;&lt;br /&gt;
* la mise à la retraite imposée par l&#039;employeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle ne s&#039;applique pas à la [[Rupture conventionnelle]], qui suit sa propre procédure homologuée, ni à la rupture de la période d&#039;essai (sauf dispositions conventionnelles contraires), ni aux formes de résiliation judiciaire ou à la prise d&#039;acte de rupture à l&#039;initiative du salarié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Jurisprudence de la Cour de cassation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Cour de cassation]] (chambre sociale) a posé le principe selon lequel l&#039;entretien doit être effectif et sincère : l&#039;employeur doit exposer les motifs de la décision envisagée et laisser le salarié présenter ses observations. Un entretien purement formel, au cours duquel la décision est déjà arrêtée de façon irrévocable avant même que le salarié ait pu s&#039;exprimer, est assimilé à une absence d&#039;entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Convocation du salarié ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contenu obligatoire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La convocation à l&#039;entretien préalable doit être écrite et mentionner :&lt;br /&gt;
# l&#039;objet de l&#039;entretien : la possibilité d&#039;un licenciement est envisagée ;&lt;br /&gt;
# la date, l&#039;heure et le lieu de l&#039;entretien ;&lt;br /&gt;
# la faculté pour le salarié de se faire assister par une personne de son choix appartenant au personnel de l&#039;entreprise, ou, en l&#039;absence de représentants du personnel, par un [[Défenseur syndical]] ou un conseiller du salarié inscrit sur la liste dressée par le préfet du département.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La convocation n&#039;est pas tenue d&#039;exposer les motifs précis du licenciement envisagé, mais doit être suffisamment explicite pour que le salarié comprenne la nature de la procédure engagée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Modes de notification ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La convocation peut être :&lt;br /&gt;
* remise en main propre contre décharge ;&lt;br /&gt;
* envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D&#039;autres modes (courriel, remise par voie électronique sécurisée) sont admis sous réserve que leur réception soit établie avec certitude. En pratique, la LRAR reste la modalité la plus sécurisante pour l&#039;employeur en cas de [[Contentieux|contentieux]] ultérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Délai de 5 jours ouvrables ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conformément à l&#039;article L. 1232-2 du [[Code du travail]], un délai minimum de 5 jours ouvrables doit séparer la date de première présentation de la lettre recommandée (ou la date de remise en main propre) et la date fixée pour l&#039;entretien. Ce délai vise à permettre au salarié de préparer ses observations et de contacter un assistant éventuel. Les dimanches et jours fériés sont exclus du décompte. Tout délai inférieur constitue une irrégularité de procédure susceptible d&#039;ouvrir droit à indemnisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Déroulement de l&#039;entretien ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Participants ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté de l&#039;employeur, l&#039;entretien est conduit par le chef d&#039;entreprise ou son représentant habilité (directeur des ressources humaines, responsable hiérarchique disposant d&#039;une délégation). L&#039;entreprise peut se faire accompagner d&#039;un [[Juriste d&#039;entreprise]] ou d&#039;un [[Conseiller juridique]], à condition de ne pas déséquilibrer l&#039;échange au détriment du salarié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du côté du salarié, l&#039;assistance est un droit, non une obligation. Selon la situation :&lt;br /&gt;
* dans les entreprises dotées de représentants du personnel : tout membre du [[Comité social et économique]] (CSE) ou tout [[Défenseur syndical]] mandaté par un [[Syndicat]] représentatif ;&lt;br /&gt;
* dans les entreprises sans représentants du personnel : un [[Défenseur syndical]] ou un conseiller du salarié inscrit sur la liste préfectorale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;absence du salarié à l&#039;entretien sans motif légitime ne fait pas obstacle à la poursuite de la procédure par l&#039;employeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Objet de l&#039;entretien ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;employeur expose les motifs pour lesquels il envisage de prononcer un licenciement. Le salarié peut alors formuler ses observations, contester les faits, apporter des éléments de contexte ou proposer des solutions alternatives. L&#039;assistant peut prendre des notes, mais n&#039;a pas qualité pour prendre la parole à la place du salarié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien n&#039;est pas une audience : aucune décision formelle n&#039;est prise à ce stade. L&#039;employeur dispose d&#039;un délai de réflexion avant d&#039;envoyer la [[Lettre de licenciement]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Délai entre l&#039;entretien et la notification ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;article L. 1232-6 du [[Code du travail]] fixe un délai minimum de 2 jours ouvrables entre la date de l&#039;entretien et l&#039;envoi de la [[Lettre de licenciement]]. Aucun délai maximum général n&#039;est imposé pour les licenciements non disciplinaires. En revanche, pour un [[Licenciement disciplinaire|licenciement à caractère disciplinaire]], l&#039;article L. 1332-4 prévoit un délai de prescription d&#039;un mois à compter de l&#039;entretien : au-delà, les faits reprochés ne peuvent plus fonder le licenciement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Règles spécifiques au licenciement disciplinaire ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque le licenciement envisagé est fondé sur une faute du salarié, des dispositions complémentaires s&#039;ajoutent au régime commun.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Mise à pied conservatoire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;employeur peut prononcer une [[Mise à pied conservatoire]] avant l&#039;entretien préalable afin d&#039;écarter temporairement le salarié de l&#039;entreprise pendant la durée de la procédure. Cette mesure conservatoire n&#039;est pas une sanction et ne préjuge pas de la décision finale. En cas de [[Licenciement pour faute grave|licenciement pour faute grave]], la mise à pied conservatoire est fréquemment utilisée pour prévenir tout risque de maintien d&#039;un salarié dont le comportement est jugé incompatible avec la poursuite de l&#039;activité professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Qualification des fautes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Licenciement disciplinaire|licenciement disciplinaire]] peut être fondé sur :&lt;br /&gt;
* une faute simple : manquements répétés aux règles professionnelles, insuffisance de résultats imputable à un comportement fautif ;&lt;br /&gt;
* une [[Licenciement pour faute grave|faute grave]] : faute rendant impossible le maintien du salarié dans l&#039;entreprise, même temporairement, entraînant la perte du droit aux indemnités de préavis et de licenciement ;&lt;br /&gt;
* une faute lourde : faute commise avec intention de nuire à l&#039;employeur ou à l&#039;entreprise, privant le salarié de l&#039;indemnité compensatrice de congés payés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Cour de cassation]] contrôle la qualification retenue par l&#039;employeur ; une faute qualifiée de grave peut être requalifiée en faute simple, avec des conséquences directes sur le calcul de l&#039;[[Indemnité de licenciement]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prescription des faits fautifs ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conformément à l&#039;article L. 1332-4 du [[Code du travail]], aucun fait fautif ne peut donner lieu à engagement de poursuites disciplinaires au-delà de 2 mois à compter du jour où l&#039;employeur en a eu connaissance. Passé ce délai, le fait ne peut plus être invoqué comme motif de licenciement, sauf s&#039;il a donné lieu à des poursuites pénales parallèles. Un fait nouveau peut relancer le délai et permettre d&#039;invoquer des faits anciens comme éléments de contexte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Procédure en cas de licenciement économique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le [[Licenciement économique]] individuel, l&#039;entretien préalable obéit aux mêmes règles de fond et de forme que pour le licenciement pour motif personnel (article L. 1233-11 du [[Code du travail]]). L&#039;employeur doit, en outre, proposer au salarié les mesures d&#039;accompagnement prévues par la loi : contrat de sécurisation professionnelle (CSP) pour les entreprises de moins de 1 000 salariés, congé de reclassement pour les entreprises de 1 000 salariés et plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque 10 salariés et plus sont licenciés sur une période de 30 jours dans une entreprise d&#039;au moins 50 salariés, un [[Plan de sauvegarde de l&#039;emploi]] est obligatoire. La procédure d&#039;information-consultation du [[Comité social et économique]] et les contrôles de l&#039;[[Inspection du travail]] viennent compléter la procédure individuelle sans la remplacer : chaque salarié concerné doit recevoir individuellement sa convocation à un entretien préalable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conséquences des irrégularités ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Tableau récapitulatif des irrégularités et sanctions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
! Type d&#039;irrégularité !! Exemples concrets !! Sanction applicable&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Irrégularité de forme || Délai de convocation inférieur à 5 jours ouvrables ; absence de mention du droit à assistance ; notification par un mode non probant || Indemnité maximale d&#039;un mois de salaire brut (article L. 1235-2 du [[Code du travail]]) si le licenciement repose sur une cause réelle et sérieuse&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Absence d&#039;entretien || Aucune convocation envoyée ; salarié reçu sans information sur l&#039;objet de la réunion || Licenciement sans cause réelle et sérieuse, ouvrant droit aux dommages-intérêts du barème légal&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Entretien fictif || Décision irrévocablement prise avant l&#039;entretien ; notification le jour même || Licenciement sans cause réelle et sérieuse&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Lettre envoyée avant l&#039;expiration du délai de 2 jours || Notification le lendemain de l&#039;entretien || Irrégularité de procédure, indemnité d&#039;un mois de salaire maximum&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Barème d&#039;indemnisation pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis les [[Ordonnances Travail 2017]], le barème légal dit « barème Macron » encadre les dommages-intérêts accordés par le [[Conseil de prud&#039;hommes]] en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse. Les montants varient selon l&#039;ancienneté du salarié et l&#039;effectif de l&#039;entreprise, de 0,5 mois de salaire brut (moins d&#039;un an d&#039;ancienneté dans une entreprise de moins de 11 salariés) à 20 mois (30 ans et plus). La constitutionnalité de ce barème a été confirmée par la [[Cour de cassation]] en assemblée plénière le 11 mai 2022. Ces dommages-intérêts s&#039;ajoutent à l&#039;[[Indemnité de licenciement]] légale, qui reste due séparément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Nullité du licenciement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains licenciements sont frappés de nullité absolue, indépendamment des irrégularités de procédure. C&#039;est le cas des licenciements prononcés en lien avec une [[Discrimination au travail|discrimination]] (article L. 1132-1 du [[Code du travail]]), un [[Harcèlement moral]], l&#039;exercice d&#039;un mandat syndical, ou la dénonciation de faits répréhensibles. La nullité ouvre droit à réintégration dans l&#039;entreprise ou, si le salarié ne souhaite pas y retourner, à des dommages-intérêts d&#039;un minimum de 6 mois de salaire brut, non plafonnés par le barème Macron.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voies de recours ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le salarié dispose d&#039;un délai de 12 mois à compter de la notification du licenciement pour saisir le [[Conseil de prud&#039;hommes]] en contestation, conformément à l&#039;article L. 1471-1 du [[Code du travail]]. La décision rendue en première instance peut faire l&#039;objet d&#039;un appel devant la [[Cour d&#039;appel]], dans le cadre du [[Double degré de juridiction]], puis d&#039;un pourvoi en cassation devant la [[Cour de cassation]] sur les questions de droit pur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des modes alternatifs de résolution des litiges existent, notamment la [[Médiation conventionnelle]], bien que celle-ci reste marginale dans les contentieux individuels du travail. Un [[Avocat]] spécialisé en [[Droit du travail]] peut accompagner le salarié à chaque étape du [[Contentieux|contentieux prud&#039;homal]], de la rédaction des conclusions à la plaidoirie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Droits du salarié après le licenciement ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Notification et lettre motivée ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l&#039;employeur maintient sa décision à l&#039;issue du délai de réflexion, il notifie le licenciement par [[Lettre de licenciement]] recommandée avec accusé de réception. Cette lettre doit énoncer avec précision le ou les motifs du licenciement (article L. 1232-6 du [[Code du travail]]). Des motifs insuffisamment précis, généraux ou contradictoires peuvent valoir licenciement sans cause réelle et sérieuse selon la jurisprudence de la [[Cour de cassation]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Indemnités légales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le salarié licencié bénéficie, sous conditions d&#039;ancienneté et selon le motif :&lt;br /&gt;
* de l&#039;[[Indemnité de licenciement]] légale à partir de 8 mois d&#039;ancienneté (taux de 1/4 de mois de salaire de référence par année jusqu&#039;à 10 ans d&#039;ancienneté, puis 1/3 au-delà) ;&lt;br /&gt;
* d&#039;une indemnité compensatrice de préavis (sauf faute grave ou lourde) ;&lt;br /&gt;
* d&#039;une indemnité compensatrice de congés payés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le licenciement pour faute lourde prive le salarié de l&#039;indemnité de licenciement et de l&#039;indemnité compensatrice de préavis, sans affecter son droit à l&#039;[[Allocation de retour à l&#039;emploi]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Allocation chômage et accompagnement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le salarié licencié peut percevoir l&#039;[[Allocation de retour à l&#039;emploi]] (ARE) versée par [[France Travail]] (anciennement Pôle emploi), sous réserve de justifier d&#039;au moins 6 mois d&#039;affiliation sur les 24 mois précédant la fin du contrat. Il peut également mobiliser un [[Bilan de compétences]] financé via le compte personnel de formation (CPF), ou bénéficier des dispositifs d&#039;accompagnement à la [[Reconversion après licenciement|reconversion professionnelle]] proposés par [[France Travail]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Droit du travail]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Licenciement]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Procédure sociale]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Droit social]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=B%C3%A9n%C3%A9fices_industriels_et_commerciaux&amp;diff=929</id>
		<title>Bénéfices industriels et commerciaux</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=B%C3%A9n%C3%A9fices_industriels_et_commerciaux&amp;diff=929"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Les &#039;&#039;&#039;bénéfices industriels et commerciaux&#039;&#039;&#039; (abrégés &#039;&#039;&#039;BIC&#039;&#039;&#039;) constituent une catégorie de revenus définie à l&#039;article 34 du [[Code général des impôts|Code général des impôts]] (CGI), regroupant les profits réalisés par des personnes physiques dans l&#039;exercice d&#039;activités industrielles, commerciales ou artisanales à titre habituel. Soumis à l&#039;impôt sur le revenu dans le foyer fiscal du contribuable, les BIC s&#039;opposent aux [[Bénéfices non commerciaux|bénéfices non commerciaux]] (BNC), applicables aux [[Profession libérale|professions libérales]], et aux bénéfices agricoles (BA). Leur régime fiscal est organisé autour de trois dispositifs — micro-BIC, réel simplifié et réel normal — dont le choix conditionne à la fois les obligations comptables et la charge fiscale de l&#039;entrepreneur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et champ d&#039;application ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;article 34 du [[Code général des impôts|Code général des impôts]] définit les BIC comme les bénéfices réalisés par des personnes physiques provenant de l&#039;exercice d&#039;une profession commerciale, industrielle ou artisanale. Trois conditions cumulatives déterminent l&#039;appartenance à cette catégorie : l&#039;exercice habituel (et non occasionnel) d&#039;une activité, un but lucratif, et la nature commerciale, industrielle ou artisanale de cette activité au sens du [[Droit commercial|droit commercial]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;article 35 du CGI étend le champ des BIC à des opérations assimilées :&lt;br /&gt;
* les profits des marchands de biens (achat d&#039;immeubles ou de fonds de commerce en vue de leur revente) ;&lt;br /&gt;
* les bénéfices des intermédiaires ou agents d&#039;affaires exerçant à titre habituel ;&lt;br /&gt;
* les profits issus de certaines opérations de lotissement ou de construction-vente ;&lt;br /&gt;
* les revenus tirés de la location de matériels et d&#039;équipements dans un cadre commercial.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les BIC ne concernent que les personnes physiques : [[Entrepreneur individuel|entrepreneurs individuels]], associés de sociétés de personnes soumises à l&#039;impôt sur le revenu (sociétés en nom collectif, sociétés en commandite simple pour la part des commandités). Les sociétés de capitaux (SARL, SA, SAS) sont soumises à l&#039;[[Impôt sur les sociétés|impôt sur les sociétés]] (IS) et n&#039;entrent pas dans le champ des BIC.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Activités concernées ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Activités commerciales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Relèvent des BIC les activités commerciales au sens du [[Droit commercial|droit commercial]] et de l&#039;article L110-1 du Code de commerce : achat et revente de marchandises, commerce de détail et de gros, restauration, hôtellerie, distribution, services de transport. Le critère déterminant est la réalisation d&#039;actes de commerce à titre de profession habituelle. Le [[Chiffre d&#039;affaires|chiffre d&#039;affaires]] généré par ces activités constitue la base de calcul du revenu imposable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Activités industrielles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les activités industrielles regroupent la transformation de matières premières en produits finis ou semi-finis, ainsi que les activités de production à grande échelle. Relèvent de cette catégorie les fabricants, les sous-traitants industriels et certains artisans dont l&#039;outillage ou l&#039;équipement prédomine sur le travail manuel. La frontière avec l&#039;artisanat dépend de la part respective du capital et du travail personnel dans le processus de production.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Activités artisanales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;artisanat désigne les métiers manuels dans lesquels le travail personnel de l&#039;entrepreneur prédomine sur le capital. Plombiers, électriciens, menuisiers, boulangers et coiffeurs exerçant avec un personnel limité relèvent des BIC. L&#039;inscription peut se faire au [[Registre du commerce et des sociétés|registre du commerce et des sociétés]] ou au répertoire des métiers selon la nature exacte de l&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Location meublée ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La location de logements meublés constitue une activité commerciale soumise aux BIC. Deux statuts coexistent :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Loueur en meublé non professionnel (LMNP)&#039;&#039;&#039; : recettes annuelles inférieures à 23 000 € ou n&#039;excédant pas les autres revenus d&#039;activité du foyer fiscal ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Loueur en meublé professionnel (LMP)&#039;&#039;&#039; : recettes supérieures à 23 000 € ET excédant les autres revenus d&#039;activité, avec inscription au [[Registre du commerce et des sociétés|registre du commerce et des sociétés]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le statut LMP permet notamment l&#039;imputation des déficits BIC sur le revenu global et l&#039;exonération d&#039;impôt sur les plus-values professionnelles après cinq ans d&#039;exercice (article 151 septies du CGI).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Régimes d&#039;imposition ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois régimes fiscaux organisent la détermination du bénéfice imposable selon le niveau du [[Chiffre d&#039;affaires|chiffre d&#039;affaires]] annuel hors taxes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Micro-BIC ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le régime micro-BIC, codifié à l&#039;article 50-0 du CGI, est accessible de plein droit aux contribuables dont le chiffre d&#039;affaires annuel hors taxes n&#039;excède pas :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;188 700 €&#039;&#039;&#039; pour les activités de vente de marchandises, fourniture de logement et vente à consommer sur place (seuil applicable du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2025) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;77 700 €&#039;&#039;&#039; pour les prestations de services commerciales ou artisanales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces seuils sont revalorisés tous les trois ans en fonction de l&#039;évolution du plafond de la franchise en base de TVA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le bénéfice imposable est déterminé par application d&#039;un abattement forfaitaire représentatif des charges :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;71 %&#039;&#039;&#039; pour les activités d&#039;achat-revente, de fourniture de logement et de restauration (bénéfice net = 29 % du CA) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;50 %&#039;&#039;&#039; pour les autres prestations de services BIC (bénéfice net = 50 % du CA).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune déduction de charge réelle n&#039;est admise dans ce régime : si les charges effectives excèdent l&#039;abattement forfaitaire, le régime réel devient fiscalement plus avantageux. Le [[Régime micro-fiscal|régime micro-fiscal]] utilisé par les [[Auto-entrepreneur|auto-entrepreneurs]] repose sur le micro-BIC, avec possibilité d&#039;opter pour un versement libératoire de l&#039;impôt sur le revenu sous condition de plafond de revenu fiscal de référence du foyer. Les [[Cotisation sociale auto-entrepreneur|cotisations sociales]] sont calculées sur le chiffre d&#039;affaires brut à des taux forfaitaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Régime réel simplifié ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le régime réel simplifié (RCS) s&#039;applique aux contribuables dont le chiffre d&#039;affaires annuel se situe entre les seuils micro-BIC et :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;840 000 €&#039;&#039;&#039; pour les activités de vente ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;254 000 €&#039;&#039;&#039; pour les prestations de services.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est également accessible sur option pour les contribuables relevant du micro-BIC. Ce régime exige la tenue d&#039;une comptabilité simplifiée (livre des achats, livre des ventes, suivi des immobilisations) et permet la déduction des charges réelles afin de déterminer le [[Net imposable|bénéfice net imposable]] effectif. La déclaration annuelle s&#039;effectue sur l&#039;imprimé n° 2031, accompagné d&#039;une [[Liasse fiscale|liasse fiscale]] abrégée (tableaux 2033-A à 2033-G). Le recours à un [[Expert-comptable|expert-comptable]] est courant à ce stade pour sécuriser les choix de déductibilité et optimiser la charge fiscale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Régime réel normal ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Régime réel d&#039;imposition|régime réel normal]] s&#039;impose au-delà des seuils du réel simplifié, ou sur option expresse. Il requiert une comptabilité complète conforme au [[Plan comptable général|plan comptable général]], incluant bilan, compte de résultat et annexes. La [[Liasse fiscale|liasse fiscale]] déposée (tableaux 2050 à 2059) est plus volumineuse. Ce régime offre la déduction la plus fine des charges réelles et s&#039;applique systématiquement aux entreprises individuelles atteignant une taille intermédiaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Détermination du bénéfice imposable ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Produits imposables ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous les régimes réels, le bénéfice est calculé selon les règles de la comptabilité commerciale, sous réserve des corrections extra-comptables prévues par le [[Code général des impôts|Code général des impôts]]. Entrent dans les produits imposables :&lt;br /&gt;
* le chiffre d&#039;affaires de l&#039;exercice (ventes, prestations facturées) ;&lt;br /&gt;
* les produits financiers liés à l&#039;activité professionnelle ;&lt;br /&gt;
* les subventions d&#039;exploitation et aides perçues dans le cadre de l&#039;activité ;&lt;br /&gt;
* la variation de stocks en fin d&#039;exercice ;&lt;br /&gt;
* les plus-values de cession d&#039;éléments d&#039;actif, soumises à un régime spécifique selon la durée de détention (court terme / long terme) et le montant du chiffre d&#039;affaires (articles 151 septies, 151 septies A et 238 quindecies du CGI).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Charges déductibles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les charges sont déductibles dès lors qu&#039;elles sont engagées dans l&#039;intérêt de l&#039;exploitation, comptabilisées sur l&#039;exercice concerné, et justifiées par une pièce probante. Les principales catégories sont les suivantes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Catégorie !! Exemples courants&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Achats || Marchandises revendues, matières premières, consommables&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Personnel || Salaires bruts, charges patronales, formation continue&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Locaux || Loyers, charges locatives, entretien et réparations courantes&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Amortissements || Matériel informatique (3 ans), véhicule utilitaire (5 ans), agencements (10 ans)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Assurances || [[Responsabilité civile professionnelle|Responsabilité civile professionnelle]], [[Assurance décennale|assurance décennale]], multirisque professionnelle&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Frais financiers || Intérêts d&#039;emprunts professionnels, agios bancaires liés à l&#039;activité&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Impôts et taxes || [[Cotisation foncière des entreprises|Cotisation foncière des entreprises]] (CFE), taxe sur les véhicules de société&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Honoraires || [[Expert-comptable|Expert-comptable]], avocat, conseil en [[Droit des affaires|droit des affaires]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les dépenses à usage mixte (professionnel et personnel) font l&#039;objet d&#039;une ventilation au prorata de l&#039;usage professionnel. Les rémunérations du chef d&#039;entreprise individuel ne constituent pas une charge déductible du résultat BIC : elles forment le bénéfice lui-même, qui sera soumis à l&#039;impôt sur le revenu et aux cotisations sociales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Obligations déclaratives ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Déclaration de revenus ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le résultat BIC déterminé sous les régimes réels est reporté sur la déclaration complémentaire n° 2042-C-PRO, déposée simultanément à la déclaration d&#039;ensemble des revenus (n° 2042), dans les délais fixés annuellement (généralement entre fin mai et début juin selon le département de résidence). Sous le micro-BIC, seul le montant brut du chiffre d&#039;affaires est à reporter ; l&#039;administration fiscale applique elle-même l&#039;abattement forfaitaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liasse fiscale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous les régimes réels, une [[Liasse fiscale|liasse fiscale]] professionnelle doit être transmise au Service des impôts des entreprises (SIE) compétent :&lt;br /&gt;
* au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai pour les exercices clos au 31 décembre ;&lt;br /&gt;
* dans les trois mois suivant la date de clôture pour les autres exercices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis le 1er janvier 2020, la télétransmission de ces déclarations est obligatoire pour l&#039;ensemble des entreprises, via le portail impots.gouv.fr ou par l&#039;intermédiaire d&#039;un [[Expert-comptable|expert-comptable]] partenaire EDI (Échange de Données Informatisé).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== TVA et BIC ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le régime BIC est indépendant du régime de TVA. Un contribuable peut relever du micro-BIC tout en étant redevable de la TVA au régime réel s&#039;il a dépassé les seuils de franchise en base. Le [[Chiffre d&#039;affaires|chiffre d&#039;affaires]] retenu pour les BIC est toujours exprimé hors taxes lorsque le contribuable est assujetti à la TVA. La franchise en base de TVA (seuils de 91 900 € pour les ventes et 36 800 € pour les services en 2024) est distincte des seuils micro-BIC.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cotisations sociales ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Travailleur indépendant|travailleurs indépendants]] soumis aux BIC cotisent auprès de l&#039;Urssaf depuis l&#039;intégration de la Sécurité sociale des indépendants (SSI) au régime général en 2020. Les taux de [[Cotisation sociale auto-entrepreneur|cotisations sociales]] varient selon la nature de l&#039;activité :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Activité !! Taux approximatif (2024, base CA)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Vente de marchandises (micro-BIC) || 12,3 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prestations de services commerciales (micro-BIC) || 21,2 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Artisans (micro-BIC) || 21,2 %&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Régimes réels (base bénéfice net) || 35 % à 45 % selon les revenus&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les régimes réels, les cotisations sont calculées à titre provisionnel sur la base des revenus N-2 ou N-1, puis régularisées l&#039;année suivante dès communication du revenu définitif. La première et la deuxième année d&#039;activité, une base forfaitaire s&#039;applique en l&#039;absence d&#039;antécédent de revenu. Le dispositif [[Acre|ACRE]] (Aide à la Création ou à la Reprise d&#039;une Entreprise) prévoit une réduction des cotisations lors de la première année d&#039;activité, sous conditions de situation professionnelle antérieure et de ressources.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Comparaison avec les autres catégories de revenus professionnels ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== BIC et bénéfices non commerciaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Bénéfices non commerciaux|bénéfices non commerciaux]] (BNC) s&#039;appliquent aux [[Profession libérale|professions libérales]], aux titulaires de charges et offices (notaires, commissaires de justice) et aux auteurs. La distinction entre BIC et BNC repose sur la nature de l&#039;activité : commerciale ou industrielle pour les BIC, intellectuelle ou libérale pour les BNC. Cette frontière peut être délicate pour certaines activités mixtes — un consultant réalisant à la fois des missions intellectuelles (BNC) et des formations commerciales (BIC) — et nécessite parfois l&#039;avis d&#039;un [[Expert-comptable|expert-comptable]]. Une mauvaise qualification expose à un redressement fiscal avec application des pénalités prévues à l&#039;article 1729 du CGI.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== BIC et impôt sur les sociétés ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le passage d&#039;une entreprise individuelle soumise aux BIC à une société soumise à l&#039;[[Impôt sur les sociétés|impôt sur les sociétés]] (IS) constitue un arbitrage structurant. L&#039;IS offre un taux réduit de 15 % jusqu&#039;à 42 500 € de bénéfice imposable pour les PME remplissant les conditions (taux applicable depuis le 1er janvier 2023), contre un taux marginal d&#039;imposition pouvant atteindre 45 % en BIC pour les tranches supérieures de l&#039;impôt sur le revenu. En revanche, le dirigeant d&#039;une société à l&#039;IS ne perçoit son revenu que via une rémunération ou des dividendes, tandis que l&#039;exploitant individuel dispose directement du bénéfice BIC.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== BIC et bénéfices agricoles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les bénéfices agricoles (BA) constituent une troisième catégorie, applicable aux exploitants agricoles (agriculteurs, viticulteurs, éleveurs). La frontière avec les BIC peut être franchie lorsque la vente de produits agricoles transformés devient prépondérante par rapport à l&#039;activité primaire, selon les critères définis aux articles 75 et suivants du CGI. En pratique, les recettes de transformation commerciale ne doivent pas excéder 30 % des recettes agricoles totales ni 50 000 € pour rester dans la catégorie BA.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aspects pratiques pour les créateurs d&#039;activité ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour un salarié en [[Reconversion de salarié vers indépendant|reconversion vers le statut indépendant]], le choix du régime BIC conditionne largement la charge fiscale et administrative initiale. Le recours au [[Portage salarial|portage salarial]] permet de tester une activité commerciale sans s&#039;exposer aux obligations des BIC : le salarié porté demeure dans le cadre du [[Contrat de travail|contrat de travail]] et perçoit un [[Bulletin de paie|bulletin de paie]], la société de portage gérant les obligations fiscales et sociales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Entrepreneur individuel|entrepreneur individuel]] soumis aux BIC bénéficie depuis la loi du 14 février 2022 d&#039;une séparation automatique entre patrimoine personnel et patrimoine professionnel ([[Statut de l&#039;entrepreneur individuel|statut de l&#039;entrepreneur individuel]] — SEI), sans démarche spécifique. Cette protection limite l&#039;exposition des biens personnels aux créanciers professionnels. L&#039;immatriculation génère un [[Numéro SIREN|numéro SIREN]] et peut donner lieu à la délivrance d&#039;un [[Extrait Kbis|extrait Kbis]] lorsque l&#039;activité est inscrite au [[Registre du commerce et des sociétés|registre du commerce et des sociétés]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les formations à la gestion d&#039;entreprise (comptabilité, fiscalité BIC, droit commercial) sont éligibles au [[Financement de la formation|financement de la formation]] professionnelle, notamment via le compte personnel de formation (CPF), sous réserve que les organismes dispensateurs soient certifiés Qualiopi. Les aides proposées par [[Bpifrance|Bpifrance]] (prêts d&#039;honneur, garanties bancaires) et l&#039;exonération partielle de cotisations prévue par l&#039;[[Acre|ACRE]] constituent des leviers de réduction de la charge initiale lors du lancement d&#039;une activité BIC.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;option pour le [[Régime micro-fiscal|régime micro-fiscal]] au sein du dispositif [[Micro-entreprise|micro-entreprise]] simplifie considérablement les démarches : déclaration mensuelle ou trimestrielle du chiffre d&#039;affaires sur impots.gouv.fr, absence de comptabilité formelle, et [[Prélèvement à la source|prélèvement à la source]] possible via le versement libératoire. Ce dispositif comptait, au 31 décembre 2023, environ 4,2 millions d&#039;immatriculations actives en France selon les statistiques publiées par l&#039;Urssaf.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
* [[Régime micro-fiscal]]&lt;br /&gt;
* [[Régime réel d&#039;imposition]]&lt;br /&gt;
* [[Auto-entrepreneur]]&lt;br /&gt;
* [[Entrepreneur individuel]]&lt;br /&gt;
* [[Travailleur indépendant]]&lt;br /&gt;
* [[Micro-entreprise]]&lt;br /&gt;
* [[Expert-comptable]]&lt;br /&gt;
* [[Cotisation sociale auto-entrepreneur]]&lt;br /&gt;
* [[Prélèvement à la source]]&lt;br /&gt;
* [[Plan comptable général]]&lt;br /&gt;
* [[Bénéfices non commerciaux]]&lt;br /&gt;
* [[Code général des impôts]]&lt;br /&gt;
* [[Cotisation foncière des entreprises]]&lt;br /&gt;
* [[Liasse fiscale]]&lt;br /&gt;
* [[Impôt sur les sociétés]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Statut professionnel]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Comp%C3%A9tences_num%C3%A9riques&amp;diff=928</id>
		<title>Compétences numériques</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Comp%C3%A9tences_num%C3%A9riques&amp;diff=928"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Les &#039;&#039;&#039;compétences numériques&#039;&#039;&#039; désignent l&#039;ensemble des aptitudes, savoirs et savoir-faire nécessaires à l&#039;utilisation autonome, critique et créative des technologies de l&#039;information et de la communication. Reconnues comme compétence clé par l&#039;Union européenne depuis 2006, elles constituent un prérequis dans la quasi-totalité des secteurs d&#039;activité et conditionnent l&#039;employabilité, la participation citoyenne et l&#039;inclusion sociale dans un contexte de [[Transformation numérique]]. Leur périmètre a progressivement été formalisé par des cadres internationaux, dont le plus influent, [[DigComp]], est maintenu par la Commission européenne depuis 2013.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et périmètre ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La notion de compétences numériques recouvre des réalités hétérogènes selon les contextes institutionnels. L&#039;Union européenne les intègre depuis 2006 dans la liste des huit compétences clés pour l&#039;[[Apprentissage tout au long de la vie]], aux côtés des compétences linguistiques, mathématiques et scientifiques. La révision de 2018 du cadre de référence européen (Recommandation 2018/C 189/01) les redéfinit comme la « maîtrise assurée et l&#039;utilisation critique et responsable des technologies numériques pour apprendre, travailler et participer à la société ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Commission européenne distingue cinq domaines principaux : les compétences informationnelles, la communication et la collaboration, la création de contenus numériques, la sécurité numérique et la résolution de problèmes. Ce périmètre exclut délibérément les compétences purement techniques des métiers de l&#039;informatique, lesquelles relèvent des [[Hard skills|compétences techniques spécialisées]], pour se concentrer sur les usages communs à l&#039;ensemble des professionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadres de référence ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== DigComp ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[DigComp]] (&#039;&#039;Digital Competence Framework for Citizens&#039;&#039;) est le cadre européen de référence des compétences numériques pour les citoyens. Publié en version 1.0 en 2013 par le Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne, il a été révisé en 2017 (DigComp 2.1), 2022 (DigComp 2.2) et 2025 (DigComp 2.2+). La version 2.2 identifie 21 compétences réparties en 5 domaines, déclinées sur 8 niveaux de maîtrise allant du niveau novice au niveau hautement spécialisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DigComp sert de référence à plusieurs outils nationaux et européens : le &#039;&#039;Digital Competence Wheel&#039;&#039; danois, le cadre &#039;&#039;e-CF&#039;&#039; (&#039;&#039;European e-Competence Framework&#039;&#039;) pour les professionnels du numérique, et les certifications nationales telles que la [[Certification professionnelle|certification Pix]] en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== PIAAC et évaluation internationale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Programme pour l&#039;évaluation internationale des compétences des adultes (PIAAC) de l&#039;OCDE mesure depuis 2012 les compétences en traitement de l&#039;information dans des environnements riches en technologies. Le cycle PIAAC 2022-2023, auquel ont participé 31 pays, a évalué les adultes de 16 à 65 ans sur trois dimensions : la littératie, la numératie et la résolution de problèmes adaptatifs. En France, selon les résultats publiés en 2024, environ 26 % des adultes se situaient aux deux niveaux les plus faibles pour la résolution de problèmes en environnement numérique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Domaines de compétences ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Compétences informationnelles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Compétence informationnelle|compétences informationnelles]] englobent la recherche, l&#039;évaluation, la gestion et le partage d&#039;informations numériques. Elles incluent la capacité à formuler des requêtes pertinentes, à évaluer la fiabilité d&#039;une source, à organiser des données et à respecter les droits d&#039;auteur. Dans DigComp 2.2, ce domaine compte cinq compétences distinctes, dont la gestion des données personnelles en lien avec la [[Conformité RGPD]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Communication et collaboration ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce domaine comprend l&#039;interaction via des outils numériques (messagerie, visioconférence, réseaux professionnels), le partage d&#039;informations en ligne, la participation citoyenne numérique et la gestion de l&#039;identité numérique. La maîtrise des principes de [[Gestion des identités et des accès]] constitue une compétence transversale entre ce domaine et celui de la sécurité numérique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Création de contenus numériques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La création de contenus recouvre la production de documents (texte, image, audio, vidéo), la programmation élémentaire, les modifications de logiciels existants et le respect des droits de propriété intellectuelle. La montée en puissance des outils d&#039;[[Intelligence artificielle]] générative depuis 2022 a élargi cette dimension : savoir interagir avec ces systèmes et évaluer la pertinence de leurs sorties est désormais intégré dans DigComp 2.2+.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sécurité numérique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La sécurité numérique dans [[DigComp]] couvre la protection des appareils, des données personnelles et de la vie privée, la santé et le bien-être face aux risques numériques ainsi que la réduction de l&#039;empreinte environnementale. Elle rejoint le champ plus large de la [[Cybersécurité]] en matière de comportements individuels : gestion des mots de passe, reconnaissance du [[Hameçonnage]], activation de l&#039;[[Authentification multifacteur]] et mise à jour régulière des logiciels pour limiter les vecteurs d&#039;attaque exploitables par un [[Ransomware]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[ANSSI]] (Agence nationale de la sécurité des systèmes d&#039;information) publie régulièrement des recommandations destinées aux utilisateurs non spécialisés, notamment le guide « 10 règles d&#039;hygiène informatique » qui constitue un socle minimal de compétences de sécurité numérique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Résolution de problèmes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce domaine englobe l&#039;identification des besoins et des ressources numériques, la résolution créative de problèmes techniques, l&#039;évaluation critique des outils disponibles et la mise à jour continue des compétences. Il correspond à la capacité d&#039;apprentissage autonome dans un environnement technologique en mutation — dimension centrale de l&#039;[[Apprentissage tout au long de la vie]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Niveaux de maîtrise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[DigComp]] 2.1 et 2.2 définissent 8 niveaux de maîtrise organisés en 4 progressions :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Progression !! Niveaux !! Caractéristiques&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Fondamentale || 1-2 || Usage guidé, tâches simples avec aide ponctuelle&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Intermédiaire || 3-4 || Autonomie sur des tâches courantes et non routinières&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Avancée || 5-6 || Capacité à guider autrui, adaptation à des problèmes complexes&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Hautement spécialisée || 7-8 || Contribution à l&#039;innovation et à l&#039;état de l&#039;art&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mesure et certification ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pix est le service public français d&#039;évaluation et de [[Certification professionnelle|certification]] des compétences numériques, créé par décret en 2017 et constitué en groupement d&#039;intérêt public (GIP) en 2018. Adossé à [[DigComp]], il propose des parcours adaptatifs en ligne couvrant 16 compétences réparties en 5 domaines. La certification Pix est inscrite au Répertoire spécifique (RS) de France Compétences sous le numéro RS 6143 et peut être financée via le compte personnel de formation (CPF). En 2023, plus de 5 millions de profils actifs avaient été créés sur la plateforme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ECDL / ICDL ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ECDL (&#039;&#039;European Computer Driving Licence&#039;&#039;), rebaptisée ICDL (&#039;&#039;International Computer Driving Licence&#039;&#039;) en 2019, est une [[Certification professionnelle]] privée reconnue dans plus de 100 pays. Administrée par la ICDL Foundation (Dublin), elle couvre des modules allant des bases de l&#039;informatique à la sécurité numérique, en passant par la gestion de tableurs, de bases de données et la présentation assistée par ordinateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Formation et développement ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La montée en compétences numériques mobilise plusieurs dispositifs en France :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le &#039;&#039;&#039;compte personnel de formation&#039;&#039;&#039; (CPF), institué par la loi du 5 mars 2014, finance des [[Formation professionnelle|formations professionnelles]] incluant des certifications numériques inscrites au RNCP ou au Répertoire spécifique.&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;&#039;opérateurs de compétences&#039;&#039;&#039; (OPCO) peuvent cofinancer des parcours de formation numérique pour les salariés d&#039;entreprises adhérentes dans le cadre du plan de développement des compétences.&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;loi Avenir professionnel&#039;&#039;&#039; du 5 septembre 2018 a renforcé l&#039;obligation d&#039;adaptation des salariés aux évolutions de leur poste, ce qui inclut les compétences numériques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les modalités pédagogiques privilégiées incluent l&#039;[[E-learning]] (formation à distance synchrone ou asynchrone), la formation mixte (&#039;&#039;blended learning&#039;&#039;) et les approches par projets en situations professionnelles réelles. Selon le baromètre 2024 de la formation professionnelle en France publié par Centre Inffo, 62 % des formations numériques se déroulent en tout ou partie à distance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Compétences transférables]] jouent un rôle structurant dans les parcours de reconversion : un salarié maîtrisant les outils collaboratifs dans un secteur peut mobiliser ces acquis dans un nouveau domaine, réduisant la durée de formation nécessaire et facilitant la validation des acquis de l&#039;expérience (VAE).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fracture numérique et inclusion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Fracture numérique]] désigne l&#039;inégalité d&#039;accès et de maîtrise des technologies numériques entre différents groupes sociaux. Elle se décline en plusieurs strates : fracture d&#039;accès (équipement, connectivité), fracture d&#039;usage (capacité à utiliser les outils) et fracture des compétences (capacité à tirer bénéfice des usages avancés). En France, l&#039;enquête &#039;&#039;Numérique et société&#039;&#039; publiée par l&#039;INSEE en 2023 estime que 13 millions d&#039;adultes rencontrent des difficultés significatives avec les démarches administratives numériques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Éducation au numérique]] constitue un levier d&#039;inclusion sociale : au-delà de la maîtrise technique, elle vise à développer un regard critique sur les usages, les données et les algorithmes. Le dispositif national Aidants Connect et les 15 000 postes de Conseillers numériques France Services créés entre 2021 et 2024 témoignent de la volonté publique de réduire cet écart.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Compétences numériques en entreprise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Besoins sectoriels ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le rapport Dares/France Stratégie &#039;&#039;Les métiers en 2030&#039;&#039; (édition 2022) identifie les compétences numériques parmi les cinq compétences transversales les plus demandées dans 80 % des familles professionnelles. Les secteurs les plus demandeurs incluent la finance, la logistique, la santé et l&#039;industrie manufacturière dans le contexte de l&#039;industrie 4.0. Le Cedefop (Centre européen pour le développement de la formation professionnelle) estime qu&#039;en 2025, 90 % des emplois en Europe nécessiteront un niveau minimal de compétences numériques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cybersécurité et comportements des collaborateurs ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les organisations, les compétences numériques des employés constituent la première ligne de défense contre les cybermenaces. Selon le rapport Verizon DBIR 2024, 68 % des violations de données impliquent une erreur humaine ou une ingénierie sociale. La formation des collaborateurs aux réflexes de base — vérification des expéditeurs d&#039;e-mails, gestion des mots de passe, signalement des incidents — relève directement des compétences numériques, et non uniquement des équipes de [[Cybersécurité des PME|cybersécurité spécialisée]]. La [[Conformité RGPD]] constitue également une compétence transversale attendue de tout collaborateur manipulant des données à caractère personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre réglementaire et politique européen ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Union européenne a inscrit les compétences numériques dans plusieurs textes structurants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;Décennie numérique européenne&#039;&#039;&#039; (décision 2022/2481 du 14 décembre 2022) fixe pour objectif qu&#039;en 2030, 80 % des adultes européens possèdent des compétences numériques de base et que 20 millions de spécialistes TIC soient actifs dans l&#039;UE.&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;Recommandation sur l&#039;éducation et la formation numériques&#039;&#039;&#039; (2023/C 63/01) invite les États membres à intégrer la [[Littératie numérique]] dans tous les niveaux d&#039;enseignement, de l&#039;école primaire à la formation continue des adultes.&lt;br /&gt;
