Demandeur d'emploi
Un demandeur d'emploi est une personne qui n'exerce pas d'activité professionnelle salariée et qui recherche activement un emploi. En France, cette situation est régie par un dispositif administratif et social articulant inscription auprès de France Travail, droits à des allocations et obligations de recherche active. Au 31 décembre 2023, la France métropolitaine recensait 5,39 millions de personnes inscrites en catégories A, B et C sur les listes de France Travail (source : DARES).
Définition et cadre administratif
Catégories de demandeurs d'emploi
L'inscription sur les listes de France Travail (anciennement Pôle emploi, renommé en janvier 2024) donne lieu à un classement en cinq catégories définies par arrêté :
| Catégorie | Situation |
|---|---|
| A | Sans emploi, tenu d'accomplir des actes positifs de recherche d'emploi |
| B | En activité réduite courte (78 heures ou moins par mois), tenu de chercher un emploi |
| C | En activité réduite longue (plus de 78 heures par mois), tenu de chercher un emploi |
| D | Sans emploi, non tenu de rechercher un emploi (formation, maladie, maternité, etc.) |
| E | En emploi, bénéficiaire de certains contrats aidés ou d'une création d'entreprise |
La statistique mensuelle de France Travail ne se confond pas avec le Taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT). Ce dernier, calculé par l'INSEE à partir de l'enquête Emploi, mesure la proportion d'actifs sans emploi, en recherche active et disponibles immédiatement ; il s'établissait à 7,3 % de la population active au 4e trimestre 2023.
Conditions d'inscription
Pour s'inscrire comme demandeur d'emploi auprès de France Travail, la personne doit satisfaire aux conditions suivantes :
- avoir au moins 16 ans (15 ans en cas d'apprentissage interrompu) ;
- ne pas être en retraite à taux plein ;
- être apte au travail ;
- résider habituellement en France.
L'inscription peut s'effectuer en ligne ou dans l'une des agences du réseau. Elle est gratuite et confère immédiatement un accès à l'espace personnel en ligne, aux offres d'emploi et aux services d'un conseiller dédié.
Indemnisation
Allocation de retour à l'emploi
L'Allocation de retour à l'emploi (ARE) est la principale prestation versée aux demandeurs d'emploi affiliés au régime d'Assurance chômage. Son accès est conditionné par :
- une durée minimale d'affiliation : 6 mois (soit 130 jours travaillés ou 910 heures) sur les 24 derniers mois, ou 36 mois pour les demandeurs d'emploi âgés de 53 ans ou plus ;
- une perte involontaire d'emploi : licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle homologuée ;
- une inscription sur les listes de France Travail et une recherche active d'emploi.
Le montant journalier de l'ARE est calculé à partir du salaire journalier de référence (SJR) selon la formule : 40,4 % du SJR plus une partie fixe de 12,95 € (barème 2024). La durée maximale d'indemnisation est de 24 mois (portée à 36 mois à partir de 53 ans), avec un plancher de 6 mois.
Allocation de solidarité spécifique
L'Allocation de solidarité spécifique (ASS) prend le relais de l'ARE pour les demandeurs d'emploi ayant épuisé leurs droits, sous réserve de justifier d'au moins 5 ans d'activité salariée sur les 10 années précédant la fin du Contrat de travail et de respecter un plafond de ressources. Son montant journalier s'élève à 18,17 € au 1er avril 2024, soit environ 545 € par mois.
Rémunération en cas de formation
Lorsqu'un demandeur d'emploi suit une formation prescrite par France Travail, il peut percevoir la Rémunération de formation France Travail (RFFT) si ses droits à l'ARE sont insuffisants ou épuisés. Ce dispositif garantit un revenu de remplacement pendant la durée de la formation prescrite.
Portabilité des droits
La Portabilité des droits à l'assurance chômage permet à un demandeur d'emploi qui reprend un emploi de conserver ses droits résiduels à l'ARE pour une utilisation ultérieure, dans la limite d'un délai de 3 ans à compter de la date d'ouverture des droits initiaux.
Obligations et suivi
Projet Personnalisé d'Accès à l'Emploi
Le Projet Personnalisé d'Accès à l'Emploi (PPAE) est élaboré lors des premières semaines suivant l'inscription, en concertation entre le demandeur et son conseiller France Travail. Il définit le type d'emploi recherché, la zone géographique acceptable, le niveau de rémunération visé et les étapes d'accompagnement envisagées. La notion d'« offre raisonnable d'emploi » (ORE) en découle directement : le refus répété, sans motif légitime, d'offres correspondant au PPAE peut entraîner une radiation temporaire des listes.
Actualisation mensuelle
Chaque mois, le demandeur d'emploi est tenu de déclarer sa situation via l'Actualisation mensuelle disponible sur le site de France Travail. Cette déclaration précise s'il a travaillé, suivi une formation, été en arrêt maladie ou perçu des revenus de remplacement. Le versement des allocations est conditionné à cette actualisation. En 2023, France Travail a procédé à environ 1,8 million de radiations ou suspensions pour défaut d'actualisation ou manquement aux obligations de recherche d'emploi.
