Brevet professionnel
Le brevet professionnel (BP) est un diplôme national de niveau 4 inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles, délivré principalement par le ministère chargé de l'Éducation nationale ainsi que par d'autres ministères certificateurs. Il atteste d'une qualification professionnelle approfondie dans un métier déterminé et se distingue du Baccalauréat professionnel par ses conditions d'accès, qui exigent une expérience professionnelle préalable d'au moins deux ans. Environ 200 spécialités de brevet professionnel sont recensées en France, couvrant des secteurs aussi variés que la coiffure, la pâtisserie, la carrosserie, la fleuristerie ou l'esthétique-cosmétologie.
Présentation générale
Le brevet professionnel est classé au niveau 4 du cadre européen des certifications (CEC), niveau équivalent au baccalauréat. Il est inscrit au RNCP sous l'autorité de la Commission nationale de la certification professionnelle. À ce titre, il constitue une Certification professionnelle reconnue par l'État, dont la valeur est indépendante de l'Organisme de formation ayant assuré la préparation.
Contrairement au Baccalauréat professionnel, préparé en trois ans directement après le collège et orienté en priorité vers une poursuite d'études en BTS, le BP s'adresse à des actifs ou à des demandeurs d'emploi qui justifient déjà d'une pratique du métier. Il vise à approfondir la maîtrise technique et à valider une expertise reconnue, notamment dans les métiers de l'artisanat.
Histoire
Le brevet professionnel a été institué en 1976 pour répondre au besoin de qualification des travailleurs déjà insérés dans la vie active, en particulier dans les métiers artisanaux et de service. Il a progressivement remplacé divers certificats sectoriels dépourvus de reconnaissance nationale uniforme. La Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel du 5 septembre 2018 (loi n° 2018-771) a ensuite renforcé le cadre des certifications professionnelles en rendant obligatoire l'inscription au RNCP et en structurant les diplômes autour de blocs de compétences autonomes. Cette réforme a conduit à la révision d'un grand nombre de spécialités de BP entre 2019 et 2023, pour les aligner sur le nouveau référentiel d'activités, de compétences et d'évaluation (RACE).
Conditions d'accès
L'accès au brevet professionnel est conditionné à la réunion de deux critères cumulatifs :
- être titulaire d'un diplôme de niveau 3 — typiquement un CAP dans la spécialité concernée ou dans un domaine connexe — ou justifier d'un niveau reconnu équivalent ;
- justifier d'au moins deux ans d'exercice professionnel dans le secteur concerné, à temps plein ou l'équivalent à temps partiel.
Ces conditions sont vérifiées lors de l'inscription auprès du centre de formation ou de la Chambre de métiers et de l'artisanat compétente selon la spécialité. Des dérogations individuelles existent : un candidat titulaire d'un autre diplôme ou justifiant d'une expérience dans un secteur adjacent peut solliciter une appréciation du jury pédagogique. La Validation des acquis de l'expérience (VAE) constitue par ailleurs une voie d'accès distincte, permettant d'obtenir le BP ou une partie de ses blocs de compétences sans parcours de formation formelle.
Modalités de préparation
Formation par apprentissage
La préparation par alternance dans le cadre d'un Contrat d'apprentissage est la voie la plus répandue pour le BP. Le candidat signe un contrat avec un employeur, intègre un CFA pour les enseignements théoriques et technologiques, et acquiert les compétences pratiques en entreprise sous la tutelle d'un Maître d'apprentissage. La durée est généralement de deux ans, mais peut être réduite à douze mois pour les candidats déjà titulaires d'un CAP dans la même spécialité, ou portée à trois ans dans des cas particuliers fixés par la réglementation.
Formation professionnelle continue
Les salariés en poste peuvent préparer le BP dans le cadre du Plan de développement des compétences de leur entreprise ou en mobilisant leur Compte personnel de formation (CPF). Le financement peut être pris en charge par l'OPCO de la Branche professionnelle concernée selon les modalités de l'accord de prise en charge applicable. Les demandeurs d'emploi peuvent bénéficier de financements régionaux ou de l'aide individuelle à la formation (AIF) délivrée par France Travail dans le cadre de la formation professionnelle continue.
Validation des acquis de l'expérience
La Validation des acquis de l'expérience permet à toute personne justifiant d'au moins un an d'expérience professionnelle en lien avec le contenu du diplôme d'en demander la totalité ou une partie. La démarche comprend un dossier de recevabilité (livret 1) suivi d'un dossier de validation (livret 2), présenté devant un jury paritaire composé de représentants des employeurs et des salariés issus de la Branche professionnelle. En cas de validation partielle, le candidat obtient des blocs de compétences conservés pendant cinq ans, délai durant lequel il peut compléter sa certification par d'autres voies.
Contenu et organisation
Structure par blocs de compétences
Depuis la réforme de 2019, les BP rénovés sont organisés en blocs de compétences autonomes. Chaque bloc correspond à un ensemble cohérent d'activités professionnelles et peut être validé séparément lors d'une épreuve certificative, puis conservé pendant cinq ans en vue de l'obtention du diplôme complet. Cette architecture facilite les parcours de formation professionnelle modulaires, notamment pour les actifs en reconversion, les candidats à la VAE ou les personnes souhaitant une formation certifiante progressive.