* Le [[Cyber Resilience Act]] (règlement UE 2024/2847, entré en vigueur le 10 décembre 2024) renforce les exigences de compétences techniques pour les développeurs et intégrateurs de produits comportant des éléments numériques.&lt;br /&gt;
* La [[Directive NIS2]] (directive 2022/2555, transposée en droit français en 2024) impose aux entités essentielles et importantes de former leurs personnels aux risques cyber, ce qui élève le niveau minimal attendu de compétences numériques en matière de sécurité de l&#039;information.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Formation professionnelle]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Bpifrance&amp;diff=927</id>
		<title>Bpifrance</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Bpifrance&amp;diff=927"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Bpifrance&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;&#039;Banque Publique d&#039;Investissement&#039;&#039;&#039;) est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) français, créé le 31 décembre 2012 par la loi n° 2012-1559. Détenu à parité par l&#039;État français et la [[Caisse des Dépôts et Consignations]], il a pour mission de financer et d&#039;accompagner le développement des entreprises françaises, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME), les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les startups. Bpifrance est devenu l&#039;un des principaux instruments publics du financement de l&#039;entrepreneuriat, de l&#039;innovation et de la [[Reconversion professionnelle|reconversion économique]] en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Historique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contexte et prédécesseurs ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant la création de Bpifrance, le soutien public aux entreprises était réparti entre plusieurs structures aux mandats distincts :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[OSEO]]&#039;&#039;&#039; (issu de la fusion en 2005 de l&#039;ANVAR, du BDPME et de la SOFARIS) : soutien aux PME, garanties bancaires et aide à l&#039;innovation ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;CDC Entreprises&#039;&#039;&#039; et &#039;&#039;&#039;FSI PME&#039;&#039;&#039; : filiales de la [[Caisse des Dépôts et Consignations]] spécialisées dans les investissements en fonds propres dans les PME ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;[[Fonds Stratégique d&#039;Investissement]]&#039;&#039;&#039; (FSI) : créé en novembre 2008 sous la présidence de Nicolas Sarkozy pour prendre des participations dans des entreprises stratégiques et soutenir des secteurs industriels clés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette dispersion institutionnelle était perçue comme un frein à l&#039;efficacité du soutien public, tant par les entreprises que par les pouvoirs publics.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Création par la loi de 2012 ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi n° 2012-1559 du 31 décembre 2012 relative à la création de la Banque Publique d&#039;Investissement institue Bpifrance sous la forme d&#039;un groupe structuré autour d&#039;une société anonyme holding (Bpifrance SA) contrôlant deux filiales opérationnelles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Bpifrance Financement&#039;&#039;&#039; (issue d&#039;[[OSEO]]) : crédit aux entreprises, garanties bancaires, cofinancement de prêts ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Bpifrance Investissement&#039;&#039;&#039; (issue du [[Fonds Stratégique d&#039;Investissement]] et de CDC Entreprises) : prise de participations en capital-risque, capital-développement et capital-transmission.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nicolas Dufourcq est nommé directeur général en février 2013 et occupe ce poste depuis lors. Le conseil d&#039;administration est coprésidé par le gouverneur de la [[Caisse des Dépôts et Consignations]] et un représentant de l&#039;État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Développements ultérieurs ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 2013 et 2025, Bpifrance a progressivement étendu son périmètre d&#039;action :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* 2015 : déploiement du label [[French Tech]] pour fédérer et soutenir les startups numériques françaises à l&#039;échelle nationale et internationale ;&lt;br /&gt;
* 2017 : lancement du Fonds Deeptech destiné aux startups issues de la recherche académique, avec une enveloppe initiale de 200 millions d&#039;euros, portée à 850 millions d&#039;euros en 2021 ;&lt;br /&gt;
* 2017 : reprise de l&#039;activité d&#039;assurance-crédit export de Coface au profit des PME exportatrices ;&lt;br /&gt;
* 2020-2021 : mobilisation exceptionnelle lors de la crise sanitaire du Covid-19, avec plus de 140 milliards d&#039;euros de prêts garantis par l&#039;État (PGE) accordés à environ 700 000 entreprises en quelques mois ;&lt;br /&gt;
* 2021 : désignation comme opérateur de financement dans le cadre du [[Plan France 2030]], programme d&#039;investissement public de 54 milliards d&#039;euros ciblant les filières industrielles et technologiques stratégiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Structure et gouvernance ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Actionnariat ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bpifrance SA est détenue à parité : 50 % par l&#039;État français via l&#039;Agence des participations de l&#039;État (APE) et 50 % par la [[Caisse des Dépôts et Consignations]]. Cette structure garantit l&#039;ancrage public de l&#039;institution tout en lui permettant d&#039;agir avec une autonomie opérationnelle relative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entités du groupe ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Entité !! Mission principale&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Bpifrance Financement || Crédit aux entreprises, garanties bancaires, cofinancement&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Bpifrance Investissement || Capital-risque, capital-développement, capital-transmission&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Bpifrance Assurance Export || Garanties à l&#039;export pour les PME et ETI exportatrices&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Bpifrance Le Hub || Accélérateurs de startups et programmes d&#039;accompagnement collectif&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Implantation territoriale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le siège social de Bpifrance est situé à Maisons-Alfort (Val-de-Marne). L&#039;institution emploie environ 4 000 collaborateurs répartis dans 50 implantations régionales couvrant l&#039;ensemble du territoire métropolitain et les départements d&#039;outre-mer. Ces directions régionales entretiennent des partenariats avec les conseils régionaux, les [[Chambre de commerce et d&#039;industrie|chambres de commerce et d&#039;industrie]] et les [[Chambre d&#039;agriculture|chambres d&#039;agriculture]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Activités de financement ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Crédit aux entreprises ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bpifrance Financement propose une gamme de prêts destinés à financer des projets de création, de développement ou de modernisation d&#039;entreprise :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Prêt Croissance&#039;&#039;&#039; et &#039;&#039;&#039;Prêt Développement&#039;&#039;&#039; : prêts à moyen terme (5 à 10 ans) sans garantie personnelle du dirigeant, accessibles aux PME et ETI ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Prêt d&#039;Amorçage Investissement (PAI)&#039;&#039;&#039; : destiné aux jeunes entreprises innovantes de moins de 5 ans pour financer leurs premiers investissements ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Prêt Numérique&#039;&#039;&#039; et &#039;&#039;&#039;Prêt Croissance Industrie&#039;&#039;&#039; : dispositifs sectoriels pour les projets de transformation numérique ou industrielle ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Prêt Garantie par l&#039;État (PGE)&#039;&#039;&#039; : dispositif créé en mars 2020 permettant à des entreprises de toute taille de s&#039;endetter avec une garantie de l&#039;État à hauteur de 70 à 90 % du montant emprunté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Garanties bancaires ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hérité d&#039;[[OSEO]], le mécanisme de garantie bancaire est l&#039;un des outils les plus mobilisés de Bpifrance. Il permet à des entreprises ne présentant pas suffisamment de garanties patrimoniales d&#039;accéder au crédit bancaire. La garantie Bpifrance couvre en général 50 à 70 % du montant du prêt. Ce dispositif est particulièrement sollicité par les créateurs d&#039;entreprise et les [[Reconversion de salarié vers indépendant|salariés en reconversion vers l&#039;entrepreneuriat]], qui ne disposent pas encore d&#039;historique comptable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Investissement en fonds propres ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Capital-risque et capital-développement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Via Bpifrance Investissement, le groupe entre au capital d&#039;entreprises à différents stades de maturité :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Capital-amorçage&#039;&#039;&#039; : tickets de 100 000 à 2 millions d&#039;euros dans des startups en phase de création ou de validation du modèle économique ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Capital-développement&#039;&#039;&#039; : renforcement des fonds propres de PME et ETI en forte croissance, avec des tickets pouvant dépasser 10 millions d&#039;euros ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Capital-transmission&#039;&#039;&#039; : soutien aux opérations de cession ou de reprise d&#039;entreprise, notamment dans les transmissions familiales ou managériales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Fonds de fonds ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bpifrance gère des fonds de fonds, c&#039;est-à-dire qu&#039;elle investit dans des fonds de capital-risque privés (venture capital, growth equity) pour démultiplier l&#039;effet de levier public sur le financement de l&#039;innovation. En 2023, Bpifrance gérait environ 65 milliards d&#039;euros d&#039;actifs sous gestion, dont une part significative via cette approche indirecte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Soutien à l&#039;innovation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aides à la R&amp;amp;D ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bpifrance est opérateur délégué de l&#039;État pour plusieurs dispositifs d&#039;aide à la recherche et à l&#039;innovation :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Subventions et avances remboursables&#039;&#039;&#039; pour les projets de R&amp;amp;D, via des appels à projets thématiques (i-Nov, i-Demo, etc.) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Concours i-Lab&#039;&#039;&#039; : organisé annuellement depuis 1999 en partenariat avec le ministère de l&#039;Enseignement supérieur et de la Recherche, il récompense des projets de création d&#039;entreprises technologiques issus de la recherche publique ou privée. En 2023, 140 lauréats ont partagé 30 millions d&#039;euros de dotations ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Fonds Deeptech&#039;&#039;&#039; : lancé en 2017 avec 200 millions d&#039;euros, puis abondé à 850 millions d&#039;euros en 2021 pour soutenir les startups scientifiques à fort potentiel de rupture technologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== French Tech ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bpifrance est un partenaire institutionnel central du programme [[French Tech]], label national visant à identifier, promouvoir et accompagner les startups françaises à l&#039;échelle internationale. L&#039;institution gère le Pass [[French Tech]], qui offre aux startups retenues un accès privilégié à des financements accélérés, à des mises en contact avec des investisseurs et à une visibilité à l&#039;étranger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Programmes d&#039;accompagnement ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Accélérateurs ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bpifrance Le Hub propose des programmes d&#039;accélération collectifs destinés aux dirigeants d&#039;entreprise :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Accélérateur PME&#039;&#039;&#039; : programme de 18 à 24 mois pour des PME réalisant entre 3 et 50 millions d&#039;euros de chiffre d&#039;affaires, combinant formations intensives, [[Coaching professionnel|coaching]], [[Mentorat professionnel|mentorat]] entre pairs et mises en réseau avec des investisseurs ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Accélérateur ETI&#039;&#039;&#039; : variante adaptée aux entreprises de taille intermédiaire, avec des modules spécifiques à l&#039;internationalisation et à la gouvernance ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Big&#039;&#039;&#039; (Business Intelligence Growth) : programme pour les startups en phase de croissance rapide (Series A/B), centré sur l&#039;accélération commerciale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis 2015, plus de 2 500 dirigeants de PME ont participé à un accélérateur Bpifrance. Ces dispositifs complètent l&#039;offre d&#039;accompagnement d&#039;autres réseaux comme [[Initiative France]], [[Réseau Entreprendre]] et les [[Chambre de métiers et de l&#039;artisanat|chambres de métiers et de l&#039;artisanat]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Formation et ressources pédagogiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bpifrance publie des ressources pédagogiques librement accessibles : podcasts (&#039;&#039;Bpifrance Le Podcast&#039;&#039;), guides pratiques, MOOCs et webinaires destinés aux entrepreneurs en devenir. Ces contenus s&#039;adressent notamment aux personnes en [[Projet professionnel|construction de projet professionnel]] ou en [[Reconversion professionnelle|reconversion professionnelle]] vers l&#039;entrepreneuriat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les personnes accompagnées par un [[Conseiller en évolution professionnelle]] ou réalisant un [[Bilan de compétences]] peuvent s&#039;appuyer sur ces ressources pour évaluer la faisabilité économique d&#039;un projet de création d&#039;entreprise avant d&#039;engager des démarches de financement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articulation avec les dispositifs de création d&#039;entreprise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Complémentarité avec les aides publiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bpifrance s&#039;inscrit dans un écosystème d&#039;aides à la création qui comprend également :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;[[Acre|ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d&#039;Entreprise)]], exonération partielle de cotisations sociales pour les créateurs pendant les premières années d&#039;activité ;&lt;br /&gt;
* le [[Contrat d&#039;appui au projet d&#039;entreprise]] (CAPE), qui permet de tester son activité sous couvert d&#039;une structure existante avant l&#039;immatriculation ;&lt;br /&gt;
* les prêts d&#039;honneur distribués par [[Initiative France]] et [[Réseau Entreprendre]], souvent utilisés comme levier pour décrocher une garantie Bpifrance auprès d&#039;une banque commerciale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Adaptation aux statuts juridiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bpifrance adapte ses outils au statut juridique des porteurs de projet :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Les [[Micro-entreprise|micro-entreprises]] et [[Auto-entrepreneur|auto-entrepreneurs]] accèdent à des garanties et à des prêts d&#039;honneur via les plateformes partenaires de l&#039;écosystème ;&lt;br /&gt;
* Les [[Société à responsabilité limitée|SARL]], [[Société par actions simplifiée|SAS]] et autres sociétés commerciales accèdent directement aux prêts et aux investissements en fonds propres ;&lt;br /&gt;
* Les [[Profession libérale|professions libérales]] et [[Travailleur indépendant|travailleurs indépendants]] bénéficient de garanties spécifiques pour financer leur installation ou leur développement ;&lt;br /&gt;
* Les porteurs de projets en [[Entrepreneuriat senior|entrepreneuriat senior]] peuvent mobiliser des dispositifs dédiés, notamment dans le cadre d&#039;une [[Reconversion après 50 ans|reconversion après 50 ans]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Rôle dans la formation et la reconversion professionnelle ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bpifrance contribue indirectement au financement de la [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] des entrepreneurs. Les dirigeants et porteurs de projet peuvent mobiliser leur droit à la [[Financement de la formation professionnelle|formation professionnelle financée]] pour des parcours de formation à la gestion d&#039;entreprise reconnus par les organismes partenaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;institution s&#039;articule avec les [[Chambre de commerce et d&#039;industrie|chambres de commerce et d&#039;industrie]], qui proposent des formations certifiantes aux futurs créateurs, ainsi qu&#039;avec les [[Expert-comptable|experts-comptables]], [[Avocat|avocats]] en [[Droit des affaires|droit des affaires]] et [[Notaire|notaires]] pour les aspects juridiques et fiscaux des projets de création ou de reprise d&#039;entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Entrepreneur individuel|entrepreneurs individuels]] bénéficient depuis 2022 d&#039;un statut unique simplifié (résultant de la loi du 14 février 2022) qui facilite leur accès aux dispositifs de garantie Bpifrance, auparavant réservés aux personnes morales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chiffres clés ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les données suivantes sont issues des rapports annuels de Bpifrance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Indicateur !! 2022 !! 2023&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Financements accordés (crédit + garanties) || 16,5 milliards € || 17,2 milliards €&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Entreprises financées || 95 000 || 97 000&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Investissements en fonds propres || 2,9 milliards € || 3,1 milliards €&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Actifs sous gestion || 60 milliards € || 65 milliards €&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Emplois soutenus (estimation) || 670 000 || 690 000&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Critiques et débats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bpifrance fait l&#039;objet de plusieurs critiques récurrentes dans le débat économique français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Additivité&#039;&#039;&#039; : des études économiques, notamment publiées par la Banque de France et le Centre d&#039;études prospectives et d&#039;informations internationales (CEPII), ont tenté de mesurer si les financements Bpifrance se substituent aux financements privés plutôt que de les compléter. Les résultats sont nuancés selon les dispositifs et les périodes étudiées ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Concentration géographique&#039;&#039;&#039; : malgré un réseau de 50 implantations, une part significative des financements en capital-risque reste concentrée en Île-de-France et dans les grandes métropoles régionales (Lyon, Bordeaux, Nantes, Toulouse) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Complexité des parcours&#039;&#039;&#039; : la multiplicité des guichets, des critères d&#039;éligibilité et des interlocuteurs est régulièrement signalée comme un obstacle par les [[Entrepreneur individuel|entrepreneurs individuels]] et les dirigeants de très petites entreprises (TPE). Bpifrance a engagé depuis 2020 une démarche de simplification via la centralisation des demandes sur sa plateforme numérique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Partenariats institutionnels ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bpifrance s&#039;inscrit dans un réseau partenarial étendu :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Niveau régional&#039;&#039;&#039; : cofinancement et orientation des porteurs de projet avec les conseils régionaux, les [[Chambre de commerce et d&#039;industrie|CCI]] et les [[Chambre d&#039;agriculture|chambres d&#039;agriculture]] pour les projets agri-alimentaires ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Réseaux d&#039;accompagnement&#039;&#039;&#039; : conventions avec [[Initiative France]], [[Réseau Entreprendre]] et France Active pour les prêts d&#039;honneur et le microcrédit professionnel ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Professions réglementées&#039;&#039;&#039; : articulation avec les [[Expert-comptable|experts-comptables]], [[Avocat|avocats]] et [[Notaire|notaires]] pour les montages juridiques lors des créations et transmissions d&#039;entreprise ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Europe&#039;&#039;&#039; : Bpifrance est membre du réseau européen des banques publiques de développement (Finance in Motion) et partenaire du Fonds Européen d&#039;Investissement (FEI) pour des programmes de garanties et de co-investissement en fonds propres à destination des PME innovantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Statut professionnel]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=M%C3%A9decin&amp;diff=926</id>
		<title>Médecin</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=M%C3%A9decin&amp;diff=926"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Un &#039;&#039;&#039;médecin&#039;&#039;&#039; est un professionnel de santé titulaire d&#039;un diplôme d&#039;État de docteur en médecine, habilité à diagnostiquer, prévenir et traiter les maladies, blessures et autres affections physiques ou psychiques de l&#039;être humain. En France, la profession de médecin constitue une [[Profession réglementée|profession réglementée]] et une [[Profession libérale|profession libérale]] soumise à l&#039;inscription obligatoire au tableau de l&#039;[[Ordre professionnel|Ordre national des médecins]] (CNOM) et à un [[Code de déontologie|code de déontologie]] strict. On dénombrait environ 214 000 médecins en activité en France en 2023, selon les données du Conseil national de l&#039;ordre des médecins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Formation et accès à la profession ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Études de médecine en France ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;accès aux [[Études de médecine en France|études de médecine]] s&#039;effectue après le baccalauréat, à travers deux voies principales instaurées par la réforme de 2020 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;PASS&#039;&#039;&#039; (Parcours Accès Santé Spécifique), voie directe vers les études de santé ;&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;LAS&#039;&#039;&#039; (Licence avec Accès Santé), qui permet une réorientation depuis une autre filière universitaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis 2020, le numerus clausus a été remplacé par le [[Numerus apertus|numerus apertus]], laissant aux facultés une plus grande latitude dans la fixation du nombre d&#039;admis en deuxième année. Le cursus médical dure au minimum 9 ans, articulé en trois cycles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Cursus médical en France&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Cycle !! Durée !! Contenu principal&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Premier cycle (PASS/LAS + années 2-3) || 3 ans || Sciences fondamentales, anatomie, physiologie, sémiologie&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Deuxième cycle (années 4-6) || 3 ans || Stages cliniques hospitaliers, enseignements intégrés, ECNi&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Troisième cycle (internat) || 3 à 6 ans selon spécialité || Formation spécialisée, stages en subdivision&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;Examen Classant National informatisé (ECNi), passé à la fin du deuxième cycle, détermine l&#039;accès à la spécialité et à la subdivision géographique d&#039;internat. En 2022, 9 376 postes d&#039;interne ont été ouverts toutes spécialités confondues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Spécialisations médicales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l&#039;issue de l&#039;internat, le médecin obtient un Diplôme d&#039;Études Spécialisées (DES). La médecine générale est la spécialité la plus représentée en France avec environ 90 000 médecins généralistes en 2023. Les autres DES couvrent notamment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Cardiologie et maladies vasculaires ;&lt;br /&gt;
* Psychiatrie (environ 16 000 psychiatres en exercice en 2022) ;&lt;br /&gt;
* Pédiatrie ;&lt;br /&gt;
* Anesthésie-réanimation ;&lt;br /&gt;
* Chirurgie (orthopédique, digestive, thoracique, viscérale) ;&lt;br /&gt;
* Radiologie et imagerie médicale ;&lt;br /&gt;
* Gynécologie-obstétrique ;&lt;br /&gt;
* Dermatologie et vénéréologie ;&lt;br /&gt;
* Oncologie médicale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des formations complémentaires (DESC, DU, DIU) permettent une sur-spécialisation après l&#039;obtention du DES de référence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre réglementaire ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Ordre national des médecins ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;inscription au tableau de l&#039;Ordre national des médecins est une condition légale préalable à tout exercice de la médecine en France, libéral ou salarié. Créé par l&#039;ordonnance du 24 septembre 1945, l&#039;Ordre est un [[Ordre professionnel|ordre professionnel]] doté de la personnalité morale de droit privé, organisé en conseils départementaux, conseils régionaux (CROM) et Conseil national (CNOM). Ses attributions comprennent la vérification des titres et des conditions morales des candidats, le maintien et l&#039;application du [[Code de déontologie|code de déontologie médicale]] (articles R. 4127-1 à R. 4127-112 du Code de la santé publique), et l&#039;exercice du pouvoir disciplinaire sur ses membres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Déontologie médicale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Code de déontologie|code de déontologie médicale]] fixe les principes fondamentaux de la pratique : respect absolu de la personne humaine et de sa dignité, indépendance professionnelle, obligation de compétence et de mise à jour permanente des connaissances, confraternité, et interdiction de toute discrimination dans l&#039;accès aux soins. Il interdit le compérage entre professionnels de santé, la publicité à caractère commercial, et le fait de se prévaloir de titres ou qualifications non reconnus officiellement. Les manquements déontologiques sont jugés par les chambres disciplinaires de première instance et d&#039;appel de l&#039;Ordre ; les sanctions s&#039;échelonnent de l&#039;avertissement à la radiation définitive du tableau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Secret médical ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Secret médical|secret médical]] est une obligation légale et déontologique fondamentale inscrite à l&#039;article L. 1110-4 du Code de la santé publique. Il couvre l&#039;ensemble des informations confiées au médecin ou dont il prend connaissance dans l&#039;exercice de ses fonctions, quelle qu&#039;en soit la nature. Le secret persiste après le décès du patient et s&#039;impose même aux proches de celui-ci et aux autres professionnels de santé non directement impliqués dans la prise en charge. Des exceptions limitativement énumérées existent : déclaration des maladies à déclaration obligatoire (MDO), signalement de maltraitance sur mineur ou personne vulnérable, certificats d&#039;aptitude dans le cadre du [[Droit du travail|droit du travail]], expertise judiciaire ordonnée par le tribunal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Responsabilité professionnelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout médecin est soumis à une [[Responsabilité civile professionnelle|responsabilité civile professionnelle]] et doit être assuré pour les dommages causés à des tiers dans l&#039;exercice de son activité, cette assurance étant obligatoire depuis la loi du 4 mars 2002 dite loi Kouchner. La responsabilité peut également être engagée sur le plan du [[Droit pénal|droit pénal]] : homicide ou blessures involontaires par faute caractérisée, violation du secret professionnel, ou non-assistance à personne en danger. Les litiges en responsabilité médicale libérale relèvent des juridictions civiles ; ceux impliquant des établissements publics de santé relèvent des juridictions administratives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Statuts d&#039;exercice ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Exercice libéral ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;exercice libéral concerne environ 54 % des médecins en activité en France. Le médecin libéral est un [[Travailleur indépendant|travailleur indépendant]] qui exerce en son nom propre ou dans le cadre d&#039;une structure sociétaire. Ses revenus relèvent de la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC), imposés au [[Régime réel d&#039;imposition|régime réel d&#039;imposition]] dans la quasi-totalité des cas. Les statuts de [[Micro-entreprise|micro-entreprise]] et d&#039;[[Auto-entrepreneur|auto-entrepreneur]] sont incompatibles avec l&#039;exercice des [[Professions libérales réglementées|professions libérales réglementées]], dont la médecine fait partie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs structures juridiques sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;exercice individuel en cabinet ;&lt;br /&gt;
* Le groupement de médecins (SCM, SCP) ;&lt;br /&gt;
* La [[Société d&#039;exercice libéral|société d&#039;exercice libéral]] (SELARL, SELAS, SELAFA), qui sépare le patrimoine professionnel du patrimoine personnel tout en préservant l&#039;indépendance clinique ;&lt;br /&gt;
* La [[Maison de santé pluriprofessionnelle|maison de santé pluriprofessionnelle]] (MSP), structure regroupant médecins et autres soignants — [[Infirmier libéral|infirmiers libéraux]], [[Pharmacien|pharmaciens]], kinésithérapeutes — en un même lieu ou en réseau coordonné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Conventionnement médical|conventionnement médical]] avec l&#039;Assurance maladie définit le cadre tarifaire : secteur 1 (honoraires opposables fixés par la convention), secteur 2 (dépassements encadrés par le dispositif OPTAM), ou secteur 3 (non conventionné, honoraires entièrement libres). En 2023, environ 75 % des médecins libéraux étaient conventionnés secteur 1 ou adhérents à l&#039;OPTAM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Exercice salarié ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le médecin peut exercer en tant que salarié dans divers contextes : hôpital public (praticien hospitalier, assistant, attaché), clinique privée, centre de santé, service de [[Médecin du travail|médecine du travail]], ou structures médico-sociales (EHPAD, IME). Dans ce cadre, il est soumis au [[Droit du travail|droit du travail]], bénéficie d&#039;un [[Contrat de travail|contrat de travail]] (CDI, CDD, contrat de praticien hospitalier), et voit ses litiges professionnels du secteur privé traités par le [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]]. Le médecin salarié conserve néanmoins son indépendance clinique, garantie par son [[Statut professionnel|statut professionnel]] de praticien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le médecin salarié du secteur privé cotise au régime général de la Sécurité sociale et à un régime de retraite complémentaire spécifique (AGIRC-ARRCO). Le médecin hospitalier public relève d&#039;un statut de fonctionnaire ou de contractuel de la fonction publique hospitalière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Médecin du travail ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Médecin du travail|médecin du travail]] est un médecin spécialisé qui exerce dans un service de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI) ou dans un service autonome d&#039;entreprise. Sa mission est exclusivement préventive : surveillance médicale des salariés, analyse des conditions et risques de travail, conseil aux employeurs. Il n&#039;effectue ni diagnostic curatif ni prescription thérapeutique pour les salariés qu&#039;il suit, à l&#039;exception d&#039;une trousse d&#039;urgence réglementée. En 2022, on comptait environ 5 000 médecins du travail en exercice en France, une spécialité dont la démographie est particulièrement déficitaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Protection sociale et cotisations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les médecins libéraux cotisent pour leur retraite à la CARMF (Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France), qui gère trois régimes : un régime de base aligné sur le régime général, un régime complémentaire à points, et un régime ASV (Avantages Sociaux Vieillesse) cofinancé à hauteur des deux tiers par l&#039;Assurance maladie. La [[CIPAV]] ne s&#039;applique pas aux médecins libéraux, qui disposent de leur propre caisse sectorielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les cotisations sociales (CSG, CRDS, cotisations maladie-maternité) sont collectées par l&#039;[[URSSAF]]. La [[Sécurité sociale des indépendants|Sécurité sociale des indépendants]] (SSI) gère leur couverture maladie de base.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Protection sociale|protection sociale]] globale d&#039;un médecin libéral comprend :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Assurance maladie-maternité (SSI) ;&lt;br /&gt;
* Retraite de base, complémentaire et ASV (CARMF) ;&lt;br /&gt;
* Prévoyance incapacité-invalidité-décès (CARMF, complétée par une surcomplémentaire privée optionnelle) ;&lt;br /&gt;
* [[Responsabilité civile professionnelle|Responsabilité civile professionnelle]] (assurance obligatoire souscrite à titre privé).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le recours à un [[Expert-comptable|expert-comptable]] spécialisé en professions médicales est courant parmi les médecins libéraux pour optimiser la gestion de leur BNC et le choix entre régimes d&#039;imposition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Rémunération ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rémunération des médecins varie fortement selon le statut, la spécialité et le mode d&#039;exercice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Revenus nets moyens des médecins en France (source : DREES, données 2021)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Catégorie !! Revenu net moyen annuel&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Médecin généraliste libéral (secteur 1) || 84 000 €&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Spécialiste libéral (secteur 1) || 120 000 à 180 000 €&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Spécialiste libéral — chirurgien, radiologue (secteur 2) || 180 000 à 320 000 €&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Praticien hospitalier temps plein (brut, hors gardes) || 55 000 à 96 000 €&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les honoraires des médecins libéraux conventionnés sont encadrés par la nomenclature NGAP (actes cliniques) et CCAM (actes techniques et chirurgicaux). En 2024, la consultation de médecine générale en secteur 1 était tarifée 30 €, avec des majorations codifiées selon la complexité (MHD, MCS, MEG) ou l&#039;horaire (majoration de nuit, de dimanche et jours fériés).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Formation continue et évolutions de carrière ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout médecin en exercice est soumis à une obligation de [[Formation continue|développement professionnel continu]] (DPC), instaurée par la loi HPST du 21 juillet 2009 et renforcée par la loi de modernisation du système de santé de 2016. Le DPC regroupe des actions de formation, d&#039;évaluation des pratiques professionnelles (EPP) et de gestion des risques sanitaires. L&#039;Agence nationale du DPC (ANDPC) coordonne et finance une partie de ces parcours. Chaque médecin doit justifier d&#039;un engagement dans un parcours DPC sur une période triennale glissante, sous peine de signalement à l&#039;Ordre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Validation des acquis de l&#039;expérience|validation des acquis de l&#039;expérience]] (VAE) est rarement applicable en médecine, les diplômes médicaux relevant d&#039;un cadre réglementaire national strict qui limite les équivalences de parcours. Un médecin souhaitant évoluer vers des fonctions d&#039;encadrement ou de gestion peut s&#039;appuyer sur un [[Bilan de compétences|bilan de compétences]] pour identifier des passerelles vers des fonctions de [[Cadre de santé|cadre de santé]], de direction d&#039;établissement de santé, ou d&#039;enseignement universitaire (maître de conférences des universités-praticien hospitalier, MCU-PH).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Communication professionnelle|communication professionnelle]] des médecins est encadrée par le code de déontologie : la publicité commerciale directe est interdite, mais le médecin peut disposer d&#039;un site d&#039;information sobre présentant ses compétences, ses horaires et ses coordonnées, dans les limites édictées par l&#039;Ordre national.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Démographie médicale et territoires sous-dotés ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La densité médicale en France atteignait 314 médecins pour 100 000 habitants toutes spécialités confondues en 2023 (CNOM), avec de fortes disparités territoriales. Certains départements ruraux (Creuse, Haute-Marne, Orne) affichent moins de 180 médecins pour 100 000 habitants, tandis que des métropoles universitaires comme Paris ou Montpellier dépassent 500. Ces déséquilibres sont à l&#039;origine du phénomène des [[Désert médical|déserts médicaux]], qui touche prioritairement les zones rurales isolées et certaines zones périurbaines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La médecine figure parmi les [[Métiers en tension|métiers en tension]] dans de nombreuses régions françaises, particulièrement pour la médecine générale, la psychiatrie, l&#039;ophtalmologie, la gynécologie médicale et la pédiatrie. Pour réduire ces inégalités d&#039;accès, plusieurs dispositifs ont été déployés : contrats d&#039;engagement de service public (CESP) accordant une bourse en échange d&#039;une installation en zone sous-dotée, exonérations fiscales pour l&#039;installation en zone fragile, incitations au regroupement en [[Maison de santé pluriprofessionnelle|maisons de santé pluriprofessionnelles]], et développement de la téléconsultation depuis la loi Ma Santé 2022.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Infirmier]]&lt;br /&gt;
* [[Infirmier libéral]]&lt;br /&gt;
* [[Infirmier de pratique avancée]]&lt;br /&gt;
* [[Pharmacien]]&lt;br /&gt;
* [[Préparateur en pharmacie]]&lt;br /&gt;
* [[Médecin du travail]]&lt;br /&gt;
* [[Cadre de santé]]&lt;br /&gt;
* [[Psychologue du travail]]&lt;br /&gt;
* [[Profession réglementée]]&lt;br /&gt;
* [[Professions libérales réglementées]]&lt;br /&gt;
* [[Ordre professionnel]]&lt;br /&gt;
* [[Secret médical]]&lt;br /&gt;
* [[Formation continue]]&lt;br /&gt;
* [[Bilan de compétences]]&lt;br /&gt;
* [[Métiers en tension]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Reconversion professionnelle]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Commissaire_aux_comptes&amp;diff=925</id>
		<title>Commissaire aux comptes</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Commissaire_aux_comptes&amp;diff=925"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Le &#039;&#039;&#039;commissaire aux comptes&#039;&#039;&#039; (CAC) est un professionnel libéral dont la mission est de certifier la régularité, la sincérité et l&#039;image fidèle des comptes annuels des entités tenues de faire appel à ses services. Nommé par les associés ou actionnaires, il exerce une mission d&#039;intérêt général, distincte de celle de l&#039;[[Expert-comptable]], et bénéficie d&#039;un statut légalement encadré par le Code de commerce. Sa fonction s&#039;inscrit dans le champ du [[Droit des affaires|droit des affaires]] et du [[Droit des sociétés|droit des sociétés]], et constitue un pilier de la transparence financière des entreprises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre légal et historique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Origines ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fonction de commissaire aux comptes trouve ses origines dans la loi du 24 juillet 1867 sur les sociétés par actions, qui institua pour la première fois un contrôle légal des comptes des sociétés anonymes. Ce contrôle demeura longtemps sommaire et peu formalisé. La loi du 24 juillet 1966 sur les sociétés commerciales, codifiée depuis au Code de commerce, a structuré la profession de façon moderne, en définissant les conditions d&#039;exercice, les incompatibilités et les sanctions applicables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Compagnie nationale des commissaires aux comptes]] (CNCC), créée en 1969, est l&#039;organisme professionnel qui regroupe l&#039;ensemble des commissaires aux comptes inscrits sur les listes des compagnies régionales. Elle définit les normes professionnelles et veille au respect de la déontologie de la profession.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2003, les scandales comptables américains (Enron, WorldCom) et leurs répercussions en Europe ont conduit à un renforcement majeur des obligations : la loi de sécurité financière du 1er août 2003 a créé le [[Haut Conseil du commissariat aux comptes]] (H3C), autorité de surveillance publique indépendante. L&#039;ordonnance du 17 mars 2016, transposant la directive européenne 2014/56/UE et le règlement n° 537/2014, a ensuite réformé la profession, notamment en matière de rotation des mandats pour les entités d&#039;intérêt public et de séparation entre l&#039;audit et le conseil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Textes de référence ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mission du commissaire aux comptes est principalement encadrée par :&lt;br /&gt;
* Les articles L. 820-1 à L. 828-12 du Code de commerce (livre VIII) ;&lt;br /&gt;
* Le [[Code de déontologie]] des commissaires aux comptes (décret n° 2005-1412 du 16 novembre 2005, modifié en 2017) ;&lt;br /&gt;
* Les [[Norme d&#039;exercice professionnel|normes d&#039;exercice professionnel]] (NEP), homologuées par arrêté du garde des Sceaux sur proposition de la CNCC et avis du H3C ;&lt;br /&gt;
* Le règlement européen n° 537/2014, applicable aux entités d&#039;intérêt public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Missions principales ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Certification des comptes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mission centrale du commissaire aux comptes est la [[Certification des comptes|certification des comptes annuels]]. Il s&#039;agit d&#039;attester que les comptes donnent une image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat de l&#039;entité, conformément au [[Plan comptable général]] et aux normes comptables applicables. À l&#039;issue de ses travaux, le CAC émet l&#039;une des quatre opinions suivantes :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Certification sans réserve&#039;&#039;&#039; : les comptes sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Certification avec réserves&#039;&#039;&#039; : des irrégularités ou inexactitudes d&#039;effet limité ont été relevées ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Refus de certifier&#039;&#039;&#039; : les anomalies sont d&#039;une importance telle qu&#039;elles remettent en cause l&#039;ensemble des comptes ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Impossibilité de certifier&#039;&#039;&#039; : l&#039;absence d&#039;éléments probants suffisants empêche toute formulation d&#039;opinion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La certification est formalisée dans un [[Rapport de commissaire aux comptes|rapport de certification]], document officiel transmis aux associés lors de l&#039;assemblée générale annuelle et, pour les sociétés qui y sont tenues, déposé au [[Registre du commerce et des sociétés]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Procédure d&#039;alerte ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procédure d&#039;alerte est une mission légale distincte de la certification. Lorsque le commissaire aux comptes relève des faits de nature à compromettre la continuité de l&#039;exploitation, il est tenu d&#039;en informer les dirigeants par lettre recommandée avec accusé de réception. Faute de réponse satisfaisante dans un délai de quinze jours, il convoque le conseil d&#039;administration ou de surveillance. En l&#039;absence de mesures adaptées, il informe l&#039;assemblée générale. Si la situation demeure préoccupante, il peut saisir le président du [[Tribunal de commerce]] afin qu&#039;il soit pris toute mesure utile. Cette procédure est organisée par les articles L. 234-1 à L. 234-4 du Code de commerce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Révélation des faits délictueux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le commissaire aux comptes est légalement tenu de révéler au procureur de la République les faits délictueux dont il a connaissance à l&#039;occasion de l&#039;exercice de sa mission, sans que cette obligation ne s&#039;étende à un devoir de rechercher activement de tels faits. Cette obligation de révélation, prévue à l&#039;article L. 823-12 du Code de commerce, prime sur le secret professionnel auquel le CAC est par ailleurs astreint. Le manquement à cette obligation constitue lui-même une infraction pénale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Vérifications spécifiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au-delà de la certification, le commissaire aux comptes effectue diverses vérifications légales imposées par le Code de commerce :&lt;br /&gt;
* Sincérité du rapport de gestion et concordance avec les comptes annuels ;&lt;br /&gt;
* Respect des règles d&#039;égalité entre actionnaires et porteurs de parts ;&lt;br /&gt;
* Contrôle des conventions réglementées (articles L. 225-38 et suivants) ;&lt;br /&gt;
* Vérification du rapport sur le gouvernement d&#039;entreprise pour les entités cotées ;&lt;br /&gt;
* Attestation des informations extra-financières (déclaration de performance extra-financière, DPEF) pour les grandes entités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Périmètre d&#039;intervention ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entités soumises à l&#039;audit légal obligatoire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La désignation d&#039;un commissaire aux comptes est obligatoire dans de nombreuses structures. Depuis la loi PACTE du 22 mai 2019, les seuils applicables aux sociétés non qualifiées d&#039;entités d&#039;intérêt public ont été relevés. Sont notamment concernées :&lt;br /&gt;
* Les [[Société par actions simplifiée|sociétés par actions simplifiées]] (SAS) dépassant deux des trois seuils suivants : 4 millions d&#039;euros de [[Chiffre d&#039;affaires|chiffre d&#039;affaires]] hors taxes, 2 millions d&#039;euros de total bilan, 25 salariés ;&lt;br /&gt;
* Les [[Société à responsabilité limitée|sociétés à responsabilité limitée]] (SARL) dépassant les mêmes seuils ;&lt;br /&gt;
* Les sociétés anonymes (SA), quelle que soit leur taille ;&lt;br /&gt;
* Les entités d&#039;intérêt public (EIP) : établissements de crédit, compagnies d&#039;assurance, mutuelles relevant du Code des assurances, sociétés cotées sur un marché réglementé ;&lt;br /&gt;
* Certaines associations et fondations reconnaissant d&#039;utilité publique ou recevant des subventions publiques au-delà de 153 000 euros par exercice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
! Forme juridique !! Seuil de [[Chiffre d&#039;affaires|CA]] HT !! Seuil de bilan !! Seuil d&#039;effectif&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| SAS, SARL, SNC, etc. (non-EIP) || 4 000 000 € || 2 000 000 € || 25 salariés&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| SA (non-EIP) || Aucun seuil || Aucun seuil || Aucun seuil&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Entités d&#039;intérêt public (EIP) || Aucun seuil || Aucun seuil || Aucun seuil&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Deux des trois seuils doivent être franchis sur deux exercices consécutifs pour déclencher l&#039;obligation (hors SA et EIP).&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entités d&#039;intérêt public ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les entités d&#039;intérêt public, les règles sont sensiblement plus strictes : la durée maximale du mandat est de 10 ans (renouvelable une fois pour 10 ans après un appel d&#039;offres), la rotation est obligatoire après 20 ans au maximum, et la séparation entre audit et conseil est renforcée par une liste de services non-audit interdits. Le [[Haut Conseil du commissariat aux comptes]] exerce une supervision directe sur les cabinets intervenant auprès de ces entités et peut procéder à des contrôles de qualité spécifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conditions d&#039;exercice ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Formation et accès à la profession ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;accès à la profession est subordonné à l&#039;obtention du certificat d&#039;aptitude aux fonctions de commissaire aux comptes (CAFCAC), lui-même précédé d&#039;un stage professionnel de trois ans auprès d&#039;un commissaire aux comptes inscrit. Les principales voies d&#039;accès sont :&lt;br /&gt;
* Le diplôme d&#039;expertise comptable (DEC), qui dispense des épreuves théoriques du CAFCAC et permet une inscription directe après le stage ;&lt;br /&gt;
* Un master en droit, gestion ou économie (niveau bac + 5), suivi des épreuves théoriques spécifiques du CAFCAC et du stage de trois ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le candidat doit être inscrit sur la liste d&#039;une compagnie régionale des commissaires aux comptes, après vérification de son casier judiciaire (extrait B3 vierge) et de son honorabilité. L&#039;inscription est subordonnée à la souscription d&#039;une assurance de [[Responsabilité civile professionnelle|responsabilité civile professionnelle]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Incompatibilités ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi impose de strictes incompatibilités destinées à garantir l&#039;indépendance du commissaire aux comptes :&lt;br /&gt;