Actes positifs de recherche d'emploi
Les demandeurs en catégorie A sont tenus d'accomplir des actes réguliers et vérifiables de recherche d'emploi : répondre aux offres d'emploi, effectuer des candidatures spontanées, contacter des agences de Recrutement, rédiger des lettres de motivation adaptées, ou mettre en œuvre une stratégie de Prospection d'emploi. France Travail peut diligenter un contrôle de la recherche d'emploi (CRE) pour vérifier la réalité de ces démarches.
Accompagnement et dispositifs d'insertion
Suivi par France Travail
France Travail propose différents niveaux d'accompagnement en fonction du profil du demandeur :
- l'accompagnement guidé (suivi mensuel par un conseiller généraliste) ;
- l'accompagnement intensif (pour les demandeurs les plus éloignés du Marché du travail) ;
- l'accompagnement global (en partenariat avec les travailleurs sociaux pour les situations complexes).
Pour les jeunes de 16 à 25 ans, les missions locales assurent un accompagnement social et professionnel spécifique, en complémentarité avec France Travail.
Orientation et bilan de compétences
Le Bilan de compétences, d'une durée maximale de 24 heures réparties sur plusieurs semaines, permet d'analyser les aptitudes professionnelles et personnelles afin de construire un Projet professionnel réaliste. Il peut être financé par le Compte personnel de formation (CPF) ou prescrit et pris en charge directement par France Travail.
Le Conseiller en évolution professionnelle (CEP) offre un accompagnement gratuit, neutre et personnalisé, dispensé notamment par l'Apec pour les cadres et agents de maîtrise, ou par les opérateurs régionaux agréés pour les autres demandeurs d'emploi.
Formation professionnelle
La Formation continue constitue le principal levier d'amélioration de l'Employabilité. Les dispositifs accessibles aux demandeurs d'emploi comprennent :
- le Compte personnel de formation (CPF), mobilisable pour financer une formation certifiante ou qualifiante ;
- la Validation des acquis de l'expérience (VAE), qui permet de faire reconnaître officiellement les compétences acquises par l'expérience professionnelle sans passer par une formation classique ;
- le Plan de développement des compétences, mis en œuvre par les organismes de formation partenaires de France Travail ;
- l'Alternance et le Contrat de professionnalisation, permettant de se former en alternant périodes en entreprise et en centre de formation tout en percevant une rémunération.
Reconversion et transition professionnelle
La Reconversion professionnelle désigne le passage vers un métier ou un secteur distinct de celui précédemment exercé. Elle concerne particulièrement les personnes touchées par un licenciement économique (Reconversion après licenciement) ou les actifs en milieu de carrière souhaitant changer d'orientation (Orientation professionnelle tardive). Les Compétences transférables — aptitudes acquises dans un domaine et mobilisables dans un autre — jouent un rôle central dans la faisabilité de ces transitions.
L'Outplacement, financé par l'employeur dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) ou d'un licenciement individuel, offre un suivi personnalisé par un cabinet extérieur spécialisé pour accélérer le retour à l'emploi cadre.
Chômage de longue durée
Le Chômage de longue durée désigne une inscription continue sur les listes de France Travail dépassant 12 mois consécutifs. Fin 2023, les demandeurs d'emploi de longue durée représentaient environ 42 % des inscrits en catégorie A, soit près de 1,3 million de personnes (source : DARES). Cette situation prolongée est associée à une détérioration progressive de l'Employabilité, à une érosion du réseau professionnel et à des risques accrus de précarité sociale.
Des dispositifs renforcés ciblent ce public : l'accompagnement intensif de France Travail, le recours au Bilan de compétences financé, et le programme Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD), expérimentation législative (loi du 29 novembre 2016, prolongée en 2020 et 2022) proposant un emploi en CDI à tout demandeur de longue durée volontaire dans les territoires couverts, financé à hauteur de 102 % du SMIC par l'État et les collectivités.
Données statistiques
Selon les données publiées par la DARES (Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques), les effectifs de demandeurs d'emploi inscrits en France métropolitaine s'établissaient comme suit au 31 décembre 2023 :
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Catégories A, B, C | 5,39 millions |
| Catégorie A seule (sans activité) | 3,04 millions |
| Part des femmes (cat. A, B, C) | 48,1 % |
| Part des 50 ans et plus (cat. A, B, C) | 23,5 % |
| Part des chômeurs de longue durée (cat. A) | environ 42 % |
| Taux de chômage au sens BIT (T4 2023, INSEE) | 7,3 % |
Ces chiffres illustrent la distinction structurelle entre les statistiques administratives de France Travail, qui comptabilisent toutes les personnes inscrites quelle que soit leur intensité de recherche, et les données conjoncturelles de l'INSEE fondées sur des critères comportementaux.