Épreuves et validation
L'obtention du BP repose sur des épreuves organisées par le ministère certificateur. Elles comprennent généralement :
- des épreuves pratiques en situation professionnelle, évaluées par un jury en atelier ou en entreprise ;
- des épreuves écrites portant sur les savoirs technologiques, scientifiques et de gestion liés au métier ;
- un entretien devant jury portant sur un dossier de pratique professionnelle, selon les spécialités.
Le jury est souverain : il attribue le diplôme sur la base de l'ensemble des épreuves ou, depuis la réforme par blocs, sur la base des blocs validés séparément lors de sessions distinctes. Le BP est délivré au nom de l'État par le ministre certificateur compétent et mentionne la spécialité obtenue.
Spécialités
Le brevet professionnel couvre environ 200 spécialités réparties entre plusieurs ministères certificateurs :
| Ministère certificateur | Exemples de spécialités |
|---|---|
| Éducation nationale | Coiffure, Esthétique-cosmétologie-parfumerie, Pâtisserie, Boulangerie, Carrosserie, Fleuristerie, Menuiserie, Photographie, Librairie |
| Agriculture et Alimentation | Activités hippiques, Maréchalerie (voir aussi BPREA) |
| Jeunesse et Sports | Activités aquatiques et de la natation, Activités gymniques, Préparateur physique |
La liste complète des spécialités est consultable sur le portail de France compétences et celui du ministère de l'Éducation nationale ; elle est mise à jour à chaque arrêté de création ou de rénovation publié au Journal officiel de la République française. Chaque spécialité fait l'objet d'une fiche au RNCP précisant le référentiel, les blocs de compétences, les voies d'accès et les modalités de financement éligibles.
Financement
Les sources de financement du brevet professionnel varient selon le statut du candidat :
- Apprentis : prise en charge intégrale par l'OPCO de branche au titre du financement de l'alternance, sur la base d'un coût-contrat défini par France compétences et révisé annuellement ;
- Salariés : mobilisation du CPF, abondement de l'employeur via le Plan de développement des compétences, ou financement direct par l'OPCO dans le cadre du plan de formation de la branche ;
- Demandeurs d'emploi : financements régionaux dans le cadre du service public régional de la formation, aide individuelle à la formation (AIF) de France Travail, ou marchés publics régionaux de formation professionnelle continue ;
- Candidats à la VAE : mobilisation du CPF (la VAE est éligible au CPF depuis 2019), aide spécifique VAE instruites par les opérateurs régionaux, ou autofinancement.
Les organismes de formation souhaitant accéder aux fonds publics ou mutualisés doivent détenir la certification Qualiopi, obligatoire depuis le 1er janvier 2022.
Débouchés et poursuites d'études
Le brevet professionnel prépare à une insertion directe dans le métier en tant que professionnel qualifié, ouvrier hautement qualifié ou technicien. Il constitue fréquemment un prérequis à la création ou à la reprise d'une entreprise artisanale : dans plusieurs secteurs — coiffure, boulangerie, esthétique, par exemple —, la détention du BP est exigée ou fortement recommandée par la Chambre de métiers et de l'artisanat pour l'ouverture d'un établissement soumis à qualification professionnelle.
En matière de poursuite d'études, le BP, diplôme de niveau 4, ouvre l'accès aux formations de niveau 5, notamment le BTS et le BTSA. Certains établissements proposent des passerelles ou des allégements de parcours pour les titulaires d'un BP souhaitant intégrer un BTS en deux ans. Le Titre professionnel de niveau 4, délivré par le ministère chargé de l'Emploi, et le CQP de branche constituent des certifications parallèles sans passerelle automatique avec le BP, bien que des équivalences partielles entre blocs de compétences puissent être reconnues lors d'un parcours de VAE.
Cadre réglementaire
Le brevet professionnel est régi par un ensemble de textes législatifs et réglementaires :
- le Code du travail, en particulier les articles relatifs aux certifications professionnelles et à la formation professionnelle ;
- la Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel du 5 septembre 2018, qui a réformé l'architecture nationale des certifications et instauré France compétences comme autorité de régulation et de financement ;
- les arrêtés de création et de rénovation propres à chaque spécialité, publiés au Journal officiel de la République française ;
- les référentiels d'activités, de compétences et d'évaluation (RACE) établis par les ministères certificateurs en lien avec les branches professionnelles et la Commission nationale de la certification professionnelle.
L'inscription et le renouvellement de chaque spécialité au RNCP sont décidés par France compétences après instruction et avis de la commission concernée. La durée de validité d'une certification inscrite au RNCP est en principe de cinq ans renouvelables, sous réserve de la rénovation du référentiel en accord avec les évolutions du marché du travail et des accords de branche applicables.
Voir aussi
- Certificat d'aptitude professionnelle
- Baccalauréat professionnel
- Brevet de technicien supérieur
- BPREA
- Titre professionnel
- Certificat de Qualification Professionnelle
- Certification professionnelle
- Alternance
- Contrat d'apprentissage
- Compte personnel de formation
- Validation des acquis de l'expérience
- RNCP
- France compétences
- Qualiopi