* Exercice de fonctions de direction, de gestion ou de salariat dans l&#039;entité contrôlée pendant les deux années précédant la nomination ;&lt;br /&gt;
* Lien familial au quatrième degré avec les dirigeants, associés ou actionnaires significatifs de l&#039;entité ;&lt;br /&gt;
* Prestation de services autres que la certification et les missions légales connexes pour l&#039;entité auditée, concrétisant la séparation structurelle audit/conseil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces règles sont précisées dans le [[Code de déontologie]] des commissaires aux comptes. Pour les entités d&#039;intérêt public, elles sont renforcées par le règlement européen n° 537/2014, qui dresse une liste exhaustive des services non-audit interdits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Nomination et mandat ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le commissaire aux comptes est nommé par l&#039;assemblée générale ordinaire des associés ou actionnaires pour une durée de six exercices comptables. Son mandat est renouvelable dans les sociétés non-EIP. En cas de carence, la nomination peut intervenir par voie judiciaire à la demande de tout intéressé. La révocation anticipée ne peut être prononcée qu&#039;en justice, pour juste motif, afin de protéger l&#039;indépendance du CAC vis-à-vis des organes de direction qu&#039;il contrôle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les honoraires sont librement négociés entre le CAC et l&#039;entité, mais doivent être proportionnés à l&#039;étendue des diligences nécessaires et ne peuvent en aucun cas être conditionnés aux résultats de la certification ou à la conclusion d&#039;un avis favorable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Responsabilité et sanctions ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Responsabilité civile ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le commissaire aux comptes engage sa [[Responsabilité civile professionnelle|responsabilité civile professionnelle]] en cas de faute dans l&#039;exercice de sa mission ayant causé un préjudice à l&#039;entité, aux associés ou aux tiers. Sa responsabilité est une obligation de moyens : il doit mettre en œuvre les diligences définies par les [[Norme d&#039;exercice professionnel|normes d&#039;exercice professionnel]], sans être tenu de garantir l&#039;absence de toute irrégularité ou fraude non décelable par des procédures normales d&#039;audit. L&#039;action en responsabilité civile se prescrit par cinq ans à compter du fait dommageable ou, en cas de dissimulation, de sa révélation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Responsabilité pénale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Code de commerce prévoit des sanctions pénales spécifiques applicables au commissaire aux comptes :&lt;br /&gt;
* Non-révélation de faits délictueux (article L. 823-12) ;&lt;br /&gt;
* Certification mensongère des comptes ou confirmation d&#039;informations inexactes dans les rapports à l&#039;assemblée (article L. 823-17) : jusqu&#039;à cinq ans d&#039;emprisonnement et 75 000 euros d&#039;amende ;&lt;br /&gt;
* Violation du secret professionnel (article L. 820-7) : peine d&#039;emprisonnement d&#039;un an et 15 000 euros d&#039;amende, sauf exceptions légales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Responsabilité disciplinaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Compagnie nationale des commissaires aux comptes]], par l&#039;intermédiaire de ses commissions régionales de discipline, peut prononcer les sanctions suivantes : avertissement, blâme, interdiction temporaire d&#039;exercice pour une durée maximale de cinq ans, ou radiation définitive de la liste. Le [[Haut Conseil du commissariat aux comptes]] supervise l&#039;exercice de cette discipline et dispose d&#039;un pouvoir de sanction directe à l&#039;égard des commissaires aux comptes intervenant auprès d&#039;entités d&#039;intérêt public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Distinctions avec des professions voisines ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Commissaire aux comptes et expert-comptable ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La distinction fondamentale entre le commissaire aux comptes et l&#039;[[Expert-comptable]] réside dans la nature de leurs missions. L&#039;expert-comptable est mandaté contractuellement par l&#039;entreprise pour tenir, surveiller ou réviser ses comptes : il est au service du client. Le commissaire aux comptes exerce une mission légale d&#039;intérêt général : il contrôle des comptes qu&#039;il n&#039;a pas établis et rend compte aux associés et aux tiers, non à la direction de l&#039;entité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces deux professions sont organisées au sein d&#039;institutions distinctes : l&#039;[[Ordre professionnel|Ordre des experts-comptables]] d&#039;un côté, la [[Compagnie nationale des commissaires aux comptes]] de l&#039;autre. Les personnes physiques peuvent néanmoins être inscrites simultanément aux deux, sous réserve de respecter les incompatibilités propres à chaque mission.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Commissaire aux comptes et auditeur interne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;auditeur interne est salarié ou prestataire de l&#039;entité auditée ; il rend compte à la direction générale ou au comité d&#039;audit interne. Le commissaire aux comptes est extérieur et indépendant ; il rend compte aux associés réunis en assemblée générale. L&#039;[[Audit de certification]] légal est imposé par la loi, tandis que l&#039;audit interne relève d&#039;une décision de gouvernance propre à chaque organisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Commissaire aux comptes et expert judiciaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Expertise judiciaire]] en matière comptable et financière peut être confiée à un commissaire aux comptes inscrit sur la liste des experts près les cours d&#039;appel. Nommé par ordonnance du tribunal, il intervient alors en qualité d&#039;auxiliaire de justice, sa mission étant strictement délimitée par le juge. Cette mission est entièrement indépendante de tout mandat légal de commissariat aux comptes et relève de la [[Procédure civile|procédure civile]] ou commerciale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Place dans l&#039;écosystème professionnel ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Relations avec les autres acteurs ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l&#039;exercice de sa mission, le commissaire aux comptes interagit régulièrement avec plusieurs acteurs :&lt;br /&gt;
* L&#039;[[Expert-comptable]], qui tient ou supervise les comptes de l&#039;entité et constitue l&#039;interlocuteur technique principal ;&lt;br /&gt;
* L&#039;[[Avocat]] et le [[Juriste d&#039;entreprise|juriste d&#039;entreprise]] pour les questions de [[Droit commercial|droit commercial]], de [[Droit des sociétés|droit des sociétés]] et de [[Contentieux|contentieux]] ;&lt;br /&gt;
* Le [[Comité social et économique]] (CSE), auquel le commissaire aux comptes présente les comptes lors des réunions annuelles d&#039;examen des résultats ;&lt;br /&gt;
* L&#039;[[URSSAF]] et les organismes de recouvrement, dans le cadre de la vérification de la [[Masse salariale|masse salariale]], des cotisations sociales et de la conformité des [[Bulletin de paie|bulletins de paie]] ;&lt;br /&gt;
* Le [[Registre du commerce et des sociétés]] et le [[Registre national des entreprises]], auprès desquels les comptes certifiés sont déposés et rendus accessibles aux tiers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Exercice en société et grandes structures ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les commissaires aux comptes peuvent exercer au sein d&#039;une [[Société d&#039;exercice libéral|société d&#039;exercice libéral]] (SEL : SELARL, SELAFA, SELAS), forme juridique conçue pour les [[Profession libérale|professions libérales]] réglementées. Les missions d&#039;audit des grandes entités d&#039;intérêt public sont généralement confiées aux quatre principaux réseaux internationaux d&#039;audit (Deloitte, EY, KPMG, PricewaterhouseCoopers), qui exercent sous forme de sociétés d&#039;audit agréées inscrites à la CNCC.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le co-commissariat aux comptes — désignation de deux CAC distincts pour la même entité — demeure en France une spécificité nationale. Obligatoire pour les groupes cotés et certaines EIP, il garantit une double lecture indépendante des comptes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rôle dans la formation et la reconversion professionnelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le commissariat aux comptes constitue une voie de spécialisation accessible depuis plusieurs parcours de formation initiale ou continue : master comptabilité-contrôle-audit (CCA), diplôme d&#039;expertise comptable (DEC), ou master en [[Droit des affaires|droit des affaires]] spécialité droit fiscal ou droit des sociétés. Des formations continues sont proposées par les compagnies régionales des commissaires aux comptes ainsi que par des organismes de formation privés, en vue de préparer le CAFCAC, d&#039;actualiser les compétences en [[Veille juridique|veille juridique]] ou de se former aux normes d&#039;audit internationales (ISA — International Standards on Auditing).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Évolutions récentes ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi PACTE du 22 mai 2019 a relevé les seuils déclenchant l&#039;obligation de désignation d&#039;un commissaire aux comptes, réduisant le périmètre de l&#039;audit légal obligatoire pour les PME. Elle a parallèlement introduit un dispositif d&#039;audit légal allégé permettant à certaines sociétés de nommer volontairement un CAC sous un régime simplifié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dématérialisation croissante de la comptabilité et l&#039;obligation de facturation électronique (déploiement progressif à partir de 2026 en France, selon le calendrier arrêté par la direction générale des finances publiques) modifient les méthodes de collecte des éléments probants. Les commissaires aux comptes recourent désormais à des outils d&#039;analyse de données (&#039;&#039;data analytics&#039;&#039;) permettant d&#039;examiner l&#039;intégralité des transactions d&#039;une entité plutôt qu&#039;un seul échantillon statistique, ce qui renforce la couverture des contrôles tout en réduisant le temps consacré aux vérifications mécaniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan réglementaire européen, les travaux de révision du règlement n° 537/2014 et de la directive 2006/43/CE, engagés par la Commission européenne dans le cadre de son agenda sur l&#039;union des marchés de capitaux, devraient conduire à de nouvelles adaptations du cadre national à l&#039;horizon 2026-2027, notamment en matière de durée des mandats pour les entités d&#039;intérêt public et de supervision transfrontalière des cabinets d&#039;audit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Expert-comptable]]&lt;br /&gt;
* [[Audit de certification]]&lt;br /&gt;
* [[Certification des comptes]]&lt;br /&gt;
* [[Droit des sociétés]]&lt;br /&gt;
* [[Responsabilité civile professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Compagnie nationale des commissaires aux comptes]]&lt;br /&gt;
* [[Haut Conseil du commissariat aux comptes]]&lt;br /&gt;
* [[Rapport de commissaire aux comptes]]&lt;br /&gt;
* [[Norme d&#039;exercice professionnel]]&lt;br /&gt;
* [[Code de déontologie]]&lt;br /&gt;
* [[Ordre professionnel]]&lt;br /&gt;
* [[Tribunal de commerce]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Métiers du droit]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Employabilit%C3%A9&amp;diff=924</id>
		<title>Employabilité</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Employabilit%C3%A9&amp;diff=924"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;L&#039;&#039;&#039;&#039;employabilité&#039;&#039;&#039; désigne la capacité d&#039;un individu à obtenir et à conserver un emploi, à progresser au sein de sa carrière et à s&#039;adapter aux évolutions du [[Marché du travail|marché du travail]]. Concept multidimensionnel né dans les années 1950 dans la littérature économique anglo-saxonne sous le terme &#039;&#039;employability&#039;&#039;, il est aujourd&#039;hui au cœur des politiques d&#039;emploi et de [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] en France et en Europe. L&#039;employabilité repose à la fois sur des compétences individuelles, des ressources institutionnelles et des conditions de marché, ce qui en fait un indicateur complexe, irréductible au seul taux d&#039;emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et origines du concept ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme &#039;&#039;employability&#039;&#039; apparaît dans les travaux du sociologue et économiste britannique William Beveridge dès 1909, dans le contexte d&#039;une analyse du [[Chômage structurel|chômage structurel]]. Il désignait alors les individus susceptibles d&#039;être réintégrés sur le marché du travail, par opposition à ceux considérés définitivement inaptes au travail. Dans les années 1950-1960, des économistes américains reprennent la notion dans une perspective de [[Capital humain|capital humain]], soulignant l&#039;importance des investissements en formation pour maintenir la productivité et l&#039;adéquation des travailleurs aux besoins des entreprises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, le terme se diffuse largement à partir des années 1990 sous l&#039;effet des recommandations de la Commission européenne. La Stratégie européenne pour l&#039;emploi, adoptée lors du Conseil de Luxembourg en novembre 1997, place l&#039;employabilité comme premier des quatre piliers de l&#039;action communautaire en matière d&#039;emploi, aux côtés de l&#039;entrepreneuriat, de l&#039;adaptabilité et de l&#039;égalité des chances.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La définition de l&#039;Organisation internationale du Travail (OIT) précise que l&#039;employabilité recouvre « les compétences et les qualifications transférables qui renforcent la capacité d&#039;un individu à tirer parti des possibilités d&#039;éducation et de formation qui se présentent, à trouver un travail et à le conserver, à progresser dans l&#039;entreprise et à s&#039;adapter à l&#039;évolution des technologies et des conditions du marché du travail ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dimensions de l&#039;employabilité ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Compétences techniques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Hard skills|compétences techniques]] constituent le premier socle de l&#039;employabilité : maîtrise d&#039;un outil, d&#039;une technique ou d&#039;un domaine de connaissances spécialisées. Elles sont attestées par des diplômes, des [[Certification professionnelle|certifications professionnelles]] inscrites au [[RNCP|Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP)]] ou des [[Bloc de compétences|blocs de compétences]] validés individuellement. La structuration des certifications en blocs permet une reconnaissance partielle des acquis, favorisant des parcours de formation modulaires adaptés aux contraintes des actifs en emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Compétences comportementales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Soft skills|compétences comportementales]] — autonomie, capacité à communiquer, esprit d&#039;équipe, gestion du stress, intelligence émotionnelle — prennent une importance croissante dans les critères de recrutement. Selon le baromètre Apec 2023, 73 % des cadres recruteurs déclarent tenir compte des soft skills autant que des compétences techniques lors d&#039;un entretien de sélection.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Compétences transférables|compétences transférables]] désignent celles qui peuvent être mobilisées dans des secteurs ou des postes différents de ceux dans lesquels elles ont été acquises. Leur valorisation est centrale dans les trajectoires de [[Reconversion professionnelle|reconversion professionnelle]] et dans les situations de [[Mobilité professionnelle|mobilité professionnelle]] subie ou choisie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aptitudes personnelles et ressources individuelles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;employabilité individuelle inclut des dimensions psychologiques : conscience de soi, capacité à élaborer un [[Projet professionnel|projet professionnel]] cohérent, proactivité dans la recherche d&#039;opportunités. Le psychologue américain Mark Savickas a formalisé ces dimensions dans son modèle de « career adaptability » (adaptabilité de carrière), articulé autour de quatre ressources : la préoccupation pour l&#039;avenir, le contrôle perçu, la curiosité d&#039;exploration et la confiance en soi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réalisation d&#039;un [[Bilan de compétences|bilan de compétences]] contribue directement à renforcer l&#039;employabilité en aidant l&#039;individu à identifier ses atouts, ses lacunes et ses pistes d&#039;évolution. En 2022, environ 200 000 bilans de compétences ont été financés via le [[Compte personnel de formation|Compte personnel de formation (CPF)]] en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Facteurs contextuels et structurels ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;employabilité n&#039;est pas une propriété exclusivement individuelle : elle dépend aussi de facteurs externes. L&#039;état du [[Marché du travail|marché du travail]] local, le volume d&#039;[[Offre d&#039;emploi|offres d&#039;emploi]] disponibles dans un secteur, le niveau de discrimination à l&#039;embauche et l&#039;accessibilité aux dispositifs de formation sont autant de variables structurelles qui modulent l&#039;employabilité effective. Des données de l&#039;INSEE montrent que l&#039;écart de taux d&#039;emploi entre titulaires d&#039;un baccalauréat et titulaires d&#039;un diplôme de niveau bac+5 atteint environ 15 points chez les 25-49 ans, illustrant l&#039;effet du niveau de qualification sur l&#039;accès à l&#039;emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Politiques publiques et acteurs institutionnels ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dispositifs nationaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, plusieurs dispositifs publics visent à maintenir ou renforcer l&#039;employabilité des actifs :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Dispositif !! Objectif principal !! Public cible&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Compte personnel de formation|Compte personnel de formation (CPF)]] || Financement de formations certifiantes || Tout actif (salarié ou demandeur d&#039;emploi)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Validation des acquis de l&#039;expérience|Validation des acquis de l&#039;expérience (VAE)]] || Certification des compétences acquises hors formation initiale || Personnes justifiant d&#039;1 an d&#039;expérience professionnelle&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Bilan de compétences]] || Analyse du parcours, des aptitudes et des motivations || Salariés et demandeurs d&#039;emploi&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Plan de développement des compétences]] || Formation à l&#039;initiative de l&#039;employeur || Salariés d&#039;une entreprise&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Contrat de professionnalisation]] || Alternance qualifiante pour adultes || Demandeurs d&#039;emploi et jeunes de 16 à 25 ans&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Contrat d&#039;apprentissage]] || Formation en alternance diplômante || Apprentis de 16 à 29 ans (dérogations possibles)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] représente en France un investissement annuel d&#039;environ 32 milliards d&#039;euros (Dares, 2022), financé conjointement par les entreprises, l&#039;État, les régions et les opérateurs de compétences (OPCO). Les onze OPCO, institués par la loi « Avenir professionnel » du 5 septembre 2018, collectent et redistribuent les contributions des entreprises selon les branches professionnelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Acteurs de l&#039;accompagnement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[France Travail]] (anciennement Pôle emploi, renommé en janvier 2024) est l&#039;opérateur public principal de placement et d&#039;accompagnement des demandeurs d&#039;emploi. Il propose des bilans de compétences, des formations financées et un suivi personnalisé vers l&#039;emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Mission locale|missions locales]] accompagnent les jeunes de 16 à 25 ans en difficulté d&#039;insertion professionnelle, en combinant accès à l&#039;emploi, formation, logement et santé. En 2022, elles ont suivi plus de 1,4 million de jeunes sur l&#039;ensemble du territoire national.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Cap emploi]] est le réseau spécialisé dans l&#039;insertion et le maintien dans l&#039;emploi des personnes en situation de handicap. Il intervient en appui de France Travail et des employeurs pour adapter les postes et sécuriser les parcours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Conseiller en évolution professionnelle|conseillers en évolution professionnelle (CEP)]] offrent un service gratuit et personnalisé pour aider toute personne active à construire son projet professionnel et à identifier les financements disponibles (CPF, VAE, bilan de compétences, [[Titre professionnel|titre professionnel]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Employabilité et formation tout au long de la vie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;employabilité est indissociable du paradigme de la [[Formation continue|formation tout au long de la vie]] (&#039;&#039;lifelong learning&#039;&#039;), promu par l&#039;UNESCO depuis les travaux d&#039;Edgar Faure (rapport « Apprendre à être », 1972) et formalisé au niveau européen par le mémorandum de la Commission européenne de 2000.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Alternance|alternance]] — qui regroupe le [[Contrat d&#039;apprentissage|contrat d&#039;apprentissage]] et le [[Contrat de professionnalisation|contrat de professionnalisation]] — est considérée comme un vecteur majeur d&#039;employabilité. Le taux d&#039;insertion en emploi des apprentis atteint 70 % à 6 mois après la fin de la formation, contre 49 % pour les lycéens professionnels à la même échéance, selon les enquêtes InserJeunes 2023.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Titre professionnel|titre professionnel]] délivré par le ministère du Travail atteste de la maîtrise d&#039;un métier et figure au [[RNCP]]. Il représente une voie d&#039;accès directe à l&#039;employabilité pour des publics adultes en [[Reconversion professionnelle|reconversion professionnelle]], souvent éloignés des circuits de la formation initiale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Validation des acquis de l&#039;expérience|Validation des acquis de l&#039;expérience (VAE)]] permet d&#039;obtenir tout ou partie d&#039;une certification professionnelle inscrite au RNCP sur la base de l&#039;expérience accumulée, sans repasser par un parcours de formation complet. En 2021, environ 30 000 dossiers de VAE ont abouti à une certification totale ou partielle en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Apprentissage par les pairs|apprentissage par les pairs]] constitue un complément aux dispositifs institutionnels : le partage de compétences entre collègues ou au sein de communautés professionnelles renforce l&#039;employabilité de façon informelle et continue, en dehors des circuits de formation certifiante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Enjeux contemporains ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Transformation numérique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La numérisation de l&#039;économie redéfinit en profondeur les compétences requises sur le marché du travail. Le rapport McKinsey Global Institute de 2018 estimait que 375 millions de travailleurs dans le monde pourraient devoir changer de catégorie professionnelle d&#039;ici à 2030 sous l&#039;effet de l&#039;automatisation. En France, France Stratégie évaluait en 2017 que 10 % des emplois présentaient un risque élevé d&#039;automatisation dans les dix années suivantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces mutations impliquent une montée en compétences régulière dans les domaines du numérique — programmation, analyse de données, cybersécurité — et valorisent les [[Soft skills|compétences comportementales]] difficiles à automatiser. Les [[Métiers d&#039;avenir|métiers d&#039;avenir]] dans le numérique, la data et l&#039;intelligence artificielle sont identifiés comme des gisements d&#039;emploi prioritaires dans les référentiels prospectifs de France Travail et du Secrétariat général pour l&#039;investissement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Transition écologique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La transition vers une économie bas-carbone génère d&#039;importants besoins en compétences dans des secteurs comme la rénovation énergétique des bâtiments, les énergies renouvelables, la mobilité durable et l&#039;agriculture biologique. Ces secteurs figurent parmi les [[Métiers en tension|métiers en tension]], c&#039;est-à-dire ceux pour lesquels le volume de recrutements dépasse le nombre de candidats disponibles et qualifiés. Le plan « France 2030 » alloue 2,3 milliards d&#039;euros à la formation aux métiers verts et à la reconversion vers ces filières.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Vieillissement de la population active ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le recul de l&#039;âge légal de départ à la retraite à 64 ans, instauré par la réforme du 14 avril 2023, allonge les carrières et renforce l&#039;enjeu du maintien en emploi des seniors. Le taux d&#039;emploi des 55-64 ans en France s&#039;établissait à 56,9 % en 2022 (Eurostat), contre 72,3 % pour la Suède et 61,8 % pour la moyenne de l&#039;Union européenne. La [[Mobilité professionnelle|mobilité professionnelle]] interne et externe, soutenue par le [[Coaching professionnel|coaching professionnel]] et le [[Mentorat professionnel|mentorat professionnel]], constitue un levier pour prolonger l&#039;employabilité des actifs expérimentés. Une [[Orientation professionnelle tardive|orientation professionnelle tardive]] peut également permettre à des seniors de se repositionner sur des segments du marché du travail moins exposés à l&#039;obsolescence des compétences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mesure et évaluation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;employabilité est difficile à quantifier directement ; plusieurs indicateurs sont utilisés en combinaison :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Taux de retour à l&#039;emploi&#039;&#039;&#039; après une période de chômage, ventilé par durée, secteur et niveau de qualification.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Délai moyen de retour à l&#039;emploi&#039;&#039;&#039; : en France, la durée médiane d&#039;un épisode de chômage s&#039;établissait à 11,5 mois en 2023 (Dares).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Taux d&#039;accès à la [[Formation continue|formation]]&#039;&#039;&#039; des demandeurs d&#039;emploi, qui mesure indirectement leur engagement dans le renforcement de leur employabilité.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Enquêtes d&#039;insertion&#039;&#039;&#039; (InserJeunes, enquête Génération du Cereq) : l&#039;enquête Génération 2017 du Cereq montre que 68 % des jeunes sortis de formation professionnelle initiale étaient en emploi 3 ans après leur sortie du système scolaire.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Résultats du [[Bilan de compétences|bilan de compétences]]&#039;&#039;&#039; : taux de concrétisation du [[Projet professionnel|projet professionnel]] engagé à l&#039;issue de l&#039;accompagnement, mesuré à 6 et 18 mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau international, l&#039;OCDE publie annuellement des comparaisons via l&#039;enquête PIAAC (Programme for the International Assessment of Adult Competencies), qui mesure les compétences en littératie, numératie et résolution de problèmes des adultes de 16 à 65 ans dans 39 pays participants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Critiques du concept ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept d&#039;employabilité fait l&#039;objet de critiques académiques significatives. La principale porte sur sa dimension individualisante : en centrant la responsabilité du retour à l&#039;emploi sur l&#039;individu, il tend à minimiser les déterminants structurels — discrimination à l&#039;embauche, polarisation du marché du travail, asymétrie d&#039;information entre recruteurs et candidats, inégalités territoriales d&#039;accès à la formation — qui conditionnent l&#039;accès à l&#039;emploi indépendamment des qualifications personnelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La sociologue française Bénédicte Zimmermann souligne dans ses travaux le risque d&#039;une « injonction à l&#039;employabilité » qui transfère sur les individus la charge de s&#039;adapter en permanence, sans interroger les conditions de travail, les politiques salariales ou l&#039;organisation des entreprises. Cette critique rejoint celle formulée par l&#039;économiste britannique Phillip Brown, qui distingue l&#039;employabilité « absolue » (compétences objectives) de l&#039;employabilité « relative » (position concurrentielle sur un marché du travail donné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce débat rejoint la réflexion sur la [[Flexicurité|flexicurité]], modèle développé notamment au Danemark et promu par l&#039;Union européenne depuis le Livre vert de 2006, qui cherche à concilier flexibilité du marché du travail et sécurité des parcours professionnels par une combinaison de contrats souples, d&#039;allocations chômage généreuses et d&#039;activation vers l&#039;emploi. La [[Sécurisation des parcours professionnels|sécurisation des parcours professionnels]], concept développé en France dans la continuité des accords nationaux interprofessionnels de 2003 et 2008, tente de répondre aux mêmes critiques en articulant droits individuels à la formation, accompagnement collectif et responsabilité partagée entre individus, employeurs et pouvoirs publics.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Outils pratiques pour renforcer son employabilité ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs démarches concrètes permettent à un individu d&#039;agir sur son employabilité :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Rédiger un [[CV de reconversion|CV de reconversion]] mettant en valeur les [[Compétences transférables|compétences transférables]] plutôt que le seul historique de postes occupés.&lt;br /&gt;
* Préparer une [[Lettre de motivation de reconversion|lettre de motivation de reconversion]] qui articule le projet professionnel et les atouts réorientation.&lt;br /&gt;
* Recourir à la [[Candidature spontanée|candidature spontanée]] pour accéder au marché caché de l&#039;emploi, qui représente selon l&#039;Apec entre 30 et 40 % des recrutements cadres.&lt;br /&gt;
* Préparer un [[Entretien de recrutement après reconversion|entretien de recrutement après reconversion]] en anticipant les questions sur la cohérence du parcours et la motivation sectorielle.&lt;br /&gt;
* Participer à des [[Entretien professionnel|entretiens professionnels]] bisannuels avec son employeur, obligatoires depuis la loi du 5 mars 2014, pour faire le point sur les perspectives d&#039;évolution et les besoins de formation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Reconversion professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Orientation professionnelle tardive]]&lt;br /&gt;
* [[CV de reconversion]]&lt;br /&gt;
* [[Lettre de motivation de reconversion]]&lt;br /&gt;
* [[Entretien de recrutement après reconversion]]&lt;br /&gt;
* [[Entretien professionnel]]&lt;br /&gt;
* [[Apprentissage par les pairs]]&lt;br /&gt;
* [[Conseiller en évolution professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Validation des acquis de l&#039;expérience]]&lt;br /&gt;
* [[Candidature spontanée]]&lt;br /&gt;
* [[France Travail]]&lt;br /&gt;
* [[Cap emploi]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Emploi et travail]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Formation professionnelle]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Compétences professionnelles]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Reconversion professionnelle]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Preuve_(droit)&amp;diff=923</id>
		<title>Preuve (droit)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Preuve_(droit)&amp;diff=923"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;preuve en droit&#039;&#039;&#039; désigne l&#039;ensemble des moyens par lesquels une partie établit la réalité d&#039;un fait ou d&#039;un acte juridique devant une juridiction. Régie en France principalement par le [[Code de procédure civile]] et le [[Code de procédure pénale]], elle constitue un pilier fondamental de tout système judiciaire : sans preuve, aucune prétention ne peut être accueillie. Son régime varie selon la matière — civile, pénale ou administrative — et détermine qui supporte la [[Charge de la preuve]], quels moyens sont admissibles et selon quel standard le juge doit être convaincu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fondements et principes généraux ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;onus probandi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La maxime latine &#039;&#039;onus probandi incumbit actori&#039;&#039; (« la charge de la preuve incombe au demandeur ») constitue le socle du droit de la preuve dans la quasi-totalité des systèmes juridiques. En droit français, l&#039;article 1353 du Code civil dispose que « celui qui réclame l&#039;exécution d&#039;une obligation doit la prouver ». Cette règle protège le défendeur contre l&#039;obligation d&#039;établir une négative indéfinie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Charge de la preuve]] peut toutefois être renversée par la loi ou par l&#039;existence de présomptions légales. En matière de responsabilité du fait des choses, la victime prouve le fait dommageable et le lien de causalité, tandis que le gardien doit démontrer une cause étrangère pour s&#039;exonérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le droit à la preuve et le procès équitable ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à la preuve est une composante du [[Droit à un procès équitable]] garanti par l&#039;[[Article 6 de la Convention européenne des droits de l&#039;homme]]. Il implique que chaque partie dispose de la possibilité concrète de produire les éléments propres à soutenir ses prétentions et de discuter les pièces adverses selon le principe du contradictoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Déclaration universelle des droits de l&#039;homme]] de 1948 consacre en son article 10 le droit à une audience équitable. La jurisprudence de la Cour européenne des droits de l&#039;homme précise que le droit à la preuve n&#039;est pas absolu : il peut être limité pour des considérations tenant à la vie privée, au secret professionnel ou à la sécurité nationale, sous réserve de proportionnalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les modes de preuve ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La preuve par écrit ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La preuve littérale constitue la forme la plus sûre en droit civil français. On distingue :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;&#039;[[Acte authentique]]&#039;&#039;&#039; : établi par un officier public (notamment le [[Notaire]] ou le [[Commissaire de justice]]), il fait foi jusqu&#039;à inscription de faux de son contenu. Sa force probante est maximale.&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;&#039;acte sous seing privé&#039;&#039;&#039; : rédigé par les parties elles-mêmes sans intervention d&#039;un officier public. Il ne vaut date certaine à l&#039;égard des tiers qu&#039;à compter de son enregistrement ou du décès d&#039;un signataire.&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;&#039;écrit électronique&#039;&#039;&#039; : depuis la loi du 13 mars 2000, l&#039;écrit électronique est admis comme preuve au même titre que l&#039;écrit papier, à condition que son auteur soit identifiable et que son intégrité soit garantie. La signature électronique qualifiée, au sens du règlement européen eIDAS (n° 910/2014), jouit d&#039;une présomption de fiabilité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le témoignage ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Témoignage judiciaire|témoignage]] est la relation orale ou écrite qu&#039;une personne fait de faits dont elle a eu personnellement connaissance. En matière civile, l&#039;article 1359 du Code civil interdit de prouver par témoins un acte juridique portant sur une somme supérieure à 1 500 € lorsqu&#039;un écrit aurait pu être établi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[Droit pénal|matière pénale]], le témoignage occupe une place centrale lors de l&#039;[[Instruction judiciaire]] devant le [[Juge d&#039;instruction]] et lors des audiences de jugement. Les témoins prêtent serment et s&#039;exposent aux sanctions du faux témoignage prévues par l&#039;article 434-13 du Code pénal : 3 ans d&#039;emprisonnement et 45 000 € d&#039;amende.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;aveu ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Aveu (droit)|aveu]] est la déclaration par laquelle une partie reconnaît la vérité d&#039;un fait allégué contre elle. En droit civil, l&#039;aveu judiciaire — formulé en cours d&#039;[[Instance (droit)|instance]] — est irrévocable et fait pleine foi contre son auteur (article 1383 du Code civil). L&#039;aveu extrajudiciaire est soumis à la libre appréciation du juge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[Droit pénal|matière pénale]], l&#039;aveu ne suffit pas à lui seul à fonder une condamnation : le juge doit s&#039;assurer qu&#039;il est corroboré par d&#039;autres éléments du dossier. La [[Cour de cassation]] exige une telle corroboration afin de protéger contre les aveux obtenus sous la contrainte ou dans un état de faiblesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La présomption ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La présomption consiste à tenir un fait pour établi en raison de sa liaison ordinaire avec un autre fait connu. On distingue :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;&#039;présomptions légales&#039;&#039;&#039; : instituées par la loi, elles dispensent celui qui en bénéficie de rapporter la preuve du fait présumé. La [[Présomption d&#039;innocence]] en matière pénale en est l&#039;exemple le plus emblématique.&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;&#039;présomptions judiciaires&#039;&#039;&#039; (ou présomptions de fait) : le juge les déduit librement d&#039;un faisceau d&#039;indices graves, précis et concordants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L&#039;expertise judiciaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu&#039;une question technique échappe à la compétence ordinaire du juge, celui-ci peut ordonner une [[Expertise judiciaire|expertise]]. L&#039;expert est choisi sur une liste établie par la [[Cour d&#039;appel]] ou la [[Cour de cassation]]. Sa mission est délimitée par le juge ; son rapport, déposé au greffe, est soumis au débat contradictoire des parties. L&#039;expert éclaire le juge sans trancher le litige, mais son avis est en pratique très influent sur la décision finale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les constats et procès-verbaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Constat d&#039;huissier]] — désormais « constat de commissaire de justice » depuis la fusion des professions d&#039;huissier et de commissaire-priseur judiciaire au 1er juillet 2022 — dresse un état des faits matériels à un instant donné. Il vaut jusqu&#039;à preuve du contraire. Le [[Constat d&#039;accord]] consigne l&#039;accord des parties sur certains faits, permettant d&#039;éviter un [[Contentieux|contentieux]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le procès-verbal établi par un officier de police judiciaire lors d&#039;une [[Enquête préliminaire]] fait foi jusqu&#039;à preuve contraire des faits matériels qu&#039;il relate directement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Charge de la preuve et renversement ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Charge de la preuve]] obéit en droit civil à l&#039;article 1353 du Code civil : le demandeur prouve le fait générateur ; le défendeur prouve les faits extinctifs ou exonératoires. En droit social, la charge est fréquemment partagée. En matière de discrimination, le salarié présente des éléments laissant supposer une discrimination, puis l&#039;employeur doit démontrer que sa décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[Droit pénal|matière pénale]], la règle [[In dubio pro reo]] — le doute profite à l&#039;accusé — s&#039;impose avec la valeur d&#039;un principe constitutionnel (Conseil constitutionnel, décision n° 99-411 DC du 16 juin 1999). La [[Présomption d&#039;innocence]] implique que c&#039;est au [[Procureur de la République]] ou à la partie civile d&#039;apporter la preuve de la culpabilité, jamais à la personne mise en cause de prouver son innocence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Admissibilité et loyauté de la preuve ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le principe de loyauté en matière civile ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[Procédure civile|droit civil]], le juge écarte les preuves obtenues par des moyens déloyaux ou frauduleux : enregistrement à l&#039;insu d&#039;une personne dans un contexte privé, soustraction de documents, stratagèmes destinés à provoquer une déclaration. La chambre sociale de la [[Cour de cassation]] (arrêt du 25 novembre 2020, n° 17-19.523) a admis qu&#039;une preuve illicite peut néanmoins être retenue si elle est indispensable à l&#039;exercice du droit à la preuve et si l&#039;atteinte aux droits fondamentaux est proportionnée au but poursuivi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La liberté de preuve en matière pénale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[Droit pénal|matière pénale]], la liberté de preuve est plus large : tous les modes de preuve légalement admissibles peuvent être versés aux débats, à condition que leur obtention soit régulière. Les preuves recueillies en violation des règles d&#039;enquête — perquisition sans autorisation judiciaire, garde à vue irrégulière — sont susceptibles d&#039;annulation par le [[Juge d&#039;instruction]] ou la chambre de l&#039;instruction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La preuve en droit administratif ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant la [[Juridiction administrative]], le régime probatoire est inquisitoire : le juge instruit lui-même l&#039;affaire, peut exiger la production de documents et dispose de pouvoirs d&#039;investigation propres. Le [[Droit administratif]] connaît des présomptions spécifiques, notamment la présomption de légalité des actes administratifs jusqu&#039;à leur annulation par le juge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le standard de la preuve ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le standard de preuve définit le niveau de conviction requis pour que le juge tienne un fait pour établi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Matière !! Standard !! Formulation&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Civile || Prépondérance des probabilités || Le fait est plus vraisemblable que son contraire&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Pénale || Intime conviction || Le juge est personnellement convaincu, sans doute raisonnable (article 353 du [[Code de procédure pénale]])&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Administrative || Degré suffisant de certitude || Appréciation souveraine du juge administratif&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, le principe de l&#039;intime conviction du juge pénal remonte à la loi des 16-29 septembre 1791 : il fut conçu comme un antidote au système de la preuve légale de l&#039;Ancien Régime, qui contraignait les juges à condamner dès lors que certains indices formels étaient réunis, indépendamment de leur propre conviction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La preuve en droit des affaires ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[Droit des affaires]], la liberté de preuve s&#039;applique entre commerçants en vertu de l&#039;article L. 110-3 du Code de commerce : la preuve peut être apportée par tous moyens, y compris par la comptabilité, les factures, les courriels et les relevés bancaires. Les parties peuvent également aménager conventionnellement le régime de la preuve, notamment dans les contrats d&#039;arbitrage international ou par des clauses de non-contestation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant les autorités de régulation (Autorité de la concurrence, Autorité des marchés financiers), les preuves documentaires et les analyses économiques quantitatives tiennent une place prépondérante dans la démonstration de pratiques anticoncurrentielles ou d&#039;opérations d&#039;initiés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voies de recours relatives à la preuve ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une décision rendue en première instance par le [[Tribunal judiciaire]] peut être contestée devant la [[Cour d&#039;appel]] par la voie de l&#039;[[Appel (voie de recours)|appel]], notamment si une partie estime que le tribunal a mal apprécié la valeur probante des pièces ou a écarté à tort un mode de preuve. L&#039;[[Autorité de la chose jugée]] interdit de remettre en cause les faits définitivement établis par une décision passée en force de chose jugée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le pourvoi en cassation devant la [[Cour de cassation]] ne rejuge pas les faits : il vérifie que les règles de droit ont été correctement appliquées. La [[Libre appréciation des preuves|libre appréciation des preuves]] par les juges du fond échappe en principe au contrôle de la [[Cour de cassation]], sauf dénaturation d&#039;un écrit clair et précis, laquelle constitue un [[Moyen de cassation]] recevable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Rôle des professionnels du droit ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs acteurs concourent à la collecte et à la présentation de la preuve :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* L&#039;[[Avocat]] conseille et représente les parties, organise la stratégie probatoire, présente et commente les pièces devant le juge.&lt;br /&gt;
* Le [[Notaire]] authentifie les actes et conserve les minutes originales, garantissant leur force probante maximale et leur pérennité.&lt;br /&gt;
* Le [[Commissaire de justice]] (qui a succédé à l&#039;[[Huissier de justice]] au 1er juillet 2022) dresse les constats, signifie les actes judiciaires et procède aux saisies-conservatoires.&lt;br /&gt;
* Le [[Magistrat]] — siégeant ou parquet — dirige l&#039;administration de la preuve en audience et apprécie souverainement sa valeur.&lt;br /&gt;
* Le [[Juge d&#039;instruction]] instruit à charge et à décharge, rassemble les preuves et renvoie ou non l&#039;affaire devant la juridiction de jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Évolutions contemporaines ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dématérialisation des échanges commerciaux et personnels a profondément renouvelé le droit de la preuve depuis la loi du 13 mars 2000 et l&#039;ordonnance du 10 février 2016 portant réforme du droit des contrats. Plusieurs évolutions méritent d&#039;être signalées :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;&#039;métadonnées et journaux de connexion (logs)&#039;&#039;&#039; constituent désormais des éléments de preuve recevables, encadrés par la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l&#039;économie numérique (LCEN).&lt;br /&gt;
* La &#039;&#039;&#039;blockchain&#039;&#039;&#039; (technologie de registre distribué) offre une solution technique de preuve d&#039;antériorité et d&#039;intégrité documentaire, dont la valeur juridique a été reconnue par l&#039;ordonnance n° 2017-1674 du 8 décembre 2017 pour les minibons.&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;&#039;intelligence artificielle&#039;&#039;&#039; soulève des questions inédites sur l&#039;authenticité des pièces produites : un document généré par IA peut être techniquement indiscernable d&#039;un original, ce qui nécessite des expertises techniques spécialisées.&lt;br /&gt;
* En matière sociale, la [[Cour de cassation]] a admis en 2023 que des données extraites d&#039;une messagerie électronique professionnelle peuvent constituer une preuve recevable, sous réserve de loyauté dans leur obtention et de proportionnalité de l&#039;atteinte à la vie privée du salarié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Métiers du droit]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Minima_sociaux&amp;diff=922</id>
		<title>Minima sociaux</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Minima_sociaux&amp;diff=922"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Les &#039;&#039;&#039;minima sociaux&#039;&#039;&#039; désignent, en France, l&#039;ensemble des prestations sociales non contributives versées sous conditions de ressources aux personnes se trouvant dans une situation de pauvreté ou d&#039;exclusion. Contrairement aux allocations contributives telles que l&#039;[[Allocation de retour à l&#039;emploi|allocation chômage contributive]] ou les pensions de retraite, les minima sociaux ne reposent pas sur une cotisation préalable : leur accès est conditionné à des critères de résidence, d&#039;âge et de niveau de ressources. En 2023, la dépense totale consacrée à ces dispositifs s&#039;élevait à environ 32 milliards d&#039;euros, soit 1,2 % du PIB français, pour environ 4,35 millions de foyers bénéficiaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre général ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La notion de « minimum social » est une catégorie administrative française regroupant des dispositifs hétérogènes créés entre 1956 et 2015. La Direction de la recherche, des études, de l&#039;évaluation et des statistiques (DREES) en recense officiellement dix principaux. Ces allocations sont financées par la solidarité nationale — essentiellement par l&#039;impôt — et non par les cotisations sociales : elles relèvent de la [[Protection sociale|protection sociale non contributive]], à la différence des prestations gérées par l&#039;[[URSSAF]] et versées en contrepartie de cotisations inscrites dans le [[Code du travail]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La gestion est répartie entre l&#039;État, les départements, les Caisses d&#039;allocations familiales (CAF), la [[Mutualité sociale agricole]] pour les travailleurs agricoles, la [[Caisse nationale d&#039;assurance maladie]] et l&#039;[[Unédic]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Histoire ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Origines : le minimum vieillesse (1956) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier minimum social français est le minimum vieillesse, créé en 1956 sous la forme d&#039;une allocation supplémentaire du Fonds national de solidarité, garantissant un plancher de ressources aux personnes âgées hors d&#039;état de travailler non couvertes par un régime de retraite suffisant. Il a été transformé en [[Allocation de solidarité aux personnes âgées]] (ASPA) par l&#039;ordonnance du 24 juin 2004, entrée en vigueur en 2006. En 1971, la loi du 30 juin instaure l&#039;[[Allocation aux adultes handicapés]] (AAH), second pilier historique du dispositif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le RMI : universalisation de la lutte contre la pauvreté (1988) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 1er décembre 1988, dite « loi Rocard », crée le [[Revenu minimum d&#039;insertion]] (RMI), première prestation généraliste de lutte contre la pauvreté. Destiné à toute personne de plus de 25 ans sans ressources suffisantes, il est pionnier dans le couplage entre droit à une allocation et obligation d&#039;engagement dans un parcours d&#039;insertion sociale ou professionnelle. Le RMI comptera jusqu&#039;à 1,2 million d&#039;allocataires à son niveau historique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La réforme de 2009 : création du RSA ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 1er décembre 2008 généralise au 1er juin 2009 le [[Revenu de solidarité active]] (RSA), qui fusionne le RMI, l&#039;allocation de parent isolé (API) et les mécanismes d&#039;intéressement à la reprise d&#039;emploi. Cette réforme vise à supprimer les effets de seuil qui pénalisaient financièrement le retour à un emploi faiblement rémunéré en maintenant un complément dégressif lors de la reprise d&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Prime d&#039;activité (2016) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au 1er janvier 2016, la [[Prime d&#039;activité]] remplace la part « RSA activité » et le complément de mode de garde, sous gestion des CAF. Elle est destinée aux travailleurs à bas salaires et n&#039;est pas classée parmi les dix minima sociaux officiels — car elle est ouverte aux personnes en emploi — mais complète le dispositif en sécurisant les revenus des travailleurs modestes. En 2023, elle bénéficiait à environ 4,7 millions de foyers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les dix minima sociaux ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revenu de solidarité active (RSA) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Revenu de solidarité active]] garantit un revenu minimum aux personnes sans emploi ou dont les revenus d&#039;activité sont insuffisants. Au 1er janvier 2026, son montant de base est de 635,71 € par mois pour une personne seule (953,56 € pour un couple, 857,21 € pour un parent isolé avec un enfant). Financé par les départements, avec compensation partielle de l&#039;État via le Fonds de mobilisation départementale pour l&#039;insertion (FMDI), il bénéficiait à 1,89 million de foyers en 2022.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la loi pour le plein emploi du 18 décembre 2023, l&#039;inscription à [[France Travail]] — qui a succédé à [[Pôle emploi]] le 1er janvier 2024 — est obligatoire pour tous les bénéficiaires du RSA, conditionnant l&#039;ouverture et le maintien des droits à un accompagnement renforcé vers l&#039;emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Allocation aux adultes handicapés (AAH) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Allocation aux adultes handicapés]] est versée aux personnes dont le taux d&#039;incapacité permanente est reconnu par la commission des droits et de l&#039;autonomie des personnes handicapées (CDAPH) à au moins 80 % (AAH-1) ou entre 50 % et 79 % avec une restriction substantielle et durable d&#039;accès à l&#039;emploi (AAH-2). Son montant maximal est de 1 016,73 € par mois au 1er avril 2024. La réforme de « déconjugalisation », entrée en vigueur en octobre 2023, a exclu les ressources du conjoint du calcul des droits, bénéficiant à environ 120 000 allocataires supplémentaires. En 2022, l&#039;AAH comptait 1,28 million de bénéficiaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Allocation de solidarité aux personnes âgées]], héritière du minimum vieillesse, est versée aux personnes de 65 ans et plus (ou dès 62 ans en cas d&#039;inaptitude reconnue au travail) dont les ressources n&#039;atteignent pas un seuil réglementaire : 1 012,02 € par mois pour une personne seule et 1 571,16 € pour un couple au 1er janvier 2024. Elle est soumise à récupération sur la succession au-delà de 100 000 € d&#039;actif successoral net, ce qui constitue un facteur identifié de non-recours. En 2022, elle était servie à environ 728 000 personnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Allocation de solidarité spécifique (ASS) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Allocation de solidarité spécifique]] bénéficie aux demandeurs d&#039;emploi ayant épuisé leurs droits à l&#039;[[Allocation de retour à l&#039;emploi|allocation chômage de droit commun]] et justifiant d&#039;au moins cinq ans d&#039;activité salariée dans les dix ans précédant la perte d&#039;emploi. Son montant journalier est de 19,21 € au 1er juillet 2024, soit environ 576 € pour un mois de trente jours. Financée par l&#039;[[Unédic]], elle est versée par [[France Travail]] et comptait environ 290 000 bénéficiaires en 2022.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Allocation supplémentaire d&#039;invalidité (ASI) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;allocation supplémentaire d&#039;invalidité est versée aux personnes titulaires d&#039;une pension d&#039;invalidité ou d&#039;une rente d&#039;incapacité permanente n&#039;ayant pas atteint l&#039;âge légal de départ à la retraite et dont les ressources globales restent inférieures à un plafond réglementaire. Son montant maximal est de 449,86 € par mois (au 1er avril 2024), cumulable avec la pension d&#039;invalidité. Elle est gérée par la [[Caisse nationale d&#039;assurance maladie]] pour les affiliés du régime général et comptait 83 000 bénéficiaires en 2022.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Allocation pour demandeur d&#039;asile (ADA) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Créée par la loi du 29 juillet 2015 en remplacement de l&#039;allocation temporaire d&#039;attente (ATA), l&#039;allocation pour demandeur d&#039;asile est versée aux personnes dont le dossier est en cours d&#039;instruction par l&#039;Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Son montant de base est de 6,80 € par jour en 2024, majoré de 7,40 € par jour en l&#039;absence d&#039;hébergement en centre d&#039;accueil. Elle est gérée par l&#039;Office français de l&#039;immigration et de l&#039;intégration (OFII).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revenu de solidarité (RSO) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le revenu de solidarité est un dispositif propre aux départements d&#039;outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion) et à Saint-Pierre-et-Miquelon, institué par la loi du 13 décembre 2000. Il s&#039;adresse aux personnes de 50 ans et plus bénéficiaires du RSA s&#039;engageant à cesser toute activité professionnelle. Son montant est de 522,07 € par mois au 1er janvier 2024.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres dispositifs ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le système inclut également l&#039;allocation veuvage, versée sous conditions de ressources aux personnes de moins de 55 ans dont le conjoint est décédé, ainsi que l&#039;allocation équivalent retraite-remplacement (AER-R), en voie d&#039;extinction mais encore servie à des bénéficiaires antérieurs à 2011.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conditions d&#039;éligibilité ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des minima sociaux partagent des critères communs dont les modalités varient selon la prestation :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
! Critère !! Précisions&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Résidence stable et régulière en France || Pour le RSA : titre de séjour valide depuis au moins 5 ans (hors ressortissants UE/EEE/Suisse et réfugiés statutaires)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Plafond de ressources || Calculé sur les trois derniers mois ou le trimestre précédent selon l&#039;allocation ; inclut la plupart des revenus du foyer&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Âge minimum || 25 ans pour le RSA (18 ans pour le RSA jeunes actifs sous condition de 2 ans d&#039;activité salariée) ; 20 ans pour l&#039;AAH ; 65 ans pour l&#039;ASPA&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Non-cumul || Règles propres à chaque prestation ; certains cumuls partiels sont autorisés lors d&#039;une reprise d&#039;emploi (ex. RSA + revenus d&#039;activité pendant 3 mois)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les demandes sont instruites par les CAF, la [[Mutualité sociale agricole]] ou [[France Travail]] selon la nature de la prestation. En cas de refus ou de suspension, le [[Défenseur des droits]] peut être saisi et des voies de recours existent devant les juridictions compétentes (voir [[Accès au droit]] et [[Aide juridictionnelle]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Non-recours ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le non-recours aux minima sociaux constitue un enjeu structurel reconnu. Pour le RSA, les études de la CNAF et de la DREES estiment que 30 à 35 % des foyers éligibles ne déposent pas de demande. Les raisons identifiées comprennent la complexité administrative, la stigmatisation sociale associée à certaines allocations, la méconnaissance des droits et, spécifiquement pour l&#039;ASPA, la crainte de la récupération sur succession. Le taux de non-recours à l&#039;AAH est estimé à environ 20 % par la DREES.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articulation avec l&#039;emploi et la formation professionnelle ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les minima sociaux sont conçus comme des filets de sécurité temporaires, assortis d&#039;un objectif de retour à l&#039;autonomie par l&#039;activité professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droits à la formation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un bénéficiaire du RSA conserve l&#039;intégralité de ses droits inscrits au [[Compte personnel de formation]] (CPF). Il peut engager un [[Bilan de compétences|bilan de compétences]] ou une démarche de [[Reconversion professionnelle|reconversion professionnelle]] sans suspension de l&#039;allocation, sous réserve de l&#039;accord de son référent. L&#039;accès à la [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] financée par les opérateurs de compétences (OPCO) reste ouvert, de même que l&#039;accès au [[Plan de développement des compétences]] lors d&#039;un retour en emploi salarié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Accompagnement vers l&#039;emploi ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[France Travail]] est depuis 2024 l&#039;opérateur central pour l&#039;accompagnement des bénéficiaires du RSA. Le [[Conseiller en évolution professionnelle|conseiller en évolution professionnelle]] (CEP) intervient à toutes les étapes du parcours d&#039;insertion. Les [[Mission locale|missions locales]] assurent un accompagnement global pour les jeunes de 16 à 25 ans, incluant l&#039;orientation vers le [[Contrat de professionnalisation|contrat de professionnalisation]] et les dispositifs d&#039;[[Alternance|alternance]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Insertion par l&#039;activité économique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les bénéficiaires de minima sociaux constituent le public prioritaire des structures d&#039;[[Insertion par l&#039;activité économique]] (IAE) : entreprises d&#039;insertion (EI), ateliers et chantiers d&#039;insertion (ACI), associations intermédiaires (AI) et entreprises de travail temporaire d&#039;insertion (ETTI). Agréées par l&#039;État via des arrêtés préfectoraux, ces structures employaient en 2022 environ 280 000 salariés en insertion selon la DARES.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Débats et perspectives ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Niveau des prestations et seuil de pauvreté ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le montant du RSA pour une personne seule (635,71 € en 2026) représente environ 52 % du seuil de pauvreté à 60 % du revenu médian (estimé à 1 216 € par mois en 2023 selon l&#039;INSEE). Des organisations comme ATD Quart Monde, le Secours catholique et la Fondation Abbé Pierre documentent régulièrement l&#039;écart entre ce montant et les dépenses incompressibles de logement, d&#039;alimentation et de transport.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Trappes à inactivité ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains économistes, dont des chercheurs de l&#039;Institut des politiques publiques (IPP), soulignent que la dégressivité des allocations lors d&#039;une reprise d&#039;emploi peut créer des taux marginaux implicites d&#039;imposition élevés, décourageant le recours aux emplois à temps partiel ou faiblement rémunérés. La réforme de 2009 et la création de la [[Prime d&#039;activité]] en 2016 visaient précisément à atténuer ces effets en maintenant un complément de revenu pour les travailleurs à bas salaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Simplification du système ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le rapport Sirugue de 2016 et plusieurs rapports du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l&#039;exclusion sociale (CNLE) plaident pour la fusion des minima sociaux en une prestation unique modulable, afin de réduire le non-recours et les effets de seuil. Ces propositions se heurtent à la complexité de la gouvernance partagée entre État et départements, à l&#039;hétérogénéité des publics ciblés et aux enjeux budgétaires liés à l&#039;harmonisation des montants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Revenu de solidarité active]]&lt;br /&gt;
* [[Allocation de retour à l&#039;emploi]]&lt;br /&gt;
* [[Allocation de solidarité spécifique]]&lt;br /&gt;
* [[Protection sociale]]&lt;br /&gt;
* [[France Travail]]&lt;br /&gt;
* [[Formation professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Reconversion professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Compte personnel de formation]]&lt;br /&gt;
* [[Insertion par l&#039;activité économique]]&lt;br /&gt;
* [[Mission locale]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Droit social]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Double_degr%C3%A9_de_juridiction&amp;diff=921</id>
		<title>Double degré de juridiction</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Double_degr%C3%A9_de_juridiction&amp;diff=921"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Le &#039;&#039;&#039;double degré de juridiction&#039;&#039;&#039; est un principe fondamental de l&#039;[[Instance (droit)|organisation judiciaire]] qui garantit à tout justiciable la possibilité de soumettre son litige à deux juridictions successives : une juridiction de premier degré qui statue en première instance, puis une juridiction de second degré qui réexamine l&#039;affaire. Ce principe constitue l&#039;une des garanties essentielles du [[Droit à un procès équitable|droit à un procès équitable]] et s&#039;applique, selon des modalités variables, aux ordres judiciaire et administratif. En France, il est mis en œuvre par le recours en [[Appel (voie de recours)|appel]] devant les [[Cour d&#039;appel|cours d&#039;appel]] et, en matière administrative, devant les cours administratives d&#039;appel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et nature juridique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le double degré de juridiction désigne le droit pour tout plaideur de faire réexaminer par une juridiction supérieure le [[Jugement (droit)|jugement]] rendu en première instance. La juridiction de second degré ne se contente pas de vérifier la régularité formelle de la décision initiale : elle procède à un réexamen complet de l&#039;affaire, en fait et en droit, grâce à l&#039;[[Effet dévolutif|effet dévolutif]] de l&#039;appel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette notion se distingue du contrôle de légalité exercé par la [[Cour de cassation]] ou le [[Conseil d&#039;État]] dans le cadre d&#039;un [[Pourvoi en cassation|pourvoi en cassation]]. La cassation n&#039;est pas un troisième degré de juridiction : elle ne rejuge pas les faits mais contrôle la conformité au droit des décisions rendues par les juges du fond. Un [[Moyen de cassation|moyen de cassation]] doit critiquer la décision pour violation de la loi ou défaut de base légale, et non pour une simple appréciation différente des faits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le double degré de juridiction repose sur deux fondements complémentaires :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Fondement institutionnel&#039;&#039;&#039; : la hiérarchie des juridictions organise une supervision des décisions rendues par les juridictions inférieures, permettant à des [[Magistrat|magistrats]] expérimentés réunis en formation collégiale de corriger d&#039;éventuelles erreurs de droit ou d&#039;appréciation.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Fondement procédural&#039;&#039;&#039; : toute partie qui succombe en première instance dispose d&#039;une voie de recours ordinaire lui permettant de remettre en cause la décision dans son ensemble, sous réserve du taux de ressort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Historique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;organisation d&#039;une révision des jugements par une juridiction supérieure est ancienne. Sous l&#039;Ancien Régime, les parlements jouaient un rôle d&#039;appel des sentences rendues par les juridictions inférieures (prévôtés, sénéchaussées, bailliages). La Révolution française réorganise en profondeur la justice : la loi des 16 et 24 août 1790 pose les bases d&#039;une organisation judiciaire à deux degrés en instituant des tribunaux de district et un tribunal de cassation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au XIX{{e}} siècle, le [[Code de procédure civile]] napoléonien de 1806 formalise la procédure d&#039;appel devant les cours impériales, devenues cours d&#039;appel sous la Restauration. En matière administrative, le [[Conseil d&#039;État]] a longtemps été à la fois juge de premier et de dernier ressort pour la majorité des affaires. La loi du 31 décembre 1987 crée les cours administratives d&#039;appel pour introduire un véritable double degré dans l&#039;ordre administratif, déchargeant le [[Conseil d&#039;État]] de la majeure partie du [[Contentieux|contentieux]] administratif ordinaire. En matière pénale, l&#039;appel des décisions des cours d&#039;assises n&#039;a été instauré qu&#039;en 2000 : la loi du 15 juin 2000 renforçant la [[Présomption d&#039;innocence|présomption d&#039;innocence]] a créé les cours d&#039;assises d&#039;appel, complétant ainsi le double degré de juridiction pour les crimes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mise en œuvre dans l&#039;ordre judiciaire ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Juridictions civiles et commerciales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En matière civile, la chaîne du double degré s&#039;organise comme suit :&lt;br /&gt;
# La juridiction de première instance ([[Tribunal judiciaire]], [[Tribunal de commerce]], [[Conseil de prud&#039;hommes]]) rend un [[Jugement (droit)|jugement]] après instruction de l&#039;affaire.&lt;br /&gt;
# La partie qui entend contester ce jugement dispose d&#039;un délai d&#039;un mois à compter de la signification de la décision — opérée par [[Huissier de justice|huissier de justice]] — pour former un [[Appel (voie de recours)|appel]] devant la [[Cour d&#039;appel]] compétente (article 538 du [[Code de procédure civile]]).&lt;br /&gt;
# La cour d&#039;appel réexamine l&#039;affaire dans les limites de l&#039;[[Effet dévolutif|effet dévolutif]] et rend un [[Arrêt (droit)|arrêt]] qui peut confirmer, infirmer ou réformer le jugement de première instance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;appel est qualifié de « voie d&#039;achèvement » depuis le décret n° 2017-891 du 6 mai 2017 : les parties ne peuvent, en principe, soumettre à la cour d&#039;appel des prétentions nouvelles non formulées en première instance. Cette évolution concentre le débat contentieux dès le premier degré, ce qui renforce l&#039;importance de l&#039;[[Autorité de la chose jugée|autorité de la chose jugée]] attachée aux décisions définitives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le taux de ressort détermine la susceptibilité d&#039;appel : en matière civile devant le tribunal judiciaire, les litiges portant sur une valeur inférieure ou égale à 5 000 euros sont jugés en dernier ressort depuis le décret n° 2020-1452 du 27 novembre 2020, excluant l&#039;appel — seul un [[Pourvoi en cassation|pourvoi en cassation]] demeure alors ouvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Juridictions pénales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En matière pénale, le double degré de juridiction présente des spécificités procédurales notables :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Les décisions des tribunaux correctionnels (délits) et des tribunaux de police (contraventions de 5{{e}} classe) sont susceptibles d&#039;appel devant la chambre des appels correctionnels de la [[Cour d&#039;appel]]. Le délai d&#039;appel est de 10 jours à compter du prononcé de la décision ou de sa signification (article 498 du [[Code de procédure pénale]]).&lt;br /&gt;
* Depuis la loi du 15 juin 2000, les arrêts des cours d&#039;assises sont susceptibles d&#039;appel devant une cour d&#039;assises d&#039;appel composée de 3 [[Magistrat|magistrats]] professionnels et 9 jurés, contre 3 magistrats et 6 jurés en premier ressort.&lt;br /&gt;
* L&#039;appel est ouvert au prévenu, à la partie civile (sur les intérêts civils uniquement devant les chambres correctionnelles) et au [[Procureur de la République]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Procédure devant la cour d&#039;appel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La procédure devant la [[Cour d&#039;appel]] en matière civile est régie par les articles 899 à 972 du [[Code de procédure civile]]. Elle implique la représentation obligatoire par un [[Avocat|avocat]] inscrit au barreau du ressort de la cour. Les parties échangent des conclusions selon un calendrier fixé par le conseiller de la [[Mise en état|mise en état]]. Le [[Greffier|greffier]] enregistre les actes de [[Procédure civile|procédure]] et délivre les copies des décisions. La [[Recevabilité (procédure civile)|recevabilité]] des conclusions tardives est contrôlée d&#039;office par le conseiller de la mise en état depuis les réformes de 2017.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Avocat général|avocat général]] représente le ministère public devant les chambres pénales de la [[Cour d&#039;appel]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l&#039;issue des débats, la cour peut rendre un arrêt de :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[Confirmation (droit)|Confirmation]]&#039;&#039;&#039; : la décision de première instance est maintenue dans tous ses chefs ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[Infirmation (droit)|Infirmation]]&#039;&#039;&#039; : la décision est annulée en tout ou partie et remplacée par celle de la cour ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Réformation partielle&#039;&#039;&#039; : certains chefs du jugement sont modifiés, d&#039;autres confirmés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mise en œuvre dans l&#039;ordre administratif ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Organisation à deux degrés ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ordre administratif comporte trois niveaux de juridiction depuis 1988. Les [[Tribunal administratif|tribunaux administratifs]], au nombre de 42 en 2024, statuent en première instance sur la quasi-totalité du [[Contentieux|contentieux]] administratif (plein contentieux, excès de pouvoir, référés). Les neuf cours administratives d&#039;appel — situées à Paris, Versailles, Douai, Nancy, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes et Toulouse — constituent le second degré pour la grande majorité des affaires. Le [[Conseil d&#039;État]] est juge de cassation administratif depuis 1988 et non juge d&#039;appel, sauf exceptions légalement prévues (contentieux électoral parlementaire, référé précontractuel porté directement devant lui, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rôle du rapporteur public ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant les [[Juridiction administrative|juridictions administratives]], le [[Rapporteur public|rapporteur public]] présente en audience publique ses conclusions motivées sur l&#039;affaire, en proposant une solution juridique au litige. Son rôle se distingue de celui du parquet dans l&#039;ordre judiciaire : il n&#039;est pas partie à l&#039;[[Instance (droit)|instance]] mais un auxiliaire de la juridiction dont les conclusions éclairent le délibéré sans lier les juges. Le [[Rapporteur public|rapporteur public]] intervient devant les tribunaux administratifs comme devant les cours administratives d&#039;appel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Exceptions et limites au principe ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Décisions rendues en dernier ressort ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines catégories de litiges sont tranchées en premier et dernier ressort, sans possibilité d&#039;appel :&lt;br /&gt;
* Les litiges civils d&#039;un montant inférieur ou égal à 5 000 euros devant le [[Tribunal judiciaire]] (décret n° 2020-1452 du 27 novembre 2020) ;&lt;br /&gt;
* Certaines ordonnances sur requête et certains référés dans des hypothèses limitativement prévues par le [[Code de procédure civile]] ;&lt;br /&gt;
* Devant le [[Conseil d&#039;État]], les contentieux électoraux législatifs et les recours en annulation contre les décrets réglementaires ;&lt;br /&gt;
* Les décisions rendues en formation plénière par certaines juridictions spécialisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Voies extraordinaires de recours ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le double degré de juridiction ne couvre pas l&#039;ensemble du régime des voies de recours. Il existe en parallèle :&lt;br /&gt;
* L&#039;opposition (article 571 du [[Code de procédure civile]]) : voie de rétractation contre les [[Jugement (droit)|jugements]] rendus par défaut, portée devant la même juridiction qui a statué ;&lt;br /&gt;
* Le [[Pourvoi en cassation|pourvoi en cassation]] devant la [[Cour de cassation]] (ordre judiciaire) ou le [[Conseil d&#039;État]] (ordre administratif) : contrôle de droit pur, sans réexamen des faits ni des preuves ;&lt;br /&gt;
* La tierce opposition : ouverte aux tiers auxquels une décision est opposée sans qu&#039;ils aient été parties à l&#039;[[Instance (droit)|instance]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Arbitrage et modes alternatifs de résolution des litiges ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les parties qui ont recours à l&#039;[[Arbitrage|arbitrage]] renoncent, en principe, au double degré de juridiction étatique. En droit français, la sentence arbitrale fait l&#039;objet d&#039;un recours en annulation devant la [[Cour d&#039;appel]] compétente (articles 1491 et suivants du [[Code de procédure civile]]), mais ce recours est limité aux cas d&#039;annulation limitativement énumérés par la loi (constitution irrégulière du tribunal arbitral, dépassement de mission, violation de l&#039;ordre public international) et ne constitue pas un réexamen au fond.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Garanties conventionnelles ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Convention européenne des droits de l&#039;homme ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Article 6 de la Convention européenne des droits de l&#039;homme|article 6 § 1 de la Convention européenne des droits de l&#039;homme]] garantit le [[Droit à un procès équitable|droit à un procès équitable]] mais ne consacre pas le droit à un double degré de juridiction en matière civile. La [[Cour européenne des droits de l&#039;homme]] a jugé de façon constante que l&#039;article 6 § 1 n&#039;oblige pas les États parties à prévoir un appel pour les litiges civils, dès lors que la procédure dans son ensemble respecte les exigences d&#039;équité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En matière pénale, le Protocole n° 7 à la [[Convention européenne des droits de l&#039;homme]], signé le 22 novembre 1984 et entré en vigueur en France le 1{{er}} novembre 1988, garantit en son article 2 le droit de toute personne déclarée coupable d&#039;une infraction pénale de faire examiner sa déclaration de culpabilité ou sa condamnation par une juridiction supérieure. Ce droit peut faire l&#039;objet d&#039;exceptions pour les infractions mineures et pour les affaires dans lesquelles l&#039;intéressé a été jugé en premier ressort par la plus haute juridiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Droit au recours effectif ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le double degré de juridiction ne possède pas, en France, la valeur de principe constitutionnel autonome, le [[Droit au recours|droit au recours effectif]] est reconnu comme principe à valeur constitutionnelle par le Conseil constitutionnel (décision n° 96-373 DC du 9 avril 1996). Le législateur conserve la liberté d&#039;aménager les conditions de l&#039;[[Appel (voie de recours)|appel]] ou de prévoir des décisions de dernier ressort, sous réserve de ne pas priver les justiciables de tout recours effectif devant une juridiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le respect du [[Délai raisonnable|délai raisonnable]] exigé par l&#039;[[Article 6 de la Convention européenne des droits de l&#039;homme|article 6 de la Convention européenne des droits de l&#039;homme]] impose aux États d&#039;organiser leur système judiciaire de sorte que la durée cumulée des deux degrés de juridiction reste proportionnée à la complexité de l&#039;affaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Enjeux contemporains ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Délais et engorgement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2022, les 36 [[Cour d&#039;appel|cours d&#039;appel]] françaises ont traité environ 242 000 affaires civiles. Les délais moyens de traitement atteignaient 14,2 mois devant les cours d&#039;appel civiles selon les statistiques du ministère de la Justice, contre 8,3 mois en première instance devant les [[Tribunal judiciaire|tribunaux judiciaires]]. Ces délais cumulés alimentent des critiques au regard de l&#039;exigence de [[Délai raisonnable|délai raisonnable]] posée par la [[Convention européenne des droits de l&#039;homme]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Réformes procédurales récentes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret n° 2017-891 du 6 mai 2017 a profondément réformé la [[Procédure civile|procédure civile]] d&#039;appel en instaurant des délais de rigueur pour la remise des conclusions, sous peine de caducité de la déclaration d&#039;appel ou d&#039;irrecevabilité des conclusions adverses. Cette réforme a transformé la [[Mise en état|mise en état]] d&#039;appel en une procédure rigoureusement encadrée, dans laquelle la [[Recevabilité (procédure civile)|recevabilité]] des actes est vérifiée d&#039;office par le conseiller de la mise en état.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret n° 2023-1391 du 29 décembre 2023 a poursuivi ces ajustements, notamment en matière de procédure sans audience et de communication électronique entre [[Avocat|avocats]] et juridictions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Appel (voie de recours)]]&lt;br /&gt;
* [[Effet dévolutif]]&lt;br /&gt;
* [[Cour d&#039;appel]]&lt;br /&gt;
* [[Pourvoi en cassation]]&lt;br /&gt;
* [[Cour de cassation]]&lt;br /&gt;
* [[Instance (droit)]]&lt;br /&gt;
* [[Droit à un procès équitable]]&lt;br /&gt;
* [[Juridiction administrative]]&lt;br /&gt;
* [[Arbitrage]]&lt;br /&gt;
* [[Convention européenne des droits de l&#039;homme]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Métiers du droit]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Risques_psychosociaux&amp;diff=920</id>
		<title>Risques psychosociaux</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Risques_psychosociaux&amp;diff=920"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Les &#039;&#039;&#039;risques psychosociaux&#039;&#039;&#039; (RPS) désignent les risques professionnels d&#039;origine et de nature psychologique susceptibles de porter atteinte à l&#039;intégrité physique et à la santé mentale des travailleurs. Reconnus par l&#039;Organisation mondiale de la santé (OMS) et encadrés en France par le [[Code du travail]], ils couvrent le [[Stress au travail|stress professionnel]], le [[Harcèlement moral|harcèlement moral et sexuel]], l&#039;[[Burnout professionnel|épuisement professionnel]] (burnout), les violences internes et externes, ainsi que les situations de souffrance au travail. Selon l&#039;enquête Sumer 2017 publiée par la DARES, 24 % des salariés français déclaraient être exposés à au moins un facteur de risque psychosocial de forte intensité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et classification ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme « risques psychosociaux » ne fait l&#039;objet d&#039;aucune définition légale unique dans le [[Droit du travail|droit du travail]] français. Il est défini par le rapport Gollac de 2011 — commandé par le ministère du Travail et piloté par Michel Gollac, sociologue à l&#039;INSEE — comme « les risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d&#039;emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d&#039;interagir avec le fonctionnement mental ». Ce rapport constitue la référence académique et institutionnelle la plus citée en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Psychologie du travail|psychologie du travail]] distingue six grandes catégories de facteurs de risque psychosociaux, issues des travaux du Collège d&#039;expertise sur le suivi des risques psychosociaux au travail (2011) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Catégorie !! Description !! Exemples&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Intensité et temps de travail || Charge cognitive et physique, contraintes horaires || Objectifs irréalistes, [[Durée du travail|durée du travail]] excessive, flux tendu&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Exigences émotionnelles || Travail impliquant des interactions émotionnellement chargées || Contact avec la souffrance, dissimulation des émotions, gestion de conflits&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Manque d&#039;autonomie || Latitude décisionnelle réduite || Procédures figées, absence de participation aux décisions, sous-utilisation des compétences&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Rapports sociaux dégradés || Relations interpersonnelles conflictuelles || [[Harcèlement moral]], manque de soutien hiérarchique, conflits entre collègues&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Conflits de valeurs || Contradiction entre travail prescrit et travail réel || Travail mal fait contraint, conflits éthiques, perte de sens&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Insécurité de la situation de travail || Incertitude sur l&#039;emploi et l&#039;avenir professionnel || Précarité contractuelle, restructurations, crainte du déclassement&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Principales formes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Stress au travail|stress professionnel]] est la forme de RPS la plus étudiée. Le modèle de Karasek (1979), dit « job strain » (tension au travail), identifie le risque maximal à la combinaison d&#039;une forte demande psychologique et d&#039;une faible latitude décisionnelle. Le modèle de Siegrist (1996) y ajoute la notion de déséquilibre entre les efforts fournis et les récompenses reçues (salaire, estime, sécurité de l&#039;emploi).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Burnout professionnel|épuisement professionnel]] (burnout) a été conceptualisé par les psychologues Christina Maslach et Susan Jackson dans les années 1980. Il se caractérise par trois dimensions : l&#039;épuisement émotionnel, la dépersonnalisation (détachement cynique vis-à-vis du travail ou des personnes), et la réduction du sentiment d&#039;efficacité personnelle. La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié en mai 2017 des recommandations de bonnes pratiques pour son repérage et sa prise en charge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Harcèlement moral]], défini à l&#039;article L. 1152-1 du [[Code du travail]], consiste en « des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits et à la dignité du salarié, d&#039;altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ». Sa qualification juridique requiert la répétition des faits, ce qui le distingue de la violence ponctuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Facteurs de risque ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Facteurs organisationnels ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les transformations organisationnelles du travail documentées depuis les années 1980 — lean management, juste-à-temps, individualisation des objectifs, réduction des effectifs — ont contribué à l&#039;intensification du travail. Les enquêtes Conditions de travail de la DARES montrent une augmentation continue des contraintes de rythme et de la charge mentale entre 1984 et 2013 en France. L&#039;absence de [[Dialogue social|dialogue social]] de proximité, la communication défaillante dans la chaîne hiérarchique et le manque de clarté dans la définition des rôles constituent des facteurs aggravants documentés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Ergonomie|ergonomie]] de l&#039;activité a mis en évidence le rôle des écarts entre travail prescrit (la tâche définie par l&#039;organisation) et travail réel (ce que le salarié fait effectivement) : plus cet écart est grand et non reconnu, plus le risque psychosocial est élevé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Facteurs managériaux et relationnels ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le style managérial constitue un facteur central. Les travaux de l&#039;INRS et de l&#039;ANACT identifient le management dit « toxique » — autoritaire, imprévisible ou soumis à une pression permanente — comme un facteur d&#039;exposition documenté. À l&#039;inverse, un [[Leadership|leadership]] soutenant, fondé sur la reconnaissance et le développement des compétences, est corrélé à une moindre prévalence du stress et du burnout. Le soutien social des collègues est identifié comme facteur protecteur dans les deux modèles de Karasek et de Siegrist (variable « support social »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Facteurs individuels ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines ressources personnelles modèrent l&#039;impact des facteurs de risque : la [[Résilience professionnelle|résilience]], l&#039;[[Intelligence émotionnelle|intelligence émotionnelle]] au sens de Goleman, le sentiment d&#039;efficacité personnelle (self-efficacy) défini par Bandura, et les stratégies de coping. Ces ressources influencent la trajectoire individuelle face aux RPS, sans toutefois exonérer l&#039;employeur de son obligation légale de sécurité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Effets sur la santé et les organisations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Effets sur les individus ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan psychiatrique, les RPS sont associés aux troubles anxieux, dépressifs, aux troubles de l&#039;adaptation et aux troubles du sommeil. Sur le plan somatique, la littérature scientifique établit un lien avec les maladies cardiovasculaires (hypertension, syndrome coronarien aigu), les [[Troubles musculo-squelettiques|troubles musculo-squelettiques]] et l&#039;affaiblissement du système immunitaire. Une méta-analyse publiée dans &#039;&#039;The Lancet&#039;&#039; en 2015 (Kivimäki et al.) portant sur 200 000 personnes a montré que le job strain augmentait le risque d&#039;accident coronarien de 23 %.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Effets sur les organisations ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les RPS se traduisent par une hausse de l&#039;[[Absentéisme|absentéisme]] — les arrêts de travail pour troubles psychologiques représentaient 20 % de la durée totale des arrêts en France selon la DARES en 2016 —, une augmentation du turnover, une dégradation de la [[Qualité de vie au travail|qualité de vie au travail]], une baisse de la productivité et de l&#039;engagement, ainsi qu&#039;un risque accru d&#039;accidents du travail. L&#039;INRS évalue le coût social annuel des RPS en France à 2 à 3 milliards d&#039;euros.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre juridique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Obligation générale de sécurité ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;article L. 4121-1 du [[Code du travail]] impose à l&#039;employeur de « prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ». La Cour de cassation a précisé, dans un arrêt Snecma du 5 mars 2008, que cette obligation était une « obligation de résultat » renforcée : l&#039;employeur qui avait ou aurait dû avoir connaissance d&#039;un risque et n&#039;a pas pris les mesures préventives nécessaires engage sa responsabilité. La chambre sociale a nuancé cette formulation par ses arrêts du 25 novembre 2015, admettant que l&#039;employeur peut s&#039;exonérer en démontrant avoir pris « toutes les mesures prévues » par les articles L. 4121-1 et suivants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Document Unique d&#039;Évaluation des Risques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Document Unique d&#039;Évaluation des Risques]] (DUER) doit intégrer l&#039;évaluation des RPS conformément à la circulaire DRT n° 6 du 18 avril 2002 et à la loi « Santé au travail » n° 2021-1018 du 2 août 2021. Cette loi a renforcé l&#039;obligation en exigeant un programme annuel de [[Prévention des risques professionnels|prévention des risques professionnels]] dans toutes les entreprises d&#039;au moins 11 salariés, ainsi que la conservation du DUER pendant 40 ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Accords collectifs de référence ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;accord national interprofessionnel (ANI) du 2 juillet 2008 sur le stress au travail transpose l&#039;accord-cadre européen du 8 octobre 2004 en droit négocié. Un second ANI du 26 mars 2010 porte sur le harcèlement et la violence au travail. Ces textes s&#039;imposent comme références dans les [[Accord d&#039;entreprise|accords d&#039;entreprise]] conclus en matière de prévention des RPS. Le [[Droit du travail|droit du travail]] prévoit que la [[Négociation collective|négociation collective]] de branche peut définir des dispositions plus protectrices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rôle des instances représentatives du personnel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Comité social et économique]] (CSE), institué par les ordonnances du 22 septembre 2017, est compétent en matière de santé et sécurité au travail (article L. 2312-9 du [[Code du travail]]). Il peut recourir à une expertise pour risque grave ou important (article L. 2315-94). La commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT), obligatoire dans les entreprises de 300 salariés et plus, traite spécifiquement des RPS. L&#039;[[Inspection du travail]] peut intervenir sur signalement, diligenter des enquêtes et mettre en demeure l&#039;employeur. Les [[Partenaires sociaux|partenaires sociaux]] jouent un rôle structurant via la [[Négociation collective|négociation collective]] au niveau des branches professionnelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prévention ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Niveaux d&#039;intervention ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La prévention des RPS s&#039;organise selon trois niveaux complémentaires :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Prévention primaire&#039;&#039;&#039; (agir sur les causes) : réorganisation des conditions de travail, clarification des rôles et des responsabilités, réduction des exigences contradictoires, renforcement de l&#039;autonomie et du [[Dialogue social|dialogue social]] de proximité.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Prévention secondaire&#039;&#039;&#039; (renforcer les capacités) : formation des managers au [[Leadership|leadership]] bienveillant, développement de l&#039;[[Intelligence émotionnelle|intelligence émotionnelle]], ateliers de gestion du stress, mise en place de cellules d&#039;écoute psychologique.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Prévention tertiaire&#039;&#039;&#039; (accompagner les personnes touchées) : dispositifs de retour à l&#039;emploi après arrêt long, aménagements de poste, suivi par un [[Psychologue du travail|psychologue du travail]], recours à la [[Médiation conventionnelle|médiation conventionnelle]] ou au [[Conseil de prud&#039;hommes|conseil de prud&#039;hommes]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Prévention des risques professionnels|prévention des risques professionnels]] recommande de prioriser la prévention primaire, seule à même de traiter les causes structurelles plutôt que les symptômes individuels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Outils de diagnostic ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les outils validés scientifiquement les plus utilisés sont le Job Content Questionnaire (JCQ) de Karasek, le questionnaire Effort-Reward Imbalance (ERI) de Siegrist, l&#039;indice de bien-être WHO-5 de l&#039;OMS, et la grille d&#039;évaluation des facteurs RPS développée dans le cadre du rapport Gollac. La [[Direction générale du Travail]] (DGT) et l&#039;INRS ont co-développé des outils pratiques d&#039;auto-diagnostic à destination des PME, notamment le guide « Évaluer les facteurs de risques psychosociaux » publié en 2016.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Démarche de prévention en entreprise ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une démarche structurée comprend : (1) la constitution d&#039;un groupe de pilotage pluridisciplinaire associant la direction des ressources humaines, le médecin du travail, le [[Comité social et économique|CSE]] et un [[Psychologue du travail|psychologue du travail]] ; (2) un diagnostic quantitatif (questionnaires, indicateurs RH) et qualitatif (entretiens, groupes de travail en situation réelle) ; (3) l&#039;élaboration d&#039;un plan d&#039;action inscrit dans le [[Document Unique d&#039;Évaluation des Risques|DUER]] ; (4) le suivi et l&#039;évaluation régulière des mesures mises en œuvre. L&#039;[[Ergonomie|ergonomie]] et la [[Psychologie du travail|psychologie du travail]] apportent des méthodes complémentaires d&#039;analyse du travail réel. Les [[Syndicat|syndicats]] peuvent contribuer à la démarche via leurs délégués et, le cas échéant, via un [[Défenseur syndical|défenseur syndical]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Indicateurs de suivi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le suivi des RPS mobilise des indicateurs de résultats et des indicateurs avancés :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Indicateurs de résultats&#039;&#039;&#039; : taux d&#039;[[Absentéisme|absentéisme]] global et par motif psychiatrique, taux de rotation du personnel, nombre d&#039;accidents du travail, nombre de maladies professionnelles déclarées (tableau 57 du régime général de la Sécurité sociale).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Indicateurs avancés&#039;&#039;&#039; : taux de recours volontaire à la médecine du travail, nombre de signalements au [[Comité social et économique|CSE]], résultats des enquêtes internes de [[Satisfaction au travail|satisfaction au travail]], indicateurs de charge de travail et d&#039;heures supplémentaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La DARES publie tous les cinq ans l&#039;enquête nationale « Conditions de travail » qui fournit des données représentatives sur l&#039;exposition aux RPS en France. L&#039;enquête 2019 indiquait que 35 % des salariés déclaraient vivre des tensions avec le public et 36 % signalaient des contraintes de rythme imposées par des normes de production horaires chiffrées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Harcèlement moral]]&lt;br /&gt;
* [[Prévention des risques professionnels]]&lt;br /&gt;
* [[Document Unique d&#039;Évaluation des Risques]]&lt;br /&gt;
* [[Burnout professionnel]]&lt;br /&gt;
* [[Stress au travail]]&lt;br /&gt;
* [[Qualité de vie au travail]]&lt;br /&gt;
* [[Psychologie du travail]]&lt;br /&gt;
* [[Comité social et économique]]&lt;br /&gt;
* [[Troubles musculo-squelettiques]]&lt;br /&gt;
* [[Ergonomie]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Droit social]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Burnout_professionnel&amp;diff=919</id>
		<title>Burnout professionnel</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Burnout_professionnel&amp;diff=919"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Le &#039;&#039;&#039;burnout professionnel&#039;&#039;&#039;, également désigné sous le terme &#039;&#039;&#039;épuisement professionnel&#039;&#039;&#039;, est un syndrome résultant d&#039;un [[Stress chronique|stress chronique]] au travail insuffisamment géré. Reconnu par l&#039;Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la Classification internationale des maladies (CIM-11, code QD85, en vigueur depuis le 1er janvier 2022), il se caractérise par trois dimensions : épuisement des ressources énergétiques et émotionnelles, distanciation mentale vis-à-vis du travail, et réduction de l&#039;efficacité professionnelle. Il se distingue d&#039;une fatigue passagère par sa durée, son intensité et ses répercussions durables sur la santé physique, mentale et professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et cadre nosologique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme &#039;&#039;burnout&#039;&#039; (de l&#039;anglais &#039;&#039;to burn out&#039;&#039;, « consumer entièrement ») a été introduit dans la littérature scientifique par le psychologue américain Herbert Freudenberger en 1974, dans un article publié dans le &#039;&#039;Journal of Social Issues&#039;&#039;. Il décrivait alors l&#039;épuisement de professionnels de l&#039;aide surmenés, incapables de récupérer entre deux périodes de travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La psychologue américaine Christina Maslach a formalisé le concept à partir de 1976 et développé le [[Maslach Burnout Inventory]] (MBI), questionnaire standardisé en 22 items publié en 1981, qui demeure l&#039;outil de mesure de référence à l&#039;échelle mondiale. Elle définit le syndrome comme tridimensionnel :&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Épuisement émotionnel&#039;&#039;&#039; : sentiment d&#039;être vidé de ses ressources affectives et énergétiques, sans possibilité de récupération par le repos ordinaire ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Dépersonnalisation&#039;&#039;&#039; (ou &#039;&#039;cynisme&#039;&#039;) : attitude détachée, froide ou négative envers son travail, ses collègues ou ses usagers ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Diminution du sentiment d&#039;accomplissement personnel&#039;&#039;&#039; : sentiment d&#039;inefficacité, de perte de sens et de dévalorisation de soi dans la sphère professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;OMS classe le burnout sous le code QD85 de la CIM-11, dans le chapitre « Facteurs influençant l&#039;état de santé », comme un « phénomène lié au travail » et non comme une maladie à part entière. En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié en 2017 un guide à destination des médecins précisant les critères de repérage, d&#039;évaluation et de prise en charge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Causes et facteurs de risque ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Facteurs organisationnels ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le burnout est avant tout un phénomène organisationnel et systémique. Les principaux facteurs de risque identifiés dans la littérature comprennent :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Surcharge quantitative de travail&#039;&#039;&#039; : volume de tâches excédant durablement les capacités disponibles. Selon une enquête de l&#039;Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA, 2022), 44 % des travailleurs européens déclarent travailler à un rythme très élevé de façon régulière.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Manque d&#039;autonomie&#039;&#039;&#039; : faible contrôle sur les méthodes, les priorités et les décisions. Ce facteur est central dans le modèle &#039;&#039;job strain&#039;&#039; du sociologue Robert Karasek (1979), qui croise la demande psychologique et la latitude décisionnelle.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Absence de reconnaissance&#039;&#039;&#039; : défaut de retour positif ou de valorisation des efforts fournis, qu&#039;il soit financier, symbolique ou managérial.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Injustice organisationnelle&#039;&#039;&#039; : perception que les règles ne sont pas appliquées équitablement et que les récompenses sont distribuées de façon arbitraire.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Conflits de valeurs&#039;&#039;&#039; : contradiction entre les valeurs personnelles et les exigences ou pratiques de l&#039;organisation.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Isolement social&#039;&#039;&#039; : déficit de soutien de la part des collègues ou de la hiérarchie.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Ambiguïté et conflits de rôle&#039;&#039;&#039; : flou ou contradiction dans la définition des responsabilités et des objectifs assignés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces facteurs s&#039;inscrivent dans le champ plus large des [[Risques psychosociaux]] (RPS), catégorie formalisée en France notamment par le rapport Nasse-Légeron (2008) commandé par le Premier ministre et le rapport Gollac (2011) pour le ministère du Travail, qui dénombre six familles de facteurs de RPS.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Facteurs individuels ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains profils présentent une vulnérabilité accrue, sans que cela n&#039;exonère l&#039;organisation de ses responsabilités :&lt;br /&gt;
* Perfectionnisme élevé et forte identification identitaire au travail ;&lt;br /&gt;
* Difficulté à déléguer et à poser des limites ;&lt;br /&gt;
* Faible capacité à solliciter de l&#039;aide ou à exprimer ses difficultés ;&lt;br /&gt;
* Antécédents de troubles anxieux ou dépressifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les professions d&#039;aide et de contact — soignants, enseignants, travailleurs sociaux, pompiers, forces de l&#039;ordre — sont statistiquement surreprésentées dans les études épidémiologiques en raison d&#039;une charge émotionnelle structurellement élevée. La [[Psychologie du travail]] a abondamment documenté ce phénomène depuis les années 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Symptômes et manifestations ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Symptômes émotionnels ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Sentiment permanent de vide et d&#039;épuisement, non soulagé par les périodes de repos ;&lt;br /&gt;
* Irritabilité accrue et hypersensibilité aux critiques ;&lt;br /&gt;
* Cynisme croissant vis-à-vis du travail, des collègues ou des usagers ;&lt;br /&gt;
* Sentiment d&#039;impuissance, de dévalorisation et de perte de sens dans l&#039;activité professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Symptômes physiques ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Fatigue chronique résistant au sommeil ;&lt;br /&gt;
* Troubles du sommeil : insomnie d&#039;endormissement, réveils nocturnes fréquents, sommeil non récupérateur ;&lt;br /&gt;
* Céphalées récurrentes, douleurs musculaires diffuses, troubles digestifs fonctionnels ;&lt;br /&gt;
* Infections fréquentes liées à l&#039;affaiblissement du système immunitaire ;&lt;br /&gt;
* Risque cardiovasculaire augmenté : une méta-analyse de Salvagioni et al. publiée dans &#039;&#039;PLOS ONE&#039;&#039; (2017) et portant sur 45 études longitudinales a établi un odds ratio de 1,4 à 1,8 pour les maladies coronariennes chez les personnes présentant un burnout sévère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Symptômes cognitifs et comportementaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Difficultés de concentration, erreurs répétées, troubles de la mémoire à court terme ;&lt;br /&gt;
* Procrastination et baisse de la productivité, y compris en situation de présentéisme ;&lt;br /&gt;
* [[Absentéisme]] croissant et isolement social progressif ;&lt;br /&gt;
* Consommation accrue d&#039;alcool, de tabac, de médicaments anxiolytiques ou d&#039;écrans à titre compensatoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Diagnostic ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Outils d&#039;évaluation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Maslach Burnout Inventory]] (MBI) reste l&#039;outil le plus utilisé mondialement. Il se décline en trois versions adaptées : MBI-HSS (&#039;&#039;Human Services Survey&#039;&#039;, pour les professions de santé et du social), MBI-ES (&#039;&#039;Educators Survey&#039;&#039;, pour les enseignants) et MBI-GS (&#039;&#039;General Survey&#039;&#039;, pour toutes les professions). Chaque sous-échelle produit un score indépendant classé en niveau bas, modéré ou élevé ; il n&#039;existe pas de score global unique permettant à lui seul de conclure à un burnout.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D&#039;autres instruments sont employés en complément :&lt;br /&gt;
* L&#039;échelle de burnout de Copenhague (CBI), développée par Kristensen et al. (2005), centrée sur l&#039;épuisement perçu ;&lt;br /&gt;
* Le Shirom-Melamed Burnout Questionnaire (SMBQ) ;&lt;br /&gt;
* L&#039;Oldenburg Burnout Inventory (OLBI), bidimensionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Diagnostic différentiel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le diagnostic différentiel avec la dépression majeure est fondamental : le burnout est centré sur la sphère professionnelle et tend à s&#039;améliorer lors des congés ou week-ends, tandis que la dépression caractérisée envahit tous les domaines de la vie. Un burnout non traité peut toutefois évoluer vers un épisode dépressif majeur, compliquant le tableau clinique. La distinction avec un trouble anxieux généralisé ou un état de stress post-traumatique exige également une évaluation clinique approfondie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Psychologue du travail]] et la [[Médecine du travail]] jouent un rôle central dans cette démarche diagnostique pluridisciplinaire. En France, le [[Médecine du travail|médecin du travail]] peut proposer un aménagement de poste, déclencher une visite de pré-reprise ou signaler une situation à l&#039;[[Inspection du travail]]. Son action s&#039;inscrit dans le cadre de la [[Prévention des risques professionnels]] et peut mobiliser le [[Comité social et économique]] de l&#039;entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Épidémiologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, le cabinet Empreinte Humaine évalue à 2,55 millions le nombre de salariés en burnout sévère au troisième trimestre 2022, et à 34 % la part de la population active présentant un burnout à un stade ou un autre. L&#039;INRS (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles) estimait en 2015 le coût annuel des [[Risques psychosociaux]] pour la France entre 1,9 et 3 milliards d&#039;euros, en incluant l&#039;absentéisme, la perte de productivité et les dépenses de santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;enquête EU-OSHA de 2022 (&#039;&#039;Occupational Safety and Health in Europe&#039;&#039;) identifie le [[Stress chronique]] lié au travail comme le deuxième problème de santé au travail le plus signalé en Europe, juste après les troubles musculo-squelettiques, et devant les troubles cardiovasculaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon l&#039;étude Malakoff Humanis 2023 sur l&#039;absentéisme en France, les secteurs les plus touchés sont le secteur de la santé et du social, l&#039;éducation nationale et le secteur numérique (entreprises de services du numérique, ESN).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conséquences ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pour l&#039;individu ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan de la santé, les conséquences documentées comprennent :&lt;br /&gt;
* Risque accru d&#039;épisode dépressif majeur (odds ratio entre 2 et 3,5 dans les études longitudinales) ;&lt;br /&gt;
* Risque cardiovasculaire augmenté : hypertension artérielle, maladies coronariennes ;&lt;br /&gt;
* Troubles musculo-squelettiques et douleurs chroniques ;&lt;br /&gt;
* Risque suicidaire dans les formes sévères non prises en charge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan professionnel, le burnout entraîne fréquemment un [[Arrêt maladie]] prolongé. La CNAM (Caisse nationale d&#039;assurance maladie) indique une durée médiane de 6 semaines pour les arrêts liés aux pathologies psychiques, mais les formes sévères de burnout peuvent dépasser 12 mois. Une rupture de parcours peut s&#039;ensuivre sous la forme d&#039;une [[Rupture conventionnelle]], d&#039;une [[Démission légitime]] ou d&#039;une [[Reconversion professionnelle]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pour l&#039;entreprise ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Conséquence !! Description&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Hausse de l&#039;[[Absentéisme]] || Arrêts maladie plus fréquents et plus longs, difficultés de remplacement&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Turnover accru || Départs volontaires, ruptures de contrat, perte de compétences clés&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Baisse de productivité || Présentéisme non efficace, erreurs répétées, perte de créativité&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Dégradation du climat social || Tensions interpersonnelles, défiance envers la hiérarchie&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Coûts financiers directs || Recrutement, formation des remplaçants, frais de gestion RH&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prévention ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Au niveau organisationnel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La prévention primaire agit sur les causes structurelles avant l&#039;apparition des symptômes. Elle repose sur :&lt;br /&gt;
* L&#039;évaluation des [[Risques psychosociaux]] dans le document unique d&#039;évaluation des risques (DUER), obligatoire pour toute entreprise d&#039;au moins 1 salarié depuis le décret du 5 novembre 2001 ;&lt;br /&gt;
* Des actions sur la charge de travail, l&#039;autonomie et la reconnaissance, formalisables dans un [[Plan de développement des compétences]] ou un accord de [[Gestion des emplois et des parcours professionnels]] ;&lt;br /&gt;
* La consultation et l&#039;implication du [[Comité social et économique]] sur les questions de santé au travail, notamment lors de la consultation annuelle sur la politique sociale ;&lt;br /&gt;
* Le renforcement du [[Dialogue social]] et la concertation avec les [[Syndicat|organisations syndicales]] représentatives ;&lt;br /&gt;
* Le déploiement d&#039;une démarche [[Qualité de vie au travail]] (QVT) formalisée, notamment par voie d&#039;accord collectif ;&lt;br /&gt;
* La formation des encadrants au [[Leadership]] bienveillant, à la [[Communication professionnelle]] et à l&#039;[[Intelligence émotionnelle]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Au niveau individuel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans que la responsabilité de la prévention ne repose exclusivement sur le salarié, des ressources individuelles peuvent être mobilisées :&lt;br /&gt;
* Développement des [[Soft skills]] liés à la gestion du stress, à l&#039;assertivité et à la pose de limites ;&lt;br /&gt;
* Renforcement de la [[Résilience professionnelle]] par des pratiques régulières de récupération (activité physique, sommeil, déconnexion numérique) ;&lt;br /&gt;
* Recours au [[Coaching professionnel]] ou au [[Mentorat professionnel]] pour un accompagnement personnalisé ;&lt;br /&gt;
* Démarche de [[Développement personnel]] permettant de mieux identifier ses besoins, ses valeurs et ses limites.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prise en charge et traitement ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La prise en charge d&#039;un burnout avéré est pluridisciplinaire et séquencée :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Mise en [[Arrêt maladie]]&#039;&#039;&#039; : fréquemment nécessaire pour permettre la récupération physiologique et psychologique. Elle est prescrite par le médecin traitant et peut être complétée par une orientation vers la [[Médecine du travail]].&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Suivi médical et psychiatrique&#039;&#039;&#039; : le médecin traitant coordonne la prise en charge. Des antidépresseurs peuvent être prescrits en cas de dépression associée, mais aucun médicament n&#039;est spécifique au burnout lui-même.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Psychothérapie&#039;&#039;&#039; : les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) montrent une efficacité documentée sur la réduction des symptômes d&#039;épuisement et de dépersonnalisation. L&#039;EMDR (&#039;&#039;Eye Movement Desensitization and Reprocessing&#039;&#039;) est utilisé dans les formes associant un vécu traumatique.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Accompagnement professionnel&#039;&#039;&#039; : le [[Conseiller en évolution professionnelle]] (CEP), accessible gratuitement à tout actif, accompagne la réflexion sur la suite du parcours. Le [[Bilan de compétences]] permet de clarifier les appétences et les compétences transférables vers un autre poste ou métier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre juridique en France ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le burnout n&#039;est pas inscrit dans les tableaux des maladies professionnelles annexés au [[Code du travail]]. Depuis la loi n° 2015-994 du 17 août 2015 relative au dialogue social (dite loi Rebsamen), les pathologies psychiques peuvent néanmoins être reconnues comme maladies professionnelles hors tableau via le Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP), sous réserve d&#039;un taux d&#039;incapacité permanente partielle d&#039;au moins 25 %.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;employeur est soumis, en vertu du [[Droit du travail]], à une obligation de sécurité en matière de santé mentale au travail, issue de la jurisprudence de la Cour de cassation (Chambre sociale, arrêt du 28 février 2002, dit arrêt Amiante). Le manquement à cette obligation peut engager sa responsabilité civile et pénale, indépendamment de toute reconnaissance en maladie professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les principaux mécanismes de protection prévus par le [[Code du travail]] sont :&lt;br /&gt;
* Le droit de retrait (article L4131-1) pour tout salarié exposé à un danger grave et imminent pour sa santé ou sa vie ;&lt;br /&gt;
* L&#039;obligation d&#039;évaluation des risques et de transcription dans le document unique d&#039;évaluation des risques (DUER) ;&lt;br /&gt;
* Le contrôle de l&#039;[[Inspection du travail]], compétente pour constater les manquements et dresser des procès-verbaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit à la déconnexion, introduit par la loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 (dite loi El Khomri), impose aux entreprises d&#039;au moins 50 salariés de négocier les modalités d&#039;exercice de ce droit dans le cadre de la négociation annuelle sur la [[Qualité de vie au travail]]. En l&#039;absence d&#039;accord, l&#039;employeur doit établir une charte unilatérale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, un salarié contraint de quitter son emploi en raison d&#039;un [[Harcèlement moral]] documenté peut prétendre à une [[Démission légitime]] ouvrant droit aux allocations chômage, ou négocier une [[Rupture conventionnelle]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Retour au travail et reconversion ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le retour au travail après un burnout est une étape délicate qui requiert une préparation anticipée. La [[Médecine du travail]] préconise une reprise progressive via le temps partiel thérapeutique, dispositif disponible depuis la loi du 17 août 2015. Une visite de pré-reprise peut être organisée avant la fin de l&#039;[[Arrêt maladie]] pour anticiper les aménagements de poste nécessaires et éviter une rechute.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque le retour dans l&#039;environnement professionnel d&#039;origine est contre-indiqué médicalement ou psychologiquement, plusieurs dispositifs facilitent la transition :&lt;br /&gt;
* Le [[Projet de transition professionnelle]] (PTP, anciennement CIF depuis la loi du 5 septembre 2018 sur la liberté de choisir son avenir professionnel) finance une formation certifiante longue en vue d&#039;un changement de métier, sur décision de l&#039;opérateur Transitions Pro régional ;&lt;br /&gt;
* La [[Reconversion professionnelle]] peut s&#039;appuyer sur le Compte personnel de formation (CPF) ou les dispositifs de [[Gestion des emplois et des parcours professionnels]] négociés dans l&#039;entreprise ;&lt;br /&gt;
* L&#039;[[Outplacement]] (reclassement externe) peut être proposé dans le cadre d&#039;une rupture du contrat négociée, notamment dans les grandes entreprises ;&lt;br /&gt;
* La [[Mobilité professionnelle]] interne constitue une alternative à une rupture complète du lien avec l&#039;employeur, lorsqu&#039;un changement de poste ou de service est envisageable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le phénomène dit de [[Grande démission]], observé à partir de 2021 aux États-Unis puis, dans une moindre mesure, en France à partir de 2022 — la DARES enregistrant une hausse de 20 % du nombre de démissions entre le troisième trimestre 2019 et le troisième trimestre 2022 — est partiellement interprété par des chercheurs en [[Psychologie du travail]] comme une conséquence collective de l&#039;épuisement professionnel amplifié par la crise sanitaire de 2020-2022 et par la généralisation du télétravail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Risques psychosociaux]]&lt;br /&gt;
* [[Stress chronique]]&lt;br /&gt;
* [[Harcèlement moral]]&lt;br /&gt;
* [[Absentéisme]]&lt;br /&gt;
* [[Grande démission]]&lt;br /&gt;
* [[Satisfaction au travail]]&lt;br /&gt;
* [[Reconversion professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Bilan de compétences]]&lt;br /&gt;
* [[Prévention des risques professionnels]]&lt;br /&gt;
* [[Qualité de vie au travail]]&lt;br /&gt;
* [[Médecine du travail]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Reconversion professionnelle]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Loi_du_5_septembre_2018_pour_la_libert%C3%A9_de_choisir_son_avenir_professionnel&amp;diff=918</id>
		<title>Loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Loi_du_5_septembre_2018_pour_la_libert%C3%A9_de_choisir_son_avenir_professionnel&amp;diff=918"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel&#039;&#039;&#039; est une loi française promulguée le 5 septembre 2018 et publiée au Journal officiel le 6 septembre 2018. Portée par [[Muriel Pénicaud]], ministre du Travail du gouvernement Édouard Philippe II, elle constitue l&#039;une des réformes structurelles les plus profondes du système de [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] et de l&#039;[[Alternance|alternance]] depuis la loi du 5 mars 2014. Elle refonde le [[Compte personnel de formation]] en le monétisant, libéralise l&#039;ouverture des [[Centre de formation d&#039;apprentis|centres de formation d&#039;apprentis]], crée le régulateur national [[France compétences]] et transforme le [[Financement de la formation professionnelle|financement de la formation]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Contexte et genèse ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contexte législatif ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 5 septembre 2018 s&#039;inscrit dans une séquence de réformes engagées depuis la loi du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social, prolongée par la loi du 5 mars 2014 relative à la [[Formation continue|formation professionnelle]], à l&#039;emploi et à la démocratie sociale — qui avait notamment instauré le [[Compte personnel de formation]] en heures. Elle s&#039;intègre dans un programme de réformes sociales plus large du gouvernement d&#039;Emmanuel Macron, comprenant les ordonnances travail de septembre 2017 et la réforme de l&#039;assurance chômage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Processus législatif ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet de loi a été présenté en Conseil des ministres le 27 avril 2018. Adopté par l&#039;Assemblée nationale en première lecture le 1er juin 2018, puis par le Sénat le 18 juillet 2018, il est définitivement adopté le 1er août 2018 après accord en commission mixte paritaire. Le Conseil constitutionnel a validé l&#039;essentiel du texte le 4 septembre 2018 (décision n° 2018-769 DC). La loi promulguée comporte 120 articles, répartis en quatre titres : liberté de choisir sa formation professionnelle ; liberté de choisir son avenir par l&#039;apprentissage ; liberté pour les entreprises de s&#039;organiser ; dispositions diverses relatives au travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Objectifs déclarés ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le texte poursuit quatre objectifs principaux :&lt;br /&gt;
* Rendre chaque individu acteur de sa [[Formation continue|formation]] en simplifiant l&#039;accès au [[Compte personnel de formation]] et en le convertissant en euros ;&lt;br /&gt;
* Développer l&#039;[[Alternance|alternance]], notamment l&#039;[[Contrat d&#039;apprentissage|apprentissage]], en levant les freins administratifs pour les [[Centre de formation d&#039;apprentis|CFA]] et les entreprises ;&lt;br /&gt;
* Améliorer la qualité des formations via un référentiel national de certification ([[Qualiopi]]) ;&lt;br /&gt;
* Rénover la gouvernance nationale du système par la création d&#039;une instance de régulation quadripartite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réforme du compte personnel de formation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réforme du [[Compte personnel de formation]] (CPF) constitue le pivot central de la loi. Depuis le 1er janvier 2019, les droits CPF sont exprimés en euros et non plus en heures : chaque salarié acquiert 500 euros par année de travail à temps complet, dans la limite d&#039;un plafond de 5 000 euros. Pour les salariés non qualifiés — c&#039;est-à-dire sans diplôme de niveau CAP ou BEP — l&#039;abondement est de 800 euros par an, dans la limite de 8 000 euros. Les droits acquis sous l&#039;ancien régime horaire ont été convertis au taux de 15 euros par heure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La gestion opérationnelle des fonds CPF est confiée à la Caisse des dépôts et consignations, qui administre la plateforme numérique [[MonCompteFormation]], lancée en novembre 2019. Cette application mobile et web permet à tout titulaire d&#039;un compte de consulter ses droits disponibles, rechercher des formations éligibles certifiées et s&#039;inscrire directement sans intermédiaire obligatoire. Pour être financées via le CPF, les formations doivent être dispensées par un [[Organisme de formation|organisme de formation]] certifié [[Qualiopi]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi introduit également une contribution spécifique de 1 % assise sur les rémunérations versées aux salariés en contrat à durée déterminée (CDD, hors CDD d&#039;apprentissage), destinée à abonder leur CPF compte tenu de leur exposition à la discontinuité de l&#039;emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réforme de l&#039;apprentissage ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Libéralisation de l&#039;ouverture des CFA ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi met fin au régime d&#039;autorisation préalable régionale des [[Centre de formation d&#039;apprentis|centres de formation d&#039;apprentis]] (CFA). Depuis le 1er janvier 2019, tout [[Organisme de formation|organisme de formation]] certifié [[Qualiopi]] peut ouvrir un CFA sur simple déclaration préalable, sans agrément administratif. Les régions perdent leur compétence de financement de l&#039;apprentissage, qui est transférée aux [[OPCO|opérateurs de compétences]] (OPCO). Ces derniers financent les contrats sur la base de niveaux de prise en charge — appelés « coûts-contrats » — fixés par [[France compétences]] sur recommandation des branches professionnelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Élargissement du public ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La limite d&#039;âge d&#039;entrée en apprentissage est relevée de 25 à 29 ans révolus. Des dérogations portent la limite jusqu&#039;à 35 ans dans plusieurs cas : personnes en situation de handicap, rupture d&#039;un premier [[Contrat d&#039;apprentissage|contrat d&#039;apprentissage]], préparation d&#039;un diplôme de niveau supérieur au diplôme déjà détenu. La durée minimale du [[Contrat d&#039;apprentissage|contrat d&#039;apprentissage]] est ramenée de douze à six mois lorsque la formation prépare à un [[Bloc de compétences|bloc de compétences]] isolé ou lorsque le candidat est déjà titulaire d&#039;un titre de niveau supérieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rémunération et protection sociale des apprentis ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rémunération minimale des apprentis est désormais calculée en pourcentage du SMIC ou du salaire minimum conventionnel de branche, le plus élevé des deux étant applicable. Le rôle du [[Maître d&#039;apprentissage]] est renforcé, avec une valorisation accrue de sa fonction de tutorat dans les négociations de branche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pro-A : reconversion ou promotion par l&#039;alternance ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi crée la [[Pro-A (reconversion ou promotion par l&#039;alternance)|Pro-A]] (reconversion ou promotion par l&#039;alternance), dispositif qui remplace la période de professionnalisation à compter du 1er janvier 2019. La Pro-A s&#039;adresse aux salariés en CDI dont le niveau de qualification est inférieur à la licence (bac + 3). Elle permet une reconversion ou une promotion professionnelle par alternance sans rupture du contrat de travail, dans le cadre d&#039;une formation certifiante inscrite au [[RNCP]] ou au [[Répertoire spécifique]]. Le financement est assuré par l&#039;[[OPCO]] compétent, sur la base d&#039;un accord de branche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Création de France Compétences ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi crée [[France compétences]], établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle du [[Ministère du Travail]], opérationnel au 1er janvier 2019. Il se substitue à quatre instances antérieures : le CNEFOP (Conseil national de l&#039;emploi, de la formation et de l&#039;orientation professionnelles), le COPANEF (Comité paritaire interprofessionnel national pour l&#039;emploi et la formation), le FPSPP (Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels) et la [[Commission nationale de la certification professionnelle]] (CNCP).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[France compétences]] est dirigé par un conseil d&#039;administration quadripartite composé de représentants de l&#039;État, des régions, des organisations syndicales de salariés et des organisations professionnelles d&#039;employeurs. Ses attributions principales sont :&lt;br /&gt;
* La régulation financière du système : fixation des coûts-contrats pour les formations en [[Contrat d&#039;apprentissage|apprentissage]] et en [[Contrat de professionnalisation|professionnalisation]] ;&lt;br /&gt;
* L&#039;instruction des demandes d&#039;enregistrement des certifications au [[RNCP]] et au [[Répertoire spécifique]] ;&lt;br /&gt;
* L&#039;évaluation et le contrôle de la qualité des [[Certification professionnelle|certifications professionnelles]] ;&lt;br /&gt;
* La sélection et le financement des opérateurs du [[Conseiller en évolution professionnelle|conseil en évolution professionnelle]] (CEP) pour les salariés du secteur privé ;&lt;br /&gt;
* La publication d&#039;un rapport annuel sur la formation professionnelle et l&#039;apprentissage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Transformation des OPCA en OPCO ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) sont transformés en [[OPCO|opérateurs de compétences]] (OPCO) à compter du 1er avril 2019. Leur nombre passe de 20 OPCA à 11 OPCO, regroupés par filières économiques et professionnelles (par exemple : ATLAS pour les services financiers et le conseil ; AFDAS pour la culture, les médias et les loisirs ; OCAPIAT pour l&#039;agriculture et les coopératives). La collecte de la [[Contribution unique à la formation professionnelle et à l&#039;alternance]] (CUFPA) par les OPCO prend fin au 31 décembre 2021 : depuis le 1er janvier 2022, les Urssaf assurent la collecte directe auprès des entreprises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les missions des OPCO sont recentrées sur trois axes : le financement des contrats en [[Alternance|alternance]] ([[Contrat d&#039;apprentissage|apprentissage]] et [[Contrat de professionnalisation|professionnalisation]]) ; l&#039;accompagnement des branches professionnelles dans la définition de leur politique de [[Certification professionnelle|certification]] et de formation ; l&#039;appui aux entreprises de moins de 50 salariés dans l&#039;analyse de leurs besoins en compétences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Financement de la formation professionnelle ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contribution unique à la formation professionnelle et à l&#039;alternance ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi crée la [[Contribution unique à la formation professionnelle et à l&#039;alternance]] (CUFPA), qui fusionne plusieurs contributions antérieures. Pour les entreprises de 11 salariés et plus, le taux global est de 1,68 % de la masse salariale brute, décomposé en 1 % pour la formation professionnelle continue et 0,68 % pour la [[Taxe d&#039;apprentissage|taxe d&#039;apprentissage]]. Pour les entreprises de moins de 11 salariés, le taux formation est de 0,55 %. Des taux supplémentaires s&#039;appliquent selon la taille et le secteur (contribution supplémentaire à l&#039;apprentissage pour les entreprises de 250 salariés et plus n&#039;atteignant pas le quota légal d&#039;alternants).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Plan de développement des compétences ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi renomme le « plan de formation » en [[Plan de développement des compétences]]. Elle réforme également la définition légale de l&#039;action de formation, désormais qualifiée de « parcours pédagogique permettant d&#039;atteindre un objectif professionnel ». Cette définition élargit les modalités reconnues au-delà des stages en présentiel : e-learning, classes virtuelles et action de formation en situation de travail (AFEST) sont désormais explicitement reconnues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Qualité des formations : Qualiopi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi habilite le gouvernement à définir par décret un référentiel national qualité applicable aux prestataires de [[Formation continue|formation continue]] et d&#039;apprentissage. Ce référentiel, dénommé [[Qualiopi]], est précisé par le décret n° 2019-564 du 7 juin 2019. La certification [[Qualiopi]] est obligatoire depuis le 1er janvier 2022 pour tout [[Organisme de formation|organisme de formation]] ou [[Centre de formation d&#039;apprentis|CFA]] souhaitant bénéficier de financements publics ou mutualisés : CPF, [[OPCO]], [[France Travail]], régions. Le référentiel comprend sept critères et trente-deux indicateurs d&#039;audit vérifiés par des organismes certificateurs accrédités par le Cofrac.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conseil en évolution professionnelle ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi universalise le [[Conseiller en évolution professionnelle|conseil en évolution professionnelle]] (CEP), service gratuit d&#039;accompagnement étendu à l&#039;ensemble des actifs en emploi ou en recherche d&#039;emploi : salariés du secteur privé, agents publics, travailleurs indépendants et demandeurs d&#039;emploi. À compter du 1er janvier 2020, la prestation CEP pour les salariés du secteur privé est confiée à des opérateurs régionaux privés sélectionnés par appel d&#039;offres géré par [[France compétences]], garantissant une séparation entre le conseil et les financeurs de la formation. [[France Travail]] (ex-Pôle emploi), l&#039;APEC, les missions locales et Cap Emploi demeurent opérateurs du CEP pour leurs publics spécifiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Projet de transition professionnelle ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi crée le [[Projet de transition professionnelle]] (PTP), qui remplace le congé individuel de formation (CIF) au 1er janvier 2019. Il permet à un salarié de s&#039;absenter de son poste pour suivre une formation certifiante en vue de changer de métier ou de profession. Le financement est assuré par les Associations Transitions Pro (AT Pro), structures régionales agréées par l&#039;État, qui succèdent aux FONGECIF (Fonds de gestion des congés individuels de formation). Les conditions d&#039;accès requièrent 24 mois d&#039;activité salariée, consécutifs ou non, dont 12 mois dans l&#039;entreprise actuelle. Durant la formation, le salarié perçoit une rémunération maintenue à hauteur de 100 % (pour les salaires inférieurs à 2 fois le SMIC) ou de 90 % (pour les rémunérations supérieures).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Entretien professionnel ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi maintient l&#039;obligation d&#039;[[Entretien professionnel|entretien professionnel]] tous les deux ans et l&#039;entretien de bilan tous les six ans. Elle renforce la sanction en cas de manquement : lorsque l&#039;entretien de bilan révèle que le salarié n&#039;a suivi aucune action de formation non obligatoire et n&#039;a bénéficié d&#039;aucune progression salariale ou professionnelle sur la période de six ans, l&#039;employeur est tenu d&#039;abonder son CPF de 3 000 euros supplémentaires. Dans les entreprises d&#039;au moins 50 salariés, cette somme est portée à 3 000 euros versés directement à la Caisse des dépôts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réforme de la certification professionnelle ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi réforme les conditions d&#039;enregistrement des certifications professionnelles au [[RNCP]] et au [[Répertoire spécifique]], désormais gérées par [[France compétences]]. Les certifications doivent démontrer leur pertinence par rapport aux besoins du marché du travail, notamment via des indicateurs de résultats (taux d&#039;insertion à six mois, taux d&#039;abandon). Le [[Bloc de compétences]] devient une unité capitalisable autonome, permettant une [[Validation des acquis de l&#039;expérience|VAE]] partielle bloc par bloc — la validation d&#039;un bloc produit un effet définitif sans obligation de valider l&#039;intégralité de la certification. Les [[Certificat de Qualification Professionnelle|CQP]] de branche sont soumis aux mêmes critères d&#039;enregistrement au [[RNCP]] que les autres certifications. Le [[Bilan de compétences]] est maintenu dans son cadre et ses conditions de financement via le CPF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dispositions relatives à l&#039;assurance chômage ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi habilite le gouvernement à réformer l&#039;assurance chômage par décret, ouvrant la voie à la [[Réforme de l&#039;assurance chômage 2019|réforme de l&#039;assurance chômage promulguée en 2019]]. Elle étend directement le bénéfice de l&#039;allocation chômage à deux nouveaux publics :&lt;br /&gt;
* Les salariés démissionnaires justifiant d&#039;un projet de reconversion professionnelle sérieux, après 5 ans d&#039;activité salariée continue et validation du projet par une commission paritaire régionale interprofessionnelle ; le [[Conseiller en évolution professionnelle|CEP]] joue un rôle central dans l&#039;instruction du dossier ;&lt;br /&gt;
* Les travailleurs indépendants dont l&#039;activité a cessé suite à une liquidation judiciaire, pour une allocation forfaitaire d&#039;un montant de 800 euros par mois, versée pendant une durée maximale de 6 mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dispositions relatives à l&#039;emploi des travailleurs handicapés ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi réforme l&#039;[[Obligation d&#039;emploi des travailleurs handicapés]] (OETH). Le taux légal d&#039;obligation (6 % de l&#039;effectif de l&#039;entreprise) est maintenu mais les modalités déclaratives sont simplifiées : la déclaration obligatoire d&#039;emploi des travailleurs handicapés (DOETH) est intégrée à la Déclaration sociale nominative (DSN) à compter de 2020, supprimant la déclaration annuelle spécifique. La contribution due à l&#039;AGEFIPH (Association de gestion du fonds pour l&#039;insertion professionnelle des personnes handicapées) est désormais calculée mensuellement et non plus annuellement. La loi supprime également plusieurs modalités de déduction partielle antérieures liées aux achats auprès d&#039;établissements et services d&#039;aide par le travail (ESAT) ou d&#039;entreprises adaptées (EA).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Gouvernance territoriale ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi modifie la répartition des compétences entre l&#039;État et les régions. Les régions perdent leur compétence de financement de l&#039;apprentissage, transférée aux [[OPCO]]. Elles conservent cependant des missions de coordination territoriale, d&#039;animation de la politique de formation pour les demandeurs d&#039;emploi et de financement des formations pré-qualifiantes. Les [[CARIF-OREF]] (Centres d&#039;animation, de ressources et d&#039;information sur la formation – Observatoires régionaux emploi-formation) maintiennent leurs missions d&#039;observation, de collecte de données et d&#039;information sur la [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] en région.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Application et décrets ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi est complétée par un ensemble de décrets d&#039;application publiés entre octobre 2018 et fin 2019, parmi lesquels :&lt;br /&gt;
* Décret n° 2018-1329 du 28 décembre 2018 relatif aux [[Centre de formation d&#039;apprentis|centres de formation d&#039;apprentis]] ;&lt;br /&gt;
* Décret n° 2018-1330 du 28 décembre 2018 relatif aux actions de formation et au [[Bilan de compétences]] ;&lt;br /&gt;
* Décret n° 2018-1336 du 28 décembre 2018 relatif aux [[Entretien professionnel|entretiens professionnels]] ;&lt;br /&gt;
* Décret n° 2018-1340 du 28 décembre 2018 relatif au [[Compte personnel de formation]] ;&lt;br /&gt;
* Décret n° 2019-564 du 7 juin 2019 relatif à la qualité des actions de [[Formation continue|formation professionnelle]] ([[Qualiopi]]) ;&lt;br /&gt;
* Décret n° 2019-958 du 13 septembre 2019 portant création de [[France compétences]] en tant qu&#039;établissement public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bilan et évaluation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Essor de l&#039;apprentissage ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La libéralisation du [[Contrat d&#039;apprentissage|contrat d&#039;apprentissage]] a produit une croissance quantitative sans précédent. Les entrées en apprentissage ont progressé de 320 000 en 2017 à plus de 980 000 en 2022, soit une hausse de plus de 200 % en cinq ans. Cette progression s&#039;est concentrée dans l&#039;enseignement supérieur (BTS, licences professionnelles, masters), soulevant des questions sur l&#039;adéquation entre le recours à l&#039;apprentissage et les objectifs d&#039;insertion des jeunes peu qualifiés. La part des apprentis en niveau bac + 3 et au-delà est passée de 18 % en 2017 à plus de 40 % en 2022.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dynamique CPF et contraintes financières ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La monétisation du [[Compte personnel de formation]] a entraîné une forte accélération des inscriptions en formation : 2 millions de dossiers acceptés en 2021, pour un coût total d&#039;environ 1,7 milliard d&#039;euros. Cette dynamique a généré un déficit structurel de [[France compétences]], évalué à 3,5 milliards d&#039;euros fin 2021 par la Cour des comptes (rapport de juillet 2022). En réponse, un reste à charge de 100 euros a été instauré par décret du 28 avril 2023 pour les formations financées via le CPF, à l&#039;exception des formations pour les demandeurs d&#039;emploi et des formations certifiantes pour les personnes sans emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Évaluations institutionnelles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi a fait l&#039;objet d&#039;évaluations par l&#039;Inspection générale des affaires sociales (IGAS), le Haut Conseil de l&#039;éducation et de la formation (HCEF) et la Cour des comptes. Ces rapports ont mis en évidence des lacunes dans le pilotage des fonds publics, des effets d&#039;aubaine et des fraudes au démarchage téléphonique dans le recours au CPF (conduisant à la mise en place d&#039;un numéro anti-arnaque), ainsi que la nécessité d&#039;un meilleur ciblage des publics prioritaires, notamment les personnes peu qualifiées et les demandeurs d&#039;emploi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* [[Compte personnel de formation]]&lt;br /&gt;
* [[France compétences]]&lt;br /&gt;
* [[OPCO]]&lt;br /&gt;
* [[Qualiopi]]&lt;br /&gt;
* [[Projet de transition professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Contrat d&#039;apprentissage]]&lt;br /&gt;
* [[Contrat de professionnalisation]]&lt;br /&gt;
* [[Alternance]]&lt;br /&gt;
* [[Centre de formation d&#039;apprentis]]&lt;br /&gt;
* [[Validation des acquis de l&#039;expérience]]&lt;br /&gt;
* [[Bilan de compétences]]&lt;br /&gt;
* [[Plan de développement des compétences]]&lt;br /&gt;
* [[Contribution unique à la formation professionnelle et à l&#039;alternance]]&lt;br /&gt;
* [[Taxe d&#039;apprentissage]]&lt;br /&gt;
* [[Conseiller en évolution professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Formation professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Formation continue]]&lt;br /&gt;
* [[RNCP]]&lt;br /&gt;
* [[Certification professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Bloc de compétences]]&lt;br /&gt;
* [[Entretien professionnel]]&lt;br /&gt;
* [[France Travail]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Formation professionnelle]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Chauffagiste&amp;diff=917</id>
		<title>Chauffagiste</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Chauffagiste&amp;diff=917"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Un &#039;&#039;&#039;chauffagiste&#039;&#039;&#039; est un professionnel des [[Métiers du bâtiment|métiers du bâtiment]] spécialisé dans l&#039;installation, la maintenance et le dépannage des systèmes de chauffage, de ventilation et de production d&#039;eau chaude sanitaire. Il intervient aussi bien dans le résidentiel que dans les locaux tertiaires et industriels. En France, ce métier s&#039;inscrit dans un contexte de forte demande structurelle liée à la [[Rénovation énergétique|rénovation énergétique]] du parc immobilier national, portée par des dispositifs publics comme [[MaPrimeRénov&#039;]] et encadrée par le référentiel réglementaire de la [[RE 2020]]. En 2023, le secteur du génie climatique et sanitaire regroupait environ 45 000 entreprises et 120 000 salariés en France selon la [[Fédération française du bâtiment]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et périmètre du métier ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chauffagiste installe, entretient et répare les équipements de production et de distribution de chaleur. Ses missions couvrent :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;installation de chaudières au gaz, au fioul, à bois ou à granulés, ainsi que des [[Pompe à chaleur|pompes à chaleur]] (air/eau, sol/eau, air/air) ;&lt;br /&gt;
* la pose de radiateurs, convecteurs, de systèmes de [[Plancher chauffant|plancher chauffant]] et de planchers rafraîchissants ;&lt;br /&gt;
* l&#039;installation de chauffe-eau, de ballons thermodynamiques et de chauffe-eau solaires ;&lt;br /&gt;
* la maintenance préventive et corrective : réglage de brûleurs, remplacement de vannes, de circulateurs et de sondes de température ;&lt;br /&gt;
* le diagnostic de pannes et le dépannage d&#039;urgence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le terme technique retenu par les référentiels de formation de l&#039;Éducation nationale est « installateur en génie climatique et sanitaire ». Dans le langage courant, le chauffagiste est souvent désigné sous l&#039;appellation « plombier-chauffagiste » lorsqu&#039;il cumule les compétences en tuyauterie sanitaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Distinction avec les métiers voisins ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chauffagiste se distingue du [[Plombier|plombier]] généraliste par sa spécialisation en thermique et en régulation. Il se distingue de l&#039;[[Électricien du bâtiment|électricien]] par la prédominance des fluides (eau, gaz, [[Fluides frigorigènes|fluides frigorigènes]]) sur les circuits électriques, bien que les deux corps de métier collaborent sur les équipements thermodynamiques hybrides. Le domaine technique d&#039;ensemble qui regroupe ces savoir-faire est le [[Génie climatique]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Formation et parcours ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Niveaux de qualification ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La voie principale d&#039;accès est le [[Certificat d&#039;aptitude professionnelle|CAP]] Installateur en génie climatique et sanitaire (IGCS), formation de deux ans accessible après la troisième. Ce diplôme de niveau 3 (nomenclature européenne) couvre la lecture de plans, les travaux de tuyauterie, les raccordements gaz et eau, et la mise en service des appareils de chauffage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Brevet professionnel]] Monteur en installations du génie climatique et sanitaire (niveau 4) approfondit le dimensionnement d&#039;installations, la régulation et la maintenance. Il est accessible après un CAP ou par validation des acquis de l&#039;expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Brevet de technicien supérieur]] Fluides-Énergies-Domotique (BTS FED), option A « Génie climatique et fluidique », correspond au niveau 5 (bac+2) et forme des techniciens capables de concevoir, chiffrer et superviser des installations complexes de génie climatique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le titre professionnel Monteur en installations thermiques, délivré par le ministère chargé de l&#039;Emploi et enregistré au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), constitue une voie de reconversion accessible en 6 à 12 mois pour les adultes en mobilité professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Apprentissage et compagnonnage ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces formations se suivent par la voie scolaire ou par [[Contrat d&#039;apprentissage|apprentissage]] au sein d&#039;un [[Centre de formation d&#039;apprentis|centre de formation d&#039;apprentis (CFA)]]. Le [[Compagnonnage]], notamment via les Compagnons du Devoir et du Tour de France, propose un cursus de trois à cinq ans fondé sur le tour de France et la [[Transmission des savoirs professionnels|transmission des savoirs entre compagnons]]. Il forme des chauffagistes hautement qualifiés pour des chantiers de grande technicité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le titre de [[Maître artisan]] peut être obtenu après cinq ans d&#039;expérience professionnelle et une validation des acquis auprès de la [[Chambre de métiers et de l&#039;artisanat]]. Il ouvre le droit à former des apprentis et renforce la crédibilité commerciale de l&#039;entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Certifications complémentaires ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs certifications complètent les diplômes de formation initiale :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Attestation d&#039;aptitude à la manipulation des [[Fluides frigorigènes|fluides frigorigènes]]&#039;&#039;&#039; (catégorie I) — obligatoire pour toute intervention sur les circuits de climatisation et de pompes à chaleur contenant des fluides HFC ou HFO, délivrée par un organisme accrédité par le Cofrac sur la base du règlement CE n° 2015/2067 ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Qualification gaz&#039;&#039;&#039; — délivrée par Qualigaz ou Copraudit, exigée réglementairement pour raccorder les appareils fonctionnant au gaz naturel ou au propane ;&lt;br /&gt;
* [[Qualification RGE]] (Reconnu Garant de l&#039;Environnement) — délivrée notamment par Qualibat ou RGE Éco Artisan (Capeb), indispensable pour que les clients puissent bénéficier des aides de l&#039;État ([[MaPrimeRénov&#039;]], certificats d&#039;économies d&#039;énergie).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conditions d&#039;exercice ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Secteurs et employeurs ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les chauffagistes sont employés principalement par :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les entreprises artisanales de moins de 10 salariés, qui représentent environ 80 % des structures du secteur ;&lt;br /&gt;
* les sociétés de maintenance spécialisées, qui proposent des contrats d&#039;entretien annuels aux particuliers et aux copropriétés (l&#039;entretien annuel des chaudières à gaz est obligatoire depuis la loi du 22 juin 2013) ;&lt;br /&gt;
* les sociétés de services énergétiques (Dalkia, Engie Solutions, Idex Energies) pour la gestion des chaufferies collectives ;&lt;br /&gt;
* les offices publics de l&#039;habitat (OPH) et les bailleurs sociaux pour la maintenance du parc locatif ;&lt;br /&gt;
* les entreprises générales de [[Gros œuvre|gros œuvre]] sur les chantiers de construction neuve, où le chauffagiste intervient après les maçons et avant les corps d&#039;état de finition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les chauffagistes expérimentés peuvent évoluer vers des postes de [[Chef de chantier|chef de chantier]] ou de conducteur de travaux en génie climatique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conditions physiques et risques professionnels ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le métier implique des postures contraignantes (position accroupie ou à genoux, travail en hauteur sur [[Échafaudage|échafaudage]], interventions en espace confiné) et des manutentions de matériels lourds (chaudières de 50 à 200 kg). L&#039;[[INRS]] recense parmi les risques principaux :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* les troubles musculo-squelettiques (TMS), résultant de postures prolongées et des efforts de vissage, de cintrage et de soulèvement ;&lt;br /&gt;
* les risques de fuite de gaz, d&#039;explosion et d&#039;incendie lors des raccordements sur installations alimentées ;&lt;br /&gt;
* l&#039;intoxication au monoxyde de carbone (CO) lors des interventions sur des installations défectueuses ou mal ventilées ;&lt;br /&gt;
* les risques électriques sur les cartes de régulation, les pompes et les sondes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le taux de fréquence des accidents du travail dans les [[Métiers du bâtiment|métiers du bâtiment]] demeure supérieur à la moyenne nationale, avec environ 34 accidents pour 1 000 salariés par an dans le second œuvre selon les données de l&#039;Assurance maladie (2022).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Statuts professionnels ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un chauffagiste peut exercer sous plusieurs statuts :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* salarié sous [[Contrat de travail|contrat de travail]], régi par la convention collective nationale des ouvriers du bâtiment (IDCC 1597) ou celle des employés et cadres (IDCC 2609) ;&lt;br /&gt;
* [[Auto-entrepreneur dans le bâtiment|auto-entrepreneur]] ou [[Micro-entreprise|micro-entrepreneur]], dans la limite d&#039;un plafond de chiffre d&#039;affaires de 77 700 € (seuil 2024) ;&lt;br /&gt;
* [[Travailleur indépendant|travailleur indépendant]] en entreprise individuelle, EURL ou SARL.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;immatriculation au répertoire des métiers de la [[Chambre de métiers et de l&#039;artisanat]] est obligatoire pour l&#039;exercice à titre artisanal. La loi Spinetta (loi n° 78-12 du 4 janvier 1978) impose la souscription d&#039;une [[Assurance décennale|assurance décennale]] et d&#039;une [[Responsabilité civile professionnelle|responsabilité civile professionnelle]] avant tout commencement de travaux de construction ou d&#039;installation intégrés à un ouvrage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Enjeux de la transition énergétique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Rénovation énergétique|rénovation énergétique]] du parc bâti français constitue le principal moteur d&#039;activité du secteur depuis 2020. La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a fixé l&#039;objectif de 700 000 rénovations performantes par an ; le plan France Relance (2020) avait injecté 2 milliards d&#039;euros dans l&#039;amélioration thermique des logements privés et sociaux. Les chauffagistes sont mobilisés sur plusieurs axes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Remplacement des chaudières fioul&#039;&#039;&#039; : l&#039;installation de nouvelles chaudières au fioul est interdite dans les maisons individuelles depuis le 1er juillet 2022, contraignant les propriétaires à se tourner vers les [[Pompe à chaleur|pompes à chaleur]] ou les chaudières biomasse ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Déploiement des pompes à chaleur&#039;&#039;&#039; : les ventes de pompes à chaleur ont atteint 621 000 unités en France en 2022 (données AFPAC), contre 365 000 en 2019, portées par [[MaPrimeRénov&#039;]] ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Remplacement par des [[Chaudière à condensation|chaudières à condensation]] gaz&#039;&#039;&#039;, dont le rendement dépasse 100 % sur pouvoir calorifique inférieur (PCI) grâce à la récupération de la chaleur latente des fumées de combustion ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;[[Écoconstruction|Écoconstruction]]&#039;&#039;&#039; et bâtiments à énergie positive (BEPOS) : intégration de la ventilation mécanique contrôlée double flux, de panneaux solaires thermiques et de systèmes de récupération de chaleur sur eaux grises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[RE 2020]], entrée en vigueur le 1er janvier 2022 pour les maisons individuelles neuves et au 1er janvier 2025 pour les logements collectifs neufs, interdit de facto le chauffage principal au gaz fossile dans les nouvelles constructions résidentielles. Cette évolution réglementaire impose aux chauffagistes une montée en compétences sur les équipements thermodynamiques, électriques et solaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dispositif [[MaPrimeRénov&#039;]] conditionne le versement des aides à la réalisation des travaux par un professionnel titulaire de la [[Qualification RGE]], créant un levier de professionnalisation tout en excluant du marché des aides les entreprises non certifiées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Rémunération ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La grille salariale de la convention collective nationale du bâtiment (ouvriers) fixe le salaire brut mensuel minimal d&#039;un chauffagiste débutant (niveau II, coefficient 185) à environ 1 750 € en 2024. Un professionnel expérimenté (niveau IV, coefficient 210-230) perçoit entre 2 200 € et 2 800 € brut par mois, auxquels s&#039;ajoutent les primes de panier, de trajet et d&#039;outillage prévues par la convention.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un artisan indépendant ou [[Auto-entrepreneur dans le bâtiment|auto-entrepreneur]] peut dégager un chiffre d&#039;affaires annuel compris entre 40 000 € et 90 000 € selon son carnet de commandes et sa zone géographique. Le tarif horaire de main-d&#039;œuvre oscille entre 55 € et 120 € HT selon la région, le niveau de spécialisation ([[Qualification RGE]], pompes à chaleur, etc.) et le type d&#039;intervention (maintenance courante ou installation neuve).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Plombier]]&lt;br /&gt;
* [[Électricien du bâtiment]]&lt;br /&gt;
* [[Métiers du bâtiment]]&lt;br /&gt;
* [[Génie climatique]]&lt;br /&gt;
* [[Pompe à chaleur]]&lt;br /&gt;
* [[Rénovation énergétique]]&lt;br /&gt;
* [[MaPrimeRénov&#039;]]&lt;br /&gt;
* [[RE 2020]]&lt;br /&gt;
* [[Qualification RGE]]&lt;br /&gt;
* [[Assurance décennale]]&lt;br /&gt;
* [[Écoconstruction]]&lt;br /&gt;
* [[Compagnonnage]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Métiers du bâtiment]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Permis_de_construire&amp;diff=916</id>
		<title>Permis de construire</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Permis_de_construire&amp;diff=916"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Le &#039;&#039;&#039;permis de construire&#039;&#039;&#039; est une autorisation administrative obligatoire délivrée par la commune, permettant à toute personne physique ou morale de réaliser des travaux de construction neuve, d&#039;extension ou de modification d&#039;un bâtiment existant. Régi principalement par le [[Code de l&#039;urbanisme]], il s&#039;inscrit dans le champ du [[droit administratif]] français et constitue l&#039;un des principaux outils de régulation de l&#039;usage des sols. Son obtention conditionne la légalité des travaux, engage la responsabilité du [[Maître d&#039;ouvrage|maître d&#039;ouvrage]] et déclenche un délai de recours des tiers de deux mois à compter de l&#039;affichage sur le terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre juridique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le régime du permis de construire est codifié aux articles L. 420-1 et suivants, ainsi qu&#039;aux articles R. 421-1 et suivants du [[Code de l&#039;urbanisme]]. Il s&#039;intègre dans une hiérarchie d&#039;autorisations d&#039;urbanisme comprenant également la [[Déclaration préalable de travaux|déclaration préalable de travaux]], le permis d&#039;aménager et le permis de démolir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les règles applicables à chaque parcelle sont définies par le [[Plan local d&#039;urbanisme]] (PLU), lorsqu&#039;il existe, ou à défaut par le règlement national d&#039;urbanisme (RNU). Le PLU précise les zones constructibles, les coefficients d&#039;emprise au sol, les hauteurs maximales autorisées, les règles de prospect (distances aux limites séparatives) et les prescriptions architecturales. Le [[droit foncier]] s&#039;articule avec ces règles lors des divisions parcellaires, tandis que le [[droit immobilier]] intervient lors des ventes de terrains à bâtir ou des opérations de promotion immobilière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Champ d&#039;application ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Constructions soumises à permis ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sont soumises à permis de construire, en application des articles R. 421-1 et suivants du [[Code de l&#039;urbanisme]] :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Les constructions nouvelles dont la surface de plancher ou l&#039;emprise au sol dépasse 20 m² (ou 40 m² dans les zones urbaines d&#039;une commune couverte par un PLU ou un document assimilé).&lt;br /&gt;
* Les extensions d&#039;un bâtiment existant franchissant les seuils précités.&lt;br /&gt;
* Les changements de destination accompagnés de travaux modifiant la structure porteuse ou la façade.&lt;br /&gt;
* Les constructions à usage agricole, artisanal, industriel ou commercial dès lors que leur surface de plancher excède 20 m².&lt;br /&gt;
* Les piscines dont le bassin présente une superficie supérieure à 100 m².&lt;br /&gt;
* Les serres de production d&#039;une hauteur supérieure à 1,80 m et d&#039;une surface de plancher supérieure à 2 000 m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Projets dispensés ou soumis à déclaration préalable ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En deçà de ces seuils, une [[Déclaration préalable de travaux|déclaration préalable de travaux]] est généralement suffisante. Les abris de jardin inférieurs à 5 m² de surface de plancher et de moins de 1,80 m de hauteur ne requièrent aucune formalité. Les constructions légères telles que les pergolas sans toit fixe relèvent d&#039;un régime variable selon les communes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Recours obligatoire à un architecte ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour toute construction dont la surface de plancher dépasse 150 m², le recours à un [[Architecte|architecte]] est obligatoire en vertu de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l&#039;architecture. Cette obligation s&#039;applique aux personnes morales quelle que soit la surface projetée. Elle vise à garantir la qualité architecturale du projet et sa conformité aux règles du [[Plan local d&#039;urbanisme]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Composition du dossier ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Formulaires et pièces principales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La demande s&#039;effectue sur le formulaire Cerfa n° 13406*12 pour les maisons individuelles et leurs annexes, ou sur le Cerfa n° 13409*12 pour les autres constructions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
! Code !! Désignation !! Observations&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| PC1 || Plan de situation du terrain || Localisation dans la commune&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| PC2 || Plan de masse des constructions à l&#039;échelle || Côté et orienté&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| PC3 || Plan en coupe du terrain et de la construction || Profil du terrain naturel&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| PC4 || Notice descriptive du terrain et du projet || Matériaux, aspect extérieur&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| PC5 || Plan des façades et des toitures || Toutes façades visibles&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| PC6 || Document graphique d&#039;insertion dans l&#039;environnement || Simulation visuelle&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| PC7 || Photographies situant le terrain dans son environnement proche et lointain || Obligatoires&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Pièces complémentaires selon les cas ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon la nature et la localisation du projet, des pièces supplémentaires peuvent être requises :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Étude thermique démontrant la conformité à la [[RE 2020]] pour les constructions nouvelles à usage d&#039;habitation depuis le 1er janvier 2022.&lt;br /&gt;
* Étude de sol (norme NF P 94-500) dans les zones d&#039;exposition au retrait-gonflement des argiles.&lt;br /&gt;
* Avis de l&#039;Architecte des Bâtiments de France (ABF) pour les projets situés dans le périmètre des abords d&#039;un monument historique (rayon de 500 m) ou en secteur sauvegardé.&lt;br /&gt;
* Note de calcul de structure, souvent réalisée par un [[Bureau d&#039;études techniques|bureau d&#039;études techniques]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Architecte|architecte]] ou le [[Maître d&#039;œuvre|maître d&#039;œuvre]] pilote généralement la constitution et le dépôt du dossier pour le compte du [[Maître d&#039;ouvrage|maître d&#039;ouvrage]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dépôt et récépissé ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dossier est déposé en mairie en quatre exemplaires papier, accompagné des pièces graphiques. Depuis le 1er janvier 2022, les communes de plus de 3 500 habitants sont tenues de proposer un téléservice de dépôt dématérialisé. La mairie délivre un récépissé mentionnant la date de dépôt et le délai d&#039;instruction applicable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Instruction du dossier ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Services compétents ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;instruction est conduite par le service urbanisme de la mairie dans les communes dotées d&#039;un service suffisant, ou par les services de l&#039;État (DDT — Direction Départementale des Territoires) dans les communes ayant signé une convention de mise à disposition. Le maire reste l&#039;autorité décisionnaire, sauf pour certains projets relevant de l&#039;État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Consultations obligatoires ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;instruction implique des consultations selon la localisation et la nature du projet :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Architecte des Bâtiments de France (ABF) : délai d&#039;un mois (ou deux mois en secteur sauvegardé), avec avis conforme dans les cas les plus sensibles.&lt;br /&gt;
* Direction Régionale de l&#039;Environnement, de l&#039;Aménagement et du Logement (DREAL) pour les projets soumis à évaluation environnementale.&lt;br /&gt;
* Services Départementaux d&#039;Incendie et de Secours (SDIS) pour les établissements recevant du public (ERP).&lt;br /&gt;
* Gestionnaires de réseaux (ENEDIS, opérateurs gaz, services des eaux) pour les raccordements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Délais d&#039;instruction ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les délais légaux, fixés par les articles R. 423-23 et suivants du [[Code de l&#039;urbanisme]], sont les suivants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
! Type de projet !! Délai&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Maison individuelle et annexes || 2 mois&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Autres constructions || 3 mois&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Projet en secteur sauvegardé ou aux abords d&#039;un monument historique || 5 mois&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Projet soumis à évaluation environnementale || 5 mois&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces délais sont suspendus si le dossier est incomplet : la mairie dispose d&#039;un mois pour notifier les pièces manquantes, et le délai reprend à réception des compléments. À l&#039;expiration du délai sans décision notifiée, le silence de l&#039;administration vaut acceptation tacite (principe « silence vaut accord »), sauf exceptions légales (abords de monuments historiques, secteurs sauvegardés, etc.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Décision de l&#039;autorité compétente ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Permis accordé ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;arrêté de permis de construire est signé par le maire au nom de la commune. Il est valable 3 ans à compter de sa notification et peut être prorogé deux fois d&#039;un an, sur demande formulée au moins deux mois avant l&#039;expiration. Dès réception de l&#039;arrêté, le bénéficiaire doit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Afficher le permis sur le terrain de façon visible depuis la voie publique, pendant toute la durée des travaux (panneau réglementaire d&#039;au moins 80 cm × 80 cm).&lt;br /&gt;
# Déposer une déclaration d&#039;ouverture de chantier (DOC, Cerfa n° 13407) en mairie avant le début des travaux.&lt;br /&gt;
# Déposer une déclaration attestant l&#039;achèvement et la conformité des travaux (DAACT, Cerfa n° 13408) à la fin du chantier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Permis refusé ou assorti de prescriptions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le refus doit être motivé par des considérations de droit, non d&#039;opportunité, et identifier précisément les dispositions du PLU ou du RNU méconnues. Des prescriptions peuvent être imposées (modification de façade, réduction de hauteur de construction) sans constituer un refus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de refus, deux voies de recours sont ouvertes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Recours gracieux&#039;&#039;&#039; : demande de réexamen adressée au maire dans les 2 mois suivant la notification du refus.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Recours contentieux&#039;&#039;&#039; : saisine du [[Tribunal administratif|tribunal administratif]] dans un délai de 2 mois (prorogé en cas de recours gracieux préalable).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retrait du permis ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;administration peut retirer un permis accordé illégalement dans un délai de 3 mois suivant sa délivrance (article L. 424-5 du [[Code de l&#039;urbanisme]]). Passé ce délai, le permis est définitivement acquis et ne peut être remis en cause que par voie judiciaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Affichage et délai de recours des tiers ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;affichage réglementaire du permis sur le terrain fait courir un délai de recours de 2 mois au bénéfice des tiers justifiant d&#039;un intérêt à agir (voisins, associations de protection de l&#039;environnement régulièrement déclarées). Pour que ce délai soit opposable, le panneau doit mentionner :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le numéro du permis et le nom du bénéficiaire.&lt;br /&gt;
* La nature du projet et la surface de plancher autorisée.&lt;br /&gt;
* La hauteur maximale de la construction.&lt;br /&gt;
* L&#039;adresse de la mairie où le dossier peut être consulté.&lt;br /&gt;
* La mention que toute contestation doit être formée devant le [[Tribunal administratif|tribunal administratif]] compétent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi n° 2015-990 du 6 août 2015 (loi Macron) a renforcé les sanctions contre les recours abusifs en permettant au juge de condamner les requérants de mauvaise foi à des dommages et intérêts sur le fondement de l&#039;article L. 600-7 du [[Code de l&#039;urbanisme]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;annulation d&#039;un permis de construire prononcée par le [[Tribunal administratif|tribunal administratif]] peut désormais être partielle, ou donner lieu à une invitation à régulariser, en application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 introduits par la loi ELAN du 23 novembre 2018. En cas d&#039;annulation définitive, le bénéficiaire est en principe tenu de remettre les lieux en état.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taxe d&#039;aménagement ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Taxe d&#039;aménagement|taxe d&#039;aménagement]], instituée par la loi de finances rectificative du 29 décembre 2010, est due lors de la délivrance du permis de construire. Son assiette est la surface taxable multipliée par une valeur forfaitaire fixée annuellement (914 €/m² en 2024 pour la France métropolitaine, hors Île-de-France) puis par les taux votés par les collectivités territoriales :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Taux communal ou intercommunal : de 1 % à 5 % (pouvant atteindre 20 % dans les secteurs à fort besoin en équipements publics).&lt;br /&gt;
* Taux départemental : de 0 % à 2,5 %.&lt;br /&gt;
* Taux régional en Île-de-France : 1 %.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines constructions bénéficient d&#039;exonérations totales ou partielles, notamment les logements sociaux financés par un prêt aidé de l&#039;État, les reconstructions après sinistre à l&#039;identique, et les abris de jardin de moins de 5 m².&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Permis de construire et chaîne des intervenants ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La délivrance du permis de construire marque le point de départ légal de la phase chantier. L&#039;ensemble des [[Métiers du bâtiment|métiers du bâtiment]] s&#039;organise autour de ce document :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Le [[Maître d&#039;ouvrage|maître d&#039;ouvrage]] porte la responsabilité juridique du projet et reste le titulaire du permis.&lt;br /&gt;
* Le [[Maître d&#039;œuvre|maître d&#039;œuvre]] (architecte, bureau d&#039;études) conçoit, coordonne et contrôle la réalisation.&lt;br /&gt;
* Le [[Conducteur de travaux|conducteur de travaux]] assure la planification et le suivi opérationnel des entreprises.&lt;br /&gt;
* Le [[Chef de chantier|chef de chantier]] dirige quotidiennement les équipes sur site.&lt;br /&gt;
* Les entreprises de [[Gros œuvre|gros œuvre]] ([[Maçon|maçon]], [[Charpentier|charpentier]], [[Couvreur|couvreur]]) interviennent en premier selon la chronologie du chantier.&lt;br /&gt;
* Les corps d&#039;état secondaires ([[Électricien du bâtiment|électricien]], [[Plombier|plombier]], [[Chauffagiste|chauffagiste]], [[Peintre en bâtiment|peintre en bâtiment]]) réalisent les finitions et équipements techniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Réception des travaux|réception des travaux]] clôt juridiquement le chantier et déclenche les garanties légales : [[Garantie de parfait achèvement|garantie de parfait achèvement]] (1 an), garantie de bon fonctionnement (2 ans) et [[Assurance décennale|assurance décennale]] (10 ans couvrant les dommages compromettant la solidité de l&#039;ouvrage ou le rendant impropre à sa destination).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les projets de [[Rénovation énergétique|rénovation énergétique]] touchant à l&#039;aspect extérieur du bâtiment — notamment l&#039;isolation thermique par l&#039;extérieur (ITE) ou le remplacement de menuiseries en secteur protégé — un permis de construire peut être requis. L&#039;éligibilité aux aides publiques comme [[MaPrimeRénov&#039;]] est conditionnée à la conformité réglementaire des travaux avec les exigences du [[Plan local d&#039;urbanisme]] et du [[Code de l&#039;urbanisme]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[RE 2020]] s&#039;applique obligatoirement à toutes les demandes de permis de construire portant sur des constructions nouvelles à usage d&#039;habitation déposées à partir du 1er janvier 2022, et à celles à usage de bureaux ou d&#039;enseignement à partir du 1er juillet 2022. Elle impose des seuils de performance en énergie primaire, en énergie finale et en émissions de carbone sur le cycle de vie du bâtiment, que le dossier doit démontrer via une étude thermique réglementaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Architecte]]&lt;br /&gt;
* [[Droit administratif]]&lt;br /&gt;
* [[Droit immobilier]]&lt;br /&gt;
* [[Droit foncier]]&lt;br /&gt;
* [[Maître d&#039;ouvrage]]&lt;br /&gt;
* [[Maître d&#039;œuvre]]&lt;br /&gt;
* [[RE 2020]]&lt;br /&gt;
* [[Rénovation énergétique]]&lt;br /&gt;
* [[Réception des travaux]]&lt;br /&gt;
* [[Tribunal administratif]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Métiers du bâtiment]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Psychologue_du_travail&amp;diff=915</id>
		<title>Psychologue du travail</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Psychologue_du_travail&amp;diff=915"/>
		<updated>2026-06-12T21:38:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Le &#039;&#039;&#039;psychologue du travail&#039;&#039;&#039; est un professionnel titulaire d&#039;un master en psychologie spécialisé dans l&#039;analyse des relations entre l&#039;individu et son environnement professionnel. Il intervient auprès des salariés et des organisations pour favoriser la santé au travail, prévenir les risques psychosociaux et organisationnels, accompagner les transitions professionnelles et optimiser les conditions d&#039;exercice des activités. En France, le titre de psychologue est protégé par la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985, codifiée aux articles L4153-1 et suivants du code de la santé publique ; son usage est réservé aux personnes inscrites au répertoire ADELI de l&#039;Agence du Numérique en Santé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et champ d&#039;exercice ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le psychologue du travail s&#039;appuie sur les apports de la [[Psychologie du travail]] pour comprendre les comportements humains dans les contextes organisationnels, industriels et de service. Son champ couvre trois grands domaines : la prévention des risques psychosociaux et physiques, l&#039;accompagnement individuel des salariés dans leur parcours, et le conseil aux organisations en matière de management, de recrutement et de développement des compétences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par distinction avec le médecin du travail ou le psychiatre, le psychologue du travail n&#039;est pas habilité à prescrire des médicaments ni à établir des diagnostics médicaux. Sa pratique repose sur des entretiens, des évaluations psychométriques, des observations de terrain et des actions collectives (groupes de parole, ateliers, formations).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Distinction avec les professions voisines ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Profession !! Titre protégé !! Outil principal !! Domaine d&#039;intervention&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Psychologue du travail || Oui (loi 1985) || Entretien clinique, tests psychométriques || Travail et organisations&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| [[Coaching professionnel|Coach professionnel]] || Non || Questionnement orienté objectifs || Développement personnel et professionnel&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Médecin du travail || Oui (ordre médical) || Examen clinique, aptitude au poste || Santé physique et prévention médicale&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Conseiller en orientation || Variable selon organisme || Bilan, tests d&#039;intérêts || Parcours et insertion professionnelle&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Formation et accès au titre ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cursus universitaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;accès au titre de psychologue du travail requiert en France l&#039;obtention d&#039;un master (Bac+5) en psychologie, mention psychologie du travail, psychologie sociale ou psychologie des organisations. Les universités proposant ces formations incluent Paris Descartes (Université Paris Cité), Paris Nanterre, Bordeaux II, Lyon 2 et Aix-Marseille. Le cursus comprend obligatoirement 500 heures de stage validé en milieu professionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 réserve l&#039;usage du titre « psychologue » aux seules personnes justifiant de cette qualification. L&#039;inscription au répertoire ADELI est obligatoire pour exercer légalement. L&#039;usurpation du titre est passible de deux ans d&#039;emprisonnement et de 30 000 euros d&#039;amende.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Spécialisations et formations complémentaires ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au-delà du master, diverses formations complémentaires permettent des approfondissements :&lt;br /&gt;
* Conduite de [[Bilan de compétences]] (formation spécifique requise pour les bilans financés par le [[Compte personnel de formation]])&lt;br /&gt;
* Psychopathologie du travail (DU ou master 2 spécialisé)&lt;br /&gt;
* [[Ergonomie]] du travail (master spécialisé ou diplôme d&#039;État d&#039;ergonome)&lt;br /&gt;
* Approches thérapeutiques brèves appliquées au travail (EMDR, thérapies cognitivo-comportementales, méditation de pleine conscience)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Domaines d&#039;intervention ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prévention des risques psychosociaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La prévention des [[Risques psychosociaux]] (RPS) constitue l&#039;une des missions centrales du psychologue du travail. Les RPS regroupent le stress professionnel, le [[Burnout|burnout]], le [[Harcèlement moral]], les violences internes et externes, et les conflits organisationnels. Le psychologue réalise des diagnostics collectifs en mobilisant des questionnaires validés : le modèle Demande-Contrôle-Soutien de Karasek et Theorell, l&#039;échelle Effort-Récompense de Siegrist, ou le Copenhagen Burnout Inventory (CBI). Ces outils permettent d&#039;objectiver les niveaux de risque par service ou catégorie de salariés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il collabore avec le Comité Social et Économique (CSE), le médecin du travail et la direction des ressources humaines pour bâtir des plans d&#039;action préventifs. Il peut être désigné comme expert lors de procédures d&#039;enquête sur des faits de [[Harcèlement moral]] ou de [[Discrimination au travail]], dans le respect du cadre fixé par le [[Droit du travail]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Accompagnement individuel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le psychologue du travail accompagne les salariés confrontés à des difficultés professionnelles : souffrance au travail, [[Burnout|épuisement professionnel]], tensions relationnelles, interrogations sur une [[Reconversion professionnelle]] ou une [[Mobilité professionnelle]]. Il conduit des [[Bilan de compétences|bilans de compétences]] pour clarifier le [[Projet professionnel]] et évaluer les [[Compétences transférables]]. Il peut orienter vers d&#039;autres professionnels (psychiatre, médecin généraliste, [[Médiation conventionnelle|médiateur]]) lorsque la situation le requiert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des cellules d&#039;écoute psychologique, mises en place par certaines grandes entreprises depuis les années 2000, assurent des permanences téléphoniques ou en présentiel. Ces dispositifs se sont généralisés à la suite des accords nationaux interprofessionnels : ANI sur le stress au travail du 2 juillet 2008 et ANI sur le harcèlement et la violence au travail du 26 mars 2010.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Recrutement et évaluation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ressources humaines, le psychologue du travail intervient dans la conception et la conduite de processus de recrutement : analyse de postes, construction de référentiels de compétences, élaboration et passation de tests psychométriques. Il veille à la validité scientifique des outils (étalonnages, fidélité test-retest, validité prédictive) et au respect du principe de non-[[Discrimination au travail]] dans les procédures. L&#039;[[Entretien de recrutement après reconversion]] exige une adaptation spécifique des grilles d&#039;évaluation pour valoriser les [[Compétences transférables|compétences transférables]] acquises dans des secteurs différents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Développement des organisations ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur le plan collectif, le psychologue intervient dans l&#039;accompagnement du changement organisationnel (restructurations, fusions, déploiement d&#039;outils numériques), l&#039;animation de démarches qualité de vie au travail (QVT) et la mise en œuvre de la [[Gestion des emplois et des parcours professionnels]] (GEPP). Il mobilise les apports de la [[Psychologie organisationnelle]] et de la sociologie des organisations pour analyser les dynamiques collectives, les jeux d&#039;acteurs et les résistances au changement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Formation et développement des compétences ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains psychologues du travail exercent dans le champ de la [[Formation continue]], en concevant ou animant des modules portant sur les [[Soft skills]], la [[Communication professionnelle]], le [[Leadership]] ou la gestion du stress. Ils contribuent à la mise en place de dispositifs de [[Tutorat en entreprise]] et de [[Mentorat professionnel]], en formant les accompagnateurs aux techniques d&#039;[[Écoute active]] et de [[Transmission des savoirs professionnels]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre déontologique et juridique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Code de déontologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;exercice de la profession est encadré par le [[Code de déontologie]] des psychologues, adopté en 1996 et révisé en 2012 sous l&#039;égide des principales organisations représentatives : Société Française de Psychologie (SFP), Fédération Française des Psychologues et de Psychologie (FFPP), Syndicat National des Psychologues (SNP). Ce texte pose quatre principes fondamentaux : le respect des droits de la personne, la compétence professionnelle, la responsabilité et l&#039;indépendance. Il précise les obligations liées au [[Secret professionnel]], au consentement éclairé et à l&#039;information du bénéficiaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Secret professionnel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le psychologue du travail est soumis au [[Secret professionnel]] dans sa pratique clinique individuelle. Ce secret est opposable à l&#039;employeur : les conclusions d&#039;un [[Bilan de compétences]] appartiennent au bénéficiaire et ne peuvent être communiquées à l&#039;employeur sans son accord écrit exprès. De même, les comptes rendus des entretiens de soutien psychologique ne peuvent alimenter un dossier disciplinaire ni un [[Entretien préalable au licenciement]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cadre légal de la prévention ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs textes structurent les missions de prévention :&lt;br /&gt;
* Le [[Code du travail]] (articles L4121-1 et suivants) impose à l&#039;employeur d&#039;évaluer et de prévenir les risques pour la santé physique et mentale des salariés, fondement juridique des interventions du psychologue en entreprise.&lt;br /&gt;
* La [[Prévention des risques professionnels]] est notamment encadrée par l&#039;obligation de mise à jour annuelle du Document Unique d&#039;Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) dans les entreprises de plus de 11 salariés (loi Santé au travail du 2 août 2021).&lt;br /&gt;
* L&#039;[[Inspection du travail]] peut requérir une expertise psychologique lors d&#039;enquêtes sur des situations de souffrance au travail ou de dysfonctionnements organisationnels graves.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Secteurs d&#039;emploi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Secteur privé ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le secteur privé, les psychologues du travail exercent principalement :&lt;br /&gt;
* En cabinets spécialisés en ressources humaines et en prévention des risques psychosociaux (Stimulus, Psya, Empreinte Humaine…)&lt;br /&gt;
* Au sein de grandes entreprises comme psychologues internes : Orange, La Poste, la SNCF et certains groupes industriels ont intégré des psychologues du travail à plein temps à partir des années 2000&lt;br /&gt;
* En organismes de [[Bilan de compétences|bilan de compétences]] habilités CPF ou financés par des opérateurs de compétences (OPCO)&lt;br /&gt;
* Dans des cabinets d&#039;[[Outplacement]] accompagnant les salariés licenciés dans leur [[Reconversion professionnelle]]&lt;br /&gt;
* En services de santé au travail interentreprises (SSTI)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Secteur public ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le secteur public, on les retrouve notamment :&lt;br /&gt;
* À France Travail (ex-Pôle emploi, renommé en 2024), où ils accompagnent les demandeurs d&#039;emploi dans la construction de leur [[Projet professionnel]] et l&#039;amélioration de leur [[Employabilité]]&lt;br /&gt;
* Dans les services de médecine de prévention de la fonction publique d&#039;État, territoriale et hospitalière&lt;br /&gt;
* Dans les centres d&#039;information et d&#039;orientation (CIO) du ministère de l&#039;Éducation nationale, sous le titre de conseiller d&#039;[[Orientation professionnelle tardive|orientation]]-psychologue (COP)&lt;br /&gt;
* Dans les armées pour la sélection des personnels et le suivi psychologique en opérations extérieures&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Exercice libéral ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un nombre croissant de psychologues du travail exercent en libéral. Ils proposent des bilans de compétences, des accompagnements à la [[Reconversion professionnelle]], des [[Entretien professionnel|entretiens professionnels]] individuels, des consultations pour salariés en souffrance ou des missions ponctuelles de conseil organisationnel. En 2022, la FFPP estimait à environ 45 000 le nombre de psychologues inscrits au répertoire ADELI, toutes spécialités confondues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Méthodes et outils ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretien clinique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;entretien est l&#039;outil fondamental du psychologue du travail. Il peut être directif (questionnaire structuré), semi-directif (guide thématique avec liberté d&#039;exploration) ou non directif (expression libre du sujet). La technique de l&#039;[[Écoute active]], formalisée par Carl Rogers dans les années 1950, est systématiquement mobilisée pour établir une alliance de travail et favoriser l&#039;émergence des représentations de la personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Évaluation psychométrique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tests et questionnaires validés scientifiquement constituent la seconde famille d&#039;outils :&lt;br /&gt;
* Tests d&#039;aptitudes cognitives : matrices progressives de Raven, tests de raisonnement verbal et numérique (Préfère, Wonderlic, DAT)&lt;br /&gt;
* Questionnaires de personnalité : NEO PI-R (Costa et McCrae), 16PF de Cattell, MBTI dans une acception développementale&lt;br /&gt;
* Inventaires d&#039;intérêts professionnels : Strong Interest Inventory, IRMR (Inventaire des Relations en Milieu de travail)&lt;br /&gt;
* Outils de mesure du stress et des RPS : questionnaire de Karasek, Maslach Burnout Inventory (MBI), Échelle HAD (Hospital Anxiety and Depression Scale)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Analyse du travail ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Inspiré de l&#039;[[Ergonomie]], le recours à l&#039;analyse de l&#039;activité réelle consiste à observer le salarié en situation de travail, à recueillir ses verbalisations en cours d&#039;action et à confronter la tâche prescrite aux contraintes effectives. Cette démarche est particulièrement utilisée dans les missions de [[Prévention des risques professionnels]], notamment pour les problématiques de [[Troubles musculo-squelettiques]] et de [[Risques psychosociaux]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Perspectives professionnelles ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis les années 2010, la montée en charge des problématiques de qualité de vie au travail (QVT) et l&#039;obligation légale d&#039;évaluation des risques psychosociaux ont sensiblement renforcé la demande de psychologues du travail. L&#039;accord national interprofessionnel sur la QVT du 19 juin 2013 et la loi Santé au travail du 2 août 2021 ont élargi et structuré le cadre d&#039;intervention. Les dispositifs de [[Compte personnel de formation]] ont par ailleurs dynamisé la demande de bilans de compétences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les transformations numériques et la généralisation du télétravail depuis 2020 ont créé de nouveaux terrains d&#039;intervention : accompagnement des salariés dans des transitions d&#039;[[Employabilité]], gestion des isolements liés au travail à distance, prévention du technostress. Le [[Plan de développement des compétences]] reste l&#039;un des vecteurs principaux par lesquels les employeurs mobilisent des psychologues du travail pour des actions collectives de formation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Reconversion professionnelle]] et l&#039;[[Orientation professionnelle tardive]] représentent un marché en expansion, porté par la multiplication des dispositifs publics (Pro-A, Transitions Pro, CPF de transition professionnelle) qui sollicitent l&#039;expertise du psychologue du travail pour évaluer les projets et accompagner les parcours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Reconversion professionnelle]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=R%C3%A9gime_r%C3%A9el_d%27imposition&amp;diff=914</id>
		<title>Régime réel d&#039;imposition</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=R%C3%A9gime_r%C3%A9el_d%27imposition&amp;diff=914"/>
		<updated>2026-06-12T21:37:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Le &#039;&#039;&#039;régime réel d&#039;imposition&#039;&#039;&#039; est un mode de détermination du résultat fiscal applicable aux [[Entrepreneur individuel|entrepreneurs individuels]], aux sociétés et aux exploitants agricoles, qui consiste à calculer l&#039;impôt sur la base du bénéfice effectivement réalisé, déduction faite des charges réelles engagées pour l&#039;activité professionnelle. Il s&#039;oppose au [[Régime micro-fiscal]], qui applique un abattement forfaitaire sur le [[Chiffre d&#039;affaires|chiffre d&#039;affaires]] sans tenir compte des dépenses réelles. Le régime réel constitue le droit commun de l&#039;imposition des entreprises dès lors que les seuils propres aux régimes simplifiés sont franchis ou que l&#039;entreprise opte volontairement pour ce dispositif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Types de régimes réels ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit fiscal français distingue deux variantes principales du régime réel, applicables selon le niveau de [[Chiffre d&#039;affaires|chiffre d&#039;affaires]] et la catégorie de revenus concernée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Régime réel simplifié ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le régime réel simplifié (RSI) s&#039;applique aux entreprises dont le chiffre d&#039;affaires annuel hors taxes est compris entre les seuils de la [[Micro-entreprise]] et ceux du régime réel normal. Pour les exercices ouverts depuis le 1er janvier 2023, ces seuils s&#039;établissent à :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* entre 188 700 € et 840 000 € HT pour les activités de vente de marchandises, de restauration et d&#039;hébergement ;&lt;br /&gt;
* entre 77 700 € et 254 000 € HT pour les prestations de services et les [[Profession libérale|professions libérales]] relevant des [[Bénéfices industriels et commerciaux]] (BIC).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les obligations comptables y sont allégées par rapport au régime réel normal : tenue d&#039;une comptabilité de trésorerie en cours d&#039;année avec possibilité de régularisation au bilan, présentation d&#039;états financiers simplifiés, liasse fiscale allégée (formulaires 2033-A à 2033-G pour les BIC).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Régime réel normal ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le régime réel normal (RRN) s&#039;impose aux entreprises dépassant les seuils du régime simplifié, ainsi qu&#039;à celles qui optent volontairement pour ce cadre. Il exige une comptabilité complète conforme au [[Plan comptable général]], avec établissement d&#039;un bilan détaillé, d&#039;un compte de résultat et d&#039;annexes explicatives. La liasse fiscale correspondante (formulaires 2050 à 2059 pour les BIC) est nettement plus développée que celle du régime simplifié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Catégories de revenus concernées ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bénéfices industriels et commerciaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les activités commerciales, industrielles et artisanales relèvent de la catégorie des [[Bénéfices industriels et commerciaux]] (BIC). Au régime réel, le bénéfice imposable est égal à la différence entre les produits d&#039;exploitation (ventes, prestations) et les charges déductibles (achats, salaires, loyers, [[Amortissement comptable|amortissements]], cotisations sociales, intérêts d&#039;emprunt, etc.). Le résultat fiscal peut différer du résultat comptable en raison de réintégrations ou de déductions extra-comptables prévues par le Code général des impôts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bénéfices non commerciaux ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Bénéfices non commerciaux]] (BNC) concernent les titulaires de [[Profession libérale|professions libérales]] — médecins, avocats, architectes, consultants — et les titulaires de charges et offices. Deux sous-régimes coexistent au sein du réel BNC :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la &#039;&#039;&#039;déclaration contrôlée&#039;&#039;&#039;, obligatoire au-delà de 77 700 € de recettes hors taxes ou sur option en dessous de ce seuil ;&lt;br /&gt;
* la déclaration contrôlée avec option pour la comptabilité super-simplifiée, permettant de n&#039;enregistrer que les recettes encaissées et les dépenses payées en cours d&#039;année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Professions libérales réglementées]] (notaires, médecins conventionnés, pharmaciens) sont soumises à des règles spécifiques de déductibilité, notamment en matière de frais de représentation et d&#039;honoraires rétrocédés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bénéfices agricoles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exploitants agricoles dont les recettes annuelles moyennes sur trois ans dépassent 91 900 € (seuil applicable depuis 2023) relèvent du régime réel agricole, décliné en régime réel simplifié agricole (entre 91 900 € et 391 000 €) et régime réel normal agricole (au-delà de 391 000 €). Le calcul du bénéfice agricole suit des règles propres, notamment concernant la valorisation des stocks d&#039;animaux et de récoltes ainsi que certaines provisions spécifiques au secteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Seuils et passage au régime réel ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Passage obligatoire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dépassement des seuils du [[Plafonnement du chiffre d&#039;affaires]] propres à la [[Micro-entreprise]] entraîne le basculement automatique au régime réel à compter du 1er janvier de l&#039;année suivante, sous réserve que le dépassement soit constaté deux années consécutives. Lors d&#039;un premier dépassement isolé, l&#039;entreprise conserve son régime micro pour l&#039;année en cours. Un dépassement de plus du double des seuils en cours d&#039;année provoque en revanche un basculement immédiat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Option volontaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un [[Auto-entrepreneur]] ou un contribuable relevant du [[Régime micro-fiscal]] peut opter pour le régime réel, notamment lorsque ses charges réelles excèdent l&#039;abattement forfaitaire applicable à son activité (71 % pour les activités de vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC). L&#039;option doit être exercée avant le 1er février de l&#039;année au titre de laquelle elle s&#039;applique (article 50-0-5 du Code général des impôts). Elle est irrévocable pour l&#039;année en cours et l&#039;année suivante ; la renonciation est possible à l&#039;issue de ce délai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Obligations comptables et déclaratives ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Tenue des comptes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au régime réel, l&#039;entreprise doit tenir une comptabilité régulière, sincère et probante, conformément aux dispositions du [[Plan comptable général]] et du Code de commerce. Cette obligation inclut :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* l&#039;enregistrement chronologique de toutes les opérations affectant le patrimoine de l&#039;entreprise ;&lt;br /&gt;
* l&#039;établissement d&#039;un inventaire annuel des actifs et des passifs ;&lt;br /&gt;
* la production d&#039;états financiers annuels : bilan, compte de résultat et annexe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le recours à un [[Expert-comptable]] n&#039;est pas légalement obligatoire pour les [[Entrepreneur individuel|entrepreneurs individuels]] et les petites sociétés, mais sa fréquence est très élevée en pratique compte tenu de la technicité des déclarations. L&#039;adhésion à un centre de gestion agréé (CGA) ou à une association de gestion agréée (AGA) permettait historiquement d&#039;éviter la majoration de 25 % du bénéfice imposable appliquée aux non-adhérents ; cette majoration a été supprimée définitivement au 1er janvier 2023.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Déclarations fiscales ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Entrepreneur individuel]] relevant des BIC au régime réel simplifié dépose la liasse fiscale 2033 ainsi que la [[Déclaration de résultat|déclaration de résultat]] complémentaire 2042-C-PRO, qui reporte le résultat fiscal dans la déclaration d&#039;ensemble des revenus. Au régime réel normal, la liasse 2050-2059 doit être produite. La [[Déclaration de résultat]] est transmise par voie dématérialisée via la procédure EDI-TDFC ou EFI dans les trois mois suivant la clôture de l&#039;exercice, soit au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai pour les exercices calqués sur l&#039;année civile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== TVA ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le régime réel s&#039;accompagne d&#039;obligations en matière de taxe sur la valeur ajoutée, sauf si l&#039;entreprise bénéficie de la [[Franchise en base de TVA]]. Deux régimes coexistent :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;régime réel simplifié de TVA&#039;&#039;&#039; : deux acomptes semestriels (en juillet et en décembre) calculés sur la base de la TVA de l&#039;année précédente, régularisés par une déclaration annuelle CA12 ;&lt;br /&gt;
* le &#039;&#039;&#039;régime réel normal de TVA&#039;&#039;&#039; : déclaration mensuelle (CA3), ou trimestrielle si la TVA annuelle est inférieure à 4 000 €.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La récupération de la TVA sur les achats professionnels constitue l&#039;un des avantages concrets du régime réel par rapport au [[Régime micro-fiscal]], où aucune TVA n&#039;est collectée ni récupérée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Détermination du résultat fiscal ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Produits imposables ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sont inclus dans le résultat imposable l&#039;ensemble des produits d&#039;exploitation — ventes de marchandises, prestations de services, subventions d&#039;exploitation — ainsi que les produits financiers et les plus-values à court terme (actifs détenus depuis moins de deux ans ou dont l&#039;amortissement a été déduit). Les plus-values à long terme bénéficient d&#039;un taux d&#039;imposition séparé de 12,8 % pour les [[Entrepreneur individuel|entrepreneurs individuels]] soumis à l&#039;impôt sur le revenu, indépendamment du barème progressif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Charges déductibles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour être déductibles du résultat fiscal, les charges doivent remplir quatre conditions cumulatives issues de la jurisprudence du Conseil d&#039;État :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# être exposées dans l&#039;intérêt de l&#039;exploitation ou se rattacher à la gestion normale de l&#039;entreprise ;&lt;br /&gt;
# correspondre à une charge effective, justifiée par des pièces comptables conservées pendant six ans ;&lt;br /&gt;
# se traduire par une diminution de l&#039;actif net ;&lt;br /&gt;
# être rattachées à l&#039;exercice au cours duquel elles ont été engagées (principe d&#039;indépendance des exercices).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les principales charges déductibles comprennent : les achats de marchandises et de matières premières, les salaires et cotisations sociales patronales, les loyers et charges locatives, les frais de déplacement professionnels, les cotisations sociales personnelles obligatoires versées à l&#039;[[URSSAF]] et aux caisses de retraite, les intérêts d&#039;emprunt professionnel, les primes d&#039;assurance et les dotations aux [[Amortissement comptable|amortissements]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Amortissements ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Amortissement comptable]] des immobilisations constitue un poste majeur spécifique au régime réel. Les biens amortissables font l&#039;objet de dotations annuelles calculées sur leur valeur d&#039;acquisition, selon leur durée d&#039;utilisation normale, en mode linéaire ou dégressif pour les équipements éligibles. Le régime réel permet ainsi de déduire fiscalement la dépréciation des actifs professionnels — véhicules (dans la limite de 30 000 € ou 20 300 € selon les émissions de CO₂ pour les véhicules de tourisme), matériels, outillages, logiciels, agencements — avantage inexistant au régime micro.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Déficits ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un résultat négatif (déficit) constaté au régime réel BIC est imputable sur le revenu global du foyer fiscal, sans limitation de montant, lorsque l&#039;activité est exercée à titre professionnel. Si l&#039;activité est exercée à titre non professionnel, le déficit n&#039;est reportable que sur les bénéfices de même nature réalisés au cours des six années suivantes. Pour les [[Bénéfices non commerciaux]] en déclaration contrôlée, le déficit professionnel est également imputable sur le revenu global lorsque l&#039;activité constitue la source principale de revenus du contribuable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cotisations sociales et prélèvements ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Assiette des cotisations ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les [[Travailleur indépendant|travailleurs indépendants]] relevant du régime réel, la base de calcul des cotisations sociales est le bénéfice net fiscal, contrairement au [[Régime micro-fiscal]] où l&#039;assiette est le chiffre d&#039;affaires après abattement forfaitaire. Les cotisations sont recouvrées par l&#039;[[URSSAF]] et comprennent : maladie-maternité, indemnités journalières, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, contribution à la [[Formation professionnelle]] et CSG-CRDS. La [[Sécurité sociale des indépendants]], intégrée au régime général depuis 2020, applique des taux globaux de cotisation avoisinant 40 à 45 % du bénéfice selon les tranches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En première année d&#039;activité, les cotisations sont provisionnées sur une base forfaitaire (environ 19 % d&#039;un plafond de la Sécurité sociale), puis régularisées l&#039;année suivante sur le bénéfice réel. Ce décalage peut générer un appel de cotisations important en N+1, source de difficultés de trésorerie pour les nouvelles entreprises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Impôt sur le revenu et prélèvement à la source ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le bénéfice imposable est intégré dans la déclaration d&#039;ensemble des revenus (formulaire 2042) et soumis au barème progressif de l&#039;impôt sur le revenu, sauf option pour l&#039;[[Impôt sur les sociétés]] dans le cadre d&#039;une [[Société à responsabilité limitée|SARL]] ou d&#039;une [[Société par actions simplifiée|SAS]]. Le [[Prélèvement à la source]] s&#039;applique via des acomptes mensuels ou trimestriels, calculés sur le revenu de l&#039;année N-2 et régularisés en septembre de l&#039;année N+1 lors du traitement de la déclaration.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Versement libératoire de l&#039;impôt sur le revenu]], réservé aux micro-entrepreneurs dont le revenu fiscal de référence du foyer n&#039;excède pas certains seuils, n&#039;est pas accessible aux contribuables relevant du régime réel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Avantages et inconvénients ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Avantages ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le régime réel présente un intérêt économique direct lorsque les charges effectives représentent une fraction du chiffre d&#039;affaires supérieure aux abattements forfaitaires du [[Régime micro-fiscal]] (71 % pour les ventes, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC). Au-delà de cet arbitrage de base, il offre :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la déductibilité intégrale des cotisations sociales personnelles obligatoires, ce que le régime micro ne permet pas ;&lt;br /&gt;
* l&#039;imputation des déficits sur le revenu global du foyer ;&lt;br /&gt;
* la récupération de la TVA sur les investissements et achats professionnels ;&lt;br /&gt;
* l&#039;[[Amortissement comptable|amortissement]] des biens professionnels, permettant d&#039;étaler fiscalement le coût des équipements sur leur durée de vie ;&lt;br /&gt;
* l&#039;accès à certains dispositifs fiscaux réservés (provision pour investissement, crédit d&#039;impôt recherche, déduction des intérêts de comptes courants d&#039;associés dans les sociétés).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Inconvénients ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les contraintes administratives et financières constituent le principal frein au régime réel :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* obligation de tenir une comptabilité régulière et de produire une liasse fiscale annuelle ;&lt;br /&gt;
* coût des honoraires d&#039;[[Expert-comptable|expert-comptable]], compris entre 500 € et 3 500 € par an pour une TPE selon la complexité de l&#039;activité ;&lt;br /&gt;
* lourdeur déclarative : liasse fiscale, déclarations de TVA périodiques, [[Déclaration sociale nominative]] en cas de salariés ;&lt;br /&gt;
* gestion de trésorerie plus complexe en raison des acomptes provisionnels de cotisations sociales et du [[Prélèvement à la source]] ;&lt;br /&gt;
* régularisation parfois brutale des cotisations sociales en N+1 lors de la première année d&#039;activité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Régime réel et formes juridiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entrepreneur individuel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la loi du 14 février 2022, le [[Statut de l&#039;entrepreneur individuel]] crée un patrimoine professionnel distinct du patrimoine personnel par défaut, sans recours obligatoire à une structure sociétaire. L&#039;[[Entrepreneur individuel]] au régime réel peut opter pour l&#039;assimilation à l&#039;EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée), lui permettant d&#039;être soumis à l&#039;[[Impôt sur les sociétés]] au lieu du barème progressif de l&#039;impôt sur le revenu, ce qui peut s&#039;avérer avantageux lorsque le taux marginal d&#039;imposition personnel dépasse le taux de l&#039;IS (25 % au taux normal, 15 % dans la limite de 42 500 € pour les PME éligibles).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sociétés soumises à l&#039;impôt sur le revenu ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les sociétés de personnes — SARL de famille ayant opté, sociétés en nom collectif (SNC), sociétés civiles professionnelles (SCP) — relèvent par défaut de l&#039;impôt sur le revenu. Les associés intègrent leur quote-part de bénéfice dans leur déclaration personnelle selon leur catégorie : BIC pour les associés de SNC commerciales, [[Bénéfices non commerciaux]] pour les associés de SCP libérales. La [[Société d&#039;exercice libéral]] (SEL), créée par la loi du 31 décembre 1990, permet aux [[Professions libérales réglementées]] d&#039;exercer sous forme sociétaire tout en étant soumise à l&#039;IS.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sociétés soumises à l&#039;impôt sur les sociétés ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Société à responsabilité limitée|SARL]], [[Société par actions simplifiée|SAS]], sociétés anonymes (SA) et [[Société d&#039;exercice libéral|SEL]] sont soumises à l&#039;[[Impôt sur les sociétés]] de plein droit. Le résultat fiscal est déterminé selon les mêmes principes du régime réel (charges réelles déductibles, amortissements, provisions réglementées), mais l&#039;impôt est acquitté directement par la personne morale. Les associés ne sont imposés personnellement qu&#039;en cas de distribution de dividendes, soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % ou, sur option, au barème progressif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Transition depuis la micro-entreprise ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le passage du [[Régime micro-fiscal]] au régime réel implique plusieurs démarches pratiques à anticiper :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Mettre en place un système de comptabilité adapté — logiciel comptable ou cabinet d&#039;[[Expert-comptable|expert-comptable]].&lt;br /&gt;
# Déclarer le changement de régime via le guichet unique des formalités d&#039;entreprises (remplaçant des CFE depuis le 1er janvier 2023) ou, pour les commerçants, auprès du [[Registre du commerce et des sociétés]].&lt;br /&gt;
# Reconstituer l&#039;inventaire des stocks et des immobilisations à la date de bascule pour établir le bilan d&#039;ouverture.&lt;br /&gt;
# Ouvrir un compte bancaire professionnel dédié si ce n&#039;est pas déjà le cas (obligatoire pour les sociétés, fortement recommandé pour les [[Entrepreneur individuel|entrepreneurs individuels]]).&lt;br /&gt;
* Vérifier les éléments d&#039;identification fiscale : le [[Numéro SIREN]] reste inchangé lors du changement de régime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première année au régime réel peut s&#039;avérer techniquement délicate en raison de la nécessité d&#039;établir des comptes d&#039;ouverture, de gérer la régularisation de TVA et d&#039;anticiper la régularisation des cotisations sociales sur le bénéfice réel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Références législatives et réglementaires ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le régime réel d&#039;imposition est régi principalement par les dispositions suivantes du Code général des impôts :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;BIC&#039;&#039;&#039; : articles 50-0, 53 A à 57 (régime simplifié) et articles 38 à 39 quindecies (règles générales de détermination du résultat) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;BNC&#039;&#039;&#039; : articles 96 à 100 A (déclaration contrôlée) ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Bénéfices agricoles&#039;&#039;&#039; : articles 69 à 74 B ;&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;TVA&#039;&#039;&#039; : article 302 septies A (régime simplifié) et article 287 (régime normal).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les seuils de chiffre d&#039;affaires délimitant les différents régimes sont actualisés tous les trois ans par décret, conformément à l&#039;article 50-0-I du CGI. La dernière révision triennale a pris effet le 1er janvier 2023 et restera applicable jusqu&#039;au 31 décembre 2025.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Statut professionnel]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=B%C3%A9n%C3%A9fices_non_commerciaux&amp;diff=913</id>
		<title>Bénéfices non commerciaux</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=B%C3%A9n%C3%A9fices_non_commerciaux&amp;diff=913"/>
		<updated>2026-06-12T21:37:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Les &#039;&#039;&#039;bénéfices non commerciaux&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;&#039;BNC&#039;&#039;&#039;) constituent l&#039;une des huit catégories de revenus soumises à l&#039;[[Impôt sur le revenu|impôt sur le revenu]] en France, aux côtés des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et des bénéfices agricoles (BA). Définis aux articles 92 à 103 du [[Code général des impôts]] (CGI), ils désignent les revenus tirés de l&#039;exercice des [[Profession libérale|professions libérales]], des charges et offices, ainsi que de toute occupation lucrative non commerciale au sens fiscal. En 2024, ce régime concerne environ 1,5 million de contribuables en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et champ d&#039;application ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Texte de référence ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;article 92 du [[Code général des impôts]] pose la définition générale : sont considérés comme bénéfices non commerciaux « les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n&#039;ont pas la qualité de commerçants et de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus ». Cette dernière disposition confère aux BNC un rôle de catégorie résiduelle pour les revenus non classés dans les autres catégories fiscales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Activités concernées ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois groupes principaux relèvent des BNC :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# Les &#039;&#039;&#039;[[Profession libérale|professions libérales]]&#039;&#039;&#039; au sens strict, réglementées ou non : [[Médecin|médecins]], [[Avocat|avocats]], [[Notaire|notaires]], [[Architecte|architectes]], [[Pharmacien|pharmaciens]], [[Infirmier libéral|infirmiers libéraux]], [[Géomètre-expert|géomètres-experts]], consultants, formateurs indépendants, psychologues, ostéopathes.&lt;br /&gt;
# Les &#039;&#039;&#039;charges et offices&#039;&#039;&#039; conférés par l&#039;État : commissaires de justice (anciennement huissiers et commissaires-priseurs, depuis leur fusion au 1er juillet 2022), greffiers de tribunaux de commerce.&lt;br /&gt;
# Les &#039;&#039;&#039;occupations lucratives diverses&#039;&#039;&#039; ne relevant d&#039;aucune autre catégorie fiscale : droits d&#039;auteur lorsqu&#039;ils ne relèvent pas des traitements et salaires, revenus d&#039;inventeurs, sous-locations nues, rétrocessions d&#039;honoraires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Distinction avec les BIC ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La frontière entre BNC et bénéfices industriels et commerciaux (BIC) repose sur la nature de l&#039;activité. Un [[Travailleur indépendant|travailleur indépendant]] relève des BIC si son activité est commerciale, artisanale ou industrielle (achat-revente, fabrication, hôtellerie). Il relève des BNC si l&#039;activité est principalement intellectuelle ou libérale, sans spéculation sur des marchandises ou fournitures. La qualification retenue par l&#039;administration fiscale tient compte de l&#039;ensemble des diligences effectuées, et non de la seule dénomination choisie par le professionnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Régimes d&#039;imposition ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux régimes fiscaux coexistent pour les BNC : le régime micro-BNC et la [[Déclaration contrôlée|déclaration contrôlée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Régime micro-BNC ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le régime micro-BNC s&#039;applique de plein droit lorsque les recettes brutes annuelles ne dépassent pas &#039;&#039;&#039;77 700 €&#039;&#039;&#039; (seuil applicable depuis le 1er janvier 2023, révisé tous les trois ans par décret). Ce seuil est apprécié hors taxes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Principales caractéristiques :&lt;br /&gt;
* L&#039;&#039;&#039;&#039;abattement forfaitaire de 34 %&#039;&#039;&#039; sur les recettes brutes couvre l&#039;ensemble des charges professionnelles ; le bénéfice imposable est donc égal à 66 % des recettes encaissées.&lt;br /&gt;
* Aucune déduction de charges réelles n&#039;est possible : l&#039;abattement est forfaitaire et non modulable.&lt;br /&gt;
* La déclaration s&#039;effectue sur le formulaire n° 2042 C PRO (cases dédiées micro-BNC), sans dépôt de liasse 2035.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de dépassement du seuil deux années consécutives, le contribuable bascule automatiquement vers la [[Déclaration contrôlée|déclaration contrôlée]] à compter du 1er janvier suivant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les [[Auto-entrepreneur|auto-entrepreneurs]] relevant de la [[Micro-entreprise|micro-entreprise]], les [[Cotisation sociale auto-entrepreneur|cotisations sociales]] sont calculées sur le [[Chiffre d&#039;affaires|chiffre d&#039;affaires]] brut (taux de 21,2 % en 2024 pour les activités libérales affiliées à la [[Sécurité sociale des indépendants|Sécurité sociale des indépendants]]). Le [[Régime micro-fiscal|régime micro-fiscal]] peut donner accès, sous conditions de revenus du foyer fiscal, au [[Versement libératoire de l&#039;impôt sur le revenu|versement libératoire de l&#039;impôt sur le revenu]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Déclaration contrôlée ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Déclaration contrôlée|déclaration contrôlée]] est le [[Régime réel d&#039;imposition|régime réel d&#039;imposition]] applicable obligatoirement dès lors que les recettes dépassent 77 700 €, ou sur option du contribuable en deçà de ce seuil. Elle est également obligatoire pour certains officiers publics et ministériels, indépendamment du montant de leurs recettes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Caractéristiques :&lt;br /&gt;
* Le bénéfice imposable correspond à la différence entre les &#039;&#039;&#039;recettes encaissées&#039;&#039;&#039; et les &#039;&#039;&#039;dépenses réelles décaissées&#039;&#039;&#039; au cours de l&#039;exercice (comptabilité de trésorerie, par opposition à la comptabilité d&#039;engagement des BIC).&lt;br /&gt;
* La déclaration annuelle se fait via le [[Formulaire 2035|formulaire n° 2035]] (déclaration de résultat des professions non commerciales), à déposer en ligne au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai.&lt;br /&gt;
* Des annexes détaillent les immobilisations, les amortissements et les [[Plus-value professionnelle|plus-values professionnelles]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le recours à la [[Déclaration contrôlée|déclaration contrôlée]] est généralement conseillé lorsque les charges professionnelles effectives excèdent 34 % des recettes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Assiette imposable ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Recettes à retenir ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous la [[Déclaration contrôlée|déclaration contrôlée]], les recettes imposables comprennent :&lt;br /&gt;
* Les honoraires, rémunérations, commissions et droits effectivement encaissés au cours de l&#039;année civile, indépendamment de la date de facturation.&lt;br /&gt;
* Les recettes accessoires directement liées à l&#039;activité (cessions de matériel professionnel déclassé, subventions d&#039;exploitation).&lt;br /&gt;
* Les [[Plus-value professionnelle|plus-values professionnelles]] à court terme (biens détenus depuis moins de 2 ans ou fraction correspondant aux amortissements déduits).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Charges déductibles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les charges déductibles sont celles engagées dans l&#039;intérêt de l&#039;activité et effectivement payées dans l&#039;exercice :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Catégorie !! Exemples&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Charges de personnel || Salaires nets versés, cotisations patronales&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Locaux professionnels || Loyer, charges locatives, taxe foncière si propriétaire occupant&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Matériel et outillage || Amortissements du matériel médical, informatique, bureautique&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Frais de déplacement || Carburant, péages, transports en commun (frais réels justifiés)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Cotisations sociales || Cotisations [[URSSAF]], [[CIPAV]], mutuelle et prévoyance Madelin&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Honoraires de conseil || [[Expert-comptable|Expert-comptable]], [[Avocat|avocat]] conseil&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Assurances || [[Responsabilité civile professionnelle|Responsabilité civile professionnelle]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Frais documentaires || Abonnements professionnels, formations, ouvrages spécialisés&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Plus-values professionnelles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Plus-value professionnelle|plus-values professionnelles]] à long terme (biens détenus depuis plus de 2 ans) sont imposées au taux de 12,5 %, auquel s&#039;ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 % (soit 29,7 % au total en 2024). L&#039;article 151 septies du [[Code général des impôts]] prévoit des exonérations : totale si les recettes moyennes des deux exercices précédents n&#039;excèdent pas 90 000 €, partielle entre 90 000 € et 126 000 €.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cotisations sociales ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Affiliation selon la profession ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* La majorité des [[Profession libérale|professions libérales]] non réglementées cotisent à la [[Sécurité sociale des indépendants|Sécurité sociale des indépendants]] (SSI), gérée administrativement par l&#039;[[URSSAF|URSSAF]].&lt;br /&gt;
* Les [[Professions libérales réglementées|professions libérales réglementées]] figurant sur la liste fixée par décret cotisent à la [[CIPAV]] pour leur retraite de base et complémentaire.&lt;br /&gt;
* Les [[Avocat|avocats]] relèvent de la Caisse nationale des barreaux français (CNBF), caisse autonome créée en 1948.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Calcul et régularisation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les professionnels en [[Déclaration contrôlée|déclaration contrôlée]], les cotisations sociales sont assises sur le bénéfice net de l&#039;exercice. Des appels provisionnels calculés sur les revenus de l&#039;avant-dernière année (N-2) sont émis en cours d&#039;exercice, puis régularisés l&#039;année suivante à réception de la déclaration de revenus. La [[Cotisation sociale auto-entrepreneur|cotisation sociale auto-entrepreneur]] applique un taux forfaitaire sur les recettes brutes sans régularisation ultérieure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Déductibilité des cotisations ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les cotisations sociales obligatoires (maladie, retraite, invalidité-décès) sont intégralement déductibles du bénéfice en [[Déclaration contrôlée|déclaration contrôlée]]. Les cotisations versées dans le cadre de contrats Madelin (retraite supplémentaire, prévoyance, perte d&#039;emploi) sont déductibles dans les limites fixées par l&#039;article 154 bis du [[Code général des impôts]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Obligations déclaratives et comptables ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Comptabilité de trésorerie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les professionnels en BNC tiennent une &#039;&#039;&#039;comptabilité de trésorerie&#039;&#039;&#039; : seules les recettes effectivement encaissées et les dépenses effectivement payées au cours de l&#039;exercice sont enregistrées. Cette règle est posée par l&#039;article 93 du [[Code général des impôts]]. Le professionnel doit tenir :&lt;br /&gt;
* Un &#039;&#039;&#039;livre-journal&#039;&#039;&#039; chronologique de toutes les recettes et dépenses professionnelles.&lt;br /&gt;
* Un &#039;&#039;&#039;registre des immobilisations et des amortissements&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces documents doivent être conservés pendant 6 ans à compter de la date de la dernière opération mentionnée (article L. 169 du Livre des procédures fiscales).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Immatriculation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout professionnel exerçant en BNC s&#039;immatricule via le [[Guichet unique des formalités d&#039;entreprises|guichet unique des formalités d&#039;entreprises]] (formalites.entreprises.gouv.fr), opérationnel depuis le 1er janvier 2023 en remplacement des Centres de formalités des entreprises (CFE). L&#039;immatriculation attribue un [[Numéro SIREN|numéro SIREN]] à 9 chiffres et une inscription au [[Registre national des entreprises|registre national des entreprises]] (RNE). Les [[Profession libérale|professions libérales]] pures sont dispensées d&#039;immatriculation au [[Registre du commerce et des sociétés|registre du commerce et des sociétés]] (RCS).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== TVA et BNC ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Franchise en base ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les professionnels en BNC bénéficient de la [[Franchise en base de TVA|franchise en base de TVA]] si leur [[Chiffre d&#039;affaires|chiffre d&#039;affaires]] hors taxes ne dépasse pas 36 800 € (seuil applicable au 1er janvier 2025, ajusté par la loi de finances pour 2024). En deçà, ils ne facturent pas la TVA et font figurer la mention « TVA non applicable — article 293 B du CGI » sur leurs factures. Ils ne peuvent pas non plus déduire la TVA sur leurs achats professionnels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Assujettissement et exonérations ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au-delà du seuil ou sur option, le taux normal de 20 % s&#039;applique à la plupart des prestations intellectuelles. Certaines activités médicales et paramédicales (consultations, actes de soins) bénéficient d&#039;une exonération de TVA prévue à l&#039;article 261-4 du [[Code général des impôts]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== BNC et formes d&#039;exercice ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Exercice individuel ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La forme la plus répandue est l&#039;exercice en nom propre, sous le statut d&#039;[[Entrepreneur individuel|entrepreneur individuel]] (EI) ou d&#039;[[Auto-entrepreneur|auto-entrepreneur]]. Dans les deux cas, le professionnel déclare ses BNC sur sa déclaration personnelle d&#039;[[Impôt sur le revenu|impôt sur le revenu]]. Le [[Plafonnement du chiffre d&#039;affaires|plafonnement du chiffre d&#039;affaires]] propre à la micro-entreprise peut conduire les professionnels dont l&#039;activité croît à opter pour l&#039;EI en [[Déclaration contrôlée|déclaration contrôlée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Exercice en société ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Professions libérales réglementées|professions libérales réglementées]] peuvent exercer au sein d&#039;une [[Société d&#039;exercice libéral|société d&#039;exercice libéral]] (SEL : SELARL, SELAS, SELCA, SELAFA). La SEL est soumise à l&#039;impôt sur les sociétés ; les associés exerçants perçoivent des rémunérations de direction imposées en traitements et salaires, et non en BNC. La société civile professionnelle (SCP), fiscalement transparente, impose chaque associé en BNC à hauteur de sa part dans les résultats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Association de gestion agréée ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;adhésion à une association de gestion agréée (AGA) permettait, jusqu&#039;au 31 décembre 2022, d&#039;éviter la majoration de 25 % appliquée aux revenus BNC des non-adhérents soumis à la [[Déclaration contrôlée|déclaration contrôlée]]. Cette majoration a été supprimée progressivement entre 2020 et 2022 par la loi de finances pour 2021. Depuis 2023, l&#039;AGA offre principalement une assistance à la prévention des difficultés de gestion et permet la déductibilité intégrale du salaire du conjoint collaborateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Prélèvement à la source ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis le 1er janvier 2019, les revenus BNC sont soumis au [[Prélèvement à la source|prélèvement à la source]] via des acomptes prélevés directement sur le compte bancaire du contribuable, les 15 de chaque mois (ou les 15 du premier mois de chaque trimestre sur option). Ces acomptes sont calculés par l&#039;administration fiscale sur la base du dernier revenu BNC déclaré et régularisés en N+1 lors du calcul de l&#039;impôt définitif. En cas d&#039;écart inférieur à 10 % du montant exact, aucune pénalité n&#039;est appliquée au contribuable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Profession libérale]]&lt;br /&gt;
* [[Professions libérales réglementées]]&lt;br /&gt;
* [[Déclaration contrôlée]]&lt;br /&gt;
* [[Formulaire 2035]]&lt;br /&gt;
* [[Plus-value professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Auto-entrepreneur]]&lt;br /&gt;
* [[Travailleur indépendant]]&lt;br /&gt;
* [[Micro-entreprise]]&lt;br /&gt;
* [[Régime micro-fiscal]]&lt;br /&gt;
* [[Versement libératoire de l&#039;impôt sur le revenu]]&lt;br /&gt;
* [[Régime réel d&#039;imposition]]&lt;br /&gt;
* [[Prélèvement à la source]]&lt;br /&gt;
* [[Franchise en base de TVA]]&lt;br /&gt;
* [[CIPAV]]&lt;br /&gt;
* [[URSSAF]]&lt;br /&gt;
* [[Expert-comptable]]&lt;br /&gt;
* [[Responsabilité civile professionnelle]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Statut professionnel]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Droit_de_gr%C3%A8ve&amp;diff=912</id>
		<title>Droit de grève</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=Droit_de_gr%C3%A8ve&amp;diff=912"/>
		<updated>2026-06-12T21:37:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Le &#039;&#039;&#039;droit de grève&#039;&#039;&#039; est une liberté fondamentale reconnue aux travailleurs salariés, leur permettant de cesser collectivement et concertément le travail pour soutenir des revendications d&#039;ordre professionnel. En France, ce droit est ancré dans le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, qui dispose que « le droit de grève s&#039;exerce dans le cadre des lois qui le réglementent », lui conférant une valeur constitutionnelle. Il s&#039;articule avec les obligations de continuité des services publics et les pouvoirs de direction de l&#039;employeur, dans un équilibre permanent défini par la loi et la jurisprudence. Son exercice est régi par le [[Code du travail]] pour le secteur privé et par des dispositions spécifiques pour les agents publics.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fondements juridiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Reconnaissance constitutionnelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le droit de grève trouve son fondement principal à l&#039;alinéa 7 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, intégré au bloc de constitutionnalité depuis la décision du Conseil constitutionnel du 16 juillet 1971, qui a reconnu la valeur constitutionnelle des principes économiques et sociaux de ce texte. La [[Déclaration des droits de l&#039;homme et du citoyen]] de 1789 et ce préambule forment, avec la Constitution du 4 octobre 1958, les textes de [[Droit constitutionnel|droit constitutionnel]] de référence en la matière. Le Conseil constitutionnel a précisé dans sa décision n° 79-105 DC du 25 juillet 1979 que le législateur peut réglementer ce droit, mais non en entraver l&#039;exercice au point de le vider de sa substance. La [[Convention européenne des droits de l&#039;homme]], en son article 11 relatif à la liberté de réunion et d&#039;association, fournit une protection complémentaire au niveau européen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dimension internationale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;[[Organisation internationale du travail]] (OIT) reconnaît le droit de grève comme un corollaire de la liberté syndicale protégée par les conventions n° 87 (1948) et n° 98 (1949). Son Comité de la liberté syndicale l&#039;a consacré explicitement dès 1952. La Charte sociale européenne révisée (Conseil de l&#039;Europe, 1996) le garantit à son article 6, paragraphe 4. Le Comité d&#039;experts pour l&#039;application des conventions et recommandations de l&#039;OIT examine régulièrement la conformité des législations nationales avec ces normes et adresse des observations aux États dont la réglementation restreint excessivement l&#039;exercice du droit de grève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Cadre légal en droit français ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Code du travail]] ne définit pas la [[Grève|grève]] mais en réglemente certains aspects essentiels : interdiction de licencier un gréviste sauf faute lourde (article L. 2511-1), interdiction de recourir à l&#039;intérim pour remplacer un gréviste pendant la durée du conflit (article L. 1251-10). La définition de la grève et ses conditions de licéité résultent quasi-exclusivement de la jurisprudence de la Cour de cassation et du Conseil d&#039;État, construite depuis les années 1950 et stabilisée au fil des décennies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conditions d&#039;exercice ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Éléments constitutifs ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La jurisprudence française impose trois critères cumulatifs pour qu&#039;un arrêt de travail soit qualifié de grève licite :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Cessation totale du travail&#039;&#039;&#039; : le salarié doit s&#039;abstenir complètement d&#039;exécuter sa prestation de travail. La grève perlée (ralentissement délibéré de la cadence), la grève du zèle (application malveillante et excessive des consignes) ou l&#039;occupation des locaux sans arrêt du travail ne constituent pas une grève au sens juridique et ne bénéficient pas des protections afférentes.&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Caractère collectif et concerté&#039;&#039;&#039; : l&#039;action doit réunir plusieurs salariés agissant de concert. Un seul salarié peut toutefois se mettre en grève en réponse à un mot d&#039;ordre national lancé par un [[Syndicat|syndicat]] représentatif (Cass. soc., 13 novembre 1996).&lt;br /&gt;
* &#039;&#039;&#039;Revendications professionnelles&#039;&#039;&#039; : les revendications doivent porter sur les conditions de travail, les salaires, la [[Durée du travail|durée du travail]], les garanties collectives ou l&#039;emploi. Une grève purement politique, sans lien avec des intérêts professionnels, n&#039;est pas protégée. Dans le secteur privé, aucune présentation préalable des revendications à l&#039;employeur n&#039;est exigée (Cass. soc., 28 février 2007).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Préavis et formalités ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le secteur public, la loi du 31 juillet 1963 impose un préavis de 5 jours francs, déposé par un [[Syndicat|syndicat]] représentatif, précisant les motifs du mouvement, le lieu, la date et l&#039;heure de début, ainsi que sa durée prévisible. Ce délai est destiné à permettre la négociation entre les parties et l&#039;organisation de la continuité du service. Dans le secteur privé, aucun préavis n&#039;est légalement requis : les salariés peuvent déclencher une grève sans formalité préalable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la loi du 21 août 2007 sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs, les salariés envisageant de participer à la grève doivent déposer une déclaration individuelle préalable 48 heures avant le début du mouvement, afin de permettre à l&#039;employeur d&#039;organiser le [[Service minimum|service minimum]] prévu par la loi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Restrictions et services essentiels ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines catégories de personnels sont privées du droit de grève en raison de la nature de leurs fonctions : militaires, magistrats de l&#039;ordre judiciaire, policiers nationaux et personnels pénitentiaires en constituent les exemples les plus emblématiques. Pour les services essentiels à la sécurité des personnes ou des biens, la [[Réquisition|réquisition]] administrative, prononcée par le préfet, peut contraindre des agents grévistes à reprendre le travail. La légalité de cette mesure est subordonnée à l&#039;existence d&#039;un péril grave et imminent, appréciée sous le contrôle du juge administratif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Effets juridiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Suspension du contrat de travail ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La grève licite opère une suspension du [[Contrat de travail]] sans le rompre : le salarié conserve son ancienneté, ses avantages acquis et sa protection sociale. Cette règle, posée par la loi du 11 février 1950 et consolidée par la jurisprudence, distingue le droit français du modèle britannique où la grève pouvait historiquement emporter rupture du contrat. Le [[Licenciement]] d&#039;un salarié pour sa seule participation à une grève licite est nul de plein droit (article L. 2511-1 du [[Code du travail]]). La nullité n&#039;est levée qu&#039;en cas de faute lourde personnellement imputable au salarié gréviste, c&#039;est-à-dire un acte intentionnel lui étant strictement personnel (violence physique, sabotage de matériel, entrave à la liberté du travail des non-grévistes).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Retenues sur salaire ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La participation à une grève licite entraîne une retenue strictement proportionnelle à la durée de l&#039;arrêt de travail depuis l&#039;arrêt de la chambre sociale du 21 octobre 1996, qui a abandonné la règle dite du « trentième indivisible » — laquelle aboutissait à des retenues supérieures à la durée effective de la grève lorsque celle-ci durait moins d&#039;une journée entière. Aucune autre sanction financière ne peut être imposée au gréviste. Les [[Congés payés|congés payés]] acquis avant le début de la grève ne sont pas affectés par le conflit. L&#039;[[Allocation de retour à l&#039;emploi]] n&#039;est pas versée pendant la durée de la grève, qui n&#039;ouvre pas droit à l&#039;assurance chômage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Protection contre les représailles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;exercice du droit de grève ne peut entraîner aucune [[Discrimination au travail|discrimination]] dans l&#039;attribution des augmentations de salaire, l&#039;avancement, l&#039;accès à la formation professionnelle ou tout autre avantage lié à l&#039;emploi. Tout acte de l&#039;employeur contraire à ce principe est nul de plein droit et engage sa responsabilité civile. Le salarié peut saisir le [[Conseil de prud&#039;hommes]] pour obtenir réparation du préjudice subi, sans avoir à démontrer un préjudice distinct de la seule discrimination constatée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Droits et obligations des parties ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Obligations de l&#039;employeur ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;employeur ne peut, pendant la durée du conflit, remplacer les grévistes par des travailleurs intérimaires ou des salariés mis à disposition par une entreprise extérieure affectés aux mêmes tâches (article L. 1251-10 du [[Code du travail]]). Il peut en revanche recourir à l&#039;activité partielle pour les salariés non-grévistes dont le travail est rendu impossible par le mouvement, sous réserve d&#039;autorisation administrative. L&#039;[[Inspection du travail]] est compétente pour constater les infractions à ces dispositions et dresser procès-verbal. L&#039;obligation de négocier de bonne foi pendant un conflit s&#039;inscrit dans les principes fondamentaux du [[Dialogue social]] et de la [[Négociation collective]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Lock-out ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Lock-out]] désigne la fermeture temporaire de l&#039;entreprise décidée par l&#039;employeur en réponse à un mouvement de grève. Non réglementé par la loi française, son régime est entièrement jurisprudentiel. La Cour de cassation l&#039;admet lorsqu&#039;il est rendu nécessaire par une situation de force majeure ou par la désorganisation totale de l&#039;entreprise imputable aux grévistes (Cass. soc., 14 novembre 1984). Si le lock-out est jugé illicite par les juridictions, l&#039;employeur doit verser aux salariés non-grévistes les salaires correspondant aux heures non travaillées, ceux-ci étant considérés comme ayant été empêchés de travailler par la faute de l&#039;employeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rôle des syndicats ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Syndicat|syndicats]] représentatifs détiennent le monopole du dépôt des préavis de grève dans le secteur public. Dans le secteur privé, ils organisent et encadrent les mouvements sans disposer d&#039;un monopole légal sur leur déclenchement. Ils peuvent conclure des [[Accord d&#039;entreprise|accords d&#039;entreprise]] portant sur les conditions d&#039;exercice du droit de grève, notamment en prévoyant des préavis volontaires ou des commissions paritaires de prévention des conflits. Le [[Défenseur syndical]] peut assister les salariés dans les procédures prud&#039;homales liées à un conflit, y compris en cas de contestation d&#039;un licenciement intervenu à l&#039;issue d&#039;une grève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Régimes particuliers ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Secteur public ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil d&#039;État a reconnu pour la première fois le droit de grève des agents publics dans l&#039;arrêt Dehaene du 7 juillet 1950, tout en admettant que le gouvernement pouvait, en l&#039;absence de loi, réglementer son exercice pour assurer la continuité du service public. Depuis, plusieurs lois sectorielles ont précisé les modalités applicables à chaque corps : loi du 31 juillet 1963 pour la fonction publique en général, dispositions spécifiques pour les hospitaliers, les agents des transports, etc. Les fonctionnaires civils bénéficient du droit de grève, à l&#039;exception des catégories explicitement exclues par la loi. La retenue sur traitement suit les mêmes règles que dans le secteur privé depuis les réformes de 1983.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Transports terrestres ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi du 21 août 2007 a institué une procédure spécifique pour les entreprises de transport terrestre régulier de voyageurs : obligation de négociation préalable au dépôt de tout préavis, déclaration individuelle préalable 48 heures avant le début de la grève, élaboration d&#039;un plan de transport adapté communiqué aux usagers au plus tard la veille du mouvement. Ces dispositions, complétées par la loi du 19 mars 2012 étendant le dispositif à d&#039;autres services essentiels, visent à concilier l&#039;exercice effectif du droit de grève avec le droit des usagers à la mobilité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Grève générale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Grève générale]] est un arrêt simultané du travail dans l&#039;ensemble ou la quasi-totalité des secteurs d&#039;activité d&#039;un pays, avec ou sans coordination syndicale centralisée. En France, les épisodes les plus marquants sont : mai-juin 1936 (environ 2 millions de grévistes, aboutissant aux accords Matignon et aux premiers [[Congés payés|congés payés]] légaux), mai 1968 (7 à 9 millions de grévistes selon les sources, conduisant aux accords de Grenelle), novembre-décembre 1995 (contre la réforme des régimes spéciaux de [[Retraite|retraite]], avec 23 jours de grève dans les transports publics parisiens), et les mouvements de 2010 et 2022-2023 contre les réformes successives des [[Retraite|retraites]]. La légalité d&#039;une grève générale est admise dès lors que les conditions de licéité de la grève sont remplies dans chaque entreprise concernée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Résolution des conflits collectifs ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La sortie d&#039;un conflit social passe en premier lieu par la [[Négociation collective]] directe entre l&#039;employeur et les [[Partenaires sociaux]]. Le [[Ministère du Travail]] peut proposer une [[Médiation conventionnelle]], conduite par un médiateur indépendant dont la recommandation, si elle est acceptée par les deux parties, met fin au conflit. À défaut, les parties peuvent recourir à l&#039;[[Arbitrage]], dont la sentence arbitrale s&#039;impose à elles. L&#039;[[Inspection du travail]] joue un rôle de facilitateur et peut convoquer les parties à une réunion de conciliation informelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas d&#039;actes illicites commis pendant la grève (blocage des accès à l&#039;entreprise, dégradations de matériel, entrave à la liberté du travail), l&#039;employeur peut saisir le [[Tribunal judiciaire]] en référé pour obtenir des mesures d&#039;injonction sous astreinte. Si un salarié est licencié pour faute lourde à l&#039;issue d&#039;un conflit, la procédure ordinaire de [[Licenciement]] s&#039;applique : [[Entretien préalable au licenciement]], notification motivée, et versement d&#039;une [[Indemnité de licenciement]] si la faute lourde n&#039;est finalement pas retenue par le juge. Le salarié peut contester la décision devant le [[Conseil de prud&#039;hommes]], puis, en cas de [[Contentieux|contentieux]] persistant, devant la cour d&#039;appel dans le ressort de laquelle l&#039;établissement est situé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Données statistiques ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Ministère du Travail]] publie chaque année, via la direction de l&#039;animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES), des données sur les conflits du travail mesurés en journées individuelles non travaillées (JINT) pour fait de grève. Sur la période 2015-2022, la France a enregistré en moyenne 80 à 120 JINT pour 1 000 salariés par an, avec un pic historique en décembre 2019 lors de la grève contre la réforme des retraites (plus de 200 JINT pour 1 000 salariés dans les seuls transports publics ce mois-là). Le secteur public concentre structurellement plus de 70 % des JINT totales. Dans le secteur privé, les conflits se concentrent dans les secteurs de l&#039;énergie, des transports et de l&#039;industrie manufacturière. À l&#039;échelle européenne, la France se situe dans la moyenne haute en matière de conflictualité sociale, avec des taux de JINT plus élevés qu&#039;en Allemagne ou aux Pays-Bas, où la culture du consensus dans la [[Négociation collective]] est davantage ancrée dans les pratiques des [[Partenaires sociaux]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Droit du travail]]&lt;br /&gt;
* [[Code du travail]]&lt;br /&gt;
* [[Syndicat]]&lt;br /&gt;
* [[Négociation collective]]&lt;br /&gt;
* [[Dialogue social]]&lt;br /&gt;
* [[Convention collective]]&lt;br /&gt;
* [[Conseil de prud&#039;hommes]]&lt;br /&gt;
* [[Organisation internationale du travail]]&lt;br /&gt;
* [[Partenaires sociaux]]&lt;br /&gt;
* [[Inspection du travail]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Droit social]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=R%C3%A9f%C3%A9rentiel_de_comp%C3%A9tences&amp;diff=911</id>
		<title>Référentiel de compétences</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=R%C3%A9f%C3%A9rentiel_de_comp%C3%A9tences&amp;diff=911"/>
		<updated>2026-06-12T21:37:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Un &#039;&#039;&#039;référentiel de compétences&#039;&#039;&#039; est un document structuré qui recense et décrit l&#039;ensemble des compétences — savoirs, savoir-faire et savoir-être — nécessaires à l&#039;exercice d&#039;un métier, d&#039;une fonction ou d&#039;un [[Niveau de qualification|niveau de qualification]]. Il constitue un outil central de la gestion des ressources humaines et de l&#039;ingénierie de [[Formation professionnelle|formation professionnelle]], mobilisé aussi bien par les entreprises que par les [[Organisme de formation|organismes de formation]] et les pouvoirs publics. En France, son cadre juridique a été renforcé par la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, qui a subordonné l&#039;éligibilité des certifications au [[Compte personnel de formation|compte personnel de formation]] (CPF) à la production de référentiels validés par [[France compétences]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition et composantes ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La notion de compétence ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sens des textes réglementaires français, la compétence désigne la capacité à mobiliser des ressources — connaissances, techniques et attitudes — pour accomplir une activité professionnelle dans un contexte donné. On distingue classiquement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Les [[Hard skills|compétences techniques]] (&#039;&#039;hard skills&#039;&#039;), relatives à des savoir-faire opérationnels mesurables et directement liées à un métier ou une fonction.&lt;br /&gt;
* Les [[Soft skills|compétences comportementales]] (&#039;&#039;soft skills&#039;&#039;), relevant des aptitudes relationnelles, organisationnelles ou cognitives.&lt;br /&gt;
* Les [[Compétences transférables|compétences transversales]], mobilisables dans plusieurs secteurs ou fonctions sans requalification complète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les activités-types ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le référentiel organise les compétences autour d&#039;&#039;&#039;activités-types&#039;&#039;, regroupements cohérents de tâches professionnelles réelles observées en situation de travail. Chaque activité-type correspond à une ou plusieurs compétences attestables. Dans les fiches du [[RNCP|Répertoire national des certifications professionnelles]] (RNCP), ces activités-types constituent la colonne vertébrale du [[REAC|référentiel emploi, activités et compétences]] (REAC).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les critères d&#039;évaluation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À chaque compétence sont associés des indicateurs observables — critères de performance ou de qualité — permettant de vérifier si elle est effectivement maîtrisée. Ces critères alimentent le [[Référentiel d&#039;évaluation|référentiel d&#039;évaluation]] et constituent la base du travail du [[Jury de certification|jury de certification]] lors d&#039;une épreuve ou d&#039;une session de [[Validation des acquis de l&#039;expérience|validation des acquis de l&#039;expérience]] (VAE).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les blocs de compétences ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la loi du 5 septembre 2018, les certifications enregistrées au [[RNCP]] doivent être décomposées en [[Bloc de compétences|blocs de compétences]] — unités cohérentes et autonomes permettant une validation partielle. Cette modularité rend les certifications plus accessibles aux salariés en emploi et aux bénéficiaires d&#039;une VAE, qui peuvent capitaliser des validations sur plusieurs années sans repasser l&#039;intégralité des épreuves.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cadre législatif et réglementaire ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== En France ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;obligation de produire un référentiel de compétences structuré pour toute [[Certification professionnelle|certification professionnelle]] éligible au CPF résulte de la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018. [[France compétences]] — établissement public créé par décret n° 2018-1118 du 10 décembre 2018 — est depuis lors l&#039;autorité nationale chargée d&#039;enregistrer, de contrôler la qualité et de financer les certifications via le [[RNCP]] et le Répertoire spécifique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le décret n° 2019-14 du 8 janvier 2019 définit les critères d&#039;enregistrement : le référentiel doit décrire des compétences en situation professionnelle réelle, identifiées à partir d&#039;enquêtes métier, de consultations de branches professionnelles et d&#039;une analyse du marché du travail. La durée de validité d&#039;un enregistrement est de cinq ans, renouvelable après instruction contradictoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les certifications à finalité professionnelle non éligibles au CPF peuvent être enregistrées au Répertoire spécifique, avec des exigences de référentiel allégées mais maintenues sur la structuration en compétences vérifiables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dimension européenne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Cadre européen des certifications]] (CEC), établi par la recommandation du Parlement européen et du Conseil du 23 avril 2008 et révisé en 2017, propose une grille de huit niveaux de qualification à laquelle les référentiels nationaux doivent être articulés. En France, cette correspondance est assurée par le [[Cadre national des certifications]], qui aligne les niveaux du CEC sur la grille nationale (niveaux 3 à 8 pour les certifications professionnelles).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;outil [[Europass]], porté par la Commission européenne depuis 2004 et rénové en 2020, permet la transcription internationale des compétences certifiées sur la base de référentiels harmonisés, facilitant la mobilité professionnelle au sein de l&#039;Union européenne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Types de référentiels de compétences ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Référentiel emploi, activités et compétences (REAC) ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[REAC|référentiel emploi, activités et compétences]] est le format officiel imposé par le ministère du Travail pour les [[Titre professionnel|titres professionnels]] délivrés par l&#039;État. Il décrit un [[Emploi-type|emploi-type]], ses activités-types et les compétences associées, rédigées selon un gabarit normalisé (verbe d&#039;action + objet + condition d&#039;exercice). En 2024, le ministère recense plus de 200 titres professionnels actifs, chacun adossé à un REAC révisé en principe tous les cinq ans. Chaque REAC est systématiquement accompagné d&#039;un [[Référentiel d&#039;évaluation|référentiel d&#039;évaluation]] précisant les modalités de certification.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Référentiel de certification professionnelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le référentiel de [[Certification professionnelle|certification]] décrit les modalités d&#039;évaluation : nature des épreuves, conditions de mise en situation professionnelle, grille d&#039;appréciation et seuil de validation. Il est distinct du référentiel de compétences proprement dit, mais obligatoire pour tout enregistrement au [[RNCP]]. Les [[Organisme certificateur|organismes certificateurs]] en assument la responsabilité devant [[France compétences]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Référentiel de formation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le référentiel de formation décrit le programme pédagogique permettant d&#039;acquérir les compétences décrites dans le référentiel métier. Élaboré par l&#039;[[Organisme de formation]], il précise les contenus, durées, méthodes et ressources pédagogiques. Il n&#039;est pas opposable à d&#039;autres organismes et ne conditionne pas directement la certification, mais sert de base aux dossiers de financement instruits par les [[OPCO|opérateurs de compétences]] (OPCO).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Référentiels sectoriels et Certificats de Qualification Professionnelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les branches professionnelles élaborent des référentiels sectoriels partagés, opposables à l&#039;ensemble des entreprises du secteur. C&#039;est notamment le cas des [[Certificat de Qualification Professionnelle|Certificats de Qualification Professionnelle]] (CQP), dont les référentiels sont construits paritairement par les commissions paritaires nationales de l&#039;emploi et de la formation professionnelle (CPNEFP) et déposés auprès de [[France compétences]]. En 2023, on dénombrait plus de 600 CQP actifs dans les secteurs privés français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Référentiel de compétences de base : CléA ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[CléA (certification)|CléA]] est un référentiel interprofessionnel de compétences fondamentales adopté par les partenaires sociaux en 2014. Il couvre sept domaines : communication en français, calcul et raisonnement mathématique, utilisation des outils numériques, autonomie et initiative, travail en équipe, maîtrise des gestes et postures, et connaissance de l&#039;entreprise. Géré par l&#039;ASPé (Association pour la gestion du dispositif de certification des compétences de base), CléA s&#039;adresse aux salariés et demandeurs d&#039;emploi peu ou pas qualifiés et peut être financé par les [[OPCO]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Référentiel de compétences numériques : PIX ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[PIX (certification numérique)|PIX]] est le référentiel public de compétences numériques en France, aligné sur le cadre européen [[DigComp]] 2.2, qui structure 16 compétences en cinq domaines : information et données, communication et collaboration, création de contenus numériques, sécurité, et résolution de problèmes. Créé par le Groupement d&#039;Intérêt Public PIX en 2017 et rendu obligatoire dans le secondaire depuis la rentrée 2020, il est également mobilisé en [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] continue dans le cadre des [[Plan de développement des compétences|plans de développement des compétences]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Construction d&#039;un référentiel de compétences ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Méthode générale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La construction d&#039;un référentiel suit généralement quatre étapes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Analyse du travail réel&#039;&#039;&#039; : enquêtes de terrain auprès de professionnels en activité (entretiens semi-directifs, observations en situation de travail, groupes d&#039;experts), visant à recenser les activités réellement exercées plutôt que les tâches prescrites par les fiches de poste.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Modélisation des compétences&#039;&#039;&#039; : regroupement des activités en activités-types, formulation des compétences selon un standard normalisé (verbe d&#039;action + objet + condition ou contexte d&#039;exercice), identification des savoirs théoriques et procéduraux associés.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Validation par les parties prenantes&#039;&#039;&#039; : consultation des représentants de branche, des [[OPCO]], des employeurs, des partenaires sociaux et de professionnels en activité ; intégration des retours dans une version consolidée.&lt;br /&gt;
# &#039;&#039;&#039;Structuration finale&#039;&#039;&#039; : organisation en [[Bloc de compétences|blocs de compétences]] attestables séparément, rédaction du [[Référentiel d&#039;évaluation|référentiel d&#039;évaluation]] associé, dépôt auprès de [[France compétences]] pour instruction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Acteurs impliqués ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs types d&#039;acteurs participent à la conception d&#039;un référentiel :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;&#039;branches professionnelles&#039;&#039;&#039; et leurs commissions paritaires (CPNEFP), qui pilotent les référentiels sectoriels.&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;&#039;[[Organisme certificateur|organismes certificateurs]]&#039;&#039;&#039;, responsables de la cohérence et de la validité du référentiel.&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;&#039;[[Organisme de formation|organismes de formation]]&#039;&#039;&#039;, qui traduisent le référentiel en programme pédagogique.&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;&#039;[[OPCO]]&#039;&#039;&#039;, qui financent les projets de certification dans leur champ de compétence et peuvent mandater des études prospectives.&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;&#039;entreprises&#039;&#039;&#039;, consultées lors des enquêtes métier et représentées au sein des [[Jury de certification|jurys de certification]].&lt;br /&gt;
* Les &#039;&#039;&#039;services de l&#039;État&#039;&#039;&#039; (Direction générale de l&#039;emploi et de la formation professionnelle, DGEFP), pour les titres professionnels du ministère du Travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Usages en gestion des ressources humaines ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Recrutement et description des postes ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le référentiel de compétences alimente la rédaction de fiches de poste précises : les compétences requises y sont listées de manière structurée et opposables aux candidatures. Il facilite également la [[Cartographie des emplois|cartographie des emplois]] au sein de l&#039;organisation, en fournissant un vocabulaire commun entre directions métiers et fonction RH.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Évaluation et plan de développement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En entretien annuel ou professionnel, le référentiel permet de comparer les compétences effectivement détenues par le salarié aux compétences attendues pour son poste, et d&#039;identifier des axes de progression. Ces écarts alimentent directement le [[Plan de développement des compétences]], obligatoire dans les entreprises d&#039;au moins 50 salariés selon l&#039;article L. 6312-1 du Code du travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== GEPP et anticipation des mutations professionnelles ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Gestion des emplois et des parcours professionnels]] (GEPP), issue de la loi du 14 juin 2013 et obligatoire pour les entreprises de plus de 300 salariés, repose sur une analyse prospective des métiers et des compétences. Le référentiel y joue un rôle central : il permet d&#039;identifier les [[Métiers en tension|métiers en tension]] et les [[Métiers d&#039;avenir|métiers d&#039;avenir]], d&#039;anticiper les besoins en recrutement ou en reconversion, et d&#039;organiser la [[Transmission des savoirs professionnels|transmission des savoirs professionnels]] lors des départs à la retraite ou des mobilités internes. Il succède à la [[Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences]] (GPEC), dont il reprend les outils tout en élargissant le périmètre aux parcours individuels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Bilan de compétences ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cadre d&#039;un [[Bilan de compétences]] (prestation de 24 heures maximum, finançable via le CPF), le référentiel d&#039;un métier cible sert de grille de lecture permettant au bénéficiaire de positionner ses acquis par rapport aux exigences du poste visé. Il contribue à la définition du [[Projet professionnel]] et permet d&#039;identifier les [[Formation certifiante|formations certifiantes]] à envisager pour combler les écarts identifiés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Validation des acquis de l&#039;expérience ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Validation des acquis de l&#039;expérience]] (VAE), instaurée par la loi du 17 janvier 2002 et assouplie par la loi du 21 décembre 2022, permet d&#039;obtenir tout ou partie d&#039;une certification sur la base d&#039;une expérience professionnelle ou bénévole d&#039;au moins un an en rapport avec la certification visée. Le référentiel de compétences constitue la grille centrale d&#039;évaluation du dossier de VAE et de l&#039;entretien devant le [[Jury de certification|jury]]. Chaque [[Bloc de compétences|bloc de compétences]] peut être validé indépendamment, permettant une acquisition progressive sur plusieurs années.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Référentiels et certification professionnelle ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Enregistrement au RNCP ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour être enregistrée au [[RNCP]], une certification doit démontrer que son référentiel :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Décrit des activités réellement exercées sur le marché du travail, attestées par une enquête emploi.&lt;br /&gt;
* Est organisé en [[Bloc de compétences|blocs de compétences]] attestables séparément.&lt;br /&gt;
* Est assorti d&#039;un [[Référentiel d&#039;évaluation|référentiel d&#039;évaluation]] précisant les modalités de vérification des compétences.&lt;br /&gt;
* Correspond à un [[Niveau de qualification|niveau de qualification]] situé entre le niveau 3 (CAP) et le niveau 8 (doctorat) de la nomenclature nationale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[France compétences]] dispose d&#039;un délai de six mois pour instruire un dossier et peut demander des compléments. En 2023, elle recensait 3 847 certifications actives au RNCP et 2 186 au Répertoire spécifique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livret de certification et capitalisation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Livret de certification|livret de certification]] est le document personnel remis au candidat lors de son parcours. Il reprend les compétences du référentiel bloc par bloc et consigne les résultats obtenus, permettant une capitalisation progressive des validations sur plusieurs années et plusieurs organismes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Rôle des OPCO dans le financement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[OPCO|opérateurs de compétences]] financent les [[Formation certifiante|formations certifiantes]] adossées à des référentiels enregistrés. Depuis la réforme de 2018, ils ont également pour mission de co-construire les certifications de branche avec les partenaires sociaux et de s&#039;assurer de la cohérence des référentiels sectoriels avec les besoins effectifs du marché du travail. Leurs niveaux de prise en charge (NPEC) sont publiés annuellement et varient selon les certifications.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Limites et débats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Risque d&#039;obsolescence ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un référentiel constitue toujours une représentation statique d&#039;un métier à un instant donné. Dans des secteurs en transformation rapide — numérique, transition écologique, santé —, l&#039;obsolescence peut survenir avant la révision quinquennale imposée par [[France compétences]]. Guy Le Boterf (&#039;&#039;Développer la compétence des professionnels&#039;&#039;, ESF Éditeur, 2002) souligne que la compétence est une construction dynamique et contextuelle que les descripteurs figés réduisent artificiellement à une liste de performances observables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Biais vers le mesurable ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La logique des critères d&#039;évaluation tend à ne retenir que les compétences observables et quantifiables, au détriment des compétences tacites — celles que les professionnels mobilisent intuitivement sans pouvoir les formaliser. Philippe Perrenoud (&#039;&#039;Construire des compétences dès l&#039;école&#039;&#039;, ESF, 1997) a formalisé cette limite, montrant que le référentiel risque de confondre la compétence avec ses indicateurs, réduisant ainsi la richesse du geste professionnel à une check-list.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Inégalités d&#039;accès à la certification ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;accès aux certifications fondées sur des référentiels reste socialement différencié. Selon les données de [[France compétences]] pour 2023, les salariés des entreprises de moins de 50 salariés représentent moins de 30 % des entrées en [[Formation certifiante]], alors qu&#039;ils constituent environ 50 % de la population active salariée du secteur privé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Tension entre standardisation et contexte local ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La nécessité de produire des référentiels communs à une branche entière peut lisser les spécificités locales, technologiques ou organisationnelles. Les entreprises adaptent en pratique ces référentiels à leurs propres contextes via des référentiels internes non certifiants, créant parfois un décalage entre la certification obtenue et les compétences réellement attendues en poste. Cette tension est particulièrement visible dans les [[Métiers en tension|métiers en tension]], où les entreprises recrutent souvent sur des compétences partielles ou recomposées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[RNCP]]&lt;br /&gt;
* [[France compétences]]&lt;br /&gt;
* [[Validation des acquis de l&#039;expérience]]&lt;br /&gt;
* [[Bloc de compétences]]&lt;br /&gt;
* [[Bilan de compétences]]&lt;br /&gt;
* [[Certification professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Gestion des emplois et des parcours professionnels]]&lt;br /&gt;
* [[Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences]]&lt;br /&gt;
* [[Cadre européen des certifications]]&lt;br /&gt;
* [[CléA (certification)]]&lt;br /&gt;
* [[PIX (certification numérique)]]&lt;br /&gt;
* [[Formation certifiante]]&lt;br /&gt;
* [[Organisme certificateur]]&lt;br /&gt;
* [[Titre professionnel]]&lt;br /&gt;
* [[Plan de développement des compétences]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Formation professionnelle]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=CV_fonctionnel&amp;diff=910</id>
		<title>CV fonctionnel</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=CV_fonctionnel&amp;diff=910"/>
		<updated>2026-06-12T21:37:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Le &#039;&#039;&#039;CV fonctionnel&#039;&#039;&#039; (également désigné CV thématique ou CV par compétences) est un format de curriculum vitae qui structure les expériences professionnelles non selon un ordre chronologique, mais selon des regroupements thématiques de compétences et de réalisations. Contrairement au [[CV chronologique]], il met en avant les aptitudes transversales plutôt que la progression temporelle des postes occupés. Utilisé principalement dans les contextes de [[Reconversion professionnelle|reconversion professionnelle]], de parcours atypiques ou de carrières longues, ce format vise à orienter la lecture du recruteur vers ce que le candidat sait faire plutôt que vers ce qu&#039;il a fait et quand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Origines ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le CV fonctionnel est apparu aux États-Unis dans les années 1960-1970, sous l&#039;impulsion de cabinets de conseil en ressources humaines qui cherchaient à répondre aux besoins de candidats aux parcours non linéaires. En France, ce format s&#039;est diffusé à partir des années 1980-1990, en lien avec les premières politiques de [[Formation professionnelle|formation professionnelle]] continue et les reconversions industrielles massives. Des organismes comme l&#039;ANPE (ancêtre de Pôle emploi, devenu France Travail en 2024) ont contribué à en formaliser les codes dans leurs guides de recherche d&#039;emploi. La version codifiée du format telle qu&#039;elle est connue aujourd&#039;hui est souvent attribuée aux travaux du consultant américain Richard Bolles, auteur de &#039;&#039;What Color Is Your Parachute?&#039;&#039; (première édition 1970), qui préconisait d&#039;organiser le CV autour des aptitudes transférables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Structure type ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un CV fonctionnel suit généralement l&#039;organisation suivante, quelle que soit la variante adoptée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== En-tête ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;en-tête comprend les coordonnées du candidat (prénom, nom, ville, adresse e-mail, numéro de téléphone) ainsi que, le cas échéant, un lien vers un [[Portfolio professionnel|portfolio professionnel]] ou un profil LinkedIn. Il peut accueillir un résumé de profil de 3 à 5 lignes synthétisant le [[Projet professionnel|projet professionnel]] et les principaux domaines de compétences visés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Blocs de compétences ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&#039;est la section centrale du document. Chaque [[Bloc de compétences|bloc de compétences]] porte un titre thématique — par exemple « Gestion de projet », « Animation commerciale », « Management d&#039;équipe » — et regroupe 3 à 6 réalisations formulées avec un verbe d&#039;action et, si possible, un indicateur quantitatif. La [[Méthode STAR|méthode STAR]] (Situation, Tâche, Action, Résultat) est fréquemment recommandée pour structurer chaque entrée en une ou deux lignes concises.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre de blocs varie selon les recommandations : 2 à 4 pour un document d&#039;une page, jusqu&#039;à 6 pour un profil senior sur deux pages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Parcours professionnel synthétique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette section récapitule les postes occupés sous forme d&#039;un tableau ou d&#039;une liste courte indiquant l&#039;intitulé du poste, le nom de l&#039;employeur et les années d&#039;exercice (sans les mois dans certaines variantes). Elle est volontairement allégée pour ne pas attirer l&#039;attention sur les [[Trou dans le CV|trous dans le CV]] ou les transitions fréquentes d&#039;employeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Formation et certifications ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les diplômes, [[Certification professionnelle|certifications professionnelles]] et [[Titre professionnel|titres professionnels]] sont listés avec leur intitulé exact, l&#039;organisme délivrant et l&#039;année d&#039;obtention. Un [[Bilan de compétences|bilan de compétences]] récent peut figurer en tête de rubrique lorsqu&#039;il constitue un élément déterminant du [[Projet professionnel|projet professionnel]] présenté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Comparaison avec les autres formats ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|+ Comparaison des principaux formats de CV&lt;br /&gt;
! Critère !! [[CV chronologique]] !! CV fonctionnel !! [[CV hybride]]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Organisation principale || Chronologique (du plus récent au plus ancien) || Thématique (blocs de compétences) || Mixte (compétences + chronologie abrégée)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Visibilité du parcours || Forte || Faible || Moyenne&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Valorisation des compétences transversales || Limitée || Forte || Forte&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Adapté aux reconversions || Peu || Oui || Oui&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Lisibilité pour les ATS || Bonne || Variable || Bonne&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Fréquence estimée en France (2023) || ~70 % || ~10 % || ~20 %&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[CV chronologique]] demeure le format de référence en France et en Europe continentale. Selon une enquête de l&#039;APEC publiée en 2023, il représente environ 70 % des CV reçus par les recruteurs dans le secteur cadre. Le [[CV hybride]] est en progression et constitue souvent le format recommandé par les [[Coach en reconversion professionnelle|coachs en reconversion professionnelle]] pour les profils en transition, car il conserve une lisibilité chronologique tout en valorisant les compétences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Avantages ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Valorisation des compétences transférables&lt;br /&gt;
: Le format permet de regrouper sous un même thème des expériences issues de secteurs différents, rendant visibles les [[Compétences transférables|compétences transférables]] acquises dans des contextes variés. Un responsable logistique reconverti dans la gestion de projet informatique peut, par exemple, regrouper sous « Coordination et pilotage » des réalisations issues de ses deux vies professionnelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Atténuation des discontinuités&lt;br /&gt;
: Les périodes d&#039;inactivité, les changements fréquents d&#039;employeur et les transitions entre secteurs sont moins saillants que dans un [[CV chronologique]]. La section de parcours synthétique ne liste que les années, sans mois, ce qui atténue visuellement les [[Trou dans le CV|trous dans le CV]] courts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Personnalisation selon l&#039;offre&lt;br /&gt;
: Les blocs thématiques peuvent être réordonnés ou reformulés rapidement pour s&#039;adapter à une [[Offre d&#039;emploi|offre d&#039;emploi]] précise, sans réécriture complète du document.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Mise en avant des compétences comportementales&lt;br /&gt;
: Un bloc dédié aux [[Soft skills|soft skills]] — [[Communication professionnelle|communication professionnelle]], [[Intelligence émotionnelle|intelligence émotionnelle]], leadership — s&#039;intègre naturellement à la structure thématique, là où il serait artificiel dans une chronologie de postes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Inconvénients ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Méfiance d&#039;une partie des recruteurs&lt;br /&gt;
: Selon une enquête Robert Half de 2022 portant sur 500 responsables RH français, 62 % déclarent préférer le format chronologique et associent spontanément le CV fonctionnel à une tentative de masquer un parcours peu cohérent ou des lacunes d&#039;expérience. Cette perception, bien que réductrice, constitue un obstacle réel dans les secteurs où le recrutement est très formalisé (grandes entreprises, secteur public).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Compatibilité limitée avec les ATS&lt;br /&gt;
: Les [[ATS|systèmes de suivi des candidatures (ATS)]] analysent les CV en recherchant des séquences emploi-date structurées. Un CV fonctionnel sans dates explicites ou avec un parcours repoussé en fin de document peut obtenir un score de pertinence inférieur et ne pas franchir le premier filtre automatique, notamment dans les grandes organisations qui traitent plusieurs centaines de candidatures par poste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Effort de lecture accru&lt;br /&gt;
: En l&#039;absence d&#039;un fil chronologique, le recruteur doit reconstituer mentalement la progression de carrière, ce qui représente un coût cognitif supplémentaire lors d&#039;un traitement en volume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
; Inadapté aux profils récents&lt;br /&gt;
: Pour un candidat disposant de moins de 5 ans d&#039;expérience, les blocs de compétences risquent de paraître répétitifs ou peu étayés, faute de réalisations suffisamment diversifiées pour remplir plusieurs thématiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Cas d&#039;usage recommandés ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Reconversion professionnelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le CV fonctionnel est particulièrement pertinent lors d&#039;une [[Reconversion professionnelle|reconversion professionnelle]], notamment pour les personnes engagées dans une [[Reconversion à 40 ans|reconversion à 40 ans]] ou une [[Reconversion après 50 ans|reconversion après 50 ans]]. Il permet de faire apparaître la cohérence des [[Compétences transférables|compétences transférables]] acquises dans un premier métier et transposables dans le secteur cible, sans que la liste des postes anciens ne détourne l&#039;attention du recruteur. Un [[Bilan de compétences|bilan de compétences]] réalisé en amont fournit une cartographie des compétences qui sert directement de matière première pour construire les blocs thématiques. Pour les situations de [[Reconversion sans diplôme|reconversion sans diplôme]], ce format est d&#039;autant plus utile que les acquis de l&#039;expérience compensent l&#039;absence de certifications formelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Parcours avec interruptions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les candidats ayant connu des [[Trou dans le CV|trous dans le CV]] — congé parental prolongé, arrêt maladie, période d&#039;aidant familial, reprise d&#039;études — trouvent dans ce format un outil pour recentrer la lecture sur leurs compétences plutôt que sur la chronologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Profils freelances et multi-missions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les consultants indépendants ou les personnes ayant multiplié des missions courtes (durée inférieure à 12 mois) bénéficient d&#039;un format qui regroupe leurs réalisations par domaine, évitant l&#039;effet « liste de missions » peu lisible sur un [[CV chronologique]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Profils seniors ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les candidats justifiant de plus de 20 ans d&#039;expérience, le CV fonctionnel permet de sélectionner les réalisations les plus récentes et les plus pertinentes, réduisant le risque de discrimination à l&#039;embauche liée à l&#039;ancienneté perçue et limitant le document à deux pages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Rédaction des blocs de compétences ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité d&#039;un CV fonctionnel repose essentiellement sur la formulation des réalisations au sein de chaque bloc. Les règles habituellement recommandées par les [[Conseiller en évolution professionnelle|conseillers en évolution professionnelle]] et les [[Coach en reconversion professionnelle|coachs en reconversion professionnelle]] sont les suivantes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Commencer chaque entrée par un &#039;&#039;&#039;verbe d&#039;action&#039;&#039;&#039; conjugué au passé composé ou à l&#039;infinitif : piloté, développé, négocié, réduit, coordonné, formé, déployé.&lt;br /&gt;
* Quantifier les résultats chaque fois que possible : « Réduit les délais de traitement de 30 % en six mois », « Géré un portefeuille de 45 clients grands comptes », « Formé 12 collaborateurs à l&#039;outil CRM en deux sessions de deux jours ».&lt;br /&gt;
* Utiliser le vocabulaire du secteur et des métiers cibles pour améliorer la correspondance avec les [[Offre d&#039;emploi|offres d&#039;emploi]] et la détection par les [[ATS|outils ATS]].&lt;br /&gt;
* Éviter les formulations creuses non illustrées : « excellentes capacités relationnelles », « dynamique et motivé », « sens des responsabilités » — ces qualificatifs n&#039;ont de valeur que s&#039;ils sont ancrés dans un exemple factuel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Méthode STAR|méthode STAR]] offre un cadre utile pour condenser en une ou deux lignes la Situation dans laquelle l&#039;action s&#039;est produite, la Tâche confiée, les Actions menées et le Résultat obtenu, avec une métrique si disponible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour identifier les [[Hard skills|hard skills]] et les [[Soft skills|soft skills]] à valoriser, les candidats peuvent s&#039;appuyer sur un [[Bilan de compétences|bilan de compétences]] ou recourir à un [[Mentorat professionnel|mentorat professionnel]] avec un professionnel du secteur cible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Perception dans le recrutement français ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, le CV fonctionnel reste minoritaire et suscite des avis contrastés dans la communauté RH. D&#039;après une enquête LinkedIn conduite en 2023 auprès de 500 recruteurs français, 58 % préfèrent recevoir un [[CV chronologique]], 28 % optent pour le [[CV hybride]] et 14 % seulement privilégient le CV fonctionnel pur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Conseiller en évolution professionnelle|conseillers en évolution professionnelle]] (CEP), accessibles gratuitement via les opérateurs agréés (Apec, Cap emploi, Transition Pro), recommandent fréquemment le [[CV hybride]] comme compromis : la section chronologique rassure les recruteurs, tandis que les blocs de compétences valorisent le projet de transition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cadre d&#039;une [[Candidature spontanée|candidature spontanée]] ou d&#039;une approche du [[Marché caché de l&#039;emploi|marché caché de l&#039;emploi]], le CV fonctionnel peut être plus efficace qu&#039;en réponse à une offre publiée. En l&#039;absence de fiche de poste préétablie, le candidat cadre lui-même la lecture de son profil et peut orienter l&#039;entretien vers ses points forts. Le [[Pitch de reconversion|pitch de reconversion]] constitue le prolongement oral de cette stratégie lors de l&#039;[[Entretien de recrutement après reconversion|entretien de recrutement après reconversion]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Documents associés ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un CV fonctionnel s&#039;inscrit dans un dossier de candidature qui peut comprendre :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Une [[Lettre de motivation de reconversion|lettre de motivation de reconversion]] ou une [[Lettre de motivation|lettre de motivation]] adaptée au poste, qui contextualise le parcours atypique et renforce la cohérence du dossier.&lt;br /&gt;
* Un [[Portfolio professionnel|portfolio professionnel]] pour les métiers où des livrables concrets (textes, visuels, code, présentations, études de cas) peuvent attester des réalisations décrites dans les blocs thématiques.&lt;br /&gt;
* Un profil LinkedIn aligné sur la structure thématique du CV, notamment dans la section « Infos » et les rubriques de compétences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En amont de la rédaction, un [[Bilan de compétences|bilan de compétences]] ou un [[Entretien professionnel|entretien professionnel]] avec un [[Conseiller en évolution professionnelle|conseiller en évolution professionnelle]] permet d&#039;identifier les [[Compétences transférables|compétences transférables]] à valoriser et de construire les blocs thématiques sur des bases solides. Le recours à un [[Coach en reconversion professionnelle|coach en reconversion professionnelle]] ou à un [[Mentorat professionnel|mentorat professionnel]] peut aider à formuler les réalisations avec la précision et le vocabulaire attendus dans le secteur cible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[CV de reconversion]]&lt;br /&gt;
* [[CV hybride]]&lt;br /&gt;
* [[Compétences transférables]]&lt;br /&gt;
* [[Bilan de compétences]]&lt;br /&gt;
* [[Reconversion professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Hard skills]]&lt;br /&gt;
* [[Soft skills]]&lt;br /&gt;
* [[Méthode STAR]]&lt;br /&gt;
* [[Marché caché de l&#039;emploi]]&lt;br /&gt;
* [[Candidature spontanée]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Reconversion professionnelle]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=F%C3%A9d%C3%A9ration_fran%C3%A7aise_du_b%C3%A2timent&amp;diff=909</id>
		<title>Fédération française du bâtiment</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://competences-metier.fr/wiki/index.php?title=F%C3%A9d%C3%A9ration_fran%C3%A7aise_du_b%C3%A2timent&amp;diff=909"/>
		<updated>2026-06-12T21:37:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Kecvn : Publication via Quaero Hub&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La &#039;&#039;&#039;Fédération française du bâtiment&#039;&#039;&#039; (FFB) est le principal syndicat patronal du secteur de la construction en France. Fondée dans ses premières structures à la fin du XIX{{e}} siècle et réorganisée dans sa forme contemporaine en 1946, elle représente environ 68 000 entreprises adhérentes qui emploient collectivement plus de 500 000 salariés dans les [[Métiers du bâtiment]]. Membre du [[MEDEF]], elle joue un rôle central dans la [[Négociation collective|négociation collective]] sectorielle, la formation professionnelle et la [[Prévention des risques professionnels|prévention des risques]] sur les chantiers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Histoire ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Origines et premières organisations ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le mouvement patronal dans la construction s&#039;organise en France à partir de la seconde moitié du XIX{{e}} siècle, en réponse au développement des syndicats ouvriers. Des syndicats d&#039;entrepreneurs apparaissent d&#039;abord à l&#039;échelon local et départemental, puis se fédèrent progressivement à l&#039;échelle nationale. La Fédération nationale du bâtiment est constituée en 1904, regroupant les organisations professionnelles qui s&#039;étaient formées depuis les années 1870. Elle assume dès lors la représentation des entrepreneurs auprès des pouvoirs publics et la coordination des pratiques professionnelles à l&#039;échelle nationale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Reconstruction et structuration moderne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La reconstruction d&#039;après-guerre conduit à une refonte en profondeur des structures professionnelles françaises. En 1946, la fédération adopte son nom actuel de &#039;&#039;&#039;Fédération française du bâtiment&#039;&#039;&#039; et son organisation modernisée. Durant les &#039;&#039;Trente Glorieuses&#039;&#039;, la FFB accompagne la croissance sans précédent du secteur : lancement des grands programmes de construction de logements, développement des zones d&#039;aménagement concerté, réalisation d&#039;équipements publics à grande échelle. Les effectifs du bâtiment dépassent alors le million de salariés en France au pic des années 1970.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les chocs économiques successifs — crise pétrolière de 1973, récession de 1993, crise financière mondiale de 2008, effondrement du marché immobilier neuf en 2023-2024 — amènent la fédération à diversifier ses missions et à renforcer son rôle d&#039;alerte conjoncturelle. La loi du 4 mai 2004 sur la formation professionnelle tout au long de la vie renforce par ailleurs le rôle des [[Branche professionnelle|branches professionnelles]] dans la définition des certifications de métier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Organisation et gouvernance ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Structure nationale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La FFB est une association syndicale régie par les dispositions du [[Code du travail]] relatives aux organisations professionnelles d&#039;employeurs. Elle est gouvernée par une assemblée générale qui élit un conseil d&#039;administration et un bureau. Le président est élu pour un mandat de trois ans renouvelable. Depuis juillet 2020, la présidence est assurée par Olivier Salleron, entrepreneur corrézien. Le siège social de la fédération est établi 33, avenue Kléber à Paris (16{{e}} arrondissement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La FFB fédère plusieurs organisations professionnelles nationales spécialisées couvrant des métiers ou des filières distincts : charpente-couverture, finitions, génie climatique et sanitaire, plâtrerie, menuiserie-fermeture, serrurerie-métallerie, peinture, vitrerie. Ces structures disposent de leur propre gouvernance tout en relevant de la fédération pour les négociations collectives et la représentation politique commune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Réseau territorial ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fédération s&#039;appuie sur un réseau de 25 fédérations régionales, déclinées en unions départementales présentes dans les 101 départements français. Ce maillage territorial permet à chaque adhérent de bénéficier d&#039;un accompagnement de proximité : conseil juridique sur le [[Droit du travail|droit du travail]] et les marchés publics, assistance en cas de contentieux, relais d&#039;information réglementaire, formation locale. Les fédérations régionales participent aux instances de dialogue social régional, notamment aux commissions paritaires régionales instaurées par la loi Rebsamen de 2015.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Missions ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Représentation patronale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La FFB représente les entreprises du bâtiment auprès des pouvoirs publics nationaux (gouvernement, Parlement, administrations centrales) et des collectivités territoriales. Elle participe aux concertations législatives et réglementaires affectant le secteur : révision du [[Code du travail]], normes de construction, fiscalité immobilière, politique du logement. Elle produit régulièrement des positions publiques, rapports et baromètres conjoncturels utilisés comme données de référence par les administrations et les acteurs financiers du secteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l&#039;échelle européenne, la FFB est membre de la Confédération européenne de la construction (EBC — European Builders Confederation), qui représente les fédérations patronales nationales auprès des institutions de l&#039;Union européenne pour les directives concernant les marchés de la construction, la qualification des entreprises, la mobilité des travailleurs et les normes environnementales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Négociation collective ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La FFB est l&#039;organisation patronale signataire des principales [[Convention collective|conventions collectives nationales]] (CCN) du secteur du bâtiment :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* la CCN des ouvriers du bâtiment pour les entreprises occupant 11 salariés et plus (IDCC 1596) ;&lt;br /&gt;
* la CCN des ouvriers du bâtiment pour les entreprises occupant moins de 11 salariés (IDCC 1597) ;&lt;br /&gt;
* la CCN des employés, techniciens et agents de maîtrise (ETAM) du bâtiment (IDCC 2609) ;&lt;br /&gt;
* la CCN des cadres du bâtiment (IDCC 2420).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces [[Accord de branche|accords de branche]] fixent les grilles de salaires minima, les temps de repos, les dispositifs de prévoyance collective et les modalités des congés payés — spécifiques au bâtiment et gérés par les caisses de congés payés sectorielles. La FFB conduit ces négociations avec les [[Partenaires sociaux|organisations syndicales représentatives]] de salariés (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Formation professionnelle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La formation professionnelle constitue un axe stratégique de la FFB. Elle copilote, avec les partenaires sociaux du secteur, le [[CCCA-BTP]] (Comité de concertation et de coordination de l&#039;apprentissage du bâtiment et des travaux publics), organisme paritaire national qui finance et coordonne l&#039;apprentissage dans la branche bâtiment-travaux publics.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le secteur représente l&#039;une des premières branches utilisatrices de l&#039;apprentissage en France : on dénombre environ 120 000 apprentis dans les centres de formation d&#039;apprentis (CFA) du bâtiment et dans les lycées professionnels en 2023. La FFB soutient les certifications professionnelles inscrites au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), des CAP ([[Maçon]], [[Couvreur]], [[Plombier]], [[Électricien du bâtiment|électricien]]) aux BTS et titres professionnels de [[Chef de chantier]] et [[Conducteur de travaux]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Prévention des risques professionnels ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le bâtiment enregistre l&#039;un des taux d&#039;accidents du travail les plus élevés parmi les secteurs d&#039;activité en France : environ 40 accidents pour 1 000 salariés par an selon les statistiques de l&#039;Assurance Maladie. La FFB cofinance et codétermine les orientations de l&#039;[[Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics]] (OPPBTP), instance paritaire spécialisée dans la [[Prévention des risques professionnels|prévention des risques]] sur les chantiers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les actions menées incluent la conception ergonomique des postes de travail, la formation à la sécurité (gestes et postures, travail en hauteur, manutention mécanique), les audits de chantier, et la diffusion de guides pratiques mis à disposition des entreprises adhérentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Périmètre des adhérents ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les entreprises adhérentes à la FFB interviennent principalement dans le [[Gros œuvre]] (maçonnerie, béton armé, fondations) et le second œuvre (charpente, couverture, plomberie, électricité, peinture, isolation thermique, menuiserie, plâtrerie, carrelage). La FFB représente ainsi une large part des [[Métiers du bâtiment]] liés à la construction immobilière : logements, bâtiments tertiaires, équipements publics.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le périmètre de la FFB se distingue de celui des travaux publics (voiries, réseaux divers, ouvrages d&#039;art, génie civil), qui relèvent de la [[Fédération nationale des travaux publics]] (FNTP). Environ 95 % des adhérents de la FFB sont des très petites entreprises (TPE) ou petites et moyennes entreprises (PME) de moins de 20 salariés. Les artisans du bâtiment peuvent également adhérer à la [[CAPEB]] (Confédération de l&#039;artisanat et des petites entreprises du bâtiment), syndicat patronal historiquement dédié à l&#039;artisanat, dont le périmètre est complémentaire à celui de la FFB.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les [[Auto-entrepreneur dans le bâtiment|auto-entrepreneurs dans le bâtiment]] peuvent rejoindre certaines structures affiliées à la FFB, bien que leur rattachement syndical reste variable selon les départements et les métiers exercés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Enjeux contemporains ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Transition environnementale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis l&#039;entrée en vigueur de la [[RE 2020]] le 1{{er}} janvier 2022 pour les logements neufs, la FFB accompagne ses adhérents dans la mise en conformité aux nouvelles normes thermiques et carbone. Elle publie des guides techniques sur la construction bas-carbone, l&#039;usage des matériaux biosourcés (bois, paille, chanvre) et les pratiques de réhabilitation énergétique des bâtiments existants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fédération représente également les intérêts des entreprises certifiées [[Qualification RGE]] (Reconnu garant de l&#039;environnement), qualification obligatoire pour réaliser des travaux d&#039;économie d&#039;énergie éligibles aux aides publiques telles que MaPrimeRénov&#039;. En 2023, plus de 60 000 entreprises détiennent au moins une certification RGE, dont une part significative sont adhérentes à la FFB.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La modélisation numérique des bâtiments via le [[BIM]] (Building Information Modeling) fait l&#039;objet d&#039;actions de sensibilisation et de formation à destination des adhérents, dans l&#039;objectif d&#039;améliorer la coordination entre [[Maître d&#039;œuvre|maîtres d&#039;œuvre]], [[Maître d&#039;ouvrage|maîtres d&#039;ouvrage]] et entreprises exécutantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Emploi et attractivité des métiers ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face aux tensions de recrutement persistantes dans les [[Métiers du bâtiment]], la FFB mène des campagnes de promotion des métiers à destination des jeunes en cours d&#039;orientation scolaire et des adultes en reconversion professionnelle. Le secteur affichait en 2022-2023 environ 90 000 offres d&#039;emploi non pourvues, principalement dans les métiers de [[Maçon|maçon]], [[Plombier|plombier]], [[Chauffagiste|chauffagiste]] et [[Peintre en bâtiment|peintre en bâtiment]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conjoncture du marché de la construction ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La FFB publie des indicateurs conjoncturels trimestriels sur le marché de la construction en France. En 2023-2024, la fédération a alerté les pouvoirs publics sur la forte chute des [[Permis de construire]] accordés — environ 370 000 autorisations délivrées en 2023 contre 500 000 en 2021 —, traduisant un recul structurel de la construction neuve accompagné de destructions d&#039;emplois dans le secteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Relations institutionnelles ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La FFB entretient des relations régulières avec le ministère chargé du Logement et de la Construction, le ministère du Travail, la Caisse nationale d&#039;assurance maladie (CNAM) et l&#039;Agence nationale de l&#039;habitat (ANAH). Elle coopère avec l&#039;[[Ordre des architectes]] et les organisations représentant les [[Maître d&#039;ouvrage|maîtres d&#039;ouvrage]] dans la promotion des bonnes pratiques contractuelles, notamment sur les clauses d&#039;[[Assurance décennale|assurance décennale]] et de responsabilité des constructeurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle est également en relation avec les organismes de protection sociale paritaires du secteur, dont [[Pro BTP]], groupe de protection sociale qui assure la retraite complémentaire, la prévoyance et la couverture santé des salariés et anciens salariés du bâtiment et des travaux publics.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La FFB collabore avec les [[Chambre de commerce et d&#039;industrie|chambres de commerce et d&#039;industrie]] dans le cadre de l&#039;accompagnement des entreprises et de la promotion de l&#039;entrepreneuriat dans le bâtiment, notamment pour les dispositifs de soutien aux primo-accédants à la création d&#039;entreprise dans le secteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[Métiers du bâtiment]]&lt;br /&gt;
* [[Branche professionnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Convention collective]]&lt;br /&gt;
* [[Négociation collective]]&lt;br /&gt;
* [[Prévention des risques professionnels]]&lt;br /&gt;
* [[RE 2020]]&lt;br /&gt;
* [[Qualification RGE]]&lt;br /&gt;
* [[MEDEF]]&lt;br /&gt;
* [[Gros œuvre]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Syndicat patronal français]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Bâtiment et travaux publics en France]]&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Organisation professionnelle française]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Métiers du bâtiment]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Kecvn</name></author>